Circonstances
L’invasion de la zone non occupée par les forces allemandes, à partir du 11 novembre 1942 dans le cadre de l’opération Anton, place Marseille sous occupation directe.
Deuxième ville de France et premier port de la Méditerranée, Marseille présente pour les autorités allemandes un intérêt stratégique, économique et militaire majeur.
Depuis 1940, la ville est devenue un refuge pour des milliers de personnes : réfugiés politiques, Juifs français et étrangers, républicains espagnols, marins, militaires démobilisés, résistants, agents alliés, aviateurs évadés et candidats au départ vers l’Afrique du Nord.
Cette concentration humaine favorise le développement de réseaux clandestins, de filières d’évasion, de faux papiers et d’un important marché noir.
Les services allemands considèrent particulièrement les quartiers anciens situés au nord du Vieux-Port – Saint-Jean, les Accoules, l’Hôtel-de-Ville, la place de Lenche et leurs abords – comme un espace échappant en partie à leur contrôle. Les rapports de la Sicherheitspolizei (SIPO) et du Sicherheitsdienst (SD) décrivent ces quartiers comme un foyer de contrebande, de criminalité et d’activités résistantes.
Les recherches de Robert Mencherini, Renée Dray-Bensousan et Tal Bruttmann montrent toutefois que cette représentation est largement construite par l’idéologie nazie, qui assimile les quartiers populaires, cosmopolites et fortement marqués par l’immigration à des espaces « dangereux » qu’il conviendrait d’éliminer.
Les événements de janvier 1943 s’inscrivent également dans la continuité de la politique de persécution des Juifs menée en Provence.
Jusqu’en novembre 1942, le camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, constitue le principal camp d’internement et de transit des Juifs arrêtés en zone sud. En août et septembre 1942, plus de deux mille hommes, femmes et enfants y sont regroupés avant leur transfert vers Drancy puis Auschwitz.
Après l’occupation allemande de la zone sud, le camp cesse cette fonction et est réquisitionné par la Wehrmacht. Cette évolution explique que les Juifs arrêtés lors des rafles de Marseille ne passent plus par les Milles mais suivent un nouveau circuit : Baumettes – Arenc – Royallieu-Compiègne – Drancy – centres de mise à mort.
La décision de conduire une opération exceptionnelle à Marseille est prise au plus haut niveau des autorités allemandes.
Heinrich HIMMLER souhaite frapper une ville considérée comme insuffisamment contrôlée, désorganiser les réseaux de Résistance, poursuivre les arrestations de Juifs, contrôler les étrangers et procéder à une vaste transformation urbaine.
La préparation est confiée à Carl OBERG, chef supérieur de la SS et de la Police en France, assisté d’Helmut KNOCHEN, chef de la SIPO-SD.
Du côté français, René BOUSQUET, secrétaire général à la Police, organise la participation des forces de police de Vichy.
Les archives montrent que cette coopération résulte d’un accord entre les autorités allemandes et françaises et non d’une simple exécution sous contrainte.
Les historiens distinguent aujourd’hui trois séquences successives : les rafles des 22 et 23 janvier 1943, l’évacuation des Vieux-Quartiers à partir du 24 janvier, puis leur destruction méthodique du 1er au 17 février 1943. Cette distinction est essentielle pour comprendre les objectifs poursuivis par les autorités d’occupation.
Préparation de l’opération
Au cours de la première quinzaine de janvier 1943, plusieurs réunions se tiennent entre les représentants de la SS, de la Wehrmacht, de la SIPO-SD et les responsables français de la police et de la préfecture régionale.
Les archives permettent d’établir que les itinéraires de bouclage, les centres de rassemblement, les moyens de transport, les fichiers administratifs et les procédures de tri sont préparés avant le déclenchement des opérations.
La police française fournit les fichiers d’identification, mobilise plusieurs milliers de fonctionnaires – gardiens de la paix, inspecteurs, gendarmes et Groupes mobiles de réserve – et organise matériellement les contrôles d’identité. Les forces allemandes assurent le commandement militaire, le bouclage des quartiers et les décisions concernant les personnes destinées à l’internement ou à la déportation.
Les bâtiments destinés à accueillir les contrôles sont réquisitionnés, tandis que les accès au Vieux-Port, au quartier de l’Opéra, à Belsunce et à Saint-Jean sont minutieusement repérés. Les habitants ne sont informés d’aucune mesure particulière avant le début de l’opération.
Déroulement des rafles des 22 et 23 janvier 1943
Dans la nuit du 21 au 22 janvier 1943, les forces allemandes et françaises prennent position autour des quartiers concernés. Avant l’aube, tous les accès sont fermés. Les habitants sont réveillés par les policiers, qui procèdent à des contrôles systématiques d’identité et à des perquisitions appartement par appartement.
Les personnes contrôlées doivent présenter leurs papiers, leurs cartes d’alimentation et tout document justifiant leur présence à Marseille. Les caves, greniers, ateliers et commerces sont inspectés à la recherche d’armes, de postes émetteurs, de faux papiers ou de personnes recherchées.
Pour le quartier de l’Opéra ,les services allemands disposent de listes nominatives établies à partir des fichiers administratifs français et recherchent prioritairement les familles juives, les étrangers, les personnes signalées par la police et les individus soupçonnés d’activités clandestines.
Les opérations se poursuivent durant toute la journée du 22 janvier puis le lendemain. Les rapports préfectoraux indiquent qu’environ 5 956 personnes sont interpellées.
Après vérification de leur situation administrative, 3 977 sont libérées. Les autres sont maintenues en détention ou transférées vers différents lieux d’internement.
Parmi les personnes arrêtées figurent environ 782 Juifs, principalement étrangers ou apatrides. Après un premier regroupement, ils sont conduits à la prison des Baumettes, puis à la gare d’Arenc avant leur transfert au Frontstalag 122 – camp de Royallieu, à Compiègne.
De là, ils rejoignent le camp de Drancy, puis sont déportés principalement par les convois n°52 du 23 mars 1943 et n°53 du 25 mars 1943 vers le centre de mise à mort de Sobibór. Les travaux de Serge Klarsfeld montrent que seuls quelques déportés de ces convois survivent à la guerre.
Les autres personnes arrêtées connaissent des destins variés. Certaines sont internées en raison de leur nationalité étrangère, d’autres sont soupçonnées d’activités résistantes ou de marché noir. Plusieurs centaines sont transférées à Royallieu-Compiègne, puis, pour une partie d’entre elles, déportées vers le camp de concentration de Sachsenhausen.
Les rafles ne constituent pas une opération exclusivement dirigée contre la Résistance. Elles poursuivent simultanément des objectifs de répression politique, de persécution antisémite, de contrôle administratif et de préparation de l’évacuation des Vieux-Quartiers.
L’opération Sultan et l’évacuation des Vieux-Quartiers
Le 24 janvier 1943 débute la seconde phase de l’opération. Les autorités allemandes ordonnent l’évacuation complète du quartier Saint-Jean et des secteurs voisins. Les habitants disposent de quelques minutes ou de quelques heures pour quitter leur logement avec un minimum d’effets personnels. Les immeubles sont immédiatement placés sous surveillance.
Près de 20 000 habitants sont expulsés. Les familles sont dirigées vers différents centres de rassemblement où elles subissent un nouveau contrôle. Certaines rejoignent des proches, d’autres sont hébergées provisoirement à Fréjus. Cette évacuation frappe indistinctement la population du quartier, sans considération d’origine sociale ou de nationalité.
Une fois les habitants partis, les ingénieurs allemands inspectent les immeubles et préparent leur destruction. Les services français des Monuments historiques obtiennent la sauvegarde de quelques édifices majeurs – Hôtel de Ville, Hôtel de Cabre, Maison Diamantée, Pavillon Daviel et église Saint-Laurent – mais l’essentiel du quartier est condamné.
Le 1er février 1943, les premières explosions marquent le début du dynamitage systématique des Vieux-Quartiers. Les destructions se poursuivent jusqu’au 17 février 1943. Environ 1 500 immeubles, couvrant près de 14 hectares, disparaissent. Les différences de quelques unités relevées selon les auteurs proviennent des méthodes de comptage des bâtiments et non d’une divergence sur l’ampleur des destructions.
La disparition du quartier Saint-Jean transforme durablement le paysage urbain marseillais. Elle entraîne également la perte irréversible d’un patrimoine historique, économique et humain constitué depuis plusieurs siècles.
Figures marquantes
Autorités allemandes
Heinrich HIMMLER (1900-1945), Reichsführer-SS, décide la conduite d’une vaste opération contre Marseille. Convaincu que les Vieux-Quartiers constituent un foyer de criminalité, de marché noir et de Résistance, il ordonne leur évacuation et leur destruction. Il est capturé par les forces britanniques en mai 1945 et se suicide le 23 mai 1945.
Carl OBERG (1897-1965), Höherer SS- und Polizeiführer (Chef supérieur de la SS et de la Police en France), est le principal responsable de la mise en œuvre de l’opération. Il coordonne l’action des services allemands avec l’administration française. Condamné à mort en France en 1954, sa peine est commuée en réclusion perpétuelle. Il est gracié en 1962.
Helmut KNOCHEN (1910-2003), chef de la SIPO-SD en France, prépare les opérations policières et supervise les arrestations réalisées par les services allemands. Il est condamné après la guerre puis libéré en 1962.
Hans-Gustav FELBER (1889-1962), commandant militaire allemand en France, met à disposition les unités de la Wehrmacht chargées du bouclage des quartiers et de l’appui militaire de l’opération.
Autorités françaises
René BOUSQUET (1909-1993), secrétaire général à la Police du gouvernement de Vichy, négocie avec Carl OBERG la participation de la police française aux opérations. Les archives démontrent qu’il accepte la mobilisation de plusieurs milliers de policiers et de gendarmes. Il est assassiné le 8 juin 1993 avant son procès pour complicité de crimes contre l’humanité.
Jean-Marcel LEMOINE, préfet régional de Marseille, coordonne localement l’action des services préfectoraux et veille à l’exécution des décisions administratives concernant les contrôles, les évacuations et l’hébergement provisoire des populations déplacées.
Les archives montrent que la participation française ne se limite pas à une assistance technique. Les services de police français jouent un rôle essentiel dans les contrôles d’identité, les arrestations, la gestion des fichiers administratifs et les opérations d’évacuation.
Résistance
Les opérations de janvier 1943 touchent plusieurs mouvements clandestins implantés à Marseille. Les quartiers du Vieux-Port, de Belsunce et de l’Opéra abritent alors des agents de liaison, des fabricants de faux papiers, des hébergeurs de clandestins et plusieurs filières d’évasion vers l’Espagne ou l’Afrique du Nord.
Les mouvements Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur, des groupes communistes ainsi que plusieurs réseaux de renseignement alliés utilisent ponctuellement ces quartiers comme lieux de rendez-vous ou de passage. Les rafles entraînent l’arrestation de certains militants et obligent plusieurs organisations à déplacer leurs caches et leurs structures clandestines.
Les historiens soulignent toutefois que les autorités allemandes ne parviennent pas à démanteler durablement la Résistance marseillaise. Après une période de réorganisation, les réseaux reprennent leurs activités au cours du printemps 1943 et participent aux opérations de renseignement, de sabotage et de préparation de la Libération de Marseille en août 1944.
Victimes
Les victimes des opérations de janvier et février 1943 appartiennent à plusieurs catégories.
La première est constituée par les habitants des Vieux-Quartiers, soit près de 20 000 personnes contraintes d’abandonner leur logement. Beaucoup perdent définitivement leur habitation, leur commerce, leur atelier et leurs biens mobiliers. Cette évacuation provoque un profond traumatisme social dans plusieurs générations de familles marseillaises.
La deuxième catégorie regroupe les Juifs arrêtés lors des rafles, principalement dans le quartier de l’Opéra. Environ 782 personnes sont intégrées au processus de déportation. Après les Baumettes, Arenc, Royallieu et Drancy, elles sont déportées principalement vers Sobibór. La très grande majorité est assassinée.
La troisième catégorie comprend les étrangers internés, les personnes considérées comme politiquement suspectes, ainsi que plusieurs résistants ou soutiens de la Résistance arrêtés lors des contrôles. Certains sont déportés vers Sachsenhausen, d’autres internés dans différents établissements français.
Les destructions du quartier Saint-Jean entraînent également la disparition de plusieurs centaines de commerces, d’ateliers artisanaux et d’immeubles d’habitation. Si l’objectif premier n’est pas de provoquer des pertes humaines directes, les conséquences économiques et sociales sont considérables.
Survivants
La majorité des habitants expulsés retrouve la liberté après les opérations mais ne récupère jamais son logement, celui-ci ayant été détruit au cours du mois de février 1943. Beaucoup sont relogés dans d’autres quartiers de Marseille ou dans les communes voisines.
Quelques déportés survivent aux camps nazis et livrent après-guerre des témoignages devenus essentiels pour la connaissance des rafles de Marseille. Leurs récits, conservés notamment par le Mémorial de la Shoah, le Site-Mémorial du Camp des Milles et les Archives départementales des Bouches-du-Rhône, permettent de reconstituer le parcours des personnes arrêtées depuis leur domicile jusqu’aux camps de déportation.
Les témoignages des anciens habitants des Vieux-Quartiers constituent également une source majeure pour comprendre les conséquences humaines de l’évacuation et de la destruction du quartier Saint-Jean. Ils décrivent la brutalité des expulsions, la perte des biens familiaux et la disparition d’un cadre de vie plusieurs fois centenaire.
Conséquences
Les opérations conduites entre le 22 janvier et le 17 février 1943 constituent l’une des plus importantes actions de répression menées en France occupée après la rafle du Vélodrome d’Hiver.
Sur le plan humain, près de 20 000 habitants sont déplacés, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées et plusieurs centaines de Juifs sont déportés vers les centres de mise à mort nazis.
Sur le plan urbain, la destruction du quartier Saint-Jean fait disparaître environ 14 hectares du centre ancien de Marseille. Ce bouleversement modifie durablement l’organisation de la ville. Les opérations de reconstruction engagées après la guerre donnent au front nord du Vieux-Port son aspect actuel.
Sur le plan politique, les rafles de Marseille démontrent l’importance de la coopération entre les autorités allemandes et le gouvernement de Vichy. Les recherches historiques menées depuis les années 1980 ont établi que la participation de l’administration française fut un élément déterminant de la réussite de l’opération.
Sur le plan mémoriel, ces événements sont aujourd’hui considérés comme l’un des épisodes majeurs de l’histoire de l’Occupation en Provence. Ils illustrent à la fois la politique de persécution antisémite, la répression contre les opposants, la collaboration administrative française et la destruction délibérée d’un quartier historique.
Mémoire et lieux commémoratifs
Pendant plusieurs décennies après la Libération, la mémoire des rafles de janvier 1943 et de la destruction des Vieux-Quartiers demeure largement éclipsée par d’autres épisodes de l’Occupation. Ce n’est qu’à partir des années 1980, grâce aux travaux des historiens, aux témoignages des survivants et à l’action des associations mémorielles, que ces événements retrouvent une place importante dans l’histoire de Marseille.
Le principal lieu de mémoire est le Mémorial des Déportations, situé quai du Port à Marseille (2ᵉ arrondissement). Inauguré le 23 juillet 1995 à proximité du fort Saint-Jean, il rend hommage aux femmes, hommes et enfants déportés depuis les Bouches-du-Rhône. Il présente une exposition permanente consacrée aux déportations et conserve une documentation importante sur les rafles de janvier 1943.
Le Musée d’Histoire de Marseille, installé Centre Bourse, consacre plusieurs espaces à l’histoire des Vieux-Quartiers et à leur destruction. Plans anciens, photographies aériennes, films, objets issus des fouilles archéologiques et documents administratifs permettent de mesurer l’ampleur des destructions opérées en février 1943 et leurs conséquences sur l’évolution urbaine de Marseille.
Le Site-Mémorial du Camp des Milles, situé sur la commune des Milles (Aix-en-Provence), constitue un lieu essentiel pour comprendre la politique de persécution menée en Provence. Bien que les victimes des rafles de janvier 1943 n’y transitent plus, le mémorial replace ces événements dans la continuité des internements et des déportations organisés depuis la région à partir de 1940. Les parcours des déportés de 1942 et de 1943 y sont présentés de manière complémentaire.
Les Archives départementales des Bouches-du-Rhône conservent les principaux fonds relatifs aux opérations : rapports préfectoraux, correspondances administratives, photographies, dossiers de police, documents d’épuration et témoignages. Elles organisent régulièrement des expositions et mettent en ligne plusieurs dossiers pédagogiques consacrés aux rafles de Marseille.
Le Mémorial de la Shoah, à Paris, conserve les listes nominatives des Juifs arrêtés lors des rafles, les dossiers individuels des déportés, les témoignages des survivants ainsi que les archives relatives aux convois partis de Drancy.
Plusieurs plaques commémoratives rappellent aujourd’hui les événements dans les secteurs du Vieux-Port, de l’Hôtel de Ville, de la place de Lenche, des Accoules et du quartier Saint-Jean. Des cérémonies officielles sont organisées chaque année autour du 22 janvier par la Ville de Marseille, les associations mémorielles, les représentants des cultes et les associations de déportés.
Historiographie
Les premières études consacrées aux événements de janvier 1943 privilégient essentiellement la destruction du quartier Saint-Jean et présentent souvent l’opération comme une décision exclusivement allemande.
À partir des années 1980, l’ouverture des archives françaises et allemandes renouvelle profondément la recherche. Les travaux de Renée Dray-Bensousan mettent en évidence les conséquences sociales et patrimoniales des destructions. Robert Mencherini replace les événements dans le contexte politique, économique et social de Marseille sous l’Occupation. Serge Klarsfeld documente précisément le parcours des Juifs arrêtés et déportés. Enfin, Tal Bruttmann montre que les rafles de Marseille s’inscrivent pleinement dans la politique de persécution conduite conjointement par les autorités allemandes et l’administration française.
Les recherches contemporaines distinguent désormais clairement trois phases : les rafles des 22 et 23 janvier, l’évacuation de la population à partir du 24 janvier, puis le dynamitage du quartier Saint-Jean au début du mois de février. Cette distinction, absente de nombreuses publications anciennes, est aujourd’hui largement admise.
Les principaux débats historiographiques portent sur le nombre exact d’immeubles détruits, sur le détail des catégories de personnes interpellées et sur l’usage du terme « opération Sultan ». Ces divergences tiennent essentiellement aux différences entre les rapports administratifs français, les archives allemandes et les méthodes de comptage retenues par les historiens. Elles ne remettent pas en cause les faits essentiels.
Références bibliographiques
Marseille, janvier 1943. Une ville face à la violence nazie, Robert MENCHERINI, Éditions Gaussen, 2014. Cet ouvrage constitue aujourd’hui la référence la plus complète sur les rafles, l’évacuation des habitants et la destruction des Vieux-Quartiers. Fondé sur un important dépouillement des archives françaises et allemandes, il analyse les responsabilités des autorités de Vichy, la politique allemande de répression et les conséquences sociales des événements.
La destruction du Vieux-Port de Marseille, Renée DRAY-BENSOUSAN, Éditions Jeanne Laffitte, 2003. L’ouvrage retrace l’histoire des quartiers détruits, les décisions administratives, les opérations de dynamitage et les transformations urbaines qui suivent la Libération. Il s’appuie largement sur les archives municipales et départementales.
Le Calendrier de la persécution des Juifs de France (1940-1944), Serge KLARSFELD, Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France. Cette chronologie détaillée permet de replacer les rafles de Marseille dans l’ensemble de la politique de persécution des Juifs en France. Elle fournit les dates des convois, les effectifs et de nombreuses informations nominatives.
Persécutions et entraides dans la France occupée, Tal BRUTTMANN, La Découverte, 2021. L’auteur replace les événements de Marseille dans le cadre général de la politique antisémite allemande et de la collaboration administrative française. Les chapitres consacrés à la Provence éclairent le rôle des autorités françaises dans la préparation des rafles.
Les Rafles à Marseille, janvier 1943. Témoignages et documents, Presses Universitaires de Provence. Cet ouvrage collectif rassemble plusieurs études historiques, des témoignages de survivants et des documents d’archives. Il constitue une source essentielle pour comprendre les différentes phases de l’opération.
Références internet
Archives départementales des Bouches-du-Rhône – Janvier 1943 : Rafles sur Marseille. Dossier documentaire fondé sur les archives préfectorales et policières, accompagné d’une présentation historique des opérations.
https://www.archives13.fr/documents-du-mois/document-janvier-rafles-sur-marseille-21/n:269
Archives départementales des Bouches-du-Rhône – Janvier 1943 : Rafles sur Marseille (dossier thématique). Exposition virtuelle consacrée aux rafles, à l’évacuation et à la destruction des Vieux-Quartiers.
https://www.archives13.fr/n/janvier-rafles-sur-marseille/n:471
Site-Mémorial du Camp des Milles. Présentation historique du camp, des internements en Provence, des déportations de 1942 et du contexte dans lequel s’inscrivent les rafles de Marseille de janvier 1943.
https://campdesmilles.org
Mémorial de la Shoah. Fonds documentaires consacrés aux Juifs arrêtés à Marseille, aux convois de mars 1943 et aux témoignages des survivants.
https://www.memorialdelashoah.org
Fondation de la Résistance. Ressources historiques sur la Résistance dans les Bouches-du-Rhône et sur la répression allemande pendant l’Occupation.
https://www.fondationresistance.org
Musée de la Résistance en ligne. Notices documentaires relatives à la Résistance en Provence, aux politiques de répression et aux principaux réseaux actifs à Marseille.
https://museedelaresistanceenligne.org
Fiabilité : A La présente notice repose sur le croisement des archives françaises, des archives allemandes publiées, des travaux universitaires de Robert Mencherini, Renée Dray-Bensousan, Tal Bruttmann et Serge Klarsfeld, ainsi que des ressources du Site-Mémorial du Camp des Milles, du Mémorial de la Shoah, des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, de la Fondation de la Résistance et du Musée de la Résistance en ligne. Les rares divergences statistiques sont signalées lorsqu’elles existent.
Sources consultées le 18 juillet 2026
Archives départementales des Bouches-du-Rhône – Janvier 1943 : Rafles sur Marseille. https://www.archives13.fr/documents-du-mois/document-janvier-rafles-sur-marseille-21/n:269
Archives départementales des Bouches-du-Rhône – Janvier 1943 : Rafles sur Marseille (dossier thématique). https://www.archives13.fr/n/janvier-rafles-sur-marseille/n:471
Site-Mémorial du Camp des Milles – Documentation historique et pédagogique. https://campdesmilles.org
Mémorial de la Shoah – Fonds documentaires et base des déportés. https://www.memorialdelashoah.org
Fondation de la Résistance – Base documentaire. https://www.fondationresistance.org
Musée de la Résistance en ligne – Ressources documentaires. https://museedelaresistanceenligne.org
Gallica – Bibliothèque nationale de France. https://gallica.bnf.fr
Service historique de la Défense – Inventaires des fonds. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Ordre de la Libération – Notices biographiques. https://www.ordredelaliberation.fr
Maitron – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, du mouvement social et de la Résistance. https://maitron