Élaboré au printemps 1944 par le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) en coordination avec la Résistance intérieure, le plan Bleu visait à perturber la distribution d’électricité, en particulier en sabotant les lignes à haute tension alimentant les voies ferrées électrifiées et les zones côtières.
Ce plan fut approuvé par l’état-major des Forces françaises de l’intérieur (FFI) du général Koenig et s’inscrivait dans une série d’opérations de sabotage, aux côtés des plans Vert (voies ferrées), Violet (lignes téléphoniques) et Tortue (réseau routier).
Actions et mise en œuvre
Le plan Bleu fut déclenché le 5 juin 1944 à 21h15, en même temps que les autres plans de sabotage, par des messages codés diffusés par la BBC.
Les résistants, organisés en petits groupes, mirent en œuvre des actions coordonnées pour couper les lignes à haute tension stratégiques.
Par exemple, dans le département de Seine-et-Marne, des sabotages de lignes électriques furent signalés à Lagny le 6 juin 1944 et à Villevaudé le 7 juin 1944.
Réseaux et figures clés
Le plan Bleu fut mis en œuvre par divers réseaux de la Résistance, notamment les groupes de sabotage spécialisés dans les infrastructures électriques. Des figures telles que René Cailleaud, membre du BCRA, jouèrent un rôle essentiel en organisant et en exécutant des opérations de sabotage des lignes à haute tension.
Par exemple, en janvier 1944, dans la région de Mâcon, il participa au sabotage du réseau électrique en détruisant une vingtaine de pylônes à haute tension.
Fin et impact
Le plan Bleu joua un rôle crucial dans le succès du débarquement de Normandie en perturbant la distribution d’électricité, ce qui ralentit l’acheminement des renforts allemands vers les zones de combat.
Il démontra l’efficacité de la coordination entre la Résistance intérieure et les forces alliées, et souligna le rôle crucial des résistants dans la lutte contre l’occupant.
Références bibliographiques
- Jean-François Muracciole, La Résistance dans la Libération, in Histoire de la Résistance en France, Presses Universitaires de France, 2012. Cet ouvrage offre une analyse détaillée du rôle de la Résistance dans la libération de la France, avec un focus sur les actions de sabotage comme le plan Bleu.
- Sébastien Albertelli, Histoire du sabotage : De la CGT à la Résistance, Perrin, 2016. L’auteur retrace l’évolution des techniques de sabotage en France, depuis les actions syndicales jusqu’aux opérations coordonnées de la Résistance, en mettant en lumière des plans tels que le plan Bleu.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – Dossiers thématiques sur les actions de sabotage
- La page dédiée aux dossiers thématiques, incluant des documents d’archives et témoignages sur les sabotages :
- ➡️ https://museedelaresistanceenligne.org/media233-Frquence-des-sabotages-ferroviaires-1943-1944 musee-resistance.com+3museedelaresistanceenligne.org+3museedelaresistanceenligne.org+3
- 🇫Chemins de mémoire (Ministère des Armées) – Articles sur les opérations de la Résistance et le plan « Bleu »
- Le plan Bleu y est mentionné comme sabotage des lignes à haute tension :
- ➡️ https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-resistance-en-action Académie de Lyon+13cheminsdememoire.gouv.fr+13cheminsdememoire.gouv.fr+13
- Archives départementales de Seine‑et‑Marne (Archives 77) – Sabotages des lignes électriques (plan Bleu)
- La page récapitule les sabotages 1944 selon les différents plans, y compris le plan Bleu concernant les lignes électriques :
- ➡️ https://archives.seine-et-marne.fr/fr/les-sabotages-en-seine-et-marne-durant-la-seconde-guerre-mondiale Wikipédia+5archives.seine-et-marne.fr+5cheminsdememoire.gouv.fr+5