La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Les Forces françaises de l’intérieur constituent une organisation unifiée de Résistance armée regroupant différents mouvements et maquis au sein d’une structure de commandement nationale. L’« organigramme des chefs FFI » désigne l’ensemble de cette hiérarchie, du chef national aux responsables locaux, plutôt qu’un organigramme unique figé, variable selon les zones, les régions et les départements.

La décision d’unifier les organisations armées de la Résistance au sein des Forces françaises de l’intérieur est prise en décembre 1943, et la fusion des principaux groupements armés (Armée secrète, ORA, FTPF, groupes francs, maquis) est effective en février 1944.

Les FFI sont placées sous le commandement national du général Koenig, ce qui entraîne la mise en place d’une chaîne de commandement structurée, avec des chefs régionaux et départementaux chargés de coordonner les unités sur le terrain.

Organisation interne

Au sommet de la hiérarchie, le général Koenig exerce le commandement national des FFI, en liaison avec le Comité français de libération nationale puis le Gouvernement provisoire.

Des chefs FFI sont désignés pour chaque région (zones R numérotées) et pour chaque département, disposant d’états‑majors où sont représentés les principaux mouvements unifiés (par exemple CFL, FTPF, ORA) et des bureaux spécialisés (renseignement, opérations, logistique).

À l’échelon inférieur, des chefs de secteur ou de sous‑secteur coordonnent les unités de maquis, les groupes francs et les forces urbaines, comme l’illustrent les organigrammes établis pour le secteur Ouest des FFI de la Seine ou pour certains départements.

Le territoire métropolitain était divisé en régions FFI (souvent notées R1, R2, R3, etc.), chacune avec un responsable militaire. Les intitulés et limites ont parfois varié selon les sources, mais les principaux chefs régionaux en 1944 sont généralement présentés ainsi :

Région FFIZone principaleResponsable
R1Île-de-France (Paris)Henri Rol‑Tanguy
R2NormandieJean de Voguë
R3BretagnePaul Chenailler
R4Toulouse / Midi-PyrénéesSerge Ravanel
R5Sud-Ouest (Aquitaine)Jacques Chaban‑Delmas
R6AuvergneÉmile Coulaudon
R7Bourgogne / Franche-ComtéGeorges Conchon
R8Rhône-AlpesAlban Vistel
R9Provence / Côte d’AzurJean Olié
R10LanguedocJean‑Pierre Lévy
R11LimousinGeorges Guingouin
R12Alsace-Lorraine (structure clandestine spéciale)responsables variables

⚠️ Points importants :

  • Les frontières des régions FFI ne correspondaient pas toujours aux régions administratives actuelles.
  • Dans plusieurs zones, il y avait co-commandement entre réseaux gaullistes, FTP communistes et ORA, ce qui rend les listes variables selon les historiens.
  • Les responsables pouvaient aussi changer entre printemps 1944 et la Libération.

✅ Les figures les plus connues du commandement régional sont :

  • Rol-Tanguy (insurrection de Paris)
  • Chaban-Delmas (Sud-Ouest)
  • Ravanel (Toulouse)
  • Guingouin (maquis du Limousin)
  • Coulaudon “Gaspard” (maquis d’Auvergne)

Actions menées pendant la Résistance

Cette organisation permet la planification et la conduite des opérations armées de la Résistance, notamment les sabotages, les embuscades, les attaques de convois, la participation aux combats de la Libération et la coopération avec les forces alliées. Les états‑majors FFI régionaux et départementaux assurent la répartition des armes parachutées, l’encadrement des maquis et la coordination des insurrections locales, en particulier à l’été et à l’automne 1944.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Les chefs FFI sont issus de différents mouvements de Résistance : Armée secrète, Organisation de résistance de l’armée, Francs‑tireurs et partisans français, ainsi que d’autres formations locales ou spécialisées. Dans plusieurs départements, les organigrammes montrent la représentation, au sein des états‑majors FFI, de ces composantes diverses, ce qui permet de coordonner leur action et d’éviter des opérations isolées ou concurrentes.

Chefs et figures marquantes

Marie‑Pierre Koenig assume, à partir de février 1944, le commandement national des Forces françaises de l’intérieur, coordonnant les chefs régionaux et l’ensemble des actions armées sur le territoire occupé.

Dans certains départements, des responsables comme Jean‑Pierre Vernant, chef de l’Armée secrète et des CFL puis chef départemental FFI en zone Sud, illustrent le passage de cadres des mouvements à la direction des structures FFI.

Jean‑Pierre de Lassus Saint‑Géniès, alias « Legrand », est nommé chef départemental des FFI dans la Drôme à partir de juillet 1944, chargé de réorganiser les unités et de reprendre en main les chefs de maquis dans le contexte des combats du Vercors.

 D’autres responsables locaux, tels que les chefs de secteur FFI de la Seine ou les chefs départementaux FFI cités dans les études régionales, complètent cette hiérarchie sans que l’ensemble puisse être restitué de manière exhaustive dans une seule fiche.

Victimes et morts

De nombreux chefs FFI régionaux, départementaux ou de maquis sont tués au combat, fusillés ou morts en déportation, mais leurs noms apparaissent principalement dans des notices individuelles et des études locales plutôt que dans un tableau global des « chefs FFI ». Les bases mémorielles, telles que Mémoire des Hommes, le Maitron Résistance et les fonds de la Fondation de la Résistance, permettent d’identifier ces trajectoires, mais elles ne fournissent pas un organigramme complet accompagné de la liste systématique des victimes au sein du commandement FFI.

Survivants identifiés

Certains chefs FFI survivants poursuivent ensuite une carrière militaire, politique ou associative, contribuant à la transmission de la mémoire de la Résistance, mais ils sont connus par des notices individuelles et non par un organigramme centralisé. La diversité des parcours après la guerre, depuis l’intégration dans l’armée régulière jusqu’aux activités mémorielles au sein d’associations d’anciens combattants, ressort des bases et publications consultées sans qu’une synthèse globale des « survivants chefs FFI » soit établie.

Avec la Libération et l’amalgame des unités, les structures FFI perdent leur caractère clandestin et sont progressivement dissoutes ou transformées, tandis que les commandements FFI se fondent dans les cadres de l’armée régulière ou sont démantelés au profit des autorités militaires et civiles du Gouvernement provisoire.

À partir de 1945, les FFI cessent d’exister comme structure autonome, leurs anciens chefs n’exerçant plus leur autorité dans ce cadre mais, le cas échéant, dans les institutions militaires ou dans les associations d’anciens résistants.

Conséquences et mémoire

La structuration des FFI et l’action de leurs chefs jouent un rôle important dans la capacité de la Résistance à peser militairement au moment de la Libération et à s’intégrer ensuite dans l’effort de guerre aux côtés des armées régulières.

 Sur le plan mémoriel, les figures de chefs FFI sont mises en valeur dans les musées, les monuments, les stèles et les publications, tandis que des études locales continuent de préciser l’organigramme réel des FFI dans chaque région et département, en s’appuyant sur les archives d’homologation et les fonds du Service historique de la Défense.

Sources consultées

Maitron Résistance ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica (BnF) ; Service historique de la Défense ; sites d’associations mémorielles locales ; Wikipédia, consultation par requêtes sur « Forces françaises de l’intérieur », « organisation FFI », « chef départemental FFI », « Koenig FFI », vérification le 9 mars 2026.

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