La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’« amalgame » désigne un processus d’intégration des Forces françaises de l’intérieur dans l’armée régulière. Cette notion renvoie à la fusion progressive, à partir de la fin de l’été 1944, des unités FFI avec les grandes unités de l’armée française reconstituée, en particulier au sein de la 1re armée.

Le principe de l’amalgame est préparé à la Libération, après la décision d’unifier les principales formations armées de la Résistance au sein des Forces françaises de l’intérieur en février 1944.

Un décret du 23 septembre 1944 officialise la fusion des FFI avec les forces régulières, et le général de Lattre confie au général Molle, le 10 octobre 1944, la mission de préparer l’intégration des unités FFI dans la 1re armée.

À compter de l’automne 1944, ce processus s’applique en métropole, depuis les régions nouvellement libérées jusqu’aux zones d’engagement de la 1re armée sur le front de l’Est.

L’amalgame s’organise par étapes : les unités FFI sont regroupées, restructurées et encadrées afin d’être transformées en bataillons ou régiments de marche alignés sur les normes de l’armée française.

La 1re armée devient le principal cadre d’intégration, les commandements FFI travaillant avec l’état-major de de Lattre pour substituer progressivement des éléments FFI à certains contingents de l’armée d’Afrique, dans un contexte également marqué par des opérations de « blanchiment » des unités coloniales.

Localement, les commandements FFI régionaux et départementaux supervisent la mise en route des volontaires vers les centres de rassemblement, la régularisation administrative et la répartition dans les unités nouvelles ou reconstituées.

Le processus d’amalgame concerne l’ensemble des combattants des FFI ayant pris part à la Libération sur le territoire, qu’il s’agisse de maquis, de groupes francs, de milices patriotiques ou d’unités urbaines engagées dans les combats d’août et septembre 1944.

À l’automne 1944, les unités issues de ces formations participent, une fois amalgamées, aux opérations militaires de la 1re armée dans les Vosges, en Alsace et lors du franchissement du Rhin, prolongeant ainsi l’action de la Résistance armée sur les fronts extérieurs.

L’amalgame prolonge l’unification des formations armées opérée par la création des FFI, qui rassemblent l’Armée secrète, l’Organisation de résistance de l’armée, les Francs‑tireurs et partisans français et divers maquis et groupes francs.

Il s’articule avec les structures de la France combattante et les autorités du Gouvernement provisoire de la République française, notamment par l’action de la 1re armée et des services du ministère de la Guerre chargés d’organiser l’incorporation des résistants.

Chefs et figures marquantes

Jean de Lattre de Tassigny, commandant la 1re armée, joue un rôle central comme principal responsable militaire de l’intégration des unités FFI à l’armée d’Afrique et de la transformation de celles‑ci en régiments de marche.

 Jacques Chaban‑Delmas, ancien délégué militaire national, reçoit du ministre de la Guerre la mission d’assurer l’amalgame des FFI aux troupes régulières et accompagne la mise en œuvre de cette politique, notamment lors de cérémonies symbolisant l’intégration des résistants.

Le général Molle, nommé « général adjoint chargé des FFI », a pour tâche de préparer et de coordonner l’amalgame au sein de la 1re armée, en lien avec les commandements FFI et les états‑majors d’active.

Victimes et morts

Les combattants FFI intégrés dans l’armée régulière poursuivent les opérations et subissent des pertes sur les fronts de l’Est de la France et en Allemagne, en particulier lors des batailles des Vosges, d’Alsace et de Colmar, mais ces pertes ne sont pas comptabilisées dans une catégorie séparée « FFI amalgamés » dans les sources consultées.

Les bases nominatives comme Mémoire des Hommes ou les dossiers de la 1re armée permettent d’identifier des trajectoires individuelles de résistants morts au combat après leur intégration, mais elles ne fournissent pas de bilan chiffré spécifique pour l’ensemble du processus d’amalgame.

L’amalgame, en tant que phase organisée, se déroule principalement entre l’automne 1944 et les premiers mois de 1945, avant d’être abandonné en tant qu’expérience d’intégration d’unités FFI constituées en corps spécifiques dans la structure militaire. À mesure que le Gouvernement provisoire stabilise son autorité, les unités issues des FFI sont pleinement intégrées dans l’armée régulière ou démobilisées, et les structures FFI territoriales sont dissoutes.

Conséquences et mémoire

Sur le plan militaire, l’amalgame permet de renforcer les effectifs de l’armée reconstituée en puisant dans le vivier de la Résistance intérieure, tout en mettant à l’épreuve la discipline, la formation et l’homogénéité des unités nouvellement constituées.

Sur le plan mémoriel, ce processus contribue à la représentation d’une France libérée par ses propres forces, mais il est aussi associé à des enjeux de mémoire concernant le rôle des troupes coloniales et les tensions entre anciens résistants et militaires d’active, évoqués dans les études historiques et les colloques spécialisés.

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica (BnF) ; Service historique de la Défense ; sites d’associations mémorielles locales ; Wikipédia, consultation par requêtes sur « amalgame FFI », « 1re armée 1944‑1945 », « Forces françaises de l’intérieur », vérification le 9 mars 2026.

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