William UGEUX, né le 22 février 1909 à Bruxelles (Belgique), mort le 13 octobre 1997 à Bruxelles (Belgique)
Avocat inscrit au barreau de Bruxelles au début des années 1930, William Ugeux s’oriente rapidement vers le journalisme.
Engagement dans la Résistance / France libre
Adjoint et « doublure » de Fernand Kerkhofs au service Zéro, Ugeux aide ce dernier à gagner l’Angleterre en octobre 1941 grâce à des contacts franco-belges à Roubaix, puis devient le deuxième chef de Zéro.
Il prend, peu après, la direction de l’un des principaux journaux clandestins du pays, La Libre Belgique (fin 1941–1942).
En mars 1943, il rejoint Londres.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Service de renseignement Zéro (Belgique) ; La Libre Belgique clandestine ; Sûreté de l’État à Londres (direction « Renseignements et Action » à partir du printemps 1943). Ces attributions sont confirmées par Belgium WWII et par la documentation d’archives (EHRI/Archives de l’État).
Missions et actions
Responsable du renseignement de Zéro à l’automne 1941–juin 1942, il anime la collecte, le tri et la transmission des informations stratégiques au profit de Londres, réorganise La Libre Belgique après des vagues d’arrestations, et met en place depuis la zone sud puis Paris un Poste central des courriers (PCC) confié à Mathieu de Jonge pour assurer les liaisons, l’exfiltration d’agents et le transit des rapports vers le monde libre.
À Londres, à partir de mai 1943, il devient directeur général chargé des relations avec les Services de renseignements et d’action au sein de la Sûreté de l’État.
Arrestation / évasion / déportation
Non arrêté ; passe en France puis gagne l’Espagne et Londres en mars 1943 pour prendre des fonctions de direction.
Camarades de combat
Fernand Kerkhofs (fondateur de Zéro),
Fernand Lepage (administrateur de la Sûreté de l’État à Londres),
Mathieu de Jonge (responsable PCC),
ainsi que, dans le contexte de Zéro et de La Libre Belgique, Henri Hénin et Robert Logelain. Ces noms reviennent dans les dossiers Belgium WWII et dans les synthèses du CegeSoma.
Retour à la vie civile
Après-guerre, il dirige le quotidien La Cité (1950-1955), prend la tête d’Inforcongo puis fonde et dirige l’INBEL, tout en menant une carrière d’enseignant à l’Université catholique de Louvain jusqu’en 1979. Il publie plusieurs ouvrages de référence sur la Résistance.
Décorations
Aucune décoration française nominative retrouvée dans les bases officielles consultées (Léonore, Ordre de la Libération, Mémoire des Hommes).
L’anoblissement en Belgique au titre de comte est mentionné par Wikipédia ; cette information n’a pas été confirmée dans une base officielle en ligne au cours de cette vérification.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif identifié dans les bases consultées.
Références bibliographiques
- William Ugeux. Un témoin du siècle, Bernard Balteau, Racine, 1997. Biographie fouillée s’appuyant sur archives et témoignages, couvrant l’itinéraire du résistant, ses responsabilités à Zéro puis à Londres, et sa trajectoire d’intellectuel-fonctionnaire après 1945.
- La guerre secrète des espions belges, 1940-1944, Emmanuel Debruyne, Lannoo, 2008. Ouvrage de référence sur les services de renseignement belges (Zéro, Clarence, etc.) et leur coordination avec Londres ; met en perspective le rôle d’Ugeux dans la direction du renseignement.
- Histoires de résistants, William Ugeux, Duculot, 1979. Recueil de portraits et d’épisodes qui éclaire la culture de réseau, les méthodes de clandestinité et l’éthique de lutte portées par l’auteur-acteur de la Résistance.
- Le “Groupe G” (1942-1944). Deux héros de la Résistance : Jean Burgers et Robert Leclercq, William Ugeux, Elsevier Séquoia, 1978. Étude monographique solide d’un réseau emblématique, utile pour saisir les pratiques de sabotage et l’articulation renseignement-action dans la Belgique occupée.
Références internet
- Belgium WWII (CegeSoma) – « Ugeux William ». Notice scientifique (F. Maerten) présentant la carrière avant, pendant et après-guerre, et précisant les responsabilités à Zéro, La Libre Belgique et la Sûreté de l’État à Londres. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnes/ugeux-william.html
- Belgian War Press (CegeSoma) – « La Libre Belgique ». Dossier détaillant la reprise de la direction du clandestin par Ugeux fin 1941, le contexte Zéro et les arrestations concomitantes. https://warpress.cegesoma.be/en/node/8946
- Archives de l’État / CegeSoma – « Archives William Ugeux… ». Fiche d’autorité et point d’accès vers les fonds (BE-A0547_2785_AA884) relatifs à la direction « Renseignements et Action » à Londres. https://data.arch.be/wiki/Item%3AQ47817
- EHRI Portal – Institutions et fonds belges (Sûreté, CegeSoma). Portails décrivant les ensembles archivistiques pertinents pour les services de renseignement et la période londonienne. https://portal.ehri-project.eu/institutions/be-002112 et https://portal.ehri-project.eu/institutions/be-002130
- BiblioWall (Wallonie) – Autorité « Ugeux William (1909-1997) ». Fiche d’autorité donnant les bornes biographiques et les identifiants (BnF, ISNI, VIAF). http://bibliotheques.wallonie.be/index.php?id=5997&lvl=author_see
- Wikipédia – « William Ugeux ». Donne les dates exactes (22 février 1909 – 13 octobre 1997) et synthétise les principales fonctions ; à utiliser en appoint croisé avec les bases mémorielles. https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Ugeux
NOTA ; Les sources bibliographiques et d’autorité le décrivent comme avocat-journaliste avant-guerre, ancrage professionnel qui éclairera ensuite son rôle dans la presse clandestine. Les dates 1909-1997 sont confirmées par les bases d’autorité et la notice Belgium WWII. Les dates exactes de naissance et de décès sont communément données comme 22 février 1909 et 13 octobre 1997 (information recoupée avec Wikipédia et BiblioWall/BnF).