François Marie LE DORTZ, né le 27 novembre 1910 à Baud (Morbihan), mort le 10 juillet 1945 à Paris (14e)
François Le Dortz s’engage volontairement en 1929 dans la Marine nationale comme fusilier-marin. À l’issue de ces premières années de service, il rejoint la Garde républicaine mobile en 1932 comme sous-officier, puis poursuit une carrière dans la gendarmerie. Marié et père de deux enfants, il est affecté en 1938 à la brigade de gendarmerie d’Écouché (Orne).
Engagement dans la Résistance
Il entre dans la Résistance active en septembre 1943. Son engagement s’inscrit dans le cadre d’un dispositif clandestin de préparation au débarquement allié, avec des actions tournées vers l’aide aux réfractaires du STO, la circulation de faux papiers et l’appui aux parachutages d’armes. Il participe notamment au camouflage de réfractaires et à la distribution de faux papiers d’identité au profit de personnes recherchées.
Appartenance à un réseau ou mouvement
François Le Dortz est affilié aux Forces françaises combattantes au sein du réseau Action-Tortue (Plan Tortue), organisation de résistance rattachée au BCRA et structurée localement autour de responsables régionaux et de chefs de groupe. À Écouché, il agit sous l’autorité du docteur Paul Pasquier, chef du groupe local.
Missions et actions
Au sein de la brigade d’Écouché, François Le Dortz met ses fonctions de gendarme au service d’actions clandestines : il contribue à soustraire des hommes au STO (camouflage, appuis locaux), distribue des papiers d’identité falsifiés fournis par un acteur du réseau, assure la protection de parachutages et participe au transport d’armes.
Il intervient aussi pour couvrir ou détourner des investigations susceptibles de compromettre des opérations du réseau, notamment à la suite d’un incident de barrage en avril 1944 impliquant Jacques Foccart et Roger Leguerney lors d’un transport d’armes.
Arrestation / évasion / déportation
François Le Dortz est arrêté le 22 mai 1944 à la brigade d’Écouché par un groupe collaborationniste. Il subit un interrogatoire violent, est détenu à Alençon (château des ducs) jusqu’au 1er juillet 1944, puis transféré au camp de Royallieu à Compiègne.
Déporté le 29 juillet 1944 au KL Neuengamme (matricule 39 479), il est affecté au kommando de Bremen-Farge (chantier de l’abri à sous-marins « Valentin »). En avril 1945, il est évacué vers le KL Ravensbrück, placé au Revier, libéré le 2 mai 1945, puis évacué et rapatrié en France fin juin.
Son état étant jugé désespéré, il décède à l’hôpital Broussais (Paris, 14e) le 10 juillet 1945.
Camarades de combat
Son action est directement liée, au niveau local et régional, au docteur Paul Pasquier (chef de groupe à Écouché) et à Jacques Foccart (responsable régional). Les sources mentionnent également Albert Giroux (fourniture de faux papiers) et Roger Leguerney, acteur majeur des transports d’armes au sein du dispositif.
Retour à la vie civile
François Le Dortz est rapatrié très affaibli et meurt quelques jours après son retour en France.
Décorations
- Médaille de la Résistance à titre posthume par décret du 03 juin 1955 JO 07 juin 1955
- Côte du dossier : 1O37009
Aucune décoration nominative (Légion d’honneur, croix de guerre) n’a été retrouvée dans les bases officielles obligatoires consultées (Base Léonore, Légifrance/Gallica pour un décret nominatif) au moment de la recherche.
- Croix de guerre
Des sources associatives et mémorielles indiquent qu’il aurait été élevé au grade de sous-lieutenant FFC/FFI et décoré à titre posthume (Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, Croix de guerre), mais ces éléments sont à considérer comme non confirmés officiellement dans le cadre de cette fiche.
Lieux de mémoire
Une rue porte son nom à Écouché-les-Vallées (Orne).
Il est inscrit au monument aux morts de Saint-Barthélemy (Morbihan) ainsi qu’à celui d’Écouché, où son nom est également honoré par l’espace public.
Références bibliographiques
Les gendarmes dans la bataille de Normandie (Livre du 70e anniversaire du Débarquement), ouvrage collectif (cadre institutionnel gendarmerie / service historique), éditeur et année non retrouvés dans les bases consultées au moment de la recherche.L’ouvrage est cité comme ressource mémorielle liée à la gendarmerie en Basse-Normandie et à ses engagements pendant la période du Débarquement. Le lecteur doit s’attendre à y trouver des notices, des mises en contexte et des éléments de transmission mémorielle sur des gendarmes résistants et victimes de la répression, avec des focus régionaux.
Le plan “Tortue” ou Action Plan Tortue, (article de contexte), Mémoire Vive de la Résistance (MVR), date non déterminée dans la notice consultée. Ce texte explique l’origine, les objectifs et les logiques opérationnelles du plan Tortue (préparation du Débarquement, entrave aux mouvements ennemis), et fournit un cadre de compréhension utile pour situer l’engagement d’acteurs locaux affiliés à ce dispositif.
Les réseaux Foccart : l’homme des affaires secrètes, (ouvrage sur Jacques Foccart), Frédéric Turpin, Nouveau Monde éditions, année non confirmée dans la page consultée. Le livre propose une biographie et une approche par réseaux, utile pour comprendre les sociabilités, les liaisons clandestines et les prolongements politiques de trajectoires nées dans la Résistance. Dans le contexte de cette fiche, il éclaire l’environnement organisationnel autour de Jacques Foccart, mentionné comme responsable régional du dispositif auquel François Le Dortz est rattaché.
Références internet
Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie (MRSH – Université Caen Normandie) Notice biographique détaillée : état civil complet, affectations, rattachement au réseau Action-Tortue, chronologie précise de l’arrestation, des lieux de détention, du parcours de déportation (Neuengamme, Bremen-Farge, Ravensbrück), modalités de libération, rapatriement et décès. La notice signale en outre l’existence d’une photographie (crédit « AP Le Dortz ») et fournit une cote SHD.
https://mrsh.unicaen.fr/dictionnaire-victimes-nazisme-normandie/html/3014_le_dortz_francois.html
Service historique de la Défense (SHD) – Instrument de recherche / notice d’archives Page d’archive identifiant le dossier individuel de personnel associé à François Le Dortz, avec la cote AC 21 P 474491. Cette ressource est utile pour attester l’existence d’un dossier conservé par le SHD et orienter une consultation en salle (ou demande de reproduction selon règles).https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/144639
Mémoire et Espoirs de la Résistance (MER) – “Ne les oublions pas”
Fiche mémorielle consacrée à François Le Dortz, reprenant une chronologie résistante et déportation, et indiquant des décorations à titre posthume. La notice est informative mais, pour les décorations, ne remplace pas une confirmation par décret ou par bases officielles de décorations.
https://www.memoresist.org/resistant/francois-le-dortz
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Oui – SHD-Caen : AC 21 P 474491.
Observations Le nom complet apparaît dans une notice universitaire sous la forme « LE DORTZ François, Marie », avec date et lieu de naissance, ainsi que date, lieu et contexte du décès, ce qui a été retenu comme référence principale pour l’état civil.
Plusieurs sites non institutionnels mentionnent des décorations (Légion d’honneur, médaille de la Résistance, croix de guerre) ; ces informations n’ont pas été retrouvées de manière nominative dans les bases officielles obligatoires consultées au moment de la recherche. Elles ont donc été conservées uniquement comme indications non confirmées officiellement, sans en faire un fait acquis.
Aucune page Wikipédia dédiée et détaillée à François Le Dortz n’a été trouvée lors de la recherche. La mention d’un « Jean Le Dortz » sur une page de commune expose un risque d’homonymie et n’a pas été utilisée pour étayer cette fiche.
Suivi de recherche
Sources consultées le 13/02/2026
- Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie (MRSH – Université Caen Normandie) : notice biographique principale, état civil, réseau, actions, arrestation, déportation, décès, mention photo et cote SHD.
- Service historique de la Défense (SHD) : notice d’archives confirmant l’existence d’un dossier (AC 21 P 474491).
- Mémoire et Espoirs de la Résistance (MER) : fiche mémorielle, éléments de contexte et indication de décorations non confirmées officiellement.
- Ordre de la Libération (Médaille de la Résistance / moteur et contenus) : consultation et recherche nominale « Le Dortz » ; absence d’une page biographique nominative retrouvée pour François Le Dortz au moment de la recherche.
- Base Léonore (Légion d’honneur) : recherche web dirigée vers les notices ; aucune notice nominative certaine retrouvée pour François Le Dortz au moment de la recherche.
- Légifrance : recherche nominale ; aucun décret nominatif pertinent retrouvé au moment de la recherche (résultats non concluants).
- Gallica (BnF) : recherches nominales « Le Dortz » ; résultats non concluants pour François Le Dortz dans les documents repérés.
- Mémoire des Hommes (SGA) : recherche nominale via interrogation web ; aucun résultat nominatif direct exploitable retrouvé au moment de la recherche.
- Musée de la Résistance en ligne : recherche nominale « Le Dortz » ; absence confirmée après consultation (aucun résultat).
- Fondation de la Résistance : recherche nominale « Le Dortz » ; absence confirmée après consultation (aucun résultat).
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne : recherche nominale « Le Dortz » ; absence confirmée après consultation (aucun résultat).
- Maitron Résistance (fusillés-40-44 / Maitron) : recherche nominale « Le Dortz » ; aucune notice individuelle dédiée à François Le Dortz retrouvée au moment de la recherche.
- Base Adresse Nationale (adresse.data.gouv.fr) : confirmation de la voie « Rue François le Dortz » à Écouché-les-Vallées.
- Mémoire Vive de la Résistance (MVR) : article de contexte sur le plan Tortue (type d’information : article thématique sur un plan / fait d’armes, pas une fiche individuelle).