La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le Plan Vert constitue le volet ferroviaire du dispositif global de sabotage destiné à paralyser l’armée allemande lors du débarquement allié.

Son exécution massive débute dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, après la diffusion sur les ondes de la BBC de messages conventionnels tels que « Les sanglots longs des violons de l’automne ».

L’opération consiste en une série de sabotages techniques visant les points névralgiques du réseau : déboulonnage de rails dans les courbes, dynamitage de ponts, de tunnels, de plaques tournantes et d’aiguillages.

Contrairement aux bombardements aériens alliés qui détruisent des zones étendues, le Plan Vert privilégie des interventions chirurgicales menées par de petits groupes de cheminots résistants et de maquisards.

La localisation couvre l’ensemble du territoire français, avec une priorité absolue pour les lignes convergeant vers la Normandie et les axes de repli vers l’Est.

Le bilan immédiat est une réduction drastique du trafic ferroviaire allemand, forçant l’occupant à utiliser les routes, plus exposées aux attaques aériennes et au harcèlement des maquis.

Circonstances

Le Plan Vert a été élaboré dès 1943 par le Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA) et l’état-major du général KOENIG, en concertation avec les responsables de Résistance-Fer.

L’intérêt stratégique est d’empêcher la Wehrmacht d’acheminer rapidement ses divisions blindées et ses réserves de munitions vers les zones de combat.

Le contexte militaire de juin 1944 impose une paralysie totale des communications ennemies.

Ce plan repose sur l’expertise unique des cheminots de la SNCF qui, connaissant parfaitement le réseau et le matériel, savent où frapper pour provoquer les interruptions les plus longues avec un minimum d’explosifs.

Héros et figures marquantes

Jean-Guy BERNARD, l’un des fondateurs du Noyautage des Administrations Publiques (NAP-Fer), a joué un rôle moteur dans l’organisation avant son arrestation et sa déportation.

Louis ARMAND, ingénieur en chef à la SNCF et dirigeant du réseau Résistance-Fer, est la figure centrale de la conception technique du Plan Vert ; arrêté en juin 1944, il survit à la guerre.

René HARDY, responsable du secteur ferroviaire pour les Mouvements Unis de la Résistance (MUR), a également participé à l’élaboration tactique des sabotages. Ces cadres coordonnaient des milliers de cheminots anonymes intégrés aux mouvements Francs-Tireurs et Partisans (FTP) ou à l’Armée Secrète (AS).

Victimes

Les victimes se comptent par centaines parmi les cheminots exécutés pour actes de sabotage ou déportés.

On retient notamment les fusillés de la gare de Caen et de nombreux agents de conduite abattus sur leurs locomotives lors d’interventions allemandes. Des civils ont également péri lors de déraillements accidentels ou de représailles immédiates de la part des troupes de la SS le long des voies ferrées.

Survivants

Louis ARMAND, Compagnon de la Libération, est devenu après-guerre le directeur général de la SNCF, portant haut la mémoire de la « bataille du rail ». De nombreux agents, comme ceux du groupe de sabotage de Tergnier ou de Lyon, ont témoigné après la Libération de la précision nécessaire pour sectionner les rails sans être repérés par les patrouilles de la Feldgendarmerie.

Conséquences

La portée stratégique du Plan Vert est capitale : le déplacement d’une division blindée allemande comme la Das Reich, qui devait prendre trois jours par train, a nécessité deux semaines par la route.

La réaction allemande fut impitoyable, instaurant la peine de mort pour tout individu trouvé à proximité des voies avec des outils ou des explosifs.

Cette action a reçu les félicitations du général EISENHOWER, soulignant que l’action de la Résistance ferroviaire avait raccourci la guerre de plusieurs mois.

Mémoire et lieux commémoratifs

Le Monument aux Morts des Cheminots à la gare de l’Est à Paris rend hommage aux 1600 agents de la SNCF tués.

La commune de Tergnier, haut lieu du sabotage ferroviaire, possède une stèle dédiée aux résistants du rail.

De nombreuses gares de France arborent des plaques commémoratives rappelant le nom des agents fusillés pour sabotage dans le cadre du Plan Vert.

Le Musée ferroviaire de Mulhouse (Cité du Train) consacre un espace à cette période historique.

Références bibliographiques

La bataille du rail par de René HARDY. Cet ouvrage, écrit par l’un des acteurs de la résistance ferroviaire, décrit de l’intérieur l’organisation des sabotages et les risques pris par les cheminots pour appliquer le Plan Vert. Il détaille les techniques de sabotage pour maximiser les retards de transport de l’armée allemande.

La Résistance des cheminots de Christian CHEVANDIER. Ce livre d’historien analyse l’engagement spécifique de la corporation des cheminots dans la lutte clandestine. L’auteur explique comment le savoir-faire professionnel est devenu une arme de guerre contre l’occupant.

Résistance-Fer écrit par l’Association des anciens combattants de la résistance ferroviaire. Ce recueil de documents et de témoignages constitue une base documentaire essentielle sur les réseaux et les missions du Plan Vert à travers toute la France.

Les cheminots dans la Résistance de Paul DURAND. Cette étude historique approfondie revient sur les aspects techniques et organisationnels du NAP-Fer et de Résistance-Fer. L’ouvrage met en lumière la coordination entre les services de renseignement alliés et les cadres de la SNCF.

Le temps des cheminots sous la direction de Marie-Louise GOERGEN. Cet ouvrage collectif aborde la sociologie et l’engagement des travailleurs du rail durant l’Occupation. Plusieurs chapitres sont consacrés à la mise en œuvre pratique des sabotages de l’été 1944.

Références internet

Fondation de la Résistance Le site propose un dossier complet sur le Plan Vert et le rôle de Louis Armand dans la coordination des sabotages ferroviaires. Il contient des chronologies précises des déraillements majeurs de juin 1944. https://www.fondationresistance.org

Musée de la Résistance en ligne Ce portail présente des cartes de France illustrant la densité des sabotages ferroviaires lors de la Libération. Il propose également des photographies d’époque de locomotives détruites par les groupes de Résistance-Fer. https://www.museedelaresistanceenligne.org

Maitron Résistance Cette ressource biographique permet de consulter les notices individuelles des milliers de cheminots fusillés ou déportés pour leur participation au Plan Vert. Elle précise leur appartenance syndicale et leur réseau de résistance. https://fusilles-40-44.maitron.fr

Mémoire des Hommes Le portail du ministère des Armées donne accès aux dossiers de résistance des agents de la SNCF reconnus pour leurs actes de sabotage. On y trouve les citations accompagnant les médailles de la Résistance. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Chemins de Mémoire Ce site institutionnel propose des articles de fond sur la « Bataille du rail » et les enjeux logistiques du Plan Vert pour le commandement allié à Londres. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr

Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Gallica BnF, SHD, site Mémoire Vive de la Résistance (vérification faite : pas de fiche globale sur le “Plan Vert” trouvée, uniquement des mentions dans des historiques de réseaux).30 mars 2026

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