Antoine Joseph HAJJE, né le 5 septembre 1904 à Larnaca (Chypre), mort le 20 septembre 1941 à Suresnes (Hauts-de-Seine), Mont-Valérien
Né de parents libanais catholiques, il étudie le droit au Caire puis à Paris, obtient deux doctorats (sciences juridiques ; sciences économiques et politiques) et publie sur le droit romain.
Naturalisé français par décret du 27 décembre 1927, il prête serment au barreau de Paris (1932) après un service militaire d’officier de réserve. Parcours intellectuel dense (franc-maçonnerie puis engagements tiers-mondistes) et premières publications dans la presse juridique.
Très tôt acquis à la défense des opprimés, il s’engage contre le colonialisme, défend des militants en Syrie et en Afrique du Nord, et devient l’un des avocats parisiens les plus actifs auprès des syndicats et des militants poursuivis sous l’Occupation.
Avocat du Secours rouge international, il travaille en tandem avec Georges Pitard et Michel Rolnikas au sein du « conseil juridique » des syndicats de la Seine.
Collaborations à La Vie ouvrière et L’Humanité ; interventions pour l’Association juridique internationale (AJI) – ce qui lui vaut arrestations et expulsions (Bulgarie 1934, Syrie 1935). Mobilisé en 1939 dans l’infanterie coloniale, blessé en juin 1940, il reprend ensuite la défense des militants au Palais.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté le 25 juin 1941, interné à Compiègne (Frontstalag 122), il écrit avec Pitard et Rolnikas au bâtonnier (3 et 23 juillet 1941) pour dénoncer l’illégalité des procédures. Transféré à la Santé le 19 septembre au soir, il est fusillé comme otage au Mont-Valérien le 20 septembre 1941.
Camarades de combat
Georges Pitard, Michel Rolnikas, Maurice Boitel et Paul Vienney, noyau des avocats communistes parisiens défendant syndicalistes et résistants.
Décorations
- Médaille de la Résistance française à titre posthume par décret du 24 avril 1946
- https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=Antoine+HAJJE&items_per_page=10#resultats-medailles
Lieux de mémoire
Nom gravé au Mémorial du Mont-Valérien ; portrait publié par L’Humanité (19 septembre 1944) ; mentions dans les expositions en ligne consacrées aux fusillés de 1941.
Références bibliographiques
- Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006. Outil de référence pour le contexte répressif de 1941, les lettres de fusillés et les institutions (ONAC, SHD).
- La justice saisie par la politique. Avocats communistes des années 1930, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2005/1. Met en perspective la trajectoire d’Hajje parmi les avocats militants et l’AJI.
- Les fusillés du Mont-Valérien, conférences et ressources de la Fondation de la Résistance : contextualisation des exécutions d’otages de 1941.
Références internet
- Mémoire du Barreau de Paris – Notice « HAJJE Antoine (1904-1941) » : biographie fouillée, pièces d’archives, mention du décret du 24/04/1946 pour la Médaille de la Résistance. https://memoire.avocatparis.org/39-45/guerre-39-45/avocats-morts-pour-la-france/81-h/528-hajje-antoine-1904-1941
- Mémoire des Hommes (Ministère des Armées) – Base des fusillés du Mont-Valérien : fiche « HAJJE Antoine » accessible via le moteur interne. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
- Mémorial du Mont-Valérien – Dossier « Lettres de fusillés » (corpus pédagogique et documents ; contexte des exécutions de 1941). https://www.mont-valerien.fr/de/apprendre/lettres-de-fusilles/
- Dossier d’homologation AC 21 P 461 199 (SHD/archives de Caen), mentionné sur la notice du Barreau de Paris. memoire.avocatparis.org
Mémorial de la Shoah / mahJ – consultation du portail et du parcours permanent pour contextualiser l’engagement de Rolnikas au sein de l’immigration juive parisienne des années 1930. Mémorial de la Shoah+1