Le maquis de La Malquière, fondé par les Éclaireurs Israélites de France (EIF), représente un exemple marquant de la résistance juive organisée dans le Tarn pendant la Seconde Guerre mondiale.
Création et organisation
En novembre 1943, huit jeunes juifs, anciens membres des fermes-écoles des EIF dissoutes par les autorités de Vichy, s’installent dans une ferme isolée nommée La Malquière, située dans les Monts de Lacaune, sur la commune de Viane (Tarn).
Ce lieu devient le premier maquis juif de France.
Parmi ces pionniers figurent Adrien Gensburger, Roger Cahen, François Lévy, Jean Hirsch, Jacques Rosenzweig, Roger Bloch, Daniel Kouglia et Henri Glovinsky.
La ferme, bien que rudimentaire, offre un abri discret.
Les maquisards y organisent leur vie autour de l’entraînement militaire, de la formation politique et de la solidarité communautaire.
Actions et réseaux
Le maquis de La Malquière s’intègre progressivement dans le réseau plus large des maquis de Vabre, affiliés à l’Armée secrète sous le nom de maquis Pol-Roux.
Les EIF collaborent étroitement avec l’Armée juive (AJ), aboutissant à la création de la Compagnie Marc Haguenau en juin 1944, en hommage à leur camarade assassiné par la Gestapo.
Les maquisards participent à diverses opérations : réception de parachutages, sabotages de voies ferrées, embuscades contre les troupes allemandes et libération de villes comme Castres.
Leur connaissance du terrain et leur détermination contribuent significativement aux actions de la Résistance dans la région.
Chefs et figures marquantes
- Robert Gamzon : Fondateur des EIF, il joue un rôle central dans l’organisation et la coordination des maquis.
- Adrien Gensburger : L’un des premiers occupants de La Malquière, il dirige ensuite le maquis de Lacado.
- Roger Cahen : Responsable du maquis de La Roque, il est connu sous le pseudonyme de “Lieutenant Roger”.
- Gilbert Bloch : Alias “Lieutenant Patrick”, il co-dirige le maquis de La Roque.
- Jacques Rosenzweig : Membre fondateur de La Malquière, il est actif dans les opérations de la Compagnie Marc Haguenau.
Pertes et fin du maquis
Le maquis de La Malquière, bien que discret, subit des pertes.
Certains membres sont arrêtés, déportés ou tués lors d’affrontements.
Avec l’avancée des troupes alliées et la libération progressive du territoire, le maquis est dissous à l’automne 1944.
Ses membres rejoignent les Forces françaises de l’intérieur (FFI) ou l’armée régulière.
Références bibliographiques
- La Résistance juive en France, par Lucien Lazare, Éditions Stock, Paris, 1987.
Cet ouvrage détaille l’engagement des juifs dans la Résistance française, mettant en lumière des figures comme celles du maquis de La Malquière. - Être juif en France pendant la Seconde Guerre mondiale, par Renée Poznanski, Éditions Hachette, Paris, 1994. L’auteur analyse la condition des juifs en France sous l’Occupation, abordant notamment leur participation à la Résistance.
- Les Juifs dans la Résistance, collectif sous la direction de Jacques Fijalkow, Éditions Privat, Toulouse, 2003.Ce recueil d’articles explore diverses facettes de la Résistance juive, incluant des études sur les maquis EIF.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne :La Malquière, premier maquis des EIF
Ce site présente des documents et témoignages sur la création et les actions du maquis de La Malquière.Musée de la Résistance en Ligne+2Musée de la Résistance en Ligne+2Musée de la Résistance en Ligne+2 - Mémorial de la Shoah :Les Éclaireurs Israélites de France (EIF)
Une page dédiée à l’histoire des EIF et leur rôle dans la Résistance, avec des focus sur des maquis comme celui de La Malquière.bnaibrith-org-wpom.nyc3.cdn.digitaloceanspaces.com+5juifs-en-resistance.memorialdelashoah.org+5Musée de la Résistance en Ligne+5