Le réseau Marie‑Odile voit le jour à l’été 1940 à Nancy, sous la houlette de Pauline Gabrielle Gaillard, infirmière volontaire à Nancy, veuve et gestionnaire d’une œuvre textile locale
Face à l’afflux de prisonniers et réfractaires, elle organise spontanément leur aide : hébergement, ravitaillement et fabrication de faux papiers.
Elle infiltre l’aide sous pseudonyme, devient Marie‑Odile Laroche, et installe un réseau clandestin à Nancy et Metz, avant d’étendre ses actions à Lyon, Paris, Mâcon, Tours, Nantes, Caen, Poitiers, Corrèze et les Pyrénées .
Organisation & logistique
Le réseau compte plusieurs dizaines d’agents, avec relais civils, religieux (notamment l’abbé Henri Péan pour le Sud-Touraine/Nord-Vienne) et milieux diplomatiques.
Il s’articule autour de :
- mise en place de filières d’évasion, terrains de transit, hébergements, faux papiers ;
- soins médicaux et infirmiers dispensés par Marie‑Odile elle-même ;
- liaison avec le BCRA et le 2ᵉ Bureau, avec appuis de MI9 britannique
Le réseau permet entre 30 000 et 80 000 passages de civils, réfractaires, Juifs, Alsaciens-Mosellans, aviateurs alliés vers la zone Sud, l’Angleterre, l’Afrique du Nord, la Suisse. Il organise rapatriements, codage de renseignements, transports, soins de première urgence.
Effondrement et répression
Dès février 1944, la Gestapo lance une vaste rafle, débutant l’arrestation de membres, de Poix est prise. De nombreux résistants sont exécutés (fusillés ou morts en déportation), dont Charles Dutheil de la Rochère, abbé Péan et d’autres agents locaux. Entre février et mai 1944, le réseau est démantelé.
Arrêtée le 4 mai 1944, internée à Fresnes, torturée sans faillir, puis déportée le 15 août 1944 via le convoi des « 57 000 » vers Ravensbrück. Transférée à Torgau et Königsberg, elle meurt le 23 mars 1945.
Références bibliographiques
Soldats bleus dans l’ombre – Le commandant Guillaudot et ses gendarmes dans la Résistance, par Gilbert Charles, Éditions du Cercle d’or, Paris, 1978. Cet ouvrage retrace l’engagement de Maurice GUILLAUDOT et de ses hommes dans la Résistance, mettant en lumière leur courage et leur détermination.
Marie‑Odile Laroche 1895‑1945, Bulletin des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de Meurthe‑et‑Moselle n° 21 (2011). Portrait détaillé, retraçant la mise en place du réseau, ses actions et la déportation de sa fondatrice.
Réseau Marie‑Odile. Des femmes et des hommes pour la liberté, Marie‑Thérèse de Poix, Éditions Touraine 39‑45, 1996. Étude rigoureuse sur la structure, l’organisation, les agents et la portée géographique du réseau .
L’armée du silence – Histoire des réseaux d’évasion en France 1940‑1945, Guillaume Pollack, Clio‑Cri (2017). Présente la genèse des filières d’évasion, notamment le réseau Marie‑Odile rattaché au BCRA .
Références internet
Préfecture de Meurthe‑et‑Moselle : https://www.meurthe‑et‑moselle.gouv.fr/…
Article hommage : retrace sa biographie, son rôle dans le réseau, son arrestation, déportation et décorations. leprogres.fr+4meurthe-et-moselle.gouv.fr+4fr.wikipedia.org+4
Wikipédia – Rue Marie‑Odile : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_Marie‑Odile
Présentation de la voirie en hommage à sa mémoire ; origine, historique, localisation. fr.wikipedia.org+3fr.wikipedia.org+3chsprod.hypotheses.org+3
Musée de l’Ordre de la Libération : https://www.ordredelaliberation.fr/…
Portrait et commémoration officielle : détaille sa création de réseau, arrestation, déportation, morts. ordredelaliberation.fr+1fr.wikipedia.org+1
Mémoire
A Villers‑lès‑Nancy, le monument aux morts porte une plaque commémorative dédiée à Marie‑Odile Laroche, posée le 8 mai 2011