Réseau Martial (Septième colonne d’Alsace)
Le « Réseau Martial » est un réseau de Résistance attesté, correspondant à la « Septième colonne d’Alsace », dénomination sous laquelle l’organisation est connue en Alsace, tandis que « Réseau Martial » est le nom sous lequel elle est enregistrée et/ou désignée dans certains cadres (dont des ressources mémorielles et des documents d’archives).
La variante « VIIe colonne d’Alsace » est également employée, et l’appellation complète « Septième colonne d’Alsace (Réseau Martial) » est utilisée dans des ressources de synthèse.
Création du réseau
La création est généralement située au début de septembre 1940 à Thann (Haut-Rhin), avec Paul DUNGLER, connu sous le pseudonyme « Commandant Martial », comme fondateur et animateur initial, dans le contexte de l’annexion de fait de l’Alsace-Moselle et de la mise en place très précoce de formes clandestines de renseignement, d’entraide et de préparation armée.
Les objectifs mentionnés par les ressources mémorielles convergent vers le renseignement, l’aide aux passages et évasions, et la constitution progressive de formations destinées à intervenir lors de la libération de l’Alsace.
Organisation interne
Les descriptions disponibles insistent sur une organisation cloisonnée et prudente, adaptée à un territoire fortement contrôlé, avec des itinéraires de liaison entre l’Alsace annexée et la zone non annexée, et une structuration qui permet à la fois le recueil de renseignements et la préparation d’unités armées.
Une composante explicitement identifiée est l’émergence et l’encadrement des Groupes mobiles d’Alsace (GMA), conçus comme des formations combattantes associées au réseau, comprenant notamment GMA Sud, GMA Suisse et GMA Vosges. Les documents et notices mémorielles évoquent également des responsables sectoriels et des chefs militaires ou de renseignement, ce qui atteste une hiérarchie fonctionnelle, même si le détail complet des organigrammes varie selon les sources et nécessite, pour être pleinement documenté, un dépouillement d’archives nominatives.
Actions menées pendant la Résistance
Les actions attribuées au réseau et à ses prolongements incluent le recueil et la transmission de renseignements, l’organisation de filières de passage, et la mise sur pied de groupes armés (GMA) destinés à prendre part aux combats de la Libération.
Les ressources de la Fondation de la Résistance et du Musée de la Résistance en ligne décrivent le rôle du réseau dans la préparation de ces groupements, dont une partie intègre ensuite la 1re armée française, tandis que d’autres éléments opèrent dans des zones de combat et de maquis.
Par ailleurs, l’existence d’un « rapport d’activité » conservé par le Service historique de la Défense pour un officier présenté comme relevant du réseau (capitaine Jean RIVIER, alias « Rivier ») constitue un jalon archivistique attestant l’activité et la formalisation de comptes rendus internes.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les éléments consultés situent le réseau dans une dynamique de coopération et d’articulation avec des structures plus larges de la Résistance, notamment à travers la transformation/structuration des GMA et leur intégration dans des dispositifs FFI au moment de la Libération, ainsi que leur rôle dans la genèse de formations comme la Brigade indépendante Alsace-Lorraine (liée à l’histoire des groupes alsaciens-lorrains en zone sud).
Les sources mémorielles insistent sur la continuité entre la phase clandestine (renseignement, passages, préparation) et la phase combattante (GMA, puis unités engagées), ce qui implique des coordinations avec l’appareil militaire de la France combattante et les structures FFI locales au moment opportun, même si le détail précis des chaînes de commandement et des rattachements successifs varie selon les périodes et doit être étayé par des dossiers d’archives.
Chefs et figures marquantes
Paul DUNGLER (pseudonyme « Commandant Martial ») est cité comme fondateur et chef initial du réseau, notamment lié à la création de la Septième colonne d’Alsace et à son enregistrement sous le nom de « réseau Martial ».
Marcel KIBLER (pseudonyme « Commandant Marceau ») est présenté comme un acteur majeur de la Résistance alsacienne et un responsable de premier plan dans la structuration et la conduite d’unités liées aux GMA, avec une mémoire commémorative matérialisée par des stèles et mentions associatives.
Jean ESCHBACH (pseudonyme « Rivière ») apparaît dans une documentation mémorielle et archivistique, dont une notice de média commémoratif et un signalement de rapport au SHD, ce qui confirme sa place dans l’appareil de commandement/liaison associé au réseau.
Victimes / morts
Les pertes humaines liées au réseau au sens large se confondent souvent avec celles des formations combattantes issues de la même matrice (GMA, puis unités engagées).
À titre d’exemple vérifiable via une publication associative d’anciens, Adelphe PELTRE (né le 31 mai 1915) est documenté comme figure combattante issue de cet environnement alsacien-lorrain, avec une trajectoire de Résistance et une mort au combat en 1944 dans le cadre des engagements de la Libération (la publication consultée fournit une notice biographique dédiée).
Pour établir une liste exhaustive et « fermée » des morts du seul « Réseau Martial » distinct des GMA, il est indispensable d’exploiter des dossiers nominaux (archives, homologations, dossiers FFI, dossiers de décorations) au-delà des synthèses accessibles en ligne.
Survivants identifiés
Plusieurs acteurs majeurs cités par les sources consultées ont survécu et ont participé à la transmission mémorielle, notamment par la publication de récits, entretiens ou travaux centrés sur la Résistance alsacienne et la figure de Paul DUNGLER.
Les ouvrages de Marcel KIBLER (propos recueillis) et de Jean ESCHBACH (biographie centrée sur DUNGLER) relèvent d’une mise en mémoire postérieure, utile pour contextualiser l’action du réseau et ses prolongements, tout en devant être croisés avec des fonds d’archives pour la vérification fine des opérations et des effectifs.
Fin du réseau
La fin opérationnelle du réseau clandestin s’inscrit dans la bascule 1944–1945, lorsque la dimension combattante (GMA) et l’intégration dans les structures militaires/FFI prennent le relais des formes de clandestinité initiales. Les ressources consultées décrivent surtout cette transition plutôt qu’une date unique de dissolution, le réseau se prolongeant par ses unités et ses responsables dans la phase de Libération et d’intégration aux forces combattantes régulières.
Conséquences et mémoire
La mémoire du Réseau Martial est fortement ancrée en Alsace, avec des marqueurs commémoratifs et symboliques, dont une décoration/médaille mémorielle (« Croix d’Alsace ou croix du réseau Martial ») décrite par le Musée de la Résistance en ligne, et des sites de mémoire (stèles) rappelant des passages, réunions et actions de responsables identifiés (par exemple une stèle évoquant Marcel KIBLER et Jean ESCHBACH, inaugurée en 1974).
L’existence de notices d’archives au SHD relatives à des rapports d’activité liés au réseau, ainsi que la production d’ouvrages de témoignage/biographie, témoignent d’une mémoire structurée après 1945, articulant reconnaissance locale, récits d’anciens et conservation archivistique.
Références bibliographiques
Au cœur de la Résistance alsacienne : le combat de Paul DUNGLER, fondateur de la 7e colonne d’Alsace, chef du réseau Martial ; Jean ESCHBACH, Jérôme Do Bentzinger (Colmar), 2003 ; biographie centrée sur Paul DUNGLER et la genèse de la Septième colonne d’Alsace, utile pour reconstituer le contexte de création, les principes d’action et les prolongements vers les GMA, tout en fournissant une trame nominative à confronter aux archives ; l’intérêt principal est de relier l’itinéraire d’un fondateur aux structures clandestines alsaciennes et à leur mémoire.
KIBLER Marcel (alias commandant Marceau) raconte la Résistance alsacienne ; Marcel KIBLER (propos recueillis par André SIMON), Jérôme Do Bentzinger, 2008 ; témoignage/entretien structuré autour du parcours de Marcel KIBLER et de son rôle dans la Résistance alsacienne, avec des éléments sur l’organisation, les liaisons et la montée en puissance des formations combattantes liées aux GMA ; apporte une perspective d’acteur et des repères chronologiques, à croiser avec les pièces archivistiques et les sources mémorielles institutionnelles.
La Résistance alsacienne ; dossier de la Fondation de la Résistance, « La Lettre de la Résistance » (numéro consulté), 2025 ; synthèse mémorielle et pédagogique proposant des repères sur la Résistance alsacienne, dont le rôle du réseau Martial dans la mise en place des GMA et leur engagement dans la Libération ; utile pour cadrer l’articulation entre réseau clandestin et unités combattantes, et pour identifier des pistes de recherche complémentaire.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne, « Croix d’Alsace ou croix du réseau Martial » ; notice décrivant l’objet commémoratif et explicitant la mention « Réseau Martial / VIIe colonne d’Alsace », avec datation et devise, utile pour attester la terminologie et la mémoire matérielle du réseau ; lien : https://museedelaresistanceenligne.org/media8557-Croix-dAlsace-ou-croix-du-rseau-Martial ;
. Musée de la Résistance en ligne, « Stèle “Etoile II” (col du Donon) » ; notice de stèle commémorative rappelant le passage de Marcel KIBLER et Jean ESCHBACH dans la nuit du 16 au 17 juin 1944 pour une réunion de chefs de la Résistance alsacienne, avec date d’inauguration, utile pour attester des lieux de mémoire et des repères d’action ; lien : https://museedelaresistanceenligne.org/media9818-Stle-se-situant-au-lieu-dit-Etoile-II-proximit-du-col-du-Donon-Bas-Rhin ;
. Fondation de la Résistance, « La Résistance alsacienne » (PDF) ; synthèse indiquant le rôle du réseau Martial dans la mise en place des GMA à partir de 1944 et leur rôle dans les combats de la Libération, utile pour une validation institutionnelle des grandes lignes ; lien : https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance085.pdf ;
Service historique de la Défense, notice « Capitaine Jean Rivier du réseau Martial : rapport d’activité (photocopie, 1944) » ; notice de catalogue archivistique signalant l’existence d’un rapport d’activité attribué à un officier du réseau, utile comme point d’entrée vers une preuve archivistique primaire et une exploitation ultérieure du document ; lien : https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1485763 ;
Souvenir Français (Haut-Rhin), article « La Résistance en Haute-Alsace et dans les territoires annexés » ; article mémoriel local indiquant la création au 1er septembre 1940 à Thann de la Septième colonne d’Alsace ou réseau Martial par Paul DUNGLER et mentionnant des actions et prolongements ; lien : https://www.souvenir-francais-haut-rhin.com/2024/10/05/la-resistance-en-haute-alsace-et-dans-les-territoires-annexes/ ;