Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE est né le 6 janvier 1900 à Paris, Il meurt le 12 juin 1969 à Paris, dans une famille aristocratique d’origine bretonne et limousine. Fils de l’écrivain et académicien Emmanuel d’Astier, il étudie au lycée Louis-le-Grand avant d’intégrer l’École navale. Officier de marine, il démissionne en 1928 pour se consacrer à la littérature et au journalisme, publiant plusieurs essais et articles politiques avant la guerre.
Dès l’été 1940, choqué par la défaite et refusant l’occupation, Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE crée un petit groupe d’action directe nommé La Dernière Colonne, constitué d’intellectuels et de militants communistes et socialistes. Sa motivation principale réside dans son idéal républicain et son rejet total du nazisme et de la collaboration.
Il fonde rapidement le mouvement Libération-Sud, l’un des plus importants réseaux de résistance en zone sud, et devient le rédacteur en chef du journal clandestin Libération, organe majeur de la presse résistante.
Ses missions consistaient à :
- Organiser le mouvement Libération-Sud à partir de décembre 1940.
- Rédiger et diffuser le journal Libération, outil central de propagande résistante.
- Coordonner les groupes locaux pour le renseignement, la propagande et l’action directe.
- Entretenir des relations avec Londres et la France libre pour la fourniture d’armes et de fonds.
Son action permit de fédérer de nombreux groupes épars et de créer l’un des trois grands mouvements unifiés dans le cadre des MUR (Mouvements Unis de Résistance).
Arrestation / évasion
Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE ne fut pas arrêté. Menacé d’arrestation fin 1942, il rejoignit Londres où il représenta la Résistance intérieure auprès du général de Gaulle et participa à la formation du CFLN (Comité Français de Libération Nationale).
Ses camarades directs furent :
- Jean Cavaillès, philosophe et résistant, cofondateur de Libération-Sud
- Lucie Aubrac, responsable de la propagande et de l’action directe
- Raymond Aubrac, ingénieur et organisateur logistique du mouvement
Retour à la vie civile
Après la guerre, Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE devint ministre de l’Intérieur du gouvernement provisoire (1944-1945), puis poursuivit sa carrière politique comme député, tout en restant écrivain et éditorialiste engagé.
Décorations
Il reçut :
- Compagnon de la Libération par décret du 24 Mars 1943
- Croix de guerre 1939-1945
- Chevalier de la Légion d’Honneur
Rues ou lieux de mémoire
- Une rue Emmanuel d’Astier de la Vigerie existe à Paris (13e arrondissement).
- Son nom figure sur le Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien.
- Plusieurs écoles et collèges portent son nom en France.
Références bibliographiques
- Emmanuel d’Astier de la Vigerie, par Jean Lacouture, Éditions Seuil, Paris, 1991.
Cet ouvrage retrace l’itinéraire d’Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE, de son engagement intellectuel et politique avant-guerre à son rôle majeur dans la Résistance et ses prises de position politiques d’après-guerre. - Les Mouvements de Résistance, par Henri Noguères, Éditions Robert Laffont, Paris, 1967.
Ce volume consacre un chapitre complet à Libération-Sud, détaillant la création du mouvement par Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE et son impact sur l’unification résistante.
Références internet
- Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/pages/recherche/?q=emmanuel+d%27astier
Fiche biographique détaillée retraçant son engagement intellectuel, ses responsabilités dans Libération-Sud et son rôle dans la coordination avec Londres. - Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media2872-Emmanuel-d-Astier-de-la-Vigerie
Présentation de sa vie, de ses missions de fondateur de Libération-Sud, et de son action après la guerre comme ministre et député.