Marcel Henri Louis IMBERT, né le 13 février 1905 à Crots (Hautes-Alpes), mort en mai 2002 à Crots (Hautes-Alpes), Français.
Marcel Imbert naît à Crots, alors officiellement dénommée Les Crottes, dans les Hautes-Alpes. Le relevé d’état civil consulté donne le 13 février 1905 et les prénoms Marcel Henri Louis. Il s’établit après son mariage avec Lucienne Broche à Boscodon, où il exerce comme exploitant forestier dans les bâtiments de l’ancienne abbaye, alors propriété de la famille Broche. Il accomplit son service militaire au Maroc et participe en 1925 à la guerre du Rif.
Engagement dans la Résistance
Le rôle de Marcel Imbert dans la naissance du maquis de Boscodon est particulièrement bien documenté par son propre témoignage, recoupé par celui de Bertin Miollan et par les travaux mémoriels consacrés à l’Embrunais. Le 19 mars 1943, quatre jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire arrivent dans la région. Imbert organise leur hébergement clandestin chez des habitants. Devant l’afflux prévisible d’autres réfractaires, il prend contact avec Paul Ravel, responsable de l’Armée secrète dans les Hautes-Alpes. Une réunion tenue à Boscodon le 15 avril 1943 aboutit à sa désignation comme chef civil et militaire du maquis ; le lendemain, huit hommes sont regroupés dans un chalet des Terrassettes. Le groupe atteint rapidement plusieurs dizaines d’hommes et comptera jusqu’à cinquante-deux maquisards.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Le maquis de Boscodon est intégré à la Résistance organisée après le contact pris par Imbert avec Paul Ravel. Le témoignage d’Imbert rattache le groupe à l’environnement de l’Armée secrète et de l’Organisation de résistance de l’armée ORA. Les sources locales soulignent cependant une particularité : contrairement à de nombreux maquis disposant d’un responsable civil et d’un responsable militaire distincts, Imbert cumule les deux fonctions.
Missions et actions
La fonction première du maquis consiste à soustraire les réfractaires au Service du travail obligatoire aux recherches et à assurer leur hébergement, leur ravitaillement et leur sécurité dans la forêt de Boscodon. Imbert organise successivement plusieurs caches et camps et fait effectuer des exercices aux hommes. Le maquis participe surtout à l’organisation et à la réception de deux parachutages dans le cirque du Morgon. En revanche, malgré des projets d’opérations en juillet 1944, il ne conduit pas directement d’action armée aboutie contre les forces allemandes, notamment en raison du manque d’armes et de difficultés de coordination.
La rafle du 16 mai 1944 désorganise profondément le groupe. Imbert échappe à l’arrestation. Il se replie momentanément vers l’Ubaye, tente de trouver un officier susceptible d’assurer une direction militaire renforcée, puis revient dans l’Embrunais. Une partie des hommes encore disponibles rejoint ensuite la compagnie FTPF d’Embrun, avec l’accord d’Imbert et de Paul Ravel. Imbert rentre chez lui le 15 août 1944 ; le 21 août, l’ordre de mobilisation marque la fin du maquis de Boscodon comme formation autonome.
Arrestation / évasion / déportation
Marcel Imbert n’est pas arrêté lors de la rafle du 16 mai 1944. Après-guerre, il apprend que les services allemands disposaient d’informations sur lui et sur le maquis : Max Juvenal lui aurait montré des documents retrouvés au siège de la Gestapo de Gap mentionnant son nom. Plusieurs membres du groupe sont en revanche arrêtés et déportés.
Camarades de combat
Son parcours est étroitement lié à Bertin Miollan et aux autres premiers réfractaires accueillis à Boscodon, ainsi qu’à Paul Ravel, responsable départemental de l’Armée secrète. Après la Libération, Marcel Imbert entretient également la mémoire de la Résistance locale avec René Eymin, ancien chef du maquis des Orres. Une photographie de Roger Cézanne les montre ensemble lors d’une commémoration à Crots.
Retour à la vie civile
Marcel Imbert survit à la guerre et consacre une part importante de sa vie à défendre et transmettre la mémoire du maquis de Boscodon. Avec le concours de Roger Cézanne, il publie en 1995 ses souvenirs sous le titre Résistance en Embrunais. Le Maquis du Boscodon 1943-1945. Il meurt en mai 2002 à Crots, à l’âge de quatre-vingt-dix-sept ans, alors doyen de la commune.
Décorations
Marcel Imbert est titulaire de la médaille du Maroc pour sa participation à la guerre du Rif en 1925. Les travaux mémoriels consacrés à son parcours mentionnent également :
- Croix de guerre 1939-1945 avec étoile d’argent, au titre de la Résistance et avec citation à l’ordre de la division,
- Croix du combattant volontaire de la Résistance.
Les actes attributifs primaires de ces deux dernières décorations n’ont pas été retrouvés lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
L’ancienne abbaye de Boscodon, les Terrassettes et la forêt environnante constituent les principaux lieux associés à son action. Le souvenir du maquis demeure entretenu à Crots par les commémorations de la rafle du 16 mai 1944.
Références bibliographiques
Résistance en Embrunais. Le Maquis du Boscodon 1943-1945. Marcel Imbert, avec le concours de Roger Cézanne, 1995. Témoignage du créateur et chef du maquis, source fondamentale pour sa naissance, son organisation et son fonctionnement.
Maquisards et Gestapo. Richard Duchamblo. Ouvrage utilisé par les travaux mémoriels locaux pour compléter et confronter le témoignage d’Imbert.
Références internet
Embrun en 1939-1945. La notice consacrée à Marcel Imbert et les dossiers consacrés au maquis de Boscodon fournissent les principaux éléments biographiques, le témoignage d’Imbert et une documentation iconographique. Marcel Imbert, créateur et chef du maquis de Boscodon
Embrun en 1939-1945. Le dossier sur la création du maquis reproduit les témoignages de Marcel Imbert concernant l’accueil des premiers réfractaires, le contact avec Paul Ravel et la réunion du 15 avril 1943. La création du maquis de Boscodon
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. L’inventaire GR 16 P identifie Marcel Georges Imbert, né le 13 février 1905 à Crots, sous la cote GR 16 P 301406 et indique une homologation FFI. Une divergence sur les prénoms apparaît avec le relevé d’état civil accessible, qui donne Marcel Henri Louis Imbert.
Dossier d’homologation consulté
Sous-série GR 16 P : une fiche « IMBERT, Marcel Georges », né le 13 février 1905 à Crots, est répertoriée sous la cote GR 16 P 301406, avec homologation FFI. L’identification avec le chef du maquis de Boscodon est fortement probable en raison de la concordance du nom, de la date et du lieu de naissance, mais la divergence des prénoms impose de conserver une réserve jusqu’à consultation matérielle du dossier.
Observations
Une divergence d’état civil doit être signalée : le répertoire GR 16 P donne « Marcel Georges IMBERT », tandis qu’un relevé d’état civil donne « Marcel Henri Louis IMBERT » pour la naissance du 13 février 1905 à Crots. Cette divergence ne remet pas en cause l’identification du résistant dans les sources consacrées à Boscodon mais justifie une vérification de l’acte original et du dossier GR 16 P.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — Le parcours résistant est documenté par son témoignage, par des témoignages concordants, par les travaux mémoriels locaux et par un dossier administratif de résistant homologué FFI correspondant très probablement à l’intéressé.
Chronologie
| Date | Événement |
| 13 février 1905 | Naissance à Crots. |
| 1925 | Participation à la guerre du Rif. |
| 19 mars 1943 | Accueil des premiers réfractaires au STO. |
| 15 avril 1943 | Réunion de Boscodon ; Imbert est désigné chef civil et militaire. |
| 16 avril 1943 | Regroupement des premiers maquisards aux Terrassettes. |
| 16 mai 1944 | Rafle du Boscodon ; Imbert échappe à l’arrestation. |
| mai-août 1944 | Tentative de reconstitution et poursuite de l’activité clandestine. |
| 21 août 1944 | Mobilisation ; disparition du maquis comme formation autonome. |
| 1995 | Publication de ses souvenirs. |
| mai 2002 | Décès à Crots. |
Sources consultées
Embrun en 1939-1945. Notice Marcel Imbert et dossiers du maquis de Boscodon. Ces pages ont fourni les éléments biographiques, le témoignage sur la création du maquis, son fonctionnement, ses décorations mentionnées et son activité mémorielle. Notice Marcel Imbert
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Répertoire de la sous-série GR 16 P, cote 301406. Cette source établit l’existence d’un dossier de résistant homologué FFI correspondant au nom, à la date et au lieu de naissance de l’intéressé. Répertoire GR 16 P — lettre I