La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Contexte de création

Les Brigades internationales sont créées en octobre 1936, quelques mois après le début de la guerre civile espagnole. Elles répondent à l’appel du gouvernement républicain espagnol, menacé par l’armée nationaliste de Franco, soutenue par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste.

Elles regroupent des volontaires étrangers venus de tous les continents, désireux de défendre la République espagnole au nom de l’antifascisme et de la solidarité internationale.

Organisation

Elles sont coordonnées depuis Paris par le Comintern (Internationale communiste), avec l’appui du Parti communiste français et d’autres partis communistes européens.

Environ 35 000 à 40 000 volontaires étrangers, originaires de plus de 50 pays, participent aux combats.

Les brigades sont organisées par langue ou nationalité :

  • Brigade Abraham Lincoln (États-Unis)
  • Bataillon Garibaldi (Italiens)
  • Bataillon Thälmann (Allemands)
  • Bataillon André Marty / Commune de Paris (Français)
  • Brigade Dombrowski (Polonais)
  • Et bien d’autres encore.

Rôle dans la guerre

Les Brigades internationales participent à plusieurs grandes batailles décisives :

  • Bataille de Madrid (1936)
  • Bataille de Jarama (1937)
  • Bataille de Guadalajara (1937) : victoire contre les Italiens fascistes
  • Bataille de l’Èbre (1938) : très meurtrière, dernier grand engagement

Leur rôle est particulièrement crucial au début de la guerre, lorsque l’armée républicaine est mal organisée et mal équipée.
Bien entraînées et disciplinées, les Brigades soutiennent le moral républicain et incarnent l’espoir d’une résistance internationale face au fascisme.

Fin des Brigades internationales

En octobre 1938, les Brigades sont officiellement dissoutes par décision du gouvernement républicain de Juan Negrín, dans l’espoir — vain — que Franco rappellerait ses troupes étrangères.

Les volontaires quittent l’Espagne sous les acclamations, mais le régime franquiste triomphe quelques mois plus tard, en avril 1939.

Héritage et mémoire

Après la guerre, nombre de brigadistes poursuivent leur engagement :

  • Dans la Résistance contre le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale
  • Dans le militantisme antifasciste dans leurs pays d’origine

Pendant la guerre froide, les anciens brigadistes sont souvent persécutés, notamment aux États-Unis et dans l’Europe de l’Est post-stalinienne.
En Espagne, leur mémoire a longtemps été étouffée sous Franco, mais elle est aujourd’hui réhabilitée et honorée.

Citation symbolique

« Vous êtes l’histoire, vous êtes la légende. » Discours de Dolores Ibárruri (La Pasionaria) aux Brigades lors de leur départ en 1938

Portraits de brigadistes célèbres

  1. Luigi Longo (Italie) — Dirigeant communiste, commandant militaire des Brigades Garibaldi Militant antifasciste de longue date, il coordonne les volontaires italiens en Espagne. Après la guerre, il devient une figure de la Résistance italienne et un dirigeant du Parti communiste italien.
  • Oliver Law (États-Unis) — Commandant de la Brigade Lincoln
    Ancien soldat et activiste de Chicago, il devient le premier Afro-Américain à commander une unité militaire intégrée. Il meurt à la bataille de Brunete en 1937, devenant un symbole de lutte contre le racisme et le fascisme.
  • Marina Ginestà (Espagne) — Journaliste et militante
    Connue pour une célèbre photo prise sur le toit de l’Hôtel Colón à Barcelone en 1936, fusil en main. Même si elle ne combat pas directement au front, elle incarne symboliquement l’engagement des jeunes femmes dans la lutte antifasciste.
  • André Marty (France) — Marin, député communiste, surnommé « le Pape rouge » Ancien mutin de la mer Noire en 1919, il devient une figure centrale du Parti communiste français. Il supervise l’enrôlement et l’acheminement des volontaires étrangers vers l’Espagne. Très autoritaire, il fut plus tard critiqué pour ses méthodes, accusé d’avoir fait exécuter des dizaines de volontaires soupçonnés de trahison.
  • George Orwell (Royaume-Uni) — Écrivain et journaliste
    Volontaire dans la milice du POUM (anarcho-marxiste), Orwell combat en Catalogne en 1936. Blessé d’une balle au cou, il est profondément marqué par la guerre interne entre communistes et anarchistes, expérience qui nourrira son combat contre le totalitarisme (notamment dans 1984 et La Ferme des animaux).
  • Dolores Ibárruri (Espagne) — Militante, oratrice, députée, surnommée « La Pasionaria » Communiste espagnole d’origine modeste, elle galvanise les foules avec ses discours puissants, notamment « ¡No pasarán! ». Bien qu’elle ne combatte pas les armes à la main, elle est l’âme de la mobilisation antifasciste. Elle accueille les Brigades à Madrid et les salue lors de leur départ.
  • Ernest Hemingway (États-Unis) — Écrivain, correspondant de guerre
    Non-combattant, Hemingway couvre la guerre depuis les lignes républicaines et soutient la cause par ses écrits et ses films. Son roman Pour qui sonne le glas (For Whom the Bell Tolls), paru en 1940, raconte l’histoire d’un volontaire américain dans les Brigades.
    L’œuvre met en avant l’engagement et le sacrifice pour une cause universelle : la liberté contre le fascisme. La guerre n’y est ni glorifiée ni idéalisée, mais décrite avec sa violence, ses peurs, ses trahisons et ses dilemmes moraux.

« Ne demande pas pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi. » — John Donne, poète anglais du XVIIe siècle, cité en exergue du roman

Adapté au cinéma en 1943 avec Gary Cooper et Ingrid Bergman, le roman est devenu un symbole de la lutte contre le fascisme et un hommage aux volontaires étrangers.

« Le monde est un bel endroit et il vaut la peine qu’on se batte pour lui. »

  • André Malraux (France) — Écrivain, aventurier, futur ministre
    Commandant d’une escadrille aérienne républicaine, il ne rejoint pas formellement les Brigades internationales mais fonde l’escadrille España, composée de pilotes étrangers. Il joue également un rôle de propagandiste à travers ses romans et films.

Son livre L’Espoir (1937), adapté au cinéma, s’inspire directement de son expérience de la guerre civile. Le roman alterne scènes de combat, débats idéologiques et portraits humains, dans un style dense et engagé. Hymne à l’antifascisme, il exalte la justice, la liberté et la solidarité face à la barbarie.

À sa sortie, L’Espoir connaît un grand succès. Le film (1938) est interdit en France sous pression franquiste, puis redécouvert plus tard. Aujourd’hui, le roman est considéré comme un classique de la littérature engagée du XXe siècle.

« L’homme ne se mesure qu’à ce qu’il affronte. » — Une phrase qui résume l’esprit de l’œuvre : un combat existentiel autant que politique.

Références internet

  • Fondation Internationale José Martínez Cobo – Archives des Brigades internationales Site dédié à la mémoire des volontaires étrangers de la guerre d’Espagne. On y trouve des biographies de brigadistes, des documents d’archives, des photos, et une présentation de l’organisation des Brigades.
    URL : https://brigadesinternationales.org
  • La Contemporaine (Bibliothèque, archives, musée des mondes contemporains, Nanterre) Ressources numériques autour de la guerre d’Espagne et des Brigades internationales : affiches, journaux, témoignages, photographies. Permet de replacer le rôle des volontaires dans le contexte international.
    URL : https://www.lacontemporaine.fr
  • Memoria Histórica – Gouvernement d’Espagne
    Portail officiel consacré à la mémoire historique de la guerre civile et de la dictature franquiste. Présentation des politiques de mémoire, reconnaissance des brigadistes, documents et hommages.
    URL : https://www.memoriahistorica.gob.es
  • Association des Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER)
    Association française œuvrant pour la mémoire des brigadistes. Propose des publications, biographies, comptes rendus d’événements commémoratifs et ressources pédagogiques.
    URL : https://acer-aver.fr
  • Mémorial des Brigades internationales (Albacete, Espagne)
    Site de la ville d’Albacete, ancien centre de formation des Brigades, qui présente le mémorial, les cérémonies et l’histoire locale liée à la guerre d’Espagne.
    URL : https://www.albacete.es/es/webs-municipales/memorial-brigadas-internacionales

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