La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’Hôpital Saint-Antoine, situé dans le 12e arrondissement de Paris, a joué un rôle discret mais essentiel dans la Résistance intérieure française durant l’Occupation allemande. Grâce à l’engagement de son personnel médical et paramédical, il a servi de refuge clandestin pour des résistants blessés, des aviateurs alliés et des juifs persécutés.

Fondé au XIIIe siècle, l’Hôpital Saint-Antoine est intégré à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) au XIXe siècle.

 Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient un centre névralgique de la Résistance hospitalière parisienne. Le personnel soignant, en particulier les infirmières, les internes et certains médecins, s’organise pour mener des actions clandestines au sein de l’établissement.

Les membres du personnel de l’Hôpital Saint-Antoine ont mené plusieurs actions de résistance :

  • Falsification de documents médicaux : Des diagnostics fictifs étaient établis pour éviter la déportation de patients juifs ou résistants.
  • Dissimulation de blessés : Des aviateurs alliés et des résistants blessés étaient cachés dans des services sous de fausses identités.
  • Stockage de matériel clandestin : Des tracts, des armes et des équipements de transmission étaient dissimulés dans les sous-sols ou les réserves de l’hôpital.
  • Réseau de liaisons : Des agents de liaison transitaient par l’hôpital, profitant de la couverture médicale pour échapper aux contrôles.

Chefs et figures notables

Parmi les figures marquantes associées à l’Hôpital Saint-Antoine :​

  • Corentin CELTON : Employé comme garçon de salle à l’Hôpital Saint-Antoine, il s’engage dans la Résistance en organisant des comités populaires dans les services publics. Arrêté en 1942, il est fusillé au Mont-Valérien le 29 décembre 1943. Son nom a été donné à l’hôpital des Petits-Ménages (actuel hôpital Corentin-Celton) et à une station de métro parisienne. ​
  • Noël FIESSINGER : Médecin des hôpitaux de Paris, il a été actif dans la Résistance médicale. Bien qu’il soit plus étroitement associé à l’Hôtel-Dieu, certaines salles de l’Hôpital Saint-Antoine portent son nom en hommage à son engagement.

Fin de l’engagement clandestin

Avec la Libération de Paris en août 1944, les activités clandestines de l’Hôpital Saint-Antoine cessent progressivement. Les membres du personnel ayant participé à la Résistance sont honorés, et des plaques commémoratives sont installées pour rappeler leur courage et leur dévouement.

Références bibliographiques

  • La Libération de Paris – 19-25 août 1944, Jacques Rougerie & Jean-Marie Motte (dir.), Éditions de l’Atelier, 2004. Ce volume rassemble de nombreux témoignages sur la semaine insurrectionnelle de Paris ; on y trouve des chapitres consacrés à l’engagement du personnel hospitalier et aux hôpitaux-postes de la Résistance — utile pour replacer le rôle de l’hôpital Saint-Antoine dans le cadre global des soins en zone de combat.
  • Les hôpitaux pendant l’Occupation et la Libération, Jean Hazard, « Histoire des sciences médicales », tome 32 n°4, 1998. Cet article fournit une analyse historique détaillée du rôle des établissements hospitaliers parisiens — y compris Saint-Antoine — lors des combats de la Libération, de l’évacuation des blessés et des tâches sanitaires clandestines.
  • Des hôpitaux à Paris. État des fonds des archives de l’AP-HP (XIIᵉ-XXᵉ siècles), Sophie Riche & Sylvain Riquier (dirs.), Archives de l’AP-HP, 2000. Cet ouvrage présente les fonds d’archives hospitaliers parisiens, y compris ceux de l’hôpital Saint-Antoine (fonds personnel, service, admissions, etc.). Très utile pour la recherche documentaire historique sur la période 1940-44.
  • Le service de santé de la Résistance, Pierre Canlorbe, Amédée Legrand & Jean Bertrand, Paris, 1945 (rééd. 1993). L’auteur, lui-même impliqué dans la Résistance, décrit l’organisation sanitaire clandestine des Forces françaises de l’intérieur (FFI) en Île-de-France, avec mention de l’usage d’hôpitaux parisiens comme postes de secours et relais.
  • Les personnels hospitaliers et la Grande Guerre puis la Seconde Guerre mondiale : Paris, 1914-1945, Marie-Hélène Jolivet, Presses universitaires de France, 2010. Cet ouvrage traite du rôle du personnel hospitalier sous l’Occupation et à la Libération à Paris, ce qui permet de situer le contexte de l’hôpital Saint-Antoine dans son environnement institutionnel et humain.

Références internet

Hôpital Saint Antoine Paris

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