La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

LE DIOURON Briac Alias Yacco

Briac LE DIOURON, alias « Yacco », né à une date et en un lieu non retrouvés lors des présentes recherches, mort à une date et en un lieu non retrouvés, français.

Les sources accessibles ne permettent pas d’établir avec certitude sa date et son lieu de naissance, sa filiation, sa scolarité ou son éventuel service militaire.

Avant son engagement à plein temps dans la Résistance, Briac Le Diouron exerçait comme chauffeur de taxi à Nantes. Son véhicule fut utilisé dès 1940-1941 dans des opérations d’aide à l’évasion de prisonniers détenus dans les camps de Châteaubriant, Savenay et Château-Bougon. Il participa ainsi à des liaisons clandestines sous couvert de son activité professionnelle.

Son pseudonyme « Yacco » aurait été inspiré par une publicité pour les huiles automobiles Yacco visible sur son taxi.

Engagement dans la Résistance

Dès les premières années de l’Occupation, Briac Le Diouron mit son taxi au service de résistants et d’anciens combattants qui organisaient l’évasion de prisonniers et assuraient des liaisons clandestines dans la région nantaise.

En novembre 1943, il fut nommé « Départemental Maquis de Loire-Inférieure » dans le cadre de l’Armée secrète de l’Ouest, sous l’autorité du général Louis-Alexandre Audibert. Cette fonction lui conféra la responsabilité de structurer les groupes susceptibles de former les futurs maquis du département.

Il constitua ou coordonna huit groupes qui formèrent l’ossature du maquis de Saffré. Ceux-ci accueillaient notamment des réfractaires au Service du travail obligatoire et des résistants locaux, instruits progressivement au maniement des armes et préparés aux sabotages des voies de communication.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Briac Le Diouron appartenait à l’Armée secrète de l’Ouest et aux Forces françaises de l’intérieur. Il agissait sous l’autorité régionale du général Audibert et en liaison avec les délégués militaires régionaux chargés de transmettre les directives de la France libre.

Son commandement s’étendait à plusieurs groupes du nord de la Loire-Inférieure, notamment ceux de La Maison Rouge, Les Touches, Rougé, Châteaubriant, Teillay, Nozay, Saffré, Nort-sur-Erdre, Blain, Guémené-Penfao, Héric, Bouvron, Joué-sur-Erdre, Fay-de-Bretagne, La Chevallerais et La Meilleraye-de-Bretagne.

Missions et actions

Sous son autorité, les groupes reçurent pour mission de préparer les sabotages ferroviaires et routiers destinés à ralentir l’acheminement des renforts allemands vers le front allié. Les maquisards accueillaient également les réfractaires au Service du travail obligatoire et assuraient leur hébergement dans des fermes ou des entreprises rurales.

Après le débarquement du 6 juin 1944 et la diffusion du message « Le canal de Suez est en feu », Briac Le Diouron coordonna le rassemblement des groupes. Il se rendit au maquis de Saint-Marcel, dans le Morbihan, afin de demander des armes et des parachutages pour les résistants de Loire-Inférieure.

Les hommes furent progressivement regroupés dans la forêt de Saffré. À la fin de juin, le maquis comptait environ trois cents hommes, mais seule une partie d’entre eux était correctement armée. L’organisation comprenait deux compagnies, une unité mobile, un état-major, une intendance, des aviateurs alliés récupérés et plusieurs officiers parachutés ou délégués militaires.

Le 28 juin 1944, les forces allemandes, aidées par des collaborateurs français, lancèrent une attaque de grande ampleur. Briac Le Diouron et les officiers présents appliquèrent l’ordre d’évacuation et de dispersion donné par le commandant Willk, dit « Olivier », afin d’éviter l’encerclement complet du maquis. Une partie des hommes parvint à s’échapper, tandis que les défenseurs de la ferme des Brées retardèrent l’ennemi.

Treize maquisards furent tués pendant les combats. Plusieurs dizaines furent capturés et vingt-sept d’entre eux furent fusillés le 29 juin 1944 au château de la Bouvardière, à Saint-Herblain.

Après la destruction du maquis, Briac Le Diouron poursuivit la lutte. Le 4 août 1944, il participa avec Pierre Rialland à une opération sur la route de Teillé, épisode attesté par la notice du Maitron consacrée à ce dernier.

Arrestation / évasion / déportation

Briac Le Diouron ne fut pas capturé lors de l’attaque du 28 juin 1944. L’ordre de dispersion permit à une partie importante du maquis de quitter le secteur avant l’encerclement définitif.

Au cours d’une liaison effectuée avec son taxi, il fut arrêté ou contrôlé par des soldats allemands qui découvrirent des traces de sang dans le véhicule. Il fut roué de coups mais ne livra aucune information susceptible de compromettre le maquis. La date exacte de cet épisode n’est pas précisée dans la source consultée.

Aucune déportation ni incarcération prolongée n’est documentée. Il demeura actif jusqu’à la Libération.

Camarades de combat

Maurice Guimbal, sous-lieutenant de réserve, devint son adjoint.

Constant Aubry et Pierre Marionneau commandèrent des compagnies, tandis que François Lollichon assura l’approvisionnement.

Joseph Noblet, Paul Crossouard, Pierre Rialland, Joseph Nauleau, Eugène Métayer, Hubert Guimbal, Georges Laurent, Émile Roux et Lucien Corgnet exercèrent des fonctions de chefs de section.

L’abbé Henri Ploquin et l’abbé Fréhel apportèrent leur concours spirituel et matériel aux hommes du maquis.

Briac Le Diouron travailla sous l’autorité du général Audibert et en liaison avec les délégués militaires régionaux, notamment le commandant Willk, dit « Olivier », le commandant Barthélemy, le capitaine Philippe Ragueneau et le capitaine américain Paul Cyr.

Retour à la vie civile

Après la Libération, Briac Le Diouron conserva les documents qu’il avait dissimulés pendant la clandestinité dans des bouteilles enterrées près de bornes kilométriques. Leur récupération lui permit de conserver une documentation précise sur les groupes, les cadres et les événements du maquis de Saffré.

En 1968, il publia Soldats de l’ombre, 1939-1944, ouvrage autobiographique de 203 pages préfacé par le colonel Rémy. Il y retraça l’organisation des huit groupes, le rassemblement de Saffré, les combats, les victimes et la poursuite de la lutte.

Les sources accessibles ne permettent pas de préciser sa profession après-guerre, ses éventuelles responsabilités associatives, ni sa date et son lieu de décès.

Décorations

Aucune décoration individuelle attribuée avec certitude à Briac Le Diouron n’a été retrouvée dans les sources institutionnelles accessibles. La notice MVR ne mentionne aucune distinction spécifique.

L’usage du titre de « commandant » correspond à sa fonction et à son appellation dans la Résistance. Les sources consultées ne permettent pas de déterminer si ce grade fut homologué après-guerre.

Lieux de mémoire

La forêt de Saffré et la ferme des Brées constituent les principaux lieux associés à son commandement. Le site du maquis est devenu un haut lieu mémoriel consacré aux combattants tués le 28 juin 1944 et aux prisonniers fusillés le lendemain.

Le château de la Bouvardière, à Saint-Herblain, rappelle l’exécution des vingt-sept prisonniers du maquis le 29 juin 1944.

La Maison Rouge, aux Touches, et la forêt de Teillay constituent également des lieux essentiels dans la genèse des groupes qui furent ensuite regroupés à Saffré.

Une photographie de Briac Le Diouron prise en 1944 est signalée dans les sources mémorielles et reproduite dans son ouvrage autobiographique.

Références bibliographiques

Briac Le Diouron, Soldats de l’ombre, 1939-1944, Nantes, Imprimerie centrale de l’Ouest, 1968. Témoignage autobiographique de 203 pages consacré à l’organisation des groupes de résistance, au maquis de Saffré et à ses cadres. L’ouvrage comprend des listes, des cartes et des documents conservés par l’auteur pendant la clandestinité.

André Perraud-Charmantier, Le Drame du maquis de Saffré, 15-28 juin 1944, Nantes, Éditions du Fleuve, 1946. L’un des premiers ouvrages consacrés à la formation, à l’attaque et à la destruction du maquis.

Étienne Gasche, De la Maison Rouge au maquis de Saffré, Riaillé, 1986. Cette étude retrace la constitution des premiers groupes, leur transfert en forêt de Saffré et l’évolution de leur encadrement.

Étienne Gasche, Saffré, 28 juin 1944 : la mémoire des maquisards, Nantes, Éditions Coiffard, 2012. L’ouvrage revient sur les combats, les parcours individuels et la construction de la mémoire locale.

Dominique Bloyet et Étienne Gasche, Les 27 fusillés de la Bouvardière, Nantes, Éditions Coiffard, 2019. Cette étude est consacrée aux prisonniers exécutés à Saint-Herblain après l’attaque du maquis.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance. La notice « LE DIOURON Briac, alias Yacco » documente sa nomination comme responsable départemental des maquis, la formation des huit groupes, le regroupement de Saffré et les pertes des 28 et 29 juin 1944. https://mvr.asso.fr/le-diouron/

Mémoire Vive de la Résistance. La synthèse consacrée aux maquis de Loire-Inférieure développe l’organisation du maquis, le rôle de Yacco, les effectifs, l’attaque allemande et la dispersion des résistants.
https://mvr.asso.fr/les-maquis-en-loire-inferieure-et-la-liberation-du-departement/

Le Maitron — Fusillés 1940-1944. La notice collective « Saffré-Saint-Herblain, 28-29 juin 1944 » fournit le contexte des combats et des exécutions et cite l’ouvrage de Briac Le Diouron parmi les références principales.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/saffre-saint-herblain-loire-atlantique-28-29-juin-1944/

Le Maitron — Fusillés 1940-1944. La notice consacrée à Pierre Rialland atteste la poursuite des actions avec Briac Le Diouron après la destruction du maquis, notamment le 4 août 1944.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/rialland-pierre-louis-francois-marie/

Édition numérique de Soldats de l’ombre. L’extrait numérisé reproduit la liste des cadres du maquis, les fonctions de Briac Le Diouron et plusieurs passages relatifs à l’organisation clandestine.

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative SHD GR 16 P n’a été identifiée avec certitude pour Briac Le Diouron.

Aucun dossier d’homologation des Forces françaises de l’intérieur, de l’Armée secrète ou de combattant volontaire de la Résistance n’a pu être consulté directement.

La recherche devrait être poursuivie sous les formes « Briac Le Diouron », « Briac Le-Diouron » et « commandant Yacco », en lien avec les dossiers collectifs du maquis de Saffré et de l’Armée secrète de Loire-Inférieure.

Observations

Le pseudonyme est écrit « Yacco » dans les principales sources, parfois « Yaco » dans des mentions secondaires. La graphie « Yacco », utilisée par l’intéressé sur son ouvrage, est retenue.

Les sources le qualifient de commandant et de responsable départemental des maquis. L’homologation réglementaire de ce grade n’a pas été retrouvée.

Son état civil demeure insuffisamment documenté. Aucune date de naissance ou de décès ne doit être déduite d’un homonyme.

Indice de fiabilité de la notice Niveau B —Le pseudonyme, la profession de chauffeur de taxi, l’engagement précoce dans les liaisons clandestines, la nomination comme responsable départemental des maquis, l’organisation de huit groupes, le commandement de Saffré et la poursuite des opérations après le 28 juin 1944 sont établis par son témoignage publié, les travaux historiques régionaux, la MVR et plusieurs notices du Maitron.

L’absence d’état civil et de dossier d’homologation nominatif empêche toutefois un classement au niveau A.

Chronologie

DateÉvénement
Avant 1941Activité de chauffeur de taxi à Nantes.
1940-1941Participation à des opérations d’aide à l’évasion de prisonniers.
Novembre 1943Nomination comme « Départemental Maquis de Loire-Inférieure ».
1943-1944Constitution ou coordination de huit groupes de résistance.
6 juin 1944Déclenchement de la mobilisation après le message de Radio-Londres.
Juin 1944Déplacement au maquis de Saint-Marcel pour solliciter des armes et des parachutages.
15-27 juin 1944Regroupement progressif de plusieurs centaines d’hommes en forêt de Saffré.
28 juin 1944Attaque allemande ; évacuation et dispersion d’une partie du maquis.
29 juin 1944Exécution de vingt-sept prisonniers à la Bouvardière.
4 août 1944Participation à une opération avec Pierre Rialland sur la route de Teillé.
Après août 1944Poursuite de la lutte jusqu’à la Libération.
1968Publication de Soldats de l’ombre, 1939-1944.

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance, notice « LE DIOURON Briac, alias Yacco ». Cette source a fourni la nomination de novembre 1943, le rôle d’organisateur des huit groupes, le signal de mobilisation, le regroupement à Saffré et les pertes consécutives à l’attaque. https://mvr.asso.fr/le-diouron/

Briac Le Diouron, Soldats de l’ombre, 1939-1944, extrait numérisé. Cette source primaire publiée a fourni la liste des cadres, l’organisation du maquis, le rôle de Yacco et les indications relatives à la conservation clandestine de ses documents.

Mémoire Vive de la Résistance, « Les maquis en Loire-Inférieure et la libération du département ». Cette synthèse a apporté les informations relatives aux groupes, aux effectifs, au déplacement vers Saint-Marcel, à l’ordre de dispersion et aux conséquences de la destruction du maquis.
https://mvr.asso.fr/les-maquis-en-loire-inferieure-et-la-liberation-du-departement/

Le Maitron — Fusillés 1940-1944, notice collective « Saffré-Saint-Herblain, 28-29 juin 1944 ». Cette page a été utilisée pour le contexte des combats et des exécutions ainsi que pour la bibliographie consacrée au drame.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/saffre-saint-herblain-loire-atlantique-28-29-juin-1944/

Le Maitron — Fusillés 1940-1944, notice « RIALLAND Pierre ». Cette source a confirmé la poursuite des actions avec Briac Le Diouron le 4 août 1944.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/rialland-pierre-louis-francois-marie/

Telles furent nos jeunes années. Cette compilation mémorielle a documenté l’utilisation de son taxi dans les opérations d’évasion, sa nomination, les groupes placés sous son autorité et le rassemblement de Saffré.

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