Albert François Michel Joseph ZOCHETTO, alias « Robin », né probablement le 16 octobre 1906 à Céret (Pyrénées-Orientales), mort le 25 juin 1962 à Céret (Pyrénées-Orientales), français.
Albert François Michel Joseph Zochetto naquit à Céret, dans les Pyrénées-Orientales, en 1906. La date exacte fait l’objet d’une divergence documentaire : le dossier administratif de résistant conservé au Service historique de la Défense indique le 16 octobre 1906, tandis que le Maitron et la Mémoire Vive de la Résistance retiennent le 11 novembre 1906. La date du 16 octobre est privilégiée ici en raison du caractère institutionnel de l’inventaire du Service historique de la Défense, sous réserve de la consultation de l’acte de naissance et du dossier complet.
Il exerçait la profession de coiffeur à Céret. Sa formation scolaire, son apprentissage professionnel, son éventuel service militaire et sa situation familiale n’ont pas été précisés dans les sources consultées. Son activité commerciale l’insérait toutefois dans la vie sociale d’une petite ville frontalière fortement marquée par les mobilisations ouvrières, paysannes, antifascistes et catalanes de l’entre-deux-guerres.
Albert Zochetto était militant communiste avant la Seconde Guerre mondiale. Il appartenait ainsi au milieu politique cérétan qui soutint la République espagnole pendant la guerre civile et qui fournit, après 1939, une partie des cadres de la clandestinité communiste et de la Résistance locale. Sa participation personnelle à une organisation précise d’aide à l’Espagne républicaine n’est cependant pas individualisée dans les sources nominatives accessibles.
Engagement dans la Résistance
Après l’interdiction du Parti communiste français en septembre 1939, Albert Zochetto poursuivit son engagement dans la clandestinité. Il adopta le pseudonyme « Robin », attesté par le Maitron et par la notice MVR.
À Céret, les militants communistes clandestins participèrent à la diffusion de publications, au maintien des liaisons militantes, au recrutement et à la constitution du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Les sources disponibles ne permettent pas de déterminer la date exacte de l’entrée de Zochetto dans la Résistance ni de lui attribuer personnellement une action clandestine précise avant 1944.
Son engagement résistant est néanmoins confirmé par son dossier administratif homologué, conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 16 P 607781. L’inventaire public atteste l’existence du dossier et son homologation, sans permettre de déterminer, à lui seul, si celle-ci fut prononcée au titre des Forces françaises de l’intérieur, de la Résistance intérieure française ou d’une autre catégorie.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Albert Zochetto appartint au Parti communiste français clandestin et fut associé aux formations armées de la Résistance dans le Vallespir. En juin 1944, il rejoignit le maquis connu sous les appellations « maquis 44 », « maquis AS 44 » ou « maquis du Vallespir ».
Cette formation unitaire réunissait des membres de l’Armée secrète, des militants communistes, des Francs-tireurs et partisans français et des guérilleros républicains espagnols. Pierre Bardagué en était le principal responsable français. Albert Zochetto est cité parmi les seize membres de l’Armée secrète et des Francs-tireurs et partisans maintenus au maquis après le rassemblement massif et insuffisamment armé du début de juin 1944.
Une vingtaine de guérilleros espagnols du troisième secteur, commandés par Rafael Gandia, dit « Martin », complétaient le groupe. Cette coopération franco-espagnole donna au maquis une expérience militaire et une connaissance du terrain particulièrement importantes.
Missions et actions
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, plusieurs dizaines de volontaires de Céret gagnèrent un cortal situé au-dessus de Reynès après la réception des messages annonçant l’imminence du débarquement allié. Le manque d’armes, de vivres et de moyens d’encadrement obligea les responsables à renvoyer la majorité des hommes. Albert Zochetto demeura dans le noyau permanent, aux côtés notamment de Pierre Bardagué, Pierre Mau, Jean Guisset, André Matheu et André Malart.
À la mi-juin 1944, le maquis quitta le secteur de Reynès et se déplaça vers les flancs du massif du Canigou. Il cantonna dans les régions de Saint-Marsal et de Prunet-et-Belpuig, notamment dans des exploitations isolées servant de refuges et de points de ravitaillement. Albert Zochetto participa à cette vie clandestine, mais les sources accessibles ne précisent pas sa fonction interne, son armement ni les missions individuelles qui lui furent confiées.
Le maquis maintint des liaisons avec les groupes locaux, les corps francs, le maquis Henri-Barbusse et les guérilleros espagnols. Ses membres surveillaient les mouvements allemands, protégeaient les communications clandestines, recherchaient des armes et préparaient la prise de contrôle du Vallespir au moment du repli ennemi.
À la fin de juillet et au début d’août 1944, le massif du Canigou fut le théâtre d’importantes opérations allemandes contre les maquis, notamment autour de Batère, de la Pinosa et de Valmanya. La présence de Zochetto dans le maquis AS 44 est établie, mais son itinéraire individuel pendant ces combats ne peut être reconstitué avec certitude.
Le 18 août 1944, le maquis entra à Oms et fut rejoint par des corps francs venus de plusieurs communes. Le lendemain, les résistants prirent position sur les routes du Vallespir et participèrent à la libération de Céret. Un combat opposa notamment un groupe commandé par André Malart à une colonne allemande au Pont-du-Vilar. Albert Zochetto appartenait à la formation engagée dans ces opérations, sans qu’une action personnelle distincte puisse lui être attribuée.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, incarcération, évasion ou déportation d’Albert Zochetto n’a été retrouvée dans les sources consultées.
Il semble avoir poursuivi son activité clandestine jusqu’à la Libération. Son engagement dans le maquis l’exposa néanmoins aux opérations de ratissage allemandes, aux dénonciations et aux risques inhérents aux déplacements armés dans le massif du Canigou.
Camarades de combat
Pierre Bardagué fut le principal responsable du maquis AS 44. Il commandait le noyau permanent auquel appartenait Albert Zochetto.
Pierre Mau, membre de l’Armée secrète, participa à la préparation et aux opérations du maquis. Les notices mémorielles le citent parmi les résistants ayant travaillé avec Albert Zochetto dans la région de Céret, du Vallespir et du Canigou.
Jean Guisset et Ferréol André Matheu étaient des militants communistes cérétans et des membres du même noyau permanent. André Malart participa aux opérations armées et commanda le groupe engagé au Pont-du-Vilar.
Rafael Gandia, dit « Martin », dirigeait les guérilleros espagnols du troisième secteur associés au maquis. Leur expérience issue de la guerre d’Espagne renforça les capacités militaires du groupe français.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Albert Zochetto reprit vraisemblablement son activité de coiffeur à Céret. Les sources consultées ne permettent toutefois pas de documenter précisément son parcours professionnel, politique, syndical ou associatif après 1944.
Son dossier administratif de résistant fut homologué, ce qui établit la reconnaissance officielle de son engagement. Les dates de dépôt, d’instruction et de décision ne sont pas accessibles dans l’inventaire public.
Albert Zochetto mourut le 25 juin 1962 à Céret, à l’âge de cinquante-cinq ans selon la date de naissance retenue par le Service historique de la Défense. La cause de son décès n’a pas été retrouvée.
Décorations
Aucune décoration nominativement attribuée à Albert Zochetto n’a été retrouvée dans les bases institutionnelles accessibles lors des présentes recherches.
L’existence d’un dossier administratif homologué au Service historique de la Défense confirme la reconnaissance de son engagement résistant, mais ne permet pas d’en déduire l’attribution d’une décoration particulière.
Aucune Médaille de la Résistance française, Croix de guerre, Légion d’honneur ou distinction étrangère ne doit donc lui être attribuée sans consultation d’un décret, d’une citation ou de son dossier individuel.
Lieux de mémoire
Céret constitue le principal lieu de mémoire d’Albert Zochetto. Il y naquit, y exerça la profession de coiffeur, y développa son engagement politique et résistant et y mourut.
Les hauteurs de Reynès, les secteurs de Saint-Marsal et de Prunet-et-Belpuig, le massif du Canigou, Batère et Oms sont associés aux déplacements et aux cantonnements du maquis AS 44.
Les routes de Saint-Jean-Pla-de-Corts et du Pont-du-Vilar rappellent les opérations qui précédèrent la libération de Céret en août 1944.
Son dossier administratif, coté GR 16 P 607781, est conservé au Service historique de la Défense à Vincennes et constitue le principal lieu archivistique de mémoire de son parcours.
Aucune voie, plaque ou institution portant spécifiquement le nom d’Albert Zochetto n’a été retrouvée. Aucune photographie individuelle authentifiée n’a été identifiée dans les bases officielles consultées.
Références bibliographiques
Le Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, notice « Zochetto Albert, François, Michel, Joseph, Robin ». Cette notice constitue la principale source biographique nominative. Elle établit ses prénoms, sa profession de coiffeur, son militantisme communiste, son pseudonyme et son engagement résistant.
Georges Sentis, Les communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales, 1983. Cet ouvrage replace Albert Zochetto dans l’histoire de la clandestinité communiste, de la Résistance cérétane, du Front national et des maquis du Vallespir.
Pierre Mau et Georges Sentis, Pierre Bardagué et la Résistance en Vallespir, 1987. Cette étude locale documente la création et les opérations du maquis AS 44, dont Albert Zochetto fut l’un des membres permanents.
François Marcot, Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, dir., Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, 2006. Cet ouvrage général permet de replacer les appartenances croisées à l’Armée secrète, aux Francs-tireurs et partisans français, au Front national et aux Forces françaises de l’intérieur dans leur contexte national.
Références internet
Mémoire Vive de la Résistance. La notice individuelle « ZOCHETTO Albert, alias Robin » fournit sa profession, son pseudonyme, son militantisme communiste, son appartenance au maquis AS 44 et sa date de décès.
https://mvr.asso.fr/zochetto/
Le Maitron. La notice « ZOCCHETTO Albert, François, Michel, Joseph, Robin » établit son identité complète, sa profession de coiffeur à Céret, son engagement communiste et son activité résistante.
https://maitron.fr/zochetto-albert-francois-michel-joseph-robin-pseudonyme-de-clandestinite/
Service historique de la Défense — Musée de la Résistance en ligne. L’inventaire de la sous-série GR 16 P identifie un dossier administratif homologué au nom d’Albert Zochetto, né le 16 octobre 1906 à Céret, sous la cote GR 16 P 607781.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_Z.pdf
Parti communiste français — rubrique Mémoire. Le récit consacré au maquis AS 44 cite Albert Zochetto parmi les seize résistants français demeurés au maquis après le rassemblement de juin 1944 et précise la coopération avec les guérilleros espagnols de Rafael Gandia.
https://23.pcf.fr/sujets/52?page=75
Mémoire Vive de la Résistance. Les notices consacrées à Pierre Bardagué, Jean Guisset et Pierre Mau permettent de replacer Albert Zochetto dans le même ensemble d’action autour de Céret, du Vallespir et du Canigou.
https://mvr.asso.fr/bardague/
https://mvr.asso.fr/guisset/
https://mvr.asso.fr/mau-2/
Dossier d’homologation consulté
Le Service historique de la Défense conserve un dossier administratif de résistant au nom d’Albert Zochetto, né le 16 octobre 1906 à Céret, sous la cote GR 16 P 607781. L’inventaire indique que le dossier a donné lieu à une homologation.
La notice d’inventaire a été consultée, mais le dossier lui-même n’était pas accessible en ligne. Il n’est donc pas possible de préciser la catégorie exacte d’homologation, les unités reconnues, les dates de service, le grade éventuellement homologué ou les pièces produites par l’intéressé.
Une vigilance particulière est nécessaire en raison de l’existence, dans le même inventaire, de dossiers au nom de Michel Zochetto, né en 1919 à Céret, et de Rémy Zochetto, né en 1903 dans la même commune.
Observations
Le patronyme est écrit « Zochetto » dans le dossier du Service historique de la Défense et dans la notice MVR, mais « Zocchetto », avec deux « c », dans le titre de la notice du Maitron. La forme « Zochetto », correspondant à l’inventaire institutionnel et à l’objet de recherche, est retenue.
Une divergence majeure concerne la date de naissance. Le Service historique de la Défense indique le 16 octobre 1906, tandis que le Maitron et la MVR donnent le 11 novembre 1906. La date du 16 octobre est retenue provisoirement en raison du caractère officiel du dossier, mais seul l’acte d’état civil ou la consultation intégrale du dossier permettrait de trancher définitivement.
Albert Zochetto ne doit pas être confondu avec Michel Zochetto, né le 11 novembre 1919 à Céret, ni avec Rémy Zochetto, né le 1er octobre 1903 dans la même commune. Ces deux homonymes disposent eux aussi de dossiers dans la sous-série GR 16 P.
Le pseudonyme « Robin » est confirmé par les deux principales notices biographiques. Aucun autre pseudonyme n’a été retrouvé.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B —L’identité générale, la profession, le pseudonyme, le militantisme communiste, l’engagement résistant et la présence d’Albert Zochetto dans le maquis AS 44 sont établis par une notice du Maitron, une notice individuelle MVR, plusieurs sources concordantes sur le maquis et un dossier administratif homologué du Service historique de la Défense. La divergence non résolue sur sa date de naissance, l’absence de consultation du dossier complet et le manque d’informations sur ses missions individuelles et son après-guerre empêchent de classer la notice au niveau A.
Chronologie
| Date | Événement |
| 16 octobre ou 11 novembre 1906 | Naissance à Céret ; divergence entre le Service historique de la Défense et les sources biographiques. |
| Avant 1939 | Activité de coiffeur et engagement au Parti communiste français. |
| Après septembre 1939 | Poursuite probable de l’activité communiste dans la clandestinité. |
| Avant juin 1944 | Engagement dans la Résistance cérétane sous le pseudonyme « Robin ». |
| Nuit du 5 au 6 juin 1944 | Rassemblement au-dessus de Reynès ; maintien parmi les seize membres permanents du maquis AS 44. |
| Mi-juin 1944 | Déplacement du maquis vers Saint-Marsal et Prunet-et-Belpuig. |
| Juin-août 1944 | Activité dans le massif du Canigou avec les résistants français et les guérilleros espagnols. |
| Fin juillet-début août 1944 | Opérations allemandes contre les maquis de Batère, de la Pinosa et de Valmanya. |
| 18 août 1944 | Entrée du maquis AS 44 à Oms. |
| 19 août 1944 | Participation de sa formation aux opérations de libération de Céret et du Vallespir. |
| Après 1944 | Homologation administrative de son engagement résistant ; date exacte non retrouvée. |
| 25 juin 1962 | Mort à Céret. |
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, notice individuelle « ZOCHETTO Albert, alias Robin ». Cette page a fourni la profession de coiffeur, le pseudonyme, le militantisme communiste, l’appartenance au maquis AS 44, la date de décès et la date de naissance secondairement retenue par la MVR.
https://mvr.asso.fr/zochetto/
Le Maitron, notice « ZOCCHETTO Albert, François, Michel, Joseph, Robin ». Cette source a établi les prénoms complets, la profession, l’engagement communiste, l’activité résistante et la variante orthographique du patronyme.
https://maitron.fr/zochetto-albert-francois-michel-joseph-robin-pseudonyme-de-clandestinite/
Service historique de la Défense, inventaire de la sous-série GR 16 P, lettre Z. Cette source institutionnelle a identifié le dossier administratif homologué GR 16 P 607781 au nom d’Albert Zochetto, né le 16 octobre 1906 à Céret, et a permis de distinguer Michel et Rémy Zochetto.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_Z.pdf
Parti communiste français, rubrique Mémoire, récit consacré au maquis AS 44. Cette page a cité Albert Zochetto parmi les seize membres français demeurés au maquis et a précisé la coopération avec les guérilleros espagnols commandés par Rafael Gandia.
https://23.pcf.fr/sujets/52?page=75
Mémoire Vive de la Résistance, notices « BARDAGUÉ », « GUISSET » et « MAU ». Ces sources ont permis de recouper la présence d’Albert Zochetto dans le même ensemble résistant autour de Céret et du Vallespir.
https://mvr.asso.fr/bardague/
https://mvr.asso.fr/guisset/
https://mvr.asso.fr/mau-2/