Destruction des chaudières de l’usine Wattelez à Le Palais‑sur‑Vienne (9 mai 1943)
Le 9 mai 1943, à la demande des services alliés, un commando dirigé par Georges Guingouin, surnommé « Raoul » ou le « préfet du maquis », attaque l’usine Wattelez à Le Palais‑sur‑Vienne, spécialisée dans la régénération du caoutchouc utilisé par l’industrie de guerre allemande.
Une équipe de six résistants, incluant un ouvrier de l’usine, pénètre la nuit sur le site après avoir coupé les lignes téléphoniques, place des bombes à retardement dans les foyers des deux chaudières, puis repart sans encombre
À l’aube, les explosions détruisent les chaudières tandis que les résistants prennent la fuite : Guingouin, au volant, échappe aux forces de Vichy malgré une embuscade où un gendarme est tué.
Conséquences
- Arrêt de la production de caoutchouc régénéré pendant environ cinq mois, porte gravement atteinte au ravitaillement allemand.
- Symboliquement, montre la capacité du maquis limousin à organiser des opérations ciblées et professionnelles.
- poursuite d’autres sabotages locaux en 1943 (locomotive, lignes électriques…).
Lieux de mémoire
- Stèle commémorative à Le Palais‑sur‑Vienne, rappelant ce sabotage (photo 1).
- Cimetière de Saint‑Gilles‑les‑Forêts : sépulture de Guingouin et de son épouse Henriette, parfois fleuries par des visiteurs (photo 2).
- Rues et équipements : avenue, rond-point, pont et collège à Eymoutiers, rue à Feytiat, collège Georges‑Guingouin à Eymoutiers (depuis 1998).
- Mont Gargan : stèle du maquis et lieu annuel de commémoration, en Haute‑Vienne, en hommage à l’engagement de Guingouin.
Références bibliographiques
- Une légende du Maquis : Georges Guingouin, du mythe à l’histoire, par Fabrice Grenard, éditions Vendémiaire, coll. Chroniques, 2018 (rééd. augmentée, 608 p.). Replace l’homme dans le contexte de sa région, déconstruit les mythes & présente les grandes actions dont le sabotage de la chaudière du Palais.
- Georges Guingouin, chemin de résistances, par Jean-Jacques Fouché, Francis Juchereau et Gérard Monédiaire, éditions Lucien Souny / Cercle Gramsci Limoges. Biographie militante mettant en valeur les combats locaux, le rôle de Guingouin dans le maquis limousin – notamment le sabotage du 9 mai – et son parcours après-guerre.
Références internet
- Ordre de la Libération Fiche biographique officielle de GeorgesGuingouin, Compagnon de la Libération. Le site retrace son parcours de résistant, son rôle de chef du maquis limousin, et évoque l’action du 9 mai 1943 dans le cadre plus large de ses sabotages industriels contre l’effort de guerre allemand. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/georges-guingouin
- Chemins de Mémoire – Ministère des Armées
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/georges-guingouin-un-grand-commis-de-la-resistance Article biographique sur Georges Guingouin. Il met en lumière ses actions résistantes dans la région de Limoges, notamment le sabotage de l’usine de caoutchouc régénéré à Le Palais-sur-Vienne, et son importance stratégique. Également un regard sur sa reconnaissance tardive et ses tensions avec le Parti communiste. - Wikipedia – Maquis du Limousin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_du_Limousin Article décrivant l’organisation, les opérations et les chefs du maquis limousin, avec plusieurs références au rôle de Georges Guingouin et à l’action du 9 mai 1943, présentée comme un exemple de sabotage industriel de haute précision. - France 3 Nouvelle-Aquitaine – Patrimoine
https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/georges-guingouin-maquisard-et-maire-de-limoges-encore-conteste-1804458.html Article retraçant la mémoire de Georges Guingouin en Haute-Vienne. Reviens sur son image controversée, ses faits d’armes dont l’action à Le Palais, et la difficulté de lui rendre pleinement hommage dans les décennies suivant la guerre. - L’Histoire – Revue historique
https://www.lhistoire.fr/georges-guingouin-lhomme-du-maquis Article d’analyse par l’historien Fabrice Grenard. Il évoque en détail les méthodes de Guingouin, ses sabotages ciblés (dont celui de l’usine Wattelez), et les résultats concrets sur les infrastructures industrielles allemandes en 1943.