Philibert Marius COUZON, né le 25 juillet 1925 à Saint-Chamond (Loire), mort le 26 octobre 2025 à Saint-Chamond (Loire)
Philibert Couzon naît à Saint-Chamond en 1925 et y grandit. Les éléments disponibles dans les sources consultées insistent surtout sur son enracinement local et sur une entrée très jeune dans la clandestinité, sans livrer de détails scolaires ou professionnels suffisamment étayés pour reconstituer une formation au sens strict. Sa nationalité est française.
Engagement dans la Résistance
Il s’engage à 17 ans, en décembre 1942, au sein de l’Armée secrète. Les sources soulignent une progression dans les tâches clandestines, allant de la diffusion de tracts et de la fabrication de faux papiers à une implication dans des actions visant les infrastructures industrielles du bassin de Saint-Chamond.
Appartenance à un réseau ou mouvement
L’appartenance explicitement documentée est celle de l’Armée secrète, telle qu’indiquée dans la communication municipale. Les bases muséales consultées permettent en outre d’identifier l’existence d’un dossier administratif de résistants au SHD (sous-série GR 16 P), confirmant un ancrage dans les dispositifs d’homologation.
Missions et actions
Les sources locales décrivent un contexte d’actions clandestines autour de Saint-Chamond, marqué par des sabotages à finalité stratégique et protectrice pour la ville.
Une action est particulièrement mise en avant : le sabotage du laminoir des Aciéries de Saint-Chamond, présenté comme destiné à empêcher un bombardement allié de l’outil industriel, et à préserver la cité.
Le récit municipal insiste sur la préparation nocturne, l’acheminement des charges par une partie du groupe, et la protection armée par d’autres membres.
Une plaque commémorative est signalée rue Pétin-Gaudet en mémoire des six saboteurs cités par la Ville.
Arrestation / évasion / déportation
Philibert Couzon est arrêté le 10 mai 1944 par la Milice et la Gestapo. Il est interné à Compiègne, puis déporté. Les sources consultées mentionnent son passage par le camp de Neuengamme, par Sachsenhausen, ainsi que par le commando de Lichterfelde. Il survit, endure la « marche de la mort », et est libéré en 1945, avant de rentrer.
Camarades de combat
La source municipale cite, pour l’épisode du sabotage à Saint-Chamond, six résistants nommément identifiés comme « les six saboteurs » : Julien Chomienne, Jacques Aulagnier, Christian Prunier, Louis Bertrix, Étienne Rully et Maurice Badoux. Ces noms sont repris ici uniquement pour ce fait précis, car ils sont explicitement donnés et contextualisés.
Retour à la vie civile
Après la libération et le retour, Philibert Couzon poursuit une vie ancrée à Saint-Chamond et s’inscrit durablement dans la transmission mémorielle. Les sources municipales le décrivent, à un âge très avancé, comme présent aux commémorations et vivant en établissement (EHPAD de la Renaudière) tout en continuant à témoigner.
Décorations
Légion d’honneur par décret du 8 février 1986, puis promu officier par décret du 15 avril 2016.
Lieux de mémoire
Une plaque commémorative est signalée rue Pétin-Gaudet à Saint-Chamond, en mémoire de l’action de sabotage du laminoir des Aciéries (telle que présentée par la Ville).
Références bibliographiques
La Résistance expliquée à mes petits-enfants, Lucie Aubrac, Éditions du Seuil, 2000. Le livre donne au lecteur des repères concrets sur les gestes clandestins (tracts, faux papiers, réseaux), la peur, la solidarité et les dilemmes du quotidien sous l’Occupation. Il constitue une porte d’entrée accessible pour comprendre ce que signifie « s’engager » très jeune, comme ce fut le cas de Philibert Couzon. Il aide aussi à lire les actions locales (sabotages, protections, transmissions) dans une culture résistante plus large.
Histoire de la Résistance. 1940-1945, Olivier Wieviorka, Perrin, 2013.
Cette synthèse met en perspective l’Armée secrète, les logiques de structuration, les tensions entre organisations et la montée en puissance de l’action armée. Elle offre des clés pour comprendre l’inscription d’un parcours ligérien dans des dynamiques nationales, ainsi que la répression et la déportation des résistants. C’est un outil solide pour contextualiser l’arrestation de 1944 et l’itinéraire concentrationnaire.
La France de Vichy (1940-1944), Robert O. Paxton, Éditions du Seuil, 1973.
L’ouvrage éclaire le cadre institutionnel et administratif dans lequel s’exercent arrestations, internements et coopération avec l’occupant. Il aide à situer le rôle des autorités françaises et des forces de répression (dont la Milice) dans la chaîne qui mène des arrestations locales aux lieux d’internement comme Compiègne. Utile pour relier un récit individuel aux mécanismes d’État qui l’ont rendu possible.
Références internet
Ville de Saint-Chamond La page municipale retrace des jalons biographiques datés, l’entrée dans l’Armée secrète, l’arrestation du 10 mai 1944, l’internement à Compiègne, les camps cités et la libération. Elle fournit aussi un récit localisé du sabotage du laminoir et les noms des six saboteurs, ainsi que la mention d’une plaque commémorative.
https://saint-chamond.fr/ma-ville/philibert-couzon-resistant-deporte-survivant-le-poids-de-la-memoire/
Légifrance Le Journal officiel accessible via Légifrance permet de confirmer officiellement la promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur (décret du 15 avril 2016) et rappelle la date de nomination comme chevalier (8 février 1986). Source déterminante car nominative et datée.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000032409061
Musée de la Résistance en ligne – Inventaire des dossiers SHD (GR 16 P)
Le fichier PDF publié par le Musée de la Résistance en ligne sert d’instrument de repérage : il mentionne Philibert Couzon (avec date et lieu de naissance) et la cote de dossier GR 16 P 149439, indiquant l’existence d’un dossier administratif de résistants conservé au SHD.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD
Dossier repéré (inventaire GR 16 P) à la cote GR 16 P 149439 ; le contenu du dossier n’a pas été consulté dans le cadre de cette recherche en ligne.
Observations orthographiques sur le nom du résistant, sur les divergences et sur les vérifications L’orthographe retenue est « Philibert Couzon », conforme aux sources municipales et aux sources administratives (décrets et inventaires). Le second prénom « Marius » apparaît dans le décret de promotion de 2016 et dans l’inventaire GR 16 P ; il a été conservé uniquement lorsqu’il éclaire l’identification sans ambiguïté. La date de décès présente une divergence mineure selon les sources : l’avis de décès (reprenant la parution dans Le Progrès) indique le 26 octobre 2025 ; une source de presse locale évoque le 25 octobre 2025. La fiche retient le 26 octobre 2025, tout en signalant la divergence.
Sources consultées le 13 février 2026
- Maitron Résistance : absence confirmée après consultation par recherches ciblées (aucune notice pertinente retrouvée pour Philibert Couzon ; le site principal a, par ailleurs, posé des difficultés d’accès sur d’autres notices lors de la session).
- Fondation de la Résistance : absence confirmée après consultation par recherches ciblées.
- Musée de la Résistance en ligne : inventaires SHD (GR 16 P) consultés ; cote de dossier repérée.
- Mémoire des Hommes : absence confirmée après consultation par recherches ciblées (aucun résultat probant sur les bases accessibles).
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne : absence confirmée après consultation par recherches ciblées.
- Ordre de la Libération : absence confirmée après consultation par recherches ciblées (pas de notice Compagnon/Médaille de la Résistance retrouvée).
- Base Léonore – Légion d’honneur : absence confirmée (période et décorations principalement postérieures au périmètre usuel de la base).
- Gallica BnF : consultation par recherche ciblée, sans document nominatif retenu pour cette fiche.
- Légifrance : décret nominatif consulté confirmant chevalier (8 février 1986) et promotion officier (15 avril 2016).
- Sites d’associations mémorielles / réseaux : avis de décès consulté pour l’état civil de fin de vie (source non officielle, utilisée en complément).
- Site de la Ville de Saint-Chamond : page biographique consultée, utilisée pour la chronologie résistante, l’épisode du sabotage et les noms cités.