L’opération s’inscrit dans la phase finale de la bataille de Normandie. La Seine constitue le dernier obstacle naturel majeur pour les troupes allemandes en retraite. La destruction du pont de Oissel est cruciale pour empêcher le repli ordonné des divisions blindées. Le rôle des services de la SNCF engagés dans la résistance est ici primordial car ils connaissent parfaitement les points de fragilité de l’ouvrage permettant une destruction efficace avec peu de moyens.
L’événement majeur se produit à la fin du mois d’août 1944 à Oissel, Seine-Maritime, France. Alors que les troupes allemandes tentent de franchir la Seine pour échapper à l’encerclement allié, des groupes de résistants locaux et des membres de Résistance-Fer entreprennent de saboter les points de passage restants. Le pont ferroviaire de Oissel est la cible principale afin de bloquer les convois de matériel lourd. Les résistants utilisent des explosifs récupérés pour détruire une travée du pont. Le bilan immédiat est l’arrêt du trafic ferroviaire vers Rouen et l’abandon forcé par les Allemands de plusieurs rames de matériel sur la rive gauche.
Héros et figures marquantes
André PÉTOT participe activement à la coordination des groupes de Résistance-Fer dans le secteur de Rouen et de Oissel pour paralyser les infrastructures ferroviaires. Il survit à la période de la Libération et poursuit sa carrière au sein de la SNCF tout en s’impliquant dans les amicales de résistants.
Victimes
Plusieurs résistants anonymes ainsi que des travailleurs civils requis par l’occupant ont été tués lors des échanges de tirs entourant les accès au pont dans les jours précédant sa destruction finale.
Survivants
Les membres des groupes locaux de Oissel ont pour la plupart survécu à l’opération en profitant de l’arrivée rapide des troupes alliées canadiennes et britanniques qui ont libéré la zone quelques jours après le sabotage.
Conséquences
La destruction du pont a forcé les Allemands à tenter des traversées sur des bacs de fortune, les exposant aux attaques aériennes alliées. La portée stratégique est la neutralisation durable de l’axe Paris-Rouen. Après la guerre, les responsables de ce sabotage ont reçu des citations pour leur courage technique et militaire.
Mémoire et lieux commémoratifs
Monument aux morts de la Résistance situé à l’entrée de la ville en hommage aux combattants de l’ombre à Oissel, Seine-Maritime, France. Plaque commémorative en gare de Oissel rappelant le sacrifice des cheminots résistants, Oissel, Seine-Maritime, France.
Références bibliographiques
La Résistance en Normandie, Gontran PERNAUX, Paris, Presses de la Cité, 1974. Cet ouvrage de référence documente les actions de harcèlement menées par les maquis et les cheminots lors de la retraite allemande de 1944.
L’Opinion publique sous l’Occupation, Marcel BAUDOT, Paris, PUF, 1960. Bien que généraliste, ce livre détaille les réseaux de résistance en Haute-Normandie et les sabotages menés autour des ponts de la Seine.
Références internet
Fondation de la Résistance Propose des articles sur la logistique allemande et les contre-mesures de la résistance ferroviaire en Seine-Maritime. https://www.fondationresistance.org/
Mémoire des Hommes Permet de consulter les dossiers des unités FFI ayant opéré dans le secteur de Oissel et de Rouen. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Sources consultées : Maitron Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Fondation de la Résistance, Gallica BnF, Site historique de la SNCF. Date de vérification : 26 avril 2026.