Le groupe Géo‑Gras fut constitué en octobre 1940 à Alger, sous l’impulsion d’André Temime, Émile Atlan, Charles Bouchara et Raphaël Aboulker ; l’organisation s’inspirait d’un modèle militaire entraînant civils et officiers en demi‑compagnies, sections et cellules, sous la forme d’un groupement clandestin basé dans la salle de sport Géo‑Gras, avec stockage d’armes sous le ring .
Les sections étaient dirigées notamment par Temime, Atlan, Bouchara, Aïch, Gozlan, Loufrani, Carcassonne (Roger), et Raphaël Aboulker.
Des officiers de réserve tels que le lieutenant Dreyfus, le lieutenant Fredj, ou le sous‑lieutenant Jais participèrent à l’organisation. L’organisation recrutait parmi les civils juifs algérois et des officiers opposés au régime de Vichy.
Le rôle du réseau fut décisif lors de l’opération Torch (débarquement allié en Afrique du Nord dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942) : les résistants du groupe contrôlèrent les points névralgiques d’Alger (radio, caserne, préfecture, police, etc.), sabotèrent les communications Vichy, arrêtèrent les hauts responsables et facilitèrent la prise de la ville avant l’arrivée des forces alliées.
Environ 132 membres du groupe Géo‑Gras participèrent activement à ces actions, représentant un tiers des résistants acting à Alger le jour J ; ils furent coordonnés avec d’autres groupes autour de José Aboulker, le colonel Jousse et le général Mast. Le groupe permit ainsi une prise rapide sans destruction majeure d’Alger, malgré une contre-attaque partielle par les forces vichystes .
Les principaux responsables furent Raphaël Aboulker (conseiller général), José Aboulker (coordination), André Temime, Émile Atlan, Charles Bouchara, Roger Carcassonne. Des officiers comme Pilafort et le lieutenant Dreyfus furent tués pendant les combats autour du coup d’État du 8 novembre 1942.
Le réseau Géo-Gras fut progressivement absorbé dans la structure des FFL après le ralliement officiel de l’Afrique du Nord aux Alliés. Les principaux membres rejoignirent la France libre (José Aboulker notamment envoyé à Londres en 1943), certains intégrèrent ensuite les réseaux sanitaires ou d’action clandestine lors de la Libération générale.
Références bibliographiques
- La part de la Résistance française dans les événements d’Afrique du Nord (rapports des chefs des groupes du 8 novembre), Commissariat à l’Information du Comité national français, Londres, août 1943. Ce recueil présente des témoignages directs des responsables du putsch à Alger, dont ceux du groupe Géo‑Gras et Aboulker.
- Juifs d’Algérie, la résistance oubliée, Stéphanie Monsénégo & Bernard George, France 5 / documentaire télévision, 2022. Documentaire analysant l’engagement de la communauté juive algéroise au sein de Géo‑Gras et son rôle dans l’opération Torch.
- Résistance juive en Algérie, Hervé Chabalier (dir.), Revue Le Monde juif n°3, 1994. Étude historique académique illustrant la genèse du réseau Géo‑Gras et ses ramifications avec le réseau Aboulker-Carcassonne.
Références internet
- Wikipédia – Groupe Géo-Gras : article détaillant la création du groupe, son organisation, ses acteurs, ses actions le 8 novembre 1942, et son recrutement parmi les Juifs algérois. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Géo‑Gras
- Wikipédia – José Aboulker : notice biographique confirmant son implication dans Géo‑Gras, son rôle dans l’organisation du putsch du 8 novembre et son rattachement aux FFL après liaison avec de Gaulle. https://fr.wikipedia.org/wiki/José_Aboulker
- JudaicAlgeria – Les oubliés du 8 novembre 1942 : article sur l’implication des membres de Géo‑Gras et Aboulker, précisant les sections impliquées. https://www.judaicalgeria.com/pages/les-oublies-du-8-novembre-1942.html