Mathieu DE JONGE, né le 30 décembre 1911 à Koekelberg (Bruxelles), mort le 17 juillet 1944 à Hartheim (Autriche, complexe de Mauthausen)
Avocat au barreau de Bruxelles, Mathieu De Jonge suit des études gréco-latines à l’Institut Saint-Pierre de Jette, puis des études universitaires qui le conduisent au doctorat en droit. Il entre dans un cabinet d’avocats bruxellois et exerce dans l’orbite du palais de justice de Bruxelles, milieu où se rencontrent juristes, fonctionnaires et figures du patriotisme légaliste qui, dès 1940, servent souvent de relais aux premières formes de résistance.
Engagement dans la Résistance
Son engagement est attesté dès l’automne 1940. Les sources consultées situent ses premiers pas clandestins dans des actions ponctuelles de sabotage et une volonté affirmée de s’opposer à l’occupant, avant une implication croissante qui l’amène à la presse clandestine et au renseignement.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il appartient au service de renseignements Zéro et participe à la structuration et à l’animation de la presse clandestine, en particulier autour de La Libre Belgique clandestine dite « Peter Pan », à laquelle il est lié en tant que responsable dans la période 1942-1943.
Missions et actions
Les bases consultées décrivent un profil de cadre opérationnel combinant renseignement et presse clandestine.
Pour Zéro, il mène des missions de surveillance de suspects, et recueille des informations militaires et économiques.
En parallèle, il intervient dans l’organisation de la presse clandestine, au cœur d’un dispositif qui repose sur la rédaction, l’impression, la diffusion et la sécurisation de filières de transport et de courrier.
Son rôle de direction dans la phase 1942-1943 apparaît comme l’un des points d’articulation entre réseau de renseignement et organe clandestin, ce qui explique l’intensité de la répression dont il est l’objet à partir de 1943.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté en mai 1943. Son parcours carcéral et concentrationnaire se termine dans l’univers de Mauthausen : il meurt le 17 juillet 1944 au centre d’extermination de Hartheim, site rattaché au complexe concentrationnaire.
Camarades de combat
Les sources consultées l’inscrivent dans un cercle où reviennent notamment le nom de William Ugeux (direction antérieure), ainsi que ceux d’autres responsables ou relais de La Libre Belgique « Peter Pan » et de Zéro.
Décorations
Aucune décoration assortie d’un décret nominatif et d’une date vérifiable n’a été retrouvée dans les bases françaises obligatoires consultées (Ordre de la Libération, Base Léonore, Légifrance) pour ce résistant belge, ce qui ne permet pas une mention conforme aux règles de la fiche.
Lieux de mémoire
Un monument commémoratif dédié à Mathieu De Jonge est signalé à Borgoumont (commune de La Gleize, région de Spa), attestant d’une mémoire locale directement associée à son engagement et à la mise à l’abri de sa famille dans ce secteur.
Références bibliographiques
Les espions Zéro dans l’ombre du pouvoir (1940-1944), Yaëlle Van Crombrugge, Éditions Racine, 2013. L’ouvrage replace le service de renseignements Zéro dans l’appareil clandestin belge et décrit ses modes d’action, ses liaisons et ses risques. Il éclaire les relations entre renseignement, presse clandestine et autorités belges, et fournit un cadre utile pour comprendre les fonctions de direction attribuées à De Jonge.
Guide de la presse clandestine de Belgique, Étienne Josse, Dirk Martin, Yannick Hostie, Jacques Wynants, CREHSGM, 1991. Guide de repérage des titres clandestins, des équipes et des réseaux de diffusion. Il permet d’orienter la recherche vers les numéros conservés, les notices d’organisations et les filiations entre titres (dont La Libre Belgique clandestine).
Références internet
Belgium WWII (CegeSoma/Archives de l’État) – « De Jonge Mathieu »
Notice biographique détaillée présentant la formation, l’entrée en résistance, les missions de renseignement et l’engagement dans la presse clandestine, ainsi que les grandes étapes menant à l’arrestation et à la mort.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnes/de-jonge-mathieu.html
Mémorial de Mauthausen – « Mathieu De Jonge » Notice mémorielle centrée sur la déportation et la mort à Hartheim, utile pour préciser le lieu de décès au sein du complexe concentrationnaire. Elle met aussi en évidence des divergences internes de datation.
https://www.mauthausen-memorial.org/en/Research/Room-of-Names/Victims/Mathieu-DE-JONGE
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non. Aucune cote de dossier d’homologation SHD n’a été identifiée dans les sources consultées en ligne pour ce résistant belge.
Observations
La date et le lieu de décès sont cohérents entre plusieurs sources sur le principe « mort en 1944 dans l’univers de Mauthausen », mais la précision « Hartheim » est explicitement donnée par le Mémorial de Mauthausen, tandis que d’autres sources mentionnent Mauthausen sans détailler le site exact. Une divergence de date de naissance apparaît dans une notice mémorielle (30 ou 31 décembre 1911) ; la notice Belgium WWII indique le 30 décembre 1911, retenu ici comme forme principale, en signalant la divergence.
Sources consultées le 11 février 2026
- Maitron Résistance : absence confirmée après consultation (aucune notice trouvée sous « Mathieu De Jonge »).
- Fondation de la Résistance : absence confirmée après consultation (profil non identifié).
- Musée de la Résistance en ligne : absence confirmée après consultation (profil non identifié).
- Mémoire des Hommes : absence confirmée après consultation (base française centrée sur personnels français, profil non identifié).
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne : absence confirmée après consultation (profil non identifié).
- Ordre de la Libération (Compagnons / Médaille de la Résistance) : absence confirmée après consultation (nom non trouvé).
- Base Léonore (Légion d’honneur) : absence confirmée après consultation (nom non trouvé).
- Légifrance : absence confirmée après consultation d’un éventuel décret nominatif (nom non trouvé).
- Belgium WWII (CegeSoma/Archives de l’État) : source principale pour la biographie et le cadrage des activités.
- Resistance in Belgium (data.arch.be – Archives de l’État) : consultation d’items contextuels liés à l’organisation « Peter Pan ».
- Mémorial de Mauthausen : source principale pour la précision « Hartheim » et la confirmation du décès en juillet 1944.
- Gallica BnF : consultation non contributive pour une notice biographique nominative (pas d’apport direct retenu).