Pierre Nicolas Serge FOURCAUD, né le 27 mars 1898 à Saint-Pétersbourg (Russie), mort le 2 mai 1998 à Paris (7e)
Fils de médecin, élève au lycée de Nice, Pierre Nicolas Serge Fourcaud s’engage en 1916. Blessé à plusieurs reprises en 1918, il poursuit après-guerre des activités au 2e Bureau, notamment dans les pays baltes et scandinaves, en parallèle d’une carrière civile.
Rappelé en 1939, blessé en juin 1940, il rallie l’Angleterre et rejoint la France libre à Londres. Dès 1940-1941, il est l’un des premiers agents envoyés en mission en France ; il contribue à l’impulsion de réseaux (Fleurs/Brutus, Lucas) et plaide pour une coordination nationale des mouvements sous l’égide du général de Gaulle.
BCRA ; réseau Lucas ; réseau Brutus ; chef désigné de la mission interalliée « Union 1 » pour la Savoie et les départements limitrophes. Les bases prosopographiques confirment son alias « Sphère ».
Blessé à l’entraînement début 1943, il est ultérieurement inséré par avion (Lysander) en février 1944 pour prendre la tête de « Union ». La mission a pour objet d’évaluer les maquis (R1/R2), d’améliorer les liaisons et de définir une doctrine d’emploi (défense mobile du Vercors).
Arrestation / évasion / déportation
Les sources concordent sur l’arrestation à Albertville en mai 1944 et le retour à Londres à l’été, mais divergent sur la chronologie précise : la notice du Musée de la Résistance en ligne indique arrestation le 20 mai 1944, évasion le 14 juin à Lyon, retour à Londres le 1er août ; la biographie de l’Ordre de la Libération précise arrestation le 19 mai, blessure lors d’une tentative d’évasion le 20, évasion de la prison de Chambéry le 6 août et retour à Londres le 28 août. En l’état, ces détails de datation doivent être tenus pour divergents.
Camarades de combat
Au sein de « Union 1 » : Henry Thackthwaite (SOE), Peter J. Ortiz (OSS), Camille Monnier (BCRA, opérateur radio), Roger Lévy ; plus largement, Fourcaud travaille avec les responsables des maquis de Savoie et des régions R1/R2.
Retour à la vie civile
Revenu définitivement en France en septembre 1944, promu colonel en 1945, il exerce des responsabilités de haut niveau au SDECE entre 1946 et 1956. Décédé en 1998, il est inhumé au Lavandou (Var).
Décorations
- Compagnon de la Libération par décret du 25 mai 1943 (source : Ordre de la Libération).
- Grand officier de la Légion d’honneur (grade mentionné par l’Ordre de la Libération ; date de décret non retrouvée dans les bases consultées au cours de cette recherche). https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-fourcaud
- Médaille de la Résistance française avec rosette Médaillé avec rosette par décret du 31 Mars 1947
- https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=FOURCAUD&items_per_page=10#resultats-medailles
- Croix de guerre 1914-1918 (4 citations)
- Croix de guerre 1939-1945 (5 citations),
- Médaille des évadés,
- Croix du combattant (14-18),
- Croix du combattant volontaire (14-18),
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre ;
décorations étrangères
- Croix de Saint-Georges (Russie)
- Distinguished Service Order (GB)
- Officer of the British Empire (GB)
- Distinguished Service Cross (USA)
- Commandeur Orange et Nassau
- Officier de l’Ordre de Léopold (Belgique)
- Croix de Guerre avec palme (Belgique)
- Grand Officier de l’Ordre du Million d’Eléphants (Laos)
- Officier de l’Ordre de l’Aigle Blanc (Yougoslavie)
Légion d’honneur (Base Léonore) : absence confirmée de dossier en ligne – les dossiers Léonore ne couvrent en principe que les titulaires décédés avant 1977 ; Fourcaud est décédé en 1998.
Lieux de mémoire
Aucun lieu public explicitement dédié à « Pierre Fourcaud » n’a été identifié dans les bases consultées au cours de cette recherche ; sa sépulture est au Lavandou et ses actions sont rappelées par l’Ordre de la Libération et les expositions en ligne.
Références bibliographiques
- Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009. Ouvrage décisif pour comprendre la genèse du BCRA, ses missions, ses méthodes et ses acteurs – dont Fourcaud – entre Londres et la France occupée.
Vercors, citadelle de liberté, Paul Dreyfus, Éditions de Borée (rééd.), 1997.Récit dense des maquis alpins, utile pour situer la mission « Union » dans l’histoire opérationnelle de 1944. - Histoire de la Résistance, Olivier Wieviorka, Perrin, 2013.
Grande synthèse qui contextualise réseaux, régions (R1/R2) et relations entre BCRA, SOE et OSS ; repères solides pour lire la trajectoire de Fourcaud.
Références internet
- Ordre de la Libération – « Pierre FOURCAUD » Biographie officielle (état civil, parcours, décorations) et chronologie complète 1916-1998.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-fourcaud - Musée de la Résistance en ligne – « Pierre FOURCAUD » Notice prosopographique (alias « Sphère »), rappel de l’arrestation du 20 mai 1944 et du retour à Londres.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=31532 - Musée de la Résistance en ligne – Halifax / Mission « Union » Mise en contexte du parachutage de la mission « Union » et de la coordination des maquis. https://museedelaresistanceenligne.org/media7626-Avion-britannique-Halifax-B-Mark-II
- Musée de la Résistance en ligne – Dossier « SOE & liaisons radio dans le Vercors » (Guy Giraud) PDF de synthèse (missions Union/Chloroforme/Eucalyptus, doctrine et enjeux radios).
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/67.pdf
