Louise de Landsheere, née le 15 octobre 1908 à Bruxelles (Belgique), morte le 18 août 1989 à Anderlecht (Belgique).
Issue d’une famille bruxelloise, Louise de Landsheere suit un cursus solide à l’École supérieure de jeunes filles, puis des études de commerce à Louvain. Cette formation nourrit une aisance rédactionnelle et organisationnelle qui marquera son rôle clandestin.
Dès 1940, elle s’engage contre l’occupant. Introduite auprès de William Ugeux, elle entre dans l’orbite du service de renseignement belge Zéro et participe à l’aide aux aviateurs alliés, à la fabrication de faux papiers et à la diffusion de la Libre Belgique clandestine.
Elle est l’une des chevilles ouvrières du Service de renseignement “Zéro” (USRA). Plusieurs sources rappellent le noyau fondateur autour de Fernand Kerkhofs et William Ugeux, et citent explicitement de Landsheere parmi les cadres.
Sous les pseudonymes « Martine » puis « Françoise », indicatif 015, elle coordonne la logistique, les liaisons et les appuis de La Libre Belgique clandestine (« Peter Pan »), assure des transports de documents et d’armes, réceptionne des agents parachutés et organise des évacuations vers l’Angleterre.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêtée le 5 mai 1942 alors qu’elle se rend chez l’imprimeur de La Libre Belgique à Molenbeek, interrogée avenue Louise puis incarcérée à Saint-Gilles, elle est jugée à Bruxelles et condamnée à sept ans de travaux forcés (procès dit de « l’Affaire de la Libre Belgique », à compter du 25 novembre 1942).
Déportée en Allemagne, elle passe par les prisons-camps d’Anrath, Jauer (Jawor) et Aichach, où elle participe à des actes de refus et de sabotage, notamment le refus de travailler pour l’industrie d’armement.
Elle survit aux évacuations et est libérée fin avril 1945.
Camarades de combat
Ses itinéraires se croisent avec ceux de Fernand Kerkhofs et William Ugeux au sein de Zéro, ainsi qu’avec les équipes de la Libre Belgique clandestine ; plusieurs témoignages et travaux belges rappellent ces proximités de direction et de coordination.
Retour à la vie civile
Libérée le 29 avril 1945, elle obtient le statut officiel de résistante et d’invalide de guerre, puis mène une carrière de journaliste et de rédactrice parlementaire (La Cité Nouvelle, Vers l’Avenir, La Métropole ; au Sénat dès 1950).
Elle préside l’amicale de La Libre Belgique clandestine et s’implique durablement dans les associations d’anciens résistants.
Décorations
Les bases françaises consultées (Ordre de la Libération, Mémoire des Hommes, Base Léonore) ne signalent aucune décoration française à son nom. Les sources belges indiquent qu’elle a reçu « diverses distinctions » et la reconnaissance officielle (statuts de résistante et d’invalide de guerre), sans détail nominatif vérifiable en ligne. Conclusion prudente : pas de décoration française confirmée ; distinctions belges mentionnées sans précision (non vérifiables nominativement dans les bases ouvertes). cegesoma.be+3Musée de l’Ordre de la Libération+3Mémoires des Hommes+3
Lieux de mémoire
Sa trajectoire est rappelée dans des dossiers et inventaires belges (Cegesoma/Belgium WWII), dans les publications en ligne liées aux parcours de détenues d’Anrath/Jauer et dans les ressources de La Libre Belgique clandestine ; pas d’odonymie identifiée à son nom dans les bases publiques consultées.
Références bibliographiques
- Les mémoires de Louise de Landsheere – De la Résistance à la « marche de la mort », Louise de Landsheere, J.-M. Collet, 1989. Récit écrit dès 1946 et publié en 1989 : arrestation, procès, années de prisons allemandes (Anrath, Jauer, Aichach), gestes de refus et de solidarité, puis libération. L’ouvrage éclaire de l’intérieur la condition des détenues politiques et les stratégies de survie.
- La maison de verre. Agents et réseaux de renseignements en Belgique occupée (1940-1944), [thèse], Univ. catholique de Louvain, 2006.
Étude de référence sur les SRA belges, leurs méthodes, structures et vulnérabilités. Elle situe le réseau Zéro dans l’écosystème belge et éclaire l’articulation avec les journaux clandestins et les filières d’évasion. - Les espions du réseau Zéro, Lannoo, [extrait de présentation].
Panorama synthétique du réseau Zéro (genèse en 1940 autour de Kerkhofs), profils et opérations, utile pour replacer les parcours individuels dans la dynamique du service.
Références internet
- Belgium WWII / CegeSoma – “De Landsheere, Louise” — Notice biographique détaillée (engagement, arrestation, condamnation, lieux de détention, libération ; reconnaissance et carrière d’après-guerre).
URL : https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnes/de-landsheere-louise.html - Musée de la Résistance en ligne — Dossier thématique (pdf) sur Anrath/Jauer citant le passage de Louise de Landsheere et les conditions de détention/sabotage. https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_bibliographique/12872.pdf Musée de la Résistance en Ligne
- Freebelgians — Article de synthèse sur l’« Affaire de la Libre Belgique » et la condamnation de novembre 1942.
URL : https://www.freebelgians.be/articles/print.php?id=82 - Archives de l’État / CEGESOMA – Inventaire “Archives Louise de Landsheere” — Inventaire du fonds (réf. PD 49 / AA 667) utile pour des recherches archivistiques. URL : https://agatha.arch.be/data/ead/BE-A0547_718478_804094/annexes/547_FICINV_AA667.pdf
Homonymies / précautions
Attention à la proximité patronymique de Lantsheere / de Landsheere (odonymes bruxellois « Léon de Lantsheere » sans rapport biographique avec Louise).