Au début de l’année 1944, la répression allemande s’intensifie en Dordogne sous l’action de la division Brehmer, une unité de la Wehrmacht déployée pour neutraliser les maquis et semer la terreur au sein des populations civiles suspectées de soutenir la Résistance.
Dans le cadre de ces opérations de ratissage intensives conduites en Périgord vert, les forces d’occupation procèdent à de nombreuses arrestations de résistants, d’otages civils et d’Israélites.
La ville de Brantôme devient alors le théâtre tragique de représailles programmées visant à frapper les esprits et à désorganiser les réseaux clandestins locaux.
Déroulement de l’opération
Les 26 et 27 mars 1944, les troupes allemandes secondées par des éléments de la Phalange africaine et des collaborateurs locaux mènent des exécutions sommaires au lieu-dit « Les Carrières » (ou carrière de de la Reille) à Brantôme.
Le 26 mars 1944, un premier groupe de 25 otages et résistants extraits des prisons de Périgueux est conduit sur les lieux et fusillé.
Le lendemain, 27 mars 1944, une seconde vague d’exécutions a lieu sur le même site, entraînant la mort de 1 Container d’otages supplémentaires (selon les sources, 26 ou 25 victimes ce jour-là, portant le bilan total à 50 ou 51 martyrs).
Les corps sont abandonnés ou enterrés hâtivement sur place avant d’être découverts après le départ des colonnes répressives.
Georges MASSIAS, rôle de résistant au sein des réseaux locaux, capturé lors des rafles précédant les événements, mort fusillé le 26 mars 1944.
René ULLMANN, résistant et otage arrêté en tant qu’Israélite et suspecté d’activités clandestines, mort fusillé le 26 mars 1944.
Georges DUMONT, membre des maquis de Dordogne, capturé par la division Brehmer, mort fusillé le 27 mars 1944.
Michel MOURRET, combattant de la Résistance intérieure, arrêté lors des opérations de ratissage, mort fusillé le 27 mars 1944.
Victimes
Parmi les victimes recensées figurent 50 ou 51 personnes exécutées en deux jours, constituées de résistants issus de divers mouvements (FTPF, AS), de fusillés politiques et d’otages juifs raflés dans le secteur.
Parmi elles se trouvent Georges MASSIAS, René ULLMANN, Georges DUMONT, Michel MOURRET, André BOISSÈRE, Marcel DUPUY, ainsi que plusieurs victimes non identifiées immédiatement au moment des faits en raison de la rapidité des exécutions.
Survivants
Il n’y a aucun survivant parmi les groupes conduits au poteau d’exécution lors des rassemblements des 26 et 27 mars 1944 à Brantôme, l’ensemble des otages conduits sur place ayant été exécuté par les pelotons allemands.
Conséquences
Le massacre de Brantôme marque l’un des sommets de la violence terroriste exercée par la division Brehmer en Dordogne.
Loin de décourager la population, ces exécutions entraînent un renforcement de la solidarité populaire envers le maquis et accélèrent les recrutements dans la Résistance en Périgord.
Après la Libération, les responsables allemands et les collaborateurs impliqués dans les exactions de la division Brehmer ont fait l’objet de poursuites devant les tribunaux militaires et les cours de justice.
Mémoire et lieux commémoratifs
Monument des Fusillés de Brantôme, monument commémoratif érigé sur le site même du massacre, commune de Brantôme en Périgord (Dordogne).
Plaque commémorative des Martyrs de la Résistance, plaque en hommage aux fusillés du mars 1944, commune de Brantôme en Périgord (Dordogne).
Rue des Fusillés du 26 et 27 Mars 1944, voie publique dédiée à la mémoire des victimes, commune de Brantôme en Périgord (Dordogne).
Références bibliographiques
La Division Brehmer : Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Guy Penaud, Éditions Fanlac, 2004. Cet ouvrage de référence retrace de manière détaillée le parcours sanglant de la division Brehmer à travers le Limousin et le Périgord au printemps 1944. L’auteur s’appuie sur des archives administratives, militaires et judiciaires pour restituer la chronologie exacte des exactions, des rafles et des massacres perpétrés, notamment les fusillades survenues à Brantôme. Il dresse un bilan précis des victimes et analyse la stratégie de terreur méthodique employée par l’occupant.
Histoire de la Résistance en Périgord, Jacques Lagrange, Éditions Charles Corlet, 1993. Ce livre consacre une étude approfondie aux structures, aux maquis et aux événements marquants de la Résistance dans le département de la Dordogne. Un chapitre entier est dédié à la répression du printemps 1944 et aux drames qui ont frappé les communes rurales du Périgord vert. L’auteur y détaille le contexte de l’arrestation et de l’exécution des otages de Brantôme tout en apportant des éclairages sur l’organisation des réseaux locaux.
Le Châtiment suprême : Les fusillés de la Seconde Guerre mondiale en Dordogne, Bernard Reviriego, Éditions Périgord Patrimoine, 2015. L’ouvrage dresse un inventaire méthodique et minutieux des citoyens, maquisards et otages fusillés en Dordogne durant la Seconde Guerre mondiale. L’auteur consacre des notices précises aux journées des 26 et 27 mars 1944 à Brantôme, croisant les données d’état civil, les rapports de gendarmerie d’époque et les dossiers de victimes de guerre. Il permet de comprendre le parcours individuel des martyrs et d’établir un état civil rigoureux des victimes.
Références internet
Maitron Résistance Ce site propose un dictionnaire biographique des fusillés, exécutés, massacrés et victimes d’actes délictueux sous l’Occupation. Il consacre des notices individuelles et collectives extrêmement précises sur les événements de Brantôme des 26 et 27 mars 1944, détaillant l’identité des fusillés, leur parcours militant ou leur statut d’otage ainsi que les circonstances exactes de leur arrestation par la division Brehmer. https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Musée de la Résistance en ligne Cette plateforme documentaire spécialisée met à disposition des chercheurs et du grand public des ressources archivistiques, des cartes, des photographies et des fiches thématiques consacrées à l’histoire de la Résistance française. Elle contient des dossiers spécifiques sur la terreur allemande en Périgord, la division Brehmer et la mémoire des lieux de massacre en Dordogne, incluant le site de Brantôme. http://www.museedelaresistanceonline.org/
Mémoire des Hommes Dépendante du ministère des Armées, cette base de données officielle recense les combattants, résistants et victimes civiles des conflits du XXe siècle. Elle permet de vérifier l’état civil, le statut d’homologation (FFI, RIF, DIR) et les mentions « Mort pour la France » attribuées aux personnes fusillées à Brantôme lors des journées de mars 1944. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Fiabilité A : Sources institutionnelles, académiques et archivistiques croisées (Maitron Résistance, Service Historique de la Défense, travaux d’historiens spécialistes de la Dordogne) disposant de notices biographiques complètes et vérifiées.
Sources consultées
Maitron Résistance, https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Musée de la Résistance en ligne, http://www.museedelaresistanceonline.org/
Mémoire des Hommes, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Fondation de la Résistance, https://www.fondationresistance.org/