Sa création
Le réseau Phalanx est fondé en 1942 à Clermont-Ferrand par Christian PINEAU. Initialement centré sur le renseignement, la collecte d’informations à destination de la France libre et l’organisation de filières d’évasion, Phalanx s’inscrit rapidement dans la dynamique plus large du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA).
Sous l’impulsion du BCRA, Phalanx se transforme en 1943 en un réseau plus vaste et structuré : Cohors-Asturies. Ce réseau est confié à Jean CAVAILLÈS, philosophe, mathématicien et officier de réserve, qui devient l’une des figures les plus emblématiques de la Résistance intellectuelle et militaire.
Organisation et missions
Le réseau Cohors-Asturies agit principalement dans le quart nord de la France, avec des ramifications en Auvergne, Bourgogne et Alsace. Il est composé de petits groupes clandestins chargés de missions spécifiques :
- collecte de renseignements militaires et industriels,
- appui aux parachutages et à la logistique de terrain,
- sabotage d’infrastructures ferroviaires et de communication,
- liaison avec Londres via radio et messagers,
- exfiltration d’aviateurs alliés et de personnes recherchées.
Actions et réseaux
Les membres de Cohors-Asturies agissent en réseau cloisonné, ce qui garantit une relative sécurité en cas d’arrestation. Plusieurs actions notables sont attribuées au réseau :
- sabotage de lignes ferroviaires en région Centre,
- transmission de plans de défenses allemandes en Normandie,
- organisation de caches d’armes en vue d’insurrections locales.
Chefs, héros et morts
- Christian PINEAU, fondateur de Phalanx, survivant de la guerre, futur ministre.
- Jean CAVAILLÈS, chef du réseau Cohors-Asturies, arrêté en août 1943, torturé, fusillé à Arras en février 1944.
- Pierre BROSSOLETTE, lié au réseau, arrêté et mort sous la torture à Paris en 1944.
Fin du réseau
Le réseau Cohors-Asturies cesse ses opérations à la Libération, fin 1944. Ses membres sont pour partie intégrés dans les nouvelles structures de renseignement ou dans l’administration militaire de la France libre. Jean CAVAILLÈS devient un symbole du sacrifice intellectuel au service de la patrie.
Références bibliographiques
- “Jean Cavaillès, un philosophe dans la Résistance”, Dominique PRADALIE, Éditions Le Félin.
- “Christian Pineau, de la Résistance au pouvoir”, Jean-François MURACCHINI, Éditions Fayard.
- “Le livre noir de la Résistance”, sous la direction de François-Marin FLEUTOT, Éditions Perrin.
- “Résister à Clermont-Ferrand”, Jean-Michel STEG, Éditions de Borée.
Références internet
- Biographie détaillée de Jean CAVAILLÈS, son rôle dans la Résistance, ses œuvres philosophiques et sa fin tragique, https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cavaill%C3%A8s
- Fiche officielle de Jean CAVAILLÈS, Compagnon de la Libération, https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-cavailles,
- Articles et documents d’archives sur le réseau Cohors-Asturies, son fonctionnement et ses membres. https://www.fondationresistance.org
- Base documentaire sur la Résistance française avec fiches sur Jean CAVAILLÈS et Christian PINEAU. https://museedelaresistanceenligne.org
- Parcours complet de Christian PINEAU, de la Résistance à la politique nationale., https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Pineau