Antoine Louis Philippe Ghislain DELFOSSE, né le 25 juin 1895 à Opprebais (Brabant, Belgique), mort en 1980 à Liège (Belgique), belge.
Antoine Delfosse effectue ses études secondaires au collège Notre-Dame de la Paix à Namur, puis étudie à l’Université de Liège. Il obtient un doctorat en droit en 1920 ainsi qu’une formation supérieure en philosophie et lettres, dans le domaine de la philologie classique. Inscrit au barreau de Liège à partir de 1920, il exerce comme avocat auprès de la cour d’appel.
Sa carrière politique se développe dans les milieux catholiques et démocrates-chrétiens. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il exerce des responsabilités ministérielles, notamment dans les domaines des Communications et des Transports. En mai 1940, il est le seul ministre belge à demeurer en Belgique occupée.
Engagement dans la Résistance
Delfosse s’oriente vers la Résistance au cours de l’année 1940. La tradition interne de l’Armée de la Libération situe dès la fin de cette année la constitution du mouvement à son initiative. L’historiographie du CegeSoma nuance toutefois cette chronologie : un milieu résistant existe bien autour de Delfosse à la charnière de 1940-1941, mais l’organisation proprement dite ne paraît véritablement structurée qu’à la fin du printemps 1941.
Cette distinction est historiographiquement importante : Delfosse peut être considéré comme l’un des initiateurs du noyau qui donne naissance à l’Armée de la Libération, sans nécessairement faire remonter à 1940 l’existence d’une organisation militaire déjà complètement constituée.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Antoine Delfosse est directement associé à la fondation de l’Armée de la Libération (A.L.), mouvement implanté principalement dans la province de Liège et fortement marqué, à ses débuts, par les réseaux démocrates-chrétiens. Autour de lui figurent notamment Joseph Fafchamps, René Wéra, Pierre Clerdent, Jules Malherbe et, un peu plus tard, Léon Servais.
Les archives de Pierre Clerdent confirment l’existence de ce premier cercle et son rôle dans la constitution du comité dirigeant du mouvement.
Missions et actions
Le rôle essentiel de Delfosse est celui d’un initiateur politique et organisationnel. Il mobilise autour de lui des relations issues de la démocratie chrétienne liégeoise et contribue à la constitution de ce qui devient l’un des mouvements importants de la Résistance armée en Belgique francophone. L’A.L. recrute notamment parmi d’anciens militaires, des policiers, des gendarmes et des militants des organisations chrétiennes.
Le mouvement développe également une activité de presse clandestine autour de La Vérité, feuille clandestine apparue dès octobre 1940 et qui contribue à la structuration progressive de l’organisation.
Delfosse quitte finalement la Belgique clandestinement en 1942 pour rejoindre Londres. Il y retrouve le gouvernement belge en exil et reçoit notamment les portefeuilles de la Justice, de l’Information nationale et de la Propagande.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune déportation de Delfosse n’est attestée par les sources consultées. Son parcours est marqué en revanche par son départ clandestin de Belgique occupée en 1942 afin de gagner Londres et le gouvernement belge en exil.
Camarades de combat
Le premier noyau de l’Armée de la Libération comprend notamment Pierre Clerdent, René Wéra, Joseph Fafchamps, Jules Malherbe et Léon Servais.
Pierre Clerdent occupe une place particulièrement importante : ancien secrétaire de Delfosse au ministère des Postes et Communications, il devient progressivement l’un des principaux dirigeants de l’A.L. et prend la direction du mouvement après le départ et la disparition de plusieurs de ses premiers responsables.
Retour à la vie civile
Delfosse poursuit après la guerre sa carrière politique. Son parcours dépasse donc largement celui d’un résistant clandestin : il appartient à la fois à l’histoire politique belge, à celle du gouvernement Pierlot et à celle de la Résistance démocrate-chrétienne liégeoise.
Décorations
Les recherches effectuées pour la présente notice n’ont pas permis d’établir avec une précision suffisante une liste exhaustive de ses décorations accompagnée des dates de décrets ou des actes officiels correspondants. Elles ne sont donc pas reproduites ici afin de respecter l’interdiction d’attribuer une distinction sans vérification documentaire suffisante.
Lieux de mémoire
La mémoire de Delfosse est principalement liée à Liège et à l’histoire de l’Armée de la Libération. Les sources consultées n’ont toutefois pas permis d’identifier avec suffisamment de certitude un lieu de mémoire nominatif répondant aux critères du présent protocole.
Références bibliographiques
Encyclopédie du Mouvement wallon, Institut Jules Destrée, Charleroi, 2000, t. I. La notice consacrée à Antoine Delfosse, due à Philippe Delforge et Micheline Libon, fournit notamment des éléments d’état civil, de formation et de carrière politique.
Libération. Nos libertés retrouvées. La mémoire, sous la direction notamment de Francis Balace, Liège, 1994. Cet ouvrage constitue une référence importante pour replacer l’Armée de la Libération dans l’histoire de la Résistance en province de Liège ; il est également utilisé dans la synthèse institutionnelle du CegeSoma.
Références internet
Belgium WWII – CegeSoma/Archives de l’État, « Delfosse Antoine ». Notice consacrée à son parcours politique, à son engagement dans la Résistance et à son départ pour Londres en 1942. Notice Antoine Delfosse
Belgium WWII – CegeSoma/Archives de l’État, « Armée de la Libération ». Synthèse historique permettant de replacer Delfosse dans la constitution de l’organisation et de nuancer la chronologie traditionnelle de sa fondation. Armée de la Libération
Archives de l’État en Belgique – AGATHA, inventaire des archives de Pierre Clerdent. Cette source confirme la constitution du premier cercle dirigeant autour de Delfosse, Wéra, Clerdent, Malherbe, Fafchamps et Servais. Archives de Pierre Clerdent
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote individuelle d’homologation française SHD GR 16 P n’a été identifiée lors des présentes recherches. Le parcours de Delfosse relevant principalement de la Résistance belge, les fonds belges constituent ici les sources institutionnelles les plus pertinentes.
Observations
La principale difficulté historiographique concerne la date exacte de constitution de l’Armée de la Libération. La mémoire du mouvement situe sa fondation à la fin de 1940 autour de Delfosse ; le CegeSoma considère qu’il faut distinguer ce premier noyau résistant de l’organisation réellement structurée, qui prend forme à la fin du printemps 1941.
Indice de fiabilité Niveau A — L’identité, la carrière politique et l’engagement résistant de Delfosse sont établis par plusieurs sources concordantes, dont le CegeSoma et les Archives de l’État en Belgique. La chronologie de la formation de l’A.L. comporte une nuance historiographique clairement identifiée plutôt qu’une contradiction sur son rôle personnel.
Chronologie
| Date | Événement |
| 25 juin 1895 | Naissance à Opprebais |
| 1920 | Doctorat en droit et inscription au barreau de Liège |
| 1939 | Responsabilités ministérielles dans le gouvernement Pierlot |
| 1940 | Demeure en Belgique après l’invasion ; premiers engagements résistants |
| fin 1940-1941 | Formation du noyau à l’origine de l’Armée de la Libération |
| 1942 | Départ clandestin pour Londres |
| 1942-1944 | Exerce des responsabilités ministérielles au sein du gouvernement belge en exil |
| 1980 | Décès à Liège |
Sources consultées
Belgium WWII – CegeSoma/Archives de l’État. La notice « Delfosse Antoine » a fourni les principaux renseignements relatifs à sa situation politique en 1940, son engagement résistant et son départ pour Londres. Belgium WWII — Delfosse Antoine
Belgium WWII – CegeSoma/Archives de l’État. La synthèse « Armée de la Libération » a permis d’établir le rôle de Delfosse dans le premier noyau de l’A.L., d’identifier plusieurs de ses compagnons et de préciser la chronologie de la structuration du mouvement. Belgium WWII — Armée de la Libération
Archives de l’État en Belgique – AGATHA. L’inventaire des archives de Pierre Clerdent confirme la participation de Delfosse, Clerdent, Wéra, Malherbe, Fafchamps et Servais au premier comité dirigeant de l’Armée de la Libération. AGATHA — Archives Pierre Clerdent