La Résistance dans l’Ain et le Haut-Jura naît progressivement après la défaite de 1940. Dès 1941, de petits groupes s’organisent autour de personnes réfugiées dans la montagne, d’anciens soldats refusant la défaite, de cheminots, d’enseignants, et de membres de partis politiques interdits. La région est d’abord en zone libre, sous autorité de Vichy, ce qui favorise une relative discrétion initiale.
Avec l’occupation allemande de la zone sud en novembre 1942, la Résistance prend un tournant plus militaire et plus structuré. Les maquis deviennent un élément central de l’organisation résistante.
Organisation et réseaux
La région abrite plusieurs groupes :
- Le maquis de l’Ain, formé dans les montagnes et forêts difficiles d’accès du Haut-Bugey et du Jura.
- Le camp de Cize, près de Cerdon, devient un point stratégique.
- Le réseau Combat, d’inspiration gaulliste, est actif, de même que les réseaux Francs-tireurs et Libération.
- Le groupe Manouchian trouve refuge un temps dans la région.
- Le réseau SOE (Special Operations Executive) britannique soutient activement la Résistance locale, notamment en armes parachutées.
Actions
- Sabotages ferroviaires sur les lignes Lyon-Genève et Lyon-Bourg.
- Attaques de casernes de la milice ou de la Wehrmacht.
- Protection et exfiltration de Juifs, de réfractaires au STO, de pilotes alliés.
- Participation à la libération de villes (Oyonnax, Nantua).
- Organisation de parachutages et réception d’armes.
- Distribution de tracts, journaux clandestins et propagande antifasciste.
L’un des actes les plus célèbres est la cérémonie du 11 novembre 1943 à Oyonnax, où des maquisards défilent en uniforme, défilé symbolique et audacieux qui aura un grand écho national et international.
Chefs, héros et figures marquantes
- Henri ROMANS-PETIT : chef militaire des maquis de l’Ain, charismatique et organisé.
- Jean-Pierre LÉVY : fondateur du mouvement Franc-Tireur, très actif dans la région.
- André MOULIN : alias “Capitaine André”, chef du maquis de Cize.
- Charles TILLON : communiste et résistant, influent dans la coordination.
- Marcel GALLAY, René PIOT, Auguste DUBOIS : figures locales du maquis.
- Marie-Louise GIRAUD : résistante ayant aidé au passage de clandestins.
- Georges VERNAY, professeur à Bourg-en-Bresse, organisateur de filières.
Morts et répression
- Exécutions sommaires, déportations vers Buchenwald ou Mauthausen.
- Les villages de Dortan et de Cerdon sont ravagés en représailles.
- Le 13 juillet 1944, la Gestapo exécute plusieurs jeunes résistants à Nantua.
- De nombreux maquisards, dont Pierre BOUVIER et Henri NOËL, tombent lors des attaques allemandes de l’été 1944.
Fin et libération
Après les grands combats de l’été 1944, les maquisards participent activement à la libération de la région. Les résistants de l’Ain jouent un rôle dans la libération de Bourg-en-Bresse (1er septembre 1944) et dans les offensives du Sud-Est contre les troupes allemandes en retraite.
Références bibliographiques
- “Les Maquis de l’Ain et du Haut-Jura”, Henri ROMANS-PETIT, Éditions Hachette, 1962
→ Témoignage de première main par le chef militaire des maquis de la région. - “Les Résistants de l’Ain”, Louis PERILLAT, Éditions Horvath, 1984
→ Récit local et biographique des grandes figures de la Résistance dans le département. - “Le Maquis dans la guerre”, Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Éditions Gallimard, 1983
→ Analyse globale de la Résistance avec des sections consacrées à l’Ain et au Jura. - “Les Maquis de France”, Georges LÉVY, Éditions Tallandier, 1979
→ Panorama national des maquis, avec des chapitres sur le Haut-Bugey. - “La Résistance en Bresse et dans le Bugey”, Collectif, Éditions du Belvédère, 2000
→ Recueil d’articles et de témoignages locaux, très riche en documentation. - Fondation de la Résistance – Mémoire des hommes
Base de données consultable pour retracer les parcours individuels, y compris ceux de Henri ROMANS-PETIT, Pierre BOUVIER, ou Marie-Louise GIRAUD.
Références internet
- Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Ain – Nantua, Site officiel du musée situé à Nantua. Il présente les grandes figures locales de la Résistance, les objets utilisés par les maquisards, et retrace les événements marquants de la région.
Lien : https://musees.ain.fr/musee-de-la-resistance-et-de-la-deportation-de-lain/ - Chemins de mémoire (Ministère des Armées) Site national dédié à l’histoire de la mémoire combattante. On y trouve un dossier sur le maquis de l’Ain, les parachutages alliés, le défilé d’Oyonnax et les combats de l’été 1944.
Lien : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr - Archives départementales de l’Ain, Accès aux archives en ligne sur les résistants de l’Ain : lettres, rapports, témoignages, cartes des camps et réseaux. Une ressource précieuse pour les recherches locales.
Lien : https://archives.ain.fr - Fondation de la Résistance – Mémoire des hommes Ce site propose une base de données sur les résistants, maquisards et déportés. On y retrouve les biographies de Henri ROMANS-PETIT, Marie-Louise GIRAUD, et bien d’autres.
Lien : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr