la Tragédie des puits de Guerry
Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, la Gestapo de Bourges, aidée par la Milice dirigée par Joseph Lécussan, arrête 70 Juifs réfugiés à Saint-Amand‑Montrond — Alsaciens‑Lorrains pour la plupart — les internant à la prison Bordiot de Bourges.
Le 24 juillet, 36 d’entre eux (hommes, femmes, adolescents) sont transférés à la ferme de Guerry (commune de Savigny‑en‑Septaine). Par groupes de six, ils sont jetés vivants dans un puits profond, puis écrasés sous des pierres et du ciment. Le 26 juillet et le 8 août, deux autres groupes subissent le même sort ; en tout, 36 victimes périssent
Seul survivant
Charles Krameisen, né en 1901, est le seul survivant : après avoir été jeté dans le puits, il parvient à s’enfuir et trouve refuge chez des habitants locaux. Son témoignage, peu après la Libération, conduit à la découverte des corps en octobre 1944
Acteurs de l’horreur
- Joseph Lécussan (Milice), instigateur local de l’opération.
- Pierre Paoli, agent de la Gestapo, complice direct.
- Fritz Merdsche, chef du SD à Orléans, participe à l’organisation
Lieux de mémoire
Les corps sont exhumés le 18 octobre 1944. L’événement est commémoré comme l’un des massacres les plus atroces de la Shoah en France, rivalisant avec Oradour‑sur‑Glane et Maillé
- Monument des Colonnes de Guerry, œuvre de Georges Jeanclos (1994), installé à la ferme de Guerry. Il représente des chapiteaux sculptés évoquant les corps engloutis
- Plaque commémorative au site de Guerry (ferme), avec les noms des victimes
- Inscriptions sur les murs du polygone de tir de Bourges, site protégé et accessible avec autorisation
- Hommages perpétuels, cérémonies annuelles le 24 juillet dans la région (Saint‑Amand‑Montrond, Savigny‑en‑Septaine, Bourges)
Bibliographie
- La tragédie des puits de Guerry (été 1944) : étapes, rouages et mobiles d’une répression raciale, Jean‑Yves Ribault, actes du colloque de Saint‑Amand‑Montrond, Fondation de la Résistance 2005. Analyse exhaustive du déroulement, des responsabilités et du contexte antisémite.
- Une tragédie française. Été 1944, scènes de guerre civile, Tzvetan Todorov, Seuil, 1994. Examine Guerry dans le cadre de la violence endémique de l’Occupation.
- Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, Beate et Serge Klarsfeld, FFDJF, Paris, 1978 (rééd. 2012). Recensement détaillé des victimes, dont celles des puits de Guerry.
Références internet
- Archives départementales du Cher : fiche historique détaillant les dates, lieux, victimes, et documents d’archives. resistance-deportation18.fr+14archives18.fr+14fr.wikipedia.org+14resistance-deportation18.frfr.wikipedia.org+2fr.wikipedia.org+2fr.wikipedia.org+2
- Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher : ressources pédagogiques sur la Shoah locale et le site de Guerry. fr.wikipedia.org+3resistance-deportation18.fr+3resistance-deportation18.fr+3
- Wikipedia FR – Massacre des puits de Guerry : synthèse enrichie avec liste des victimes, responsabilités, contexte historique. fr.wikipedia.org+1archives18.fr+1
- Wikipedia FR – Charles Krameisen : biographie du seul survivant et rôle central dans l’identification des corps. en.wikipedia.org+3fr.wikipedia.org+3fr.wikipedia.org+3