Le plan “Tortue” a été élaboré en septembre 1943 par le Bureau central de renseignement et d’action (BCRA), en collaboration avec le Special Operations Executive (SOE) britannique et l’Office of Strategic Services (OSS) américain.
Son objectif principal était de retarder l’arrivée des divisions blindées allemandes sur le front normand en sabotant les infrastructures routières dans le quart nord-ouest de la France.
Le réseau “Action Plan Tortue”, également appelé “Plan anti-panzer”, fut structuré en plusieurs zones géographiques, chacune dirigée par des responsables locaux.
Parmi eux, André RONDENAY, sous le pseudonyme “Jarry”, fut nommé responsable national du plan. Il fut assisté par Noël Palaud, alias “Artilleur”. En avril 1944, Paul Grenier, membre de l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA), prit en charge la zone Nord-Ouest, regroupant 15 départements. Régis des Plas dirigea le secteur Centre et Sud, avec Jacques Foccart comme adjoint.
Actions et réseaux
Les actions entreprises dans le cadre du plan “Tortue” comprenaient :
- L’abattage d’arbres pour bloquer les routes.
- La destruction de ponts et de carrefours stratégiques.
- L’épandage de crève-pneus sur les chaussées.
- La modification ou la suppression de panneaux indicateurs pour désorienter l’ennemi.
Ces actions visaient à entraver la mobilité des troupes allemandes et à retarder leur arrivée sur le front.
Le plan “Tortue” fut mis en œuvre en coordination avec d’autres plans de sabotage, tels que le plan “Vert” (voies ferrées), le plan “Violet” (lignes téléphoniques) et le plan “Bleu” (lignes à haute tension).
Héros et sacrifices
De nombreux résistants ont participé activement au plan “Tortue”, souvent au péril de leur vie. Parmi eux :
- André RONDENAY, arrêté et exécuté par les Allemands en août 1944.
- Jacques Foccart, qui joua un rôle clé dans la coordination des actions de sabotage.
Le réseau subit de lourdes pertes, notamment à la suite de dénonciations qui entraînèrent l’arrestation de nombreux membres à partir de mai 1944.
Références bibliographiques
- “Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo – André Rondenay : agent de la France Libre” par Joël Drogland, éditions Vendémiaire, 2019. Cet ouvrage retrace le parcours d’André RONDENAY, son engagement dans la Résistance et son rôle dans le plan “Tortue”.
- “La Résistance en France” par Olivier Wieviorka, éditions Perrin, 2016. Ce livre offre une analyse approfondie des différentes actions de la Résistance, y compris les plans de sabotage comme le plan “Tortue”.
Références internet
Chemins de mémoire – Plan « Tortue » et stratégies pour entraver l’avancée allemande
Cette page du ministère des Armées présente les plans de sabotage, notamment le Plan Tortue (ou « Bibendum »), conçu pour ralentir les renforts allemands par des actions sur les routes – épandage de crève‑pneus, sabotage de ponts et carrefours, etc.
➡️ https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-resistance-en-action fr.wikipedia.org+14cheminsdememoire.gouv.fr+14museedelaresistanceenligne.org+14
Musée de la Résistance en ligne – Exposition thématique sur les plans de sabotage
Cette exposition interactive décrit en détail les divers plans de sabotage (Vert, Violet, Bleu, Tortue) dans la préparation du Jour J, en expliquant le rôle du Plan Tortue (« Bibendum ») et ses objectifs à ralentir la montée des troupes ennemies.
➡️ https://museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=75&stheme=306&theme=142