Réseau Amherst (identifié dans les sources archivistiques comme Opération Amherst ou Mission Amherst).
L’organisation de cette mission est planifiée au cours du premier trimestre de l’année 1945 par le commandement de la Special Air Service Brigade en collaboration avec les Forces Françaises Libres. La création effective de cette structure opérationnelle intervient lors de son déclenchement le 7 avril 1945.
L’objectif initial est le parachutage massif de troupes spéciales en territoire occupé dans la province de Drenthe, Pays-Bas, afin de préparer et faciliter l’avance de la 1re Armée canadienne. Les missions principales consistent à capturer des points stratégiques, notamment des ponts et des nœuds de communication, et à empêcher la destruction des infrastructures par les troupes allemandes en retraite.
Organisation interne
L’organisation est de type militaire et clandestine, structurée autour des 3e et 4e Régiments de Chasseurs Parachutistes (RCP), intégrés au sein de la Special Air Service Brigade. L’unité est composée de 47 sticks (groupes de combat) totalisant environ 700 parachutistes français.
La hiérarchie est strictement militaire avec un commandement centralisé qui supervise des cellules de combat autonomes larguées sur une zone étendue. Le fonctionnement repose sur une autonomie totale des groupes derrière les lignes ennemies, chaque stick devant remplir des objectifs tactiques spécifiques sans soutien immédiat.
Les actions menées incluent le harcèlement systématique des troupes allemandes et la sécurisation des axes de progression alliés. Les parachutistes mènent des opérations de renseignement tactique en temps réel sur les positions ennemies. Ils procèdent au sabotage des lignes téléphoniques et à la capture de ponts vitaux avant qu’ils ne soient minés. Les combats sont intenses et se déroulent souvent à un contre dix dans des zones boisées ou des fermes isolées. L’opération permet de semer la confusion dans l’état-major allemand et de précipiter la libération du nord des Pays-Bas.
La mission Amherst est coordonnée avec la 1re Armée canadienne qui constitue la force de libération conventionnelle. Sur le terrain, les parachutistes français entrent en contact avec la Résistance néerlandaise locale pour obtenir des guides et des informations logistiques sur les mouvements de la Wehrmacht. Bien que rattachés aux forces britanniques (SAS), les membres appartiennent aux Forces Françaises Libres (FFL).
Chefs et figures marquantes
Pierre-Louis Bourgoin, Colonel commandant le 4e RCP, figure centrale de l’opération malgré son handicap physique. Il coordonne les sticks au sol après son parachutage.
Jacques de Bollardière, Lieutenant-colonel commandant le 3e RCP, supervise les opérations d’une partie des sticks engagés dans la mission.
Pierre Sicaud, Capitaine au 3e RCP, dirige plusieurs groupes de combat lors des affrontements pour la prise de ponts stratégiques. Il survit à l’opération et à la guerre.
Chavannes, Capitaine au 3e RCP, commande une cellule opérationnelle engagée dans des combats meurtriers.
Victimes et morts
L’opération Amherst coûte la vie à 33 parachutistes français tués au combat entre le 7 avril 1945 et le 15 avril 1945.
De nombreux blessés sont dénombrés lors des accrochages fréquents avec les troupes de la Flak et de la Wehrmacht. Certains parachutistes, capturés après avoir été isolés, sont sommairement exécutés par les autorités allemandes avant l’arrivée des troupes alliées.
Survivants identifiés
Pierre-Louis Bourgoin survit à la mission et devient une figure emblématique des parachutistes de la France Libre. Pierre Sicaud survit également et poursuit une carrière dans l’administration coloniale et le renseignement après la guerre. La majorité des parachutistes des 3e et 4e RCP ayant participé à l’opération survivent et rejoignent la France après la capitulation allemande.
La Mission cesse ses activités le 15 avril 1945 lors de la jonction définitive avec les unités blindées canadiennes. Les structures de combat sont alors dissoutes en tant que groupes clandestins pour être réintégrées dans le giron des troupes régulières de la France Combattante avant leur retour en France à la fin du conflit européen.
Conséquences et mémoire
L’impact stratégique est jugé significatif par le commandement allié car il a permis d’accélérer la libération de la province de Drenthe, Pays-Bas, et de Groningue, Pays-Bas, en sauvant de nombreux ponts de la destruction.
La mémoire de l’opération est honorée par plusieurs monuments aux Pays-Bas, notamment à Westerbork, Pays-Bas, et Assen, Pays-Bas. En France, les drapeaux des 3e et 4e RCP portent l’inscription des victoires liées à cet engagement de la fin de la guerre.
Références bibliographiques
Les parachutistes SAS de la France Libre par David Portier, Éditions Nimrod, 2010.
L’épopée des parachutistes français par Jean-Pierre Bernier, Éditions Jacques Grancher, 1988.
La 4e D.I.A. et les parachutistes SAS dans la libération des Pays-Bas par Collectif, Éditions du SHD, 1995.
Bérets rouges : l’histoire des parachutistes de la France libre par Henry Corta, Éditions Amicale des anciens parachutistes SAS, 1952.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Article détaillé sur les régiments de chasseurs parachutistes et l’opération Amherst. https://museedelaresistanceenligne.org/
Fondation de la Résistance Fiche thématique sur les unités de la France Libre engagées dans les opérations spéciales de 1945. https://www.fondationresistance.org/
Mémoire des Hommes Base de données des militaires décédés au cours de l’opération Amherst. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Chemins de Mémoire Historique des SAS français et de leurs missions en Europe occupée. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica (BnF), Service Historique de la Défense (SHD), mvr.asso.fr. Date de vérification : 21 mars 2026.