Groupe Grandole,
Groupe Grandole, également désigné dans certaines sources par l’appellation « maquis Grandole ». La dénomination est directement liée au pseudonyme d’André Dole, alias « Grandole », chef de maquis actif dans la région de Champagnole, Jura, France. Les sources permettent de distinguer une première organisation résistante autour d’André Dole en 1943 et le maquis de La Platière constitué en 1944, auquel le nom de « maquis Grandole » est également appliqué.
Création du groupe
L’existence d’une formation clandestine placée sous l’autorité d’André Dole est attestée au plus tard au printemps 1943. En mai 1943, Omer Jeannin, alias « Prosper », est recruté par André Dole, explicitement présenté comme « Grandole », chef d’un maquis de l’Armée secrète de la région de Champagnole.
Cette mention établit qu’une structure de maquis dirigée par Dole existe déjà à cette date, sans permettre de déterminer la date précise à laquelle l’appellation « groupe Grandole » commence à être utilisée.
Une seconde étape est clairement documentée en juillet 1944 avec la constitution du maquis de La Platière, près des Nans, Jura, France. René Dole participe à sa création sous l’autorité de son frère André « Grandole ». La notice d’Omer Jeannin désigne explicitement La Platière comme « maquis Grandole ».
Cette continuité permet de rattacher le groupe constitué autour d’André Dole à la formation armée de La Platière sans pour autant assimiler systématiquement toutes les structures auxquelles ses hommes appartiennent.
Les objectifs attestés sont l’organisation de résistants et de réfractaires au Service du travail obligatoire, leur encadrement clandestin et, à l’approche de la Libération, leur regroupement dans une formation armée destinée à participer aux opérations contre les forces allemandes.
Organisation interne
La documentation disponible ne permet pas de reconstituer un organigramme complet du groupe Grandole.
André Dole en constitue toutefois le responsable central et est qualifié de chef de maquis de l’Armée secrète dans la région de Champagnole.
Omer Jeannin apparaît comme l’un de ses proches collaborateurs ; la notice qui lui est consacrée indique qu’il devient l’adjoint de Dole lorsque ce dernier est arrêté en juin 1943.
En juillet 1944, le maquis de La Platière est constitué sous l’autorité d’André Dole avec la participation de résistants locaux, dont son frère René Dole. Plusieurs hommes rattachés à ce milieu clandestin rejoignent La Platière au cours de l’été 1944. Le groupe est ensuite intégré au groupement FFI « Frontière » ; la notice de René Dole précise le rattachement au dispositif de la SRD2, groupe Ain-Seyne.
Les sources publiques consultées ne permettent pas d’établir avec certitude les effectifs du groupe, l’existence de subdivisions internes permanentes, les fonctions précises de chaque responsable ou la totalité de sa chaîne de commandement.
Actions menées pendant la Résistance
Les activités les mieux documentées concernent d’abord le recrutement et l’encadrement de résistants et de réfractaires au Service du travail obligatoire.
André Dole recrute notamment Omer Jeannin en mai 1943. Les parcours individuels des hommes qui lui sont liés montrent également des activités de récupération et de camouflage d’armes, de transport de réfractaires, de sabotage et de diffusion de la presse clandestine.
Ces dernières actions sont toutefois attestées dans les biographies individuelles de ses compagnons et ne peuvent pas être attribuées collectivement au groupe Grandole sans réserve.
La constitution du maquis de La Platière en juillet 1944 représente la phase militaire la mieux documentée de l’organisation. Des volontaires le rejoignent notamment le 15 août 1944. Les notices nominatives concordent ensuite sur l’engagement de cette formation dans les combats de la Libération dans les secteurs de Mouthe, Doubs, France, et Pontarlier, Doubs, France. La documentation MVR consacrée à La Platière situe ces engagements les 4 et 5 septembre 1944.
Le témoignage publié d’André Dole confirme qu’il avait constitué un maquis à proximité de Champagnole et que cette expérience constituait un élément central de son engagement résistant.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le rattachement le mieux établi pour la première période est celui à l’Armée secrète. Omer Jeannin désigne explicitement André Dole comme chef d’un « maquis AS » de la région de Champagnole en mai 1943.
À l’été 1944, la structure de La Platière s’insère dans les Forces françaises de l’intérieur. Le groupe est intégré au groupement FFI « Frontière ». La notice de René Dole précise un rattachement au groupe Ain-Seyne de la SRD2 lors des combats de la Libération.
Plusieurs résistants liés à Grandole passent également par le bataillon Valmy dans le secteur de Champagnole, mais les sources consultées ne permettent pas d’en déduire que le groupe Grandole lui-même constitue une subdivision permanente de ce bataillon. Il convient donc de distinguer les appartenances individuelles de ses membres du rattachement collectif attesté du maquis.
Chefs et figures marquantes
André DOLE, alias « Grandole », est le chef et l’organisateur autour duquel le groupe est constitué. Il est explicitement qualifié de chef de maquis de l’Armée secrète de la région de Champagnole en 1943 et son autorité est encore attestée lors de la création du maquis de La Platière en juillet 1944. Arrêté en juin 1943, il réapparaît ensuite dans l’organisation clandestine ; son parcours personnel après cette arrestation est documenté plus précisément par son témoignage autobiographique. Il survit à la guerre.
Omer JEANNIN, alias « Prosper », réfractaire au Service du travail obligatoire, est recruté en mai 1943 par André Dole. Il participe à des sabotages et à la diffusion de la presse clandestine, devient un proche collaborateur de Dole et participe ensuite à la création de maquis au moulin des Nans et à La Platière. Il combat avec la formation intégrée au groupement FFI « Frontière » lors de la libération de Mouthe et Pontarlier.
René DOLE, frère d’André Dole, est engagé très tôt dans la Résistance locale. Il récupère et dissimule des armes, transporte des réfractaires et participe à des sabotages. En juillet 1944, il prend part, sous l’autorité de son frère André « Grandole », à la création du maquis de La Platière. Il participe ensuite aux combats de Mouthe et Pontarlier.
Roger PERNET, alias « Brezon », réfractaire au Service du travail obligatoire, prend contact avec André Dole, identifié comme « Grandole » et chef de maquis de la région de Champagnole. Son parcours le conduit ensuite au bataillon Valmy et au maquis de La Platière.
Charles DALOZ, alias « Charly », est explicitement donné comme membre du « groupe Grandole (André Dole) de la région de Champagnole ». Il rejoint le maquis de La Platière le 15 août 1944 puis participe aux combats de Mouthe et Pontarlier. Cette notice constitue l’une des preuves les plus directes de l’existence de l’appellation « groupe Grandole » appliquée à la formation jurassienne dirigée par André Dole.
Victimes et morts
Aucune liste de résistants morts spécifiquement en qualité de membres du groupe Grandole ou du maquis de La Platière n’a pu être établie avec suffisamment de certitude dans les sources publiques consultées.
La documentation actuellement disponible confirme les combats menés par la formation mais ne fournit pas de relevé nominatif de pertes propres au groupe.
En conséquence, aucune victime ne doit être attribuée au groupe sans recoupement nominatif avec les dossiers individuels, Mémoire des Hommes, le Maitron ou les archives relatives aux unités FFI du Jura.
Survivants identifiés
André DOLE, alias « Grandole », survit à la guerre. Il demeure après-guerre un témoin de son engagement et publie avec Constance Rameaux ses souvenirs sous le titre Mémoires du Grand Dole, résistant du Jura, en 2013. La presse régionale le présente alors comme l’ancien résistant ayant constitué un maquis à proximité de Champagnole.
Les notices individuelles d’Omer Jeannin, Roger Pernet, Charles Daloz et René Dole permettent de suivre leurs engagements jusqu’aux combats de la Libération. En revanche, la présente fiche ne retient pas de données postérieures à la guerre pour chacun d’eux lorsqu’elles ne sont pas explicitement établies par les sources consultées.
Fin du groupe
La clandestinité du groupe prend fin avec la Libération de la région et son intégration progressive dans les Forces françaises de l’intérieur.
Le maquis de La Platière, ou « maquis Grandole », est engagé en septembre 1944 dans les opérations conduites dans les secteurs de Mouthe et Pontarlier. Après ces combats, la documentation consultée fait apparaître le passage des résistants vers des formations militaires constituées plutôt qu’une dissolution formelle datée du groupe Grandole.
Aucune date officielle de dissolution du « groupe Grandole » n’a été retrouvée. La fin de cette appellation doit donc être comprise comme résultant de l’intégration des maquisards aux structures FFI puis aux forces militaires régulières dans le contexte de la Libération.
Conséquences et mémoire
L’importance historique du groupe Grandole tient principalement à son rôle dans l’organisation de la Résistance armée autour de Champagnole et dans la constitution du maquis de La Platière. Son parcours illustre le passage de petits groupes clandestins et du recrutement de réfractaires en 1943 à la formation de maquis intégrés aux Forces françaises de l’intérieur en 1944.
La mémoire de cette formation est particulièrement conservée par les témoignages individuels de ses membres et par les travaux consacrés à la Résistance jurassienne. André Dole publie en 2013, avec Constance Rameaux, Mémoires du Grand Dole, résistant du Jura, consacré notamment au maquis qu’il avait constitué près de Champagnole.
Aucune stèle ou monument spécifiquement intitulé « Groupe Grandole » ou « Maquis Grandole » n’a été identifié avec suffisamment de certitude au cours des présentes recherches.
Références bibliographiques
Mémoires du Grand Dole, résistant du Jura, André Dole et Constance Rameaux, Aéropage, 2013. Témoignage autobiographique directement consacré au parcours d’André Dole et au maquis qu’il a constitué dans la région de Champagnole. L’ouvrage constitue une source essentielle pour l’histoire du groupe, à confronter aux documents et notices contemporains en raison de son caractère mémoriel. Son existence et son édition en 2013 sont également attestées par les Archives départementales du Jura, où l’ouvrage est conservé sous la cote 8°F1628.
La Résistance dans le Jura, François Marcot, avec la collaboration d’Angèle Baud, Cêtre, Besançon, 1985, 332 p. Ouvrage scientifique de référence sur la Résistance jurassienne, utile pour replacer l’activité d’André Dole, les maquis du secteur de Champagnole, l’Armée secrète et les Forces françaises de l’intérieur dans leur contexte départemental.
Jura 1940-1944. Territoires de Résistance, André Robert, Éditions du Belvédère, 2014, 376 p. Étude consacrée à la Résistance dans le Jura fondée notamment sur l’exploitation d’archives et de dossiers de combattants volontaires de la Résistance. L’ouvrage fournit le contexte territorial dans lequel se développent les maquis du secteur de Champagnole et complète les notices nominatives rédigées par André Robert pour le Musée de la Résistance en ligne.
Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2006. Ouvrage de référence permettant de replacer l’Armée secrète, les maquis et leur intégration aux Forces françaises de l’intérieur dans le cadre général de la Résistance française. Il constitue un complément historiographique pour interpréter correctement la structure et l’évolution d’un groupe local comme celui de Grandole.
La Résistance en Franche-Comté, Paul Dreyfus, Privat, 1984. Cette synthèse régionale apporte le cadre nécessaire à l’étude de la Résistance dans le Jura et les départements voisins. Elle permet de replacer les groupes armés jurassiens dans le contexte de la clandestinité, des maquis, de la répression et des combats de la Libération.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne — Omer Jeannin. Cette notice fournit l’un des éléments documentaires les plus probants : elle identifie explicitement André Dole sous le pseudonyme « Grandole », le présente comme chef d’un maquis de l’Armée secrète de la région de Champagnole en mai 1943 et désigne La Platière comme « maquis Grandole ». https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=43535
Musée de la Résistance en ligne — René Dole. Cette notice indique qu’en juillet 1944 René Dole participe, sous l’autorité de son frère André « Grandole », à la création du maquis de La Platière. Elle établit également son rattachement ultérieur au groupement FFI « Frontière » et sa participation aux combats de Mouthe et Pontarlier. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=42838
Musée de la Résistance en ligne — Charles Daloz. Cette notice identifie explicitement le « groupe Grandole (André Dole) de la région de Champagnole ». Elle constitue un recoupement essentiel permettant de rattacher sans ambiguïté l’appellation « groupe Grandole » au Jura et à André Dole. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=42081
Mémoire Vive de la Résistance — Maquis de La Platière. Cette fiche situe La Platière dans le secteur de Champagnole et associe sa création, à l’été 1944, à André Dole alias « Grandole ». Elle rassemble également les données concordantes relatives à son intégration aux FFI et aux combats de septembre 1944. https://mvr.asso.fr/maquis-de-la-platiere/
Mémoire Vive de la Résistance — André Dole alias « Grandole ». Cette notice rassemble les mentions nominatives relatives au rôle d’André Dole comme chef de maquis, recruteur et organisateur dans la région de Champagnole, ainsi que ses liens avec La Platière et plusieurs résistants locaux. https://mvr.asso.fr/dole-2/
Fiabilité B — Fiabilité bonne. L’existence d’une formation placée sous l’autorité d’André Dole, alias « Grandole », dans la région de Champagnole est attestée par plusieurs notices nominatives concordantes du Musée de la Résistance en ligne. L’appellation « groupe Grandole » est explicitement employée dans la notice de Charles Daloz et l’appellation « maquis Grandole » dans celle d’Omer Jeannin pour La Platière.
L’autorité d’André Dole lors de la constitution de La Platière est indépendamment confirmée par la notice de René Dole. La qualification B est retenue parce que l’existence, le chef, la localisation et les principales étapes sont solidement recoupés, mais qu’aucun dossier d’unité ou historique d’homologation FFI complet propre au « groupe Grandole » n’a été retrouvé dans les ressources publiques consultées.
Sources consultées
Maitron Résistance. Recherches effectuées sur les variantes « Grandole », « André Dole », « La Platière », « Champagnole » et « Fronton ». Aucun résultat directement exploitable n’a permis d’établir l’existence d’un « Robert Grandole » ou d’un groupe Grandole en Haute-Garonne. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance. Recherches effectuées sur le groupe Grandole et les maquis du Jura. Aucun dossier autonome du groupe Grandole n’a été identifié dans les résultats publics consultés ; la Fondation demeure l’institution de rattachement du Musée de la Résistance en ligne utilisé pour les recoupements nominatifs. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne. Les notices d’Omer Jeannin, René Dole et Charles Daloz permettent d’établir l’identification d’André Dole à « Grandole », la localisation dans le secteur de Champagnole, le rattachement à l’Armée secrète, la création de La Platière et son intégration aux Forces françaises de l’intérieur. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=43535 ; https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=42838 ; https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=42081
Mémoire des Hommes. Recherche effectuée sur André Dole, « Grandole », La Platière et les formations FFI jurassiennes. Aucun historique autonome du groupe Grandole directement exploitable n’a été retrouvé dans les résultats publics consultés. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération. Recherche effectuée sur l’appellation Grandole et André Dole. Aucun dossier d’unité spécifique au groupe Grandole n’a été identifié. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica — Bibliothèque nationale de France. Recherches effectuées sur Grandole, André Dole, Champagnole et les maquis du Jura. Aucune source primaire numérisée spécifiquement consacrée au groupe Grandole n’a été retenue au terme de la présente vérification. https://gallica.bnf.fr/
Archives départementales du Jura. Le catalogue référence Mémoires du Grand Dole. Résistant du Jura d’André Dole, publié en 2013, sous la cote 8°F1628. Cette référence confirme l’existence du témoignage autobiographique consacré à son parcours résistant. https://archives39.fr/search/results?keyword=DOLE+Andr%C3%A9%5Bauteur%5D&sort=referencecode_asc&target=controlledAccessAuthor
Mémoire Vive de la Résistance — Groupe Grandole. La version actuellement publiée situe le groupe en Haute-Garonne et l’attribue à « Robert Grandole ». Ses affirmations nominatives, géographiques et opérationnelles n’ont pas été confirmées par les autres bases consultées et sont contredites par les recoupements jurassiens concernant André Dole. https://mvr.asso.fr/groupe-grandole/
Mémoire Vive de la Résistance — Maquis de Fronton. Cette fiche confirme que des combats résistants sont historiquement attestés dans le Frontonnais, mais reconnaît que les sources institutionnelles disponibles ne permettent pas de confirmer une formation intitulée « groupe Grandole », son commandement, ses effectifs ou les détails opérationnels qui lui avaient été attribués. https://mvr.asso.fr/maquis-de-fronton/
Mémoire Vive de la Résistance — Maquis de La Platière. Cette fiche rassemble les recoupements relatifs à la constitution du maquis sous l’autorité d’André Dole, alias « Grandole », à son implantation jurassienne et aux combats de la Libération. https://mvr.asso.fr/maquis-de-la-platiere/
Le Progrès. L’article « André Dole, la mémoire du maquis », publié le 26 juin 2013, présente André Dole comme l’ancien résistant ayant constitué un maquis à proximité de Champagnole et confirme la publication de ses mémoires. https://www.leprogres.fr/jura/2013/06/26/andre-dole-la-memoire-du-maquis
Observations
La forme principale retenue est « groupe Grandole » lorsqu’il est question de la formation constituée autour d’André Dole. L’appellation « maquis Grandole » est également attestée et désigne notamment le maquis de La Platière dans la notice d’Omer Jeannin.
« Grandole » est le pseudonyme d’André Dole et non un patronyme permettant d’identifier un chef nommé Robert Grandole.
L’ancienne localisation du groupe à Fronton, Haute-Garonne, France, ainsi que l’identification de « Robert Grandole », alias « Capitaine Robert », ne sont pas retenues. Les recherches indépendantes effectuées sur le Frontonnais confirment l’existence d’activités et de combats résistants dans cette région, mais pas celle d’un groupe Grandole sous ce commandement. La fiche MVR consacrée au maquis de Fronton aboutit elle-même à cette réserve documentaire.