Les Forces Navales Françaises Libres sont créées le 1 juillet 1940 à Londres, Royaume-Uni. Suite à l’appel du 18 juin, le général de Gaulle nomme l’amiral Émile Muselier à la tête des forces navales de la France Libre. L’organisation naît du ralliement de marins présents en Angleterre, de bâtiments stationnés dans les ports britanniques ou coloniaux, et de volontaires civils et militaires souhaitant poursuivre le combat aux côtés des Alliés.
Organisation interne
L’organisation est structurée autour d’un état-major basé à Londres, Royaume-Uni. Elle se divise en deux composantes principales : la marine de guerre et la marine marchande française libre. La hiérarchie suit les cadres de la marine nationale, sous l’autorité du commandement en chef des Forces Françaises Libres. Des bases navales sont établies à Portsmouth, Royaume-Uni, et à Plymouth, Royaume-Uni, ainsi que dans les territoires ralliés de l’Afrique Équatoriale Française et du Pacifique.
Actions menées pendant la Résistance
Les FNFL participent activement à la bataille de l’Atlantique par l’escorte de convois marchands pour protéger l’approvisionnement des Alliés. Elles mènent des missions de renseignement naval, des patrouilles de surveillance côtière et des opérations de débarquement, notamment l’opération Menace sur Dakar, Sénégal, en septembre 1940 et la libération de Saint-Pierre-et-Miquelon en décembre 1941. Des commandos de marine sont également formés pour des actions de sabotage et des coups de main sur les côtes occupées.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les FNFL travaillent en étroite coordination avec la Royal Navy britannique pour l’appui logistique et opérationnel. Elles entretiennent des liens avec le Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA) pour le transport d’agents et de matériel vers la France occupée. Elles sont intégrées plus largement dans les Forces Françaises Libres (FFL) avant de fusionner avec les forces maritimes d’Afrique du Nord après le débarquement allié de 1942.
Émile Muselier, Vice-amiral et premier commandant des FNFL de juillet 1940 à mars 1942. Il est le créateur de l’insigne de la croix de Lorraine pour marquer la distinction avec la marine de Vichy.
Philippe Auboyneau, Amiral, il succède à l’amiral Muselier et commande les FNFL à partir d’avril 1942, participant à la montée en puissance de la flotte jusqu’à la Libération.
Honoré d’Estienne d’Orves, Officier de marine, il organise le premier réseau de renseignement des FNFL sur le sol français avant d’être arrêté en janvier 1941 et exécuté par les autorités allemandes.
Jean L’Herminier, Capitaine de frégate, commandant du sous-marin Casabianca qui s’évade de Toulon, Var, France, en novembre 1942 pour rejoindre la France Libre et participer à la libération de la Corse.
Victimes et morts Honoré d’Estienne d’Orves, fusillé le 29 août 1941 au mont Valérien, Suresnes, France.
L’équipage du sous-marin Surcouf, disparu en mer avec ses 130 marins le 18 février 1942 au large du canal de Panama.
Les marins de la corvette Alysse, coulée le 8 février 1942 par un sous-marin allemand dans l’Atlantique Nord.
Survivants identifiés
Philippe Auboyneau, il termine la guerre comme chef d’état-major général de la Marine.
Jean L’Herminier, grand officier de la Légion d’honneur, il continue de servir dans la Marine nationale après 1945.
Fin du réseau
Les FNFL cessent d’exister en tant qu’entité séparée le 3 août 1943. Elles fusionnent avec les Forces maritimes d’Afrique (anciennes forces de Vichy ralliées) pour former une Marine française unifiée au service du Comité Français de la Libération Nationale (CFLN).
Conséquences et mémoire
L’action des FNFL a permis à la France de maintenir une présence souveraine sur les mers et de participer aux grandes opérations de débarquement en Normandie et en Provence. La mémoire de l’organisation est entretenue par le Monument aux marins des Forces navales françaises libres sur l’île de Sein, Finistère, France, ainsi que par de nombreuses stèles dans les ports de Brest et de Cherbourg.
Références bibliographiques
La Marine de la France libre : 1940-1945 par Éric Brothé et Gérald Guétat, Éditions Chasse-Marée, 2004.
Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François Marcot, Éditions Robert Laffont, 2006.
Une épopée navale : Les FNFL par Jean-Christophe Notin, Éditions Perrin, 2005.
La Marine de la France Libre par Vice-amiral Émile Muselier, Éditions Flammarion, 1945.
Références internet
Fondation de la Résistance Présentation détaillée des Forces navales françaises libres et de leur commandement. https://www.fondationresistance.org/
Ordre de la Libération Fiche thématique sur les unités de la marine de la France Libre et leurs engagements militaires. https://www.ordredelaliberation.fr/
Musée de la Résistance en ligne Exposition virtuelle consacrée aux marins de la France Libre et aux FNFL. https://museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des Hommes Listes nominatives des équipages et des bâtiments ayant servi dans les FNFL. https://www.google.com/search?q=https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica (BnF), Service Historique de la Défense (SHD), mvr.asso.fr. Date de vérification : 21 mars 2026.