René Paul Isaac Hirschler, dit René Hirschler, est né le 8 octobre 1905 à Marseille (France) et est décédé le 3 mars 1945 à Ebensee (Autriche), en camp de concentration, mort en déportation.
Issu d’une famille marseillaise d’origine comtadine et alsacienne, René Hirschler est le fils de Raoul Hirschler, hazzan (ministre officiant) à la synagogue consistoriale de Marseille.
Il suit des études au Séminaire israélite de France à Paris, puis est nommé rabbin à Mulhouse en 1929 à seulement vingt-trois ans.
En 1939, il devient grand-rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin, investi solennellement en juin de la même année par son prédécesseur, Isaïe Schwartz.
En 1939–1940, après l’invasion allemande, Hirschler est nommé aumônier général des camps d’internement.
Il fonde à Marseille la Commission centrale des œuvres, et contribue à la mise en place du Centre de documentation juive contemporaine à Grenoble.
À Périgueux, avec le grand-rabbin Ernest Weill, il œuvre à maintenir les institutions religieuses du judaïsme alsacien et organise la sortie d’anciens Juifs allemands des camps vers des hospices, échappant ainsi probablement à la déportation.
Hirschler occupe une fonction officielle dans le dispositif de Résistance intérieure française, homologué comme membre de la Résistance intérieure française (RIF).
En tant qu’aumônier général, il travaille en coordination avec diverses associations juives (EIF, OSE, ORT) dans la zone Sud, organisant l’assistance matérielle, administrative, morale et religieuse aux internés.
Il collabore notamment avec Gilbert Lesage, du Service social des étrangers, pour organiser des filières d’aide et aider à disperser les enfants avant les rafles
Lorsque René Hirschler apprend que 750 Juifs venus de Belgique sont internés à Saint‑Cyprien (Pyrénées‑Orientales), il organise une réunion des organisations juives pour leur venir en aide.
Dès lors, partout dans les camps et Groupes de Travailleurs Étrangers (GTE), il est reconnu comme interlocuteur incontournable qui organise réseaux d’assistantes sociales et orientations vers des refuges, tout en diffusant des renseignements indispensables à la protection des personnes persécutées.
Arrestation / évasion / déportation
Le 23 décembre 1943 à Marseille, René Hirschler et son épouse Simone sont arrêtés par la Gestapo.
Ils sont détenus successivement aux Baumettes, à Saint‑Charles, transférés à Drancy, puis déportés vers Auschwitz dans le convoi no 67 du 3 février 1944, où René reçoit le matricule 17328.
Par la suite, alors que les Soviétiques approchent, il est contraint de marcher vers Mauthausen avant d’être transféré à Ebensee, où il meurt le 3 mars 1945, tué par un SS pour avoir tenté de se protéger du froid avec un emballage de ciment.
Camarades de combat
Il collabore étroitement avec les organisations juives soviétisées, Orthodoxes et humanitaires comme l’OSE, l’EIF et ORT, et a pour successeur dans ses fonctions d’aumônier général le rabbin Henri Schilli.
Décorations
Médaille la Résistance à titre posthume par décret du 31 Mars 1947
Par décret du 31 mars 1947, René Hirschler est reconnu pour avoir favorisé l’évasion de dix officiers anglais internés à Périgueux. Une étoile d’argent est attribuée à son épouse Simone. Les mentions « mort pour la France » et « mort en déportation » sont attribuées à tous deux W Wikipédia. Aucune autre décoration n’est mentionnée dans les sources consultées.
Lieux de mémoire
Une « Rue du grand‑rabbin René Hirschler » borde la synagogue de la Paix à Strasbourg.
À Mulhouse, une plaque est inaugurée le 9 octobre 2016 en mémoire de René et Simone Hirschler, et en 2022, une « Place Simone et René Hirschler » est inaugurée dans cette même ville
Références bibliographiques
Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France de Serge Klarsfeld (Beate et Serge Klarsfeld, Paris, 1978), mentionne son destin tragique à l’instar d’autres rabbins déportés.
Alain Hirschler, son fils, publie Grand rabbin résistant : René Hirschler, 1905‑1945, Mon père (Éditions Caractères, 2016, 60 p.), récit poignant et personnel de sa vie et de son engagement.
Un article plus court, Le destin tragique du rabbin Hirschler, signé par Alain Hirschler, est paru dans Les Saisons d’Alsace, hiver 2015 W Wikipédia.
Références internet
- Wikipédia (français) : article précisant les dates, lieux, actions, arrestation, déportation, décorations, lieux de mémoire, ainsi que la biographie du couple Hirschler W Wikipédia.
- Mémoire de la Résistance juive en France (memoresist.org) : présente sa biographie, ses actions au sein des camps de la zone Sud, son arrestation, déportation, mention du réseau ARI et du remplaçant Henri Schilli Mémoire et Espoirs de la Résistance+2W Wikipédia+2.