La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

COLLET

Philibert COLLET, né le 12 décembre 1896 à Sidi-Bel-Abbès (Algérie française), mort le 15 avril 1945 à Toulouse (Haute-Garonne), Français, officier d’infanterie, commandant des escadrons tcherkesses du Levant, général de division, résistant de la France libre, commandant d’un groupement de cavalerie pendant la campagne de Syrie, délégué de la France libre à Damas, commandant de la 17e région militaire, Compagnon de la Libération par décret du 31 mars 1944.

Jeunesse et environnement familial

Philibert Collet naît le 12 décembre 1896 à Sidi-Bel-Abbès, en Algérie française.

Il appartient à une famille modeste.

Le recueil biographique du ministère des Armées consacré aux combattants d’Afrique identifie son père comme Joseph COLLET et sa mère comme Dolores HURTADO, dont le patronyme apparaît également sous une forme orthographique voisine dans certaines transcriptions.

L’acte de naissance original permettrait de confirmer définitivement cette dernière orthographe.

Philibert Collet grandit dans un environnement profondément marqué par la présence de l’armée française en Algérie.

Sidi-Bel-Abbès est notamment une ville de garnison importante.

L’implantation de la Légion étrangère y contribue à la place particulière occupée par l’institution militaire dans la vie locale.

Les sources institutionnelles consultées ne permettent pas de reconstituer précisément sa scolarité.

Son origine sociale et son engagement précoce dans l’armée sont cependant établis.

Juin 1914 — Engagement dans l’infanterie

Philibert Collet choisit très jeune la carrière militaire.

À la fin du mois de juin 1914, il s’engage dans l’infanterie française.

Cet engagement intervient quelques semaines avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Il n’a pas encore dix-huit ans.

L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914, ouvre alors une crise diplomatique qui conduit à la guerre européenne.

Philibert Collet appartient ainsi à la génération de jeunes militaires dont la carrière commence au moment de la mobilisation générale.

Son engagement volontaire constitue la première étape d’une carrière militaire qui se prolongera pendant plus de trente années.

1914-1918 — Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, Philibert Collet sert dans l’infanterie.

Il participe aux opérations de l’armée française.

Son comportement lui vaut quatre citations.

Ces citations témoignent de la reconnaissance de ses services pendant le conflit.

Elles sont confirmées par la notice officielle de l’Ordre de la Libération.

Les régiments successifs dans lesquels il a servi, les dates exactes de ses blessures éventuelles et le texte des quatre citations ne sont pas détaillés dans les sources biographiques institutionnelles consultées.

Ces éléments relèvent de son état signalétique et de ses services militaires.

À la fin de la guerre, Philibert Collet possède une expérience du combat qui jouera un rôle important dans ses affectations ultérieures.

1920 — Affectation au Levant

Après la Première Guerre mondiale, Philibert Collet poursuit sa carrière militaire.

Il est affecté au Levant.

La France y exerce alors des responsabilités militaires et administratives dans le contexte du démantèlement de l’Empire ottoman.

Le mandat français sur la Syrie et le Liban sera organisé dans les années qui suivent la guerre.

Cette présence provoque des oppositions armées.

L’armée française participe à des opérations destinées à établir et maintenir son autorité.

C’est dans ce contexte colonial que Philibert Collet commence une longue période de service au Moyen-Orient.

Il acquiert progressivement une connaissance approfondie de la géographie, des populations et des organisations militaires locales.

Cette expérience sera déterminante lors de son ralliement à la France libre en 1941.

Juin 1920 — La route d’Homs

En juin 1920, Philibert Collet commande un groupe franc.

Il participe à une opération destinée à ouvrir la route d’Homs.

L’Ordre de la Libération souligne son rôle dans cette action.

Les groupes francs constituent alors des unités mobiles employées dans des missions de reconnaissance, de combat et de sécurisation des communications.

La mission confiée à Collet exige une grande mobilité.

Elle nécessite également une connaissance des conditions locales.

Cet épisode marque le début d’une réputation d’officier énergique et audacieux.

Il contribue à son orientation vers le commandement de formations auxiliaires recrutées au Levant.

Les opérations dans le territoire des Alaouites

Au cours des années suivantes, Philibert Collet participe aux opérations françaises dans le territoire des Alaouites.

Ces opérations s’inscrivent dans le maintien de la domination mandataire française et rencontrent des résistances locales.

La carrière de Collet doit donc être replacée dans le contexte de l’histoire coloniale française au Levant.

Il ne s’agit pas d’opérations de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elles appartiennent à une période antérieure, caractérisée par les conflits entre les autorités mandataires et les populations opposées à leur présence.

Les sources biographiques militaires soulignent les qualités de commandement de Collet pendant cette période.

Elles indiquent également qu’il exerce des responsabilités auprès de formations locales.

Chef des Ismaéliens

Philibert Collet exerce des fonctions de commandement auprès de combattants ismaéliens.

Ces formations sont composées d’hommes recrutés localement.

Son aptitude à établir des relations avec leurs responsables et à organiser leur emploi militaire contribue à sa réputation.

Les sources militaires indiquent qu’il reçoit le titre d’émir ismaélien.

Il s’agit d’une appellation honorifique liée à son commandement et à sa position parmi ces formations.

Elle ne doit pas être confondue avec une fonction souveraine ou un titre nobiliaire français.

Cette expérience précède son commandement des cavaliers tcherkesses.

Les Tcherkesses du Levant

Les Tcherkesses, également appelés Circassiens, sont originaires du Caucase du Nord.

Une partie importante de cette population a été contrainte à l’exil au XIXe siècle, notamment après la conquête russe du Caucase.

Des communautés circassiennes se sont installées dans différentes régions de l’Empire ottoman.

Au XXe siècle, plusieurs d’entre elles vivent dans les territoires correspondant à la Syrie et à la Jordanie actuelles.

Les autorités françaises du Levant recrutent des cavaliers parmi ces populations.

Ces formations sont particulièrement appréciées pour leurs qualités équestres et leur mobilité.

Philibert Collet prend progressivement une place centrale dans leur organisation.

Il développe avec ses hommes des relations qui dépassent le cadre strictement administratif.

Cette proximité explique en partie leur décision collective de le suivre lorsqu’il rallie la France libre en mai 1941.

Commandement du 1er escadron tcherkesse

Philibert Collet reçoit le commandement du 1er escadron de Tcherkesses.

Il participe à l’organisation et à l’entraînement de cette formation.

Les missions confiées aux cavaliers comprennent la reconnaissance, la surveillance, la sécurisation des itinéraires et la participation aux opérations militaires.

La mobilité de la cavalerie est particulièrement utile dans les territoires du Levant.

Les escadrons doivent intervenir dans des régions parfois difficiles d’accès.

Leur efficacité dépend de la connaissance du terrain et des relations entretenues avec les populations locales.

Collet acquiert ainsi une expérience particulière du commandement de formations auxiliaires.

Septembre 1925 — La prise de Soueida

En septembre 1925, Philibert Collet participe à une opération importante pendant la révolte druze.

Il commande le 1er escadron tcherkesse au sein de la colonne Gamelin.

Cette colonne participe à la reprise de Soueida, capitale du Djebel Druze.

L’opération se déroule dans le cadre de la répression militaire de l’insurrection contre l’autorité mandataire française.

Elle constitue une étape importante de sa carrière.

La notice de l’Ordre de la Libération souligne sa participation à la reprise de la ville.

Cet épisode contribue à établir sa réputation d’officier de cavalerie expérimenté.

Il faut cependant distinguer le jugement porté par les sources militaires contemporaines sur les opérations de pacification de leur contextualisation historique actuelle.

La révolte druze appartient à l’histoire des luttes contre la domination coloniale au Levant.

1926 — Promotion au grade de capitaine

En 1926, Philibert Collet est promu capitaine.

Il a trente ans au cours de cette année.

Cette promotion reconnaît l’expérience acquise pendant la Première Guerre mondiale et les campagnes du Levant.

Il poursuit le commandement des formations tcherkesses.

Son nom devient progressivement étroitement associé à ces cavaliers.

Il bénéficie d’une autorité personnelle importante auprès d’eux.

Les sources historiques indiquent qu’il reçoit le titre d’émir tcherkesse.

Cette appellation contribue à la notoriété du personnage.

Elle illustre la place singulière qu’il occupe parmi les officiers français du Levant.

Une connaissance approfondie de la Syrie

Pendant les années 1920 et 1930, Philibert Collet passe une grande partie de sa carrière au Moyen-Orient.

Il apprend les particularités géographiques et sociales des territoires où il sert.

Il maîtrise également des éléments des langues utilisées par les populations locales, notamment l’arabe syrien.

Cette connaissance du terrain constitue un avantage important.

Elle facilite les relations avec les responsables des formations tcherkesses.

Elle lui permet également d’apprécier les difficultés politiques et militaires rencontrées par les autorités françaises.

Son autorité repose à la fois sur son grade, son expérience du combat et ses relations personnelles avec ses hommes.

Ces caractéristiques expliquent son rôle particulier pendant la crise de mai 1941.

Janvier 1938 — Le 1er régiment de tirailleurs marocains

En janvier 1938, Philibert Collet quitte temporairement le groupement tcherkesse.

Il reçoit le commandement du 4e bataillon du 1er régiment de tirailleurs marocains, ou 1er RTM.

Cette unité est alors stationnée dans la région d’Antioche et d’Alexandrette.

Le territoire présente une importance stratégique et diplomatique particulière.

Les relations entre la France, la Syrie et la Turquie y sont marquées par de fortes tensions.

Cette affectation permet à Collet d’exercer un commandement dans une unité régulière de l’armée française.

Il conserve néanmoins des relations étroites avec les formations tcherkesses.

Septembre 1939 — La Seconde Guerre mondiale

Lorsque la Seconde Guerre mondiale commence, Philibert Collet est un officier expérimenté.

Il a participé à la Première Guerre mondiale et à de nombreuses opérations au Levant.

Il possède une connaissance approfondie des formations de cavalerie locales.

L’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne ne provoque pas immédiatement de modification fondamentale de ses responsabilités au Moyen-Orient.

La situation change cependant après la défaite française de juin 1940.

L’armistice et la création du gouvernement de Vichy placent les forces françaises du Levant dans une situation politique particulièrement difficile.

Juin 1940 — Le Levant sous l’autorité de Vichy

Après l’armistice du 22 juin 1940, les forces françaises stationnées en Syrie et au Liban demeurent sous l’autorité du gouvernement de Vichy.

Le général de Gaulle entreprend parallèlement d’organiser la France libre.

Les territoires français d’Afrique et du Moyen-Orient constituent un enjeu stratégique essentiel.

Ils peuvent fournir des bases militaires, des troupes et des moyens de communication.

Au Levant, la situation demeure complexe.

Une grande partie du commandement militaire reste fidèle aux autorités de Vichy.

Certains officiers souhaitent cependant poursuivre la guerre aux côtés des Britanniques.

Philibert Collet appartient progressivement à cette seconde catégorie.

Son ralliement n’est pas immédiat.

Il se prépare au cours de plusieurs mois de réflexion et de contacts clandestins.

Octobre 1940 — Retour aux escadrons tcherkesses

En octobre 1940, Philibert Collet se trouve à Damas.

Il reprend des responsabilités importantes à la tête des formations tcherkesses.

Il organise un groupe de partisans comprenant quatorze escadrons.

Cette formation reçoit pour mission de surveiller la frontière entre la Syrie, la Transjordanie et la Palestine.

Les territoires situés au-delà de cette frontière sont alors sous contrôle britannique.

La position occupée par les hommes de Collet présente donc une importance particulière.

Elle les place au contact d’une zone où se trouvent les forces alliées.

Elle offre également des possibilités de liaison avec les représentants de la France libre.

Les premiers contacts avec le général Catroux

Le général Georges CATROUX exerce d’importantes responsabilités auprès du général de Gaulle.

Il représente la France libre au Moyen-Orient.

Son objectif est de rallier les forces françaises du Levant à la poursuite de la guerre contre les puissances de l’Axe.

Philibert Collet entre en relation avec lui.

Les contacts passent notamment par des émissaires envoyés dans la région frontalière.

Collet accepte de les recevoir.

Cette décision représente un risque important.

Les autorités de Vichy considèrent les représentants de la France libre comme des dissidents.

Le fait d’entretenir des relations avec eux peut entraîner des sanctions militaires et judiciaires.

Malgré ces dangers, Collet poursuit les contacts.

Son attitude témoigne d’une opposition progressivement affirmée à la politique du gouvernement de Vichy.

Avril-mai 1941 — La crise irakienne

Au printemps 1941, une insurrection antibritannique se développe en Irak.

Les autorités allemandes cherchent à exploiter cette situation.

Des avions allemands sont envoyés vers le Moyen-Orient pour soutenir les forces opposées aux Britanniques.

La question de l’utilisation des bases aériennes françaises du Levant devient particulièrement sensible.

Le gouvernement de Vichy accepte des facilités de passage et de soutien aux appareils allemands.

Cette politique provoque de fortes réactions parmi certains officiers français.

Philibert Collet refuse de participer à ce rapprochement avec les forces de l’Axe.

Il considère que l’aide apportée aux Allemands est incompatible avec la poursuite de la lutte contre l’ennemi qui a occupé la France.

Mai 1941 — Protestation auprès du général Dentz

Le général Henri DENTZ exerce les fonctions de haut-commissaire de l’État français au Levant.

Il commande également les forces françaises demeurées sous l’autorité de Vichy.

Philibert Collet proteste auprès de lui contre les facilités accordées aux avions allemands.

Son intervention n’obtient pas le résultat souhaité.

Les autorités françaises du Levant maintiennent leur politique.

Cette situation précipite la décision de Collet.

Il choisit de rompre avec Vichy et de rejoindre les Forces françaises libres.

Son choix présente une portée particulière.

Il ne s’agit pas seulement du ralliement d’un officier isolé.

Collet dispose d’une autorité importante sur plusieurs centaines de cavaliers.

Il peut donc entraîner avec lui une formation militaire constituée.

20 mai 1941 — Rencontre avec le général Catroux

Le 20 mai 1941, Philibert Collet franchit clandestinement la frontière syro-transjordanienne.

Il rencontre le général Catroux.

Cette rencontre permet de préparer son ralliement aux Forces françaises libres.

Elle intervient à un moment où les tensions entre la France libre, les Britanniques et les autorités de Vichy au Levant sont particulièrement fortes.

Les opérations militaires alliées contre les forces françaises du Levant ne commenceront que quelques semaines plus tard.

Le ralliement de Collet constitue donc un succès politique et militaire important pour la France libre.

21 mai 1941 — Ralliement à la France libre

Le 21 mai 1941, Philibert Collet rejoint les Forces françaises libres en Palestine.

Il entraîne avec lui une partie importante des hommes placés sous son commandement.

Selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération, le groupe comprend :

23 officiers, 30 sous-officiers et 400 Tcherkesses.

Ces chiffres sont également repris par la Fondation de la France libre.

Ils constituent le bilan institutionnel du ralliement.

D’autres publications historiques présentent des effectifs légèrement différents, notamment en distinguant les personnels français, les sous-officiers et les cavaliers tcherkesses.

La différence peut provenir des modalités de comptage ou de la date retenue.

Il convient donc de conserver les chiffres de l’Ordre de la Libération comme référence principale, sans considérer les autres décomptes comme nécessairement erronés.

Un ralliement collectif

Le départ de Philibert Collet possède une dimension exceptionnelle.

Il entraîne des hommes qui lui sont personnellement attachés.

Ces cavaliers connaissent son commandement depuis plusieurs années.

La décision de rejoindre la France libre comporte pour eux des risques considérables.

Ils quittent les forces officielles du Levant et passent dans le camp opposé.

Leur engagement apporte à la France libre une formation de cavalerie expérimentée.

Il constitue également un succès symbolique.

Le ralliement montre que l’autorité de Vichy au Levant n’est pas unanimement acceptée.

24 mai 1941 — Sanctions du gouvernement de Vichy

Le ralliement provoque une réaction immédiate des autorités de Vichy.

Le 24 mai 1941, Philibert Collet est radié de l’armée.

Il est également déchu de la nationalité française.

Ces sanctions témoignent de la gravité que le gouvernement de Vichy attribue à son engagement.

Elles cherchent à punir un officier ayant quitté son commandement pour rejoindre les forces du général de Gaulle.

La mesure de déchéance doit être replacée dans le cadre des décisions prises contre plusieurs personnalités de la France libre.

Elle ne remet pas en cause le caractère français de son engagement résistant.

Mai-juin 1941 — Constitution du groupement Collet

Après son ralliement, Philibert Collet participe à l’organisation des forces de la France libre au Moyen-Orient.

Ses cavaliers sont intégrés au dispositif militaire constitué en vue de la campagne de Syrie.

Collet reçoit le commandement d’un groupement de cavalerie.

Ses hommes apportent une capacité de reconnaissance et de mobilité importante.

Les cavaliers tcherkesses connaissent le terrain et les conditions locales.

Cette expérience constitue un avantage pour les opérations à venir.

Leur participation illustre également la diversité des origines des hommes engagés dans les Forces françaises libres.

8 juin 1941 — La campagne de Syrie

Le 8 juin 1941, les forces britanniques et les Forces françaises libres déclenchent leurs opérations contre les troupes de Vichy au Levant.

Philibert Collet participe à cette campagne à la tête du groupement de cavalerie de la division commandée par le général Paul LEGENTILHOMME.

Les opérations se déroulent dans des conditions particulièrement difficiles.

Des soldats français servent dans les deux camps.

Les forces de Vichy reçoivent l’ordre de s’opposer aux troupes alliées.

Cette confrontation entre Français constitue l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire militaire de la France libre.

Collet participe aux opérations à la tête de ses cavaliers.

Sa connaissance du territoire et des formations locales constitue un atout important.

Les missions confiées à son groupement comprennent notamment des reconnaissances et des opérations de cavalerie.

L’étude précise des mouvements de ses unités nécessite toutefois la consultation du journal de marche du groupement Collet.

Une copie d’extrait de ce document est conservée dans son dossier de Compagnon.

Juin 1941 — Le rôle des cavaliers tcherkesses

Les cavaliers tcherkesses engagés avec Philibert Collet participent à la campagne de Syrie dans des circonstances particulièrement complexes.

Ils doivent affronter les forces françaises restées fidèles à Vichy.

Leur connaissance du terrain contribue à leur efficacité.

Ils peuvent assurer des missions de reconnaissance et de liaison.

Leur mobilité facilite certaines opérations.

Cependant, les sources institutionnelles directement accessibles ne permettent pas d’établir un bilan nominatif des pertes et des actions de chaque escadron.

Il serait donc imprudent d’attribuer à Collet des opérations particulières dont le déroulement n’a pas été confirmé par les journaux de marche.

L’importance de son commandement est néanmoins clairement établie.

22 juin 1941 — Délégué de la France libre à Damas

Le 22 juin 1941, le général Catroux nomme Philibert Collet délégué de la France libre à Damas.

Cette fonction représente une nouvelle étape dans son parcours.

Il ne s’agit plus seulement de commander une formation de cavalerie.

Collet reçoit également une responsabilité politique et administrative.

Sa connaissance de la Syrie et ses relations avec les responsables locaux deviennent particulièrement utiles.

Il doit contribuer à la stabilisation de la situation dans une région où les rivalités politiques et militaires demeurent importantes.

Les relations entre les autorités britanniques et les représentants de la France libre sont également marquées par des tensions.

Les deux puissances ne partagent pas nécessairement les mêmes objectifs concernant l’avenir du Levant.

Collet participe à la recherche d’un équilibre entre ces intérêts.

La France libre et la question syrienne

La campagne de Syrie soulève des questions dépassant les seules opérations militaires.

La France libre doit établir son autorité dans un territoire jusque-là administré par Vichy.

Les Britanniques cherchent à préserver leurs propres intérêts stratégiques au Moyen-Orient.

Les responsables syriens souhaitent parallèlement obtenir la reconnaissance de l’indépendance de leur pays.

Philibert Collet évolue donc dans un environnement politique particulièrement complexe.

Son expérience du Levant lui permet de dialoguer avec différents interlocuteurs.

Il contribue ainsi à l’action diplomatique et administrative de la France libre.

Cette dimension de sa carrière est moins connue que son commandement des Tcherkesses.

Elle constitue pourtant un élément essentiel de son parcours pendant la Seconde Guerre mondiale.

1941 — Promotions militaires

Après son ralliement, Philibert Collet connaît une progression rapide dans la hiérarchie militaire.

Il est successivement promu lieutenant-colonel, colonel puis général de brigade.

La notice de l’Ordre de la Libération situe cette dernière promotion en juillet 1941.

Le recueil biographique du ministère des Armées et certaines sources secondaires mentionnent cependant août 1941.

La date exacte doit être déterminée à partir du décret ou de la décision officielle de nomination.

La succession des grades ne fait en revanche pas de doute.

Elle témoigne de l’importance accordée à ses responsabilités militaires et politiques.

27 septembre 1941 — Proclamation de l’indépendance syrienne

Les archives diplomatiques françaises conservent des photographies officielles prises lors de la proclamation de l’indépendance syrienne, le 27 septembre 1941.

Plusieurs clichés représentent le général Catroux, le cheikh Tageddine et Philibert Collet.

L’un des documents est décrit comme montrant les trois personnalités quittant la Résidence pour se rendre au Grand Sérail.

Ces photographies constituent des témoignages contemporains importants.

Elles confirment la place occupée par Collet dans l’entourage des autorités françaises libres au Levant.

Elles permettent également d’illustrer le passage de son activité militaire à des responsabilités politiques.

La portée de la proclamation de 1941 doit cependant être nuancée.

Elle ne met pas immédiatement fin à l’ensemble des rapports de domination et des contraintes liés au mandat français.

1942-1943 — Poursuite de la carrière dans la France libre

Après la campagne de Syrie, Philibert Collet demeure au service de la France libre.

Il conserve d’importantes responsabilités.

La documentation biographique institutionnelle accessible est cependant moins détaillée pour les années 1942 et 1943.

Il convient de ne pas reconstruire artificiellement ses affectations successives.

Les archives de son dossier individuel et son état des services permettraient de préciser cette période.

Sa carrière se poursuit néanmoins dans les forces françaises engagées contre l’Axe.

Août 1943 — Commandement de la région de Meknès

En août 1943, Philibert Collet est nommé au commandement de la région de Meknès, au Maroc, selon le recueil biographique du ministère des Armées.

Cette affectation intervient après le débarquement allié en Afrique du Nord et l’évolution politique ayant permis le rassemblement progressif des forces françaises.

Meknès constitue une importante place militaire.

La responsabilité confiée à Collet témoigne de la confiance que lui accordent les autorités françaises.

Il souhaite cependant retrouver un commandement opérationnel.

Sa santé ne lui permet plus de participer aux campagnes militaires dans les conditions qu’il souhaiterait.

La dégradation de son état de santé

Les sources institutionnelles indiquent que Philibert Collet souffre d’une maladie qui compromet progressivement ses capacités physiques.

Cette affection empêche un nouveau départ vers les unités combattantes.

Les biographies officielles ne permettent pas d’identifier avec certitude la nature de cette maladie.

Il serait donc injustifié de lui attribuer un diagnostic particulier.

La dégradation de son état de santé n’entraîne cependant pas l’arrêt de son activité.

Il poursuit ses responsabilités militaires et administratives.

Cette volonté de servir jusqu’à la fin de sa vie constitue l’un des aspects les plus remarquables de son parcours.

31 mars 1944 — Compagnon de la Libération

Philibert Collet est nommé Compagnon de la Libération par décret du 31 mars 1944.

La nomination intervient de son vivant.

Le décret est pris à Alger par le Comité français de la Libération nationale.

Il est signé par le général de Gaulle.

Le texte indique que la croix de la Libération est décernée au général Collet.

Le général Catroux apparaît également parmi les signataires en sa qualité de commissaire d’État chargé des affaires musulmanes.

Le décret est publié au Journal officiel du 22 juin 1944, page 490.

L’inventaire du dossier individuel de l’Ordre de la Libération conserve une ampliation datée du 3 avril 1944.

Ces informations permettent d’établir précisément la chronologie administrative de sa distinction.

La nomination de Philibert Collet récompense notamment son ralliement de mai 1941 et les services rendus à la France libre au Moyen-Orient.

La question de la remise de la croix

La notice officielle de l’Ordre de la Libération indique que le général de Gaulle décore Philibert Collet de la croix de la Libération à Alger en janvier 1944.

Cette indication appelle une réserve chronologique.

Le décret de nomination est daté du 31 mars 1944.

La date de janvier est donc antérieure à celle du décret.

Plusieurs explications sont envisageables, notamment une erreur de datation dans la notice biographique.

Toutefois, aucune hypothèse ne peut être retenue sans consultation des documents contemporains de la cérémonie.

Il convient donc de distinguer :

La nomination par décret du 31 mars 1944, confirmée.

La remise matérielle de la décoration, dont la date exacte reste à vérifier.

Cette divergence ne remet pas en cause l’attribution de la croix de la Libération.

15 octobre 1944 — Commandement de la 17e région militaire

Le 15 octobre 1944, Philibert Collet est nommé commandant de la 17e région militaire, dont le siège se trouve à Toulouse.

Cette nomination intervient après la libération d’une grande partie du territoire français.

La situation reste cependant difficile.

Les autorités françaises doivent rétablir l’administration et les structures de commandement.

Les Forces françaises de l’intérieur doivent être progressivement intégrées dans l’armée régulière.

Les tensions politiques et sociales de la Libération compliquent parfois cette transition.

Le commandement régional doit contribuer au retour à la légalité républicaine.

Philibert Collet reçoit donc une mission militaire et administrative particulièrement délicate.

Octobre 1944-avril 1945 — Rétablissement de l’autorité militaire

Pendant les derniers mois de sa vie, Philibert Collet exerce son commandement à Toulouse.

Il doit contribuer au rétablissement de l’ordre et au fonctionnement régulier des institutions militaires.

La région a connu les difficultés de l’Occupation, les combats de la Libération et les tensions de l’immédiat après-guerre.

Les autorités doivent assurer une transition entre les organisations combattantes issues de la clandestinité et les forces militaires régulières.

Collet apporte à cette mission son expérience du commandement et de l’administration.

Son action se déroule cependant dans des conditions physiques de plus en plus difficiles.

La maladie progresse.

Malgré son état de santé, il poursuit ses responsabilités.

Novembre-décembre 1944 — Général de division

À la fin de l’année 1944, Philibert Collet est promu général de division.

Certaines sources situent cette promotion au 25 novembre 1944.

L’Ordre de la Libération confirme son accession à ce grade, sans préciser le jour exact dans sa notice biographique.

Il est également élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.

Le recueil du ministère des Armées permet de reconstituer plusieurs étapes antérieures de sa progression dans cet ordre :

Chevalier par décret du 9 octobre 1918.

Officier par décret du 7 juin 1927.

Commandeur par décret du 15 juillet 1939.

La décision le portant à la dignité de grand officier intervient à la fin de 1944.

Le décret nominatif correspondant et sa publication au Journal officiel restent à vérifier directement.

15 avril 1945 — Décès à Toulouse

Philibert Collet meurt le 15 avril 1945 à Toulouse, quelques semaines avant la capitulation allemande.

Il est âgé de quarante-huit ans.

La notice officielle de l’Ordre de la Libération indique qu’il succombe à la maladie.

Le recueil du ministère des Armées retient également la date du 15 avril 1945.

Certaines publications secondaires mentionnent toutefois le 5 avril.

La convergence des sources institutionnelles conduit à retenir le 15 avril 1945.

Son décès intervient alors qu’il exerce toujours le commandement de la 17e région militaire.

Il est inhumé à Toulouse.

Sa disparition prive la France libre de l’un des officiers dont le ralliement avait joué un rôle particulièrement important au Moyen-Orient.

Situation familiale

Les informations conservées dans le recueil biographique du ministère des Armées permettent d’apporter plusieurs précisions.

Philibert Collet épouse Annie Esmeralda CLAMPERT le 4 juillet 1929.

Son épouse réside alors à Sydney, en Australie, selon les renseignements publiés.

Le couple a un fils, Ronald Chamyl COLLET, né le 21 décembre 1936 à Manchester, au Royaume-Uni.

Ces éléments documentent une dimension familiale internationale.

Les sources actuellement accessibles ne permettent cependant pas de reconstituer les circonstances de la rencontre des époux ni leur vie familiale pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les archives d’état civil et les documents conservés par la famille pourraient préciser ces points.

Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement

Armée française — Infanterie — Engagement volontaire à la fin de juin 1914 ; participation à la Première Guerre mondiale.

Forces françaises du Levant — Affectation à partir de 1920 ; opérations en Syrie.

Formations ismaéliennes — Responsabilités de commandement pendant les opérations du Levant.

1er escadron tcherkesse — Commandement pendant les années 1920, notamment lors de la prise de Soueida en septembre 1925.

1er régiment de tirailleurs marocains — 1er RTM — Commandement du 4e bataillon à partir de janvier 1938.

Groupement des escadrons tcherkesses — Commandement à Damas à partir d’octobre 1940.

Forces françaises libres — FFL — Ralliement collectif en Palestine le 21 mai 1941.

Groupement de cavalerie de la division Legentilhomme — Participation à la campagne de Syrie à partir du 8 juin 1941.

France libre au Levant — Délégué à Damas à partir du 22 juin 1941.

Région militaire de Meknès — Commandement à partir de 1943.

17e région militaire — Commandement à Toulouse du 15 octobre 1944 jusqu’à son décès.

Missions et actions

L’activité militaire de Philibert Collet s’étend sur trois périodes principales.

1914-1918 — Première Guerre mondiale. Il sert dans l’infanterie française et obtient quatre citations.

1920-1939 — Campagnes du Levant. Il exerce des commandements dans les formations françaises et auxiliaires de Syrie. Il participe notamment aux opérations dans les territoires alaouites et au Djebel Druze.

1940-1945 — France libre et Libération. Il refuse progressivement la politique de Vichy, entre en relation avec le général Catroux, entraîne plusieurs centaines de cavaliers tcherkesses dans la France libre et participe à la campagne de Syrie. Il exerce ensuite des responsabilités militaires et administratives au Levant, au Maroc et dans la région de Toulouse.

Son action la plus importante pour l’histoire de la France libre demeure le ralliement collectif du 21 mai 1941.

Ce ralliement apporte au général de Gaulle un groupement militaire constitué et expérimenté.

Il représente également une rupture politique majeure avec les autorités de Vichy au Moyen-Orient.

Camarades de combat et collaborateurs

Georges CATROUX — Général, Compagnon de la Libération, représentant de la France libre au Moyen-Orient ; interlocuteur principal de Philibert Collet lors de son ralliement en mai 1941.

Paul LEGENTILHOMME — Général, Compagnon de la Libération, commandant de la division française libre engagée pendant la campagne de Syrie en juin 1941.

François CARRÉ DE LUSANÇAY — Officier français, Compagnon de la Libération, rejoignant les Forces françaises libres en Palestine avec les formations tcherkesses de Collet.

Charles BRICOGNE — Officier français, Compagnon de la Libération, participant au ralliement des formations tcherkesses en mai 1941.

Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre, puis président du Comité français de la Libération nationale ; autorité ayant reconnu les services de Collet par l’attribution de la croix de la Libération.

Henri DENTZ — Général, haut-commissaire de Vichy au Levant ; supérieur hiérarchique auquel Philibert Collet adresse ses protestations en mai 1941 avant de rejoindre la France libre. Il ne doit pas être considéré comme un camarade de Résistance.

Arrestation, emprisonnement et déportation

Aucune arrestation par les autorités allemandes ou françaises de Vichy n’est mentionnée dans les sources institutionnelles consultées concernant Philibert Collet.

Son ralliement à la France libre entraîne cependant des sanctions administratives et politiques.

Le 24 mai 1941, les autorités de Vichy prononcent sa radiation de l’armée et sa déchéance de nationalité.

Aucune déportation le concernant n’a été établie.

Décorations

Décorations françaises

Grand officier de la Légion d’honneur — Dignité confirmée par l’Ordre de la Libération. Élévation à la fin de 1944. Source : Ordre de la Libération. Décret nominatif et publication au Journal officiel non directement vérifiés.

Commandeur de la Légion d’honneur — Décret du 15 juillet 1939. Source : recueil biographique du ministère des Armées.

Officier de la Légion d’honneur — Décret du 7 juin 1927. Source : recueil biographique du ministère des Armées.

Chevalier de la Légion d’honneur — Décret du 9 octobre 1918. Source : recueil biographique du ministère des Armées.

Compagnon de la Libération — Décret du 31 mars 1944 — Journal officiel du 22 juin 1944, page 490 — Attribution du vivant de l’intéressé, non posthume — Ampliation du 3 avril 1944 — Dossier individuel 1 A 228 — Source : Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1914-1918 avec quatre citations — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Dates et niveaux de chacune des citations à vérifier.

Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec dix-sept citations — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Le nombre de citations témoigne de l’importance de ses services pendant les campagnes du Levant. Dates et niveaux des citations à préciser.

Croix du combattant volontaire de la guerre 1914-1918 — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille commémorative de la Grande Guerre — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille commémorative interalliée de la Victoire — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille commémorative du Levant — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. La dénomination exacte et les éventuelles agrafes doivent être vérifiées dans son état des services.

Décorations étrangères

Belgique — Croix de guerre 1914-1918 — Décoration belge confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et décision d’attribution non retrouvées.

Syrie — Grand-croix de l’ordre des Omeyyades — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Certaines sources utilisent la désignation grand cordon ; la correspondance exacte des grades devra être vérifiée dans les textes officiels syriens.

Syrie — Ordre du Mérite syrien, première classe — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Le recueil du ministère des Armées emploie également l’expression mérite syrien hors classe. La correspondance de ces appellations reste à préciser.

Liban — Ordre du Mérite libanais, troisième classe — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Aucune attribution nominative de la Médaille de la Résistance française n’a été confirmée dans les sources institutionnelles consultées.

Elle n’est donc pas ajoutée à la liste des décorations.

Lieux de mémoire

Sidi-Bel-Abbès — Algérie — Ville de naissance, le 12 décembre 1896.

Homs — Syrie — Secteur de l’opération militaire de juin 1920.

Territoire des Alaouites — Syrie — Région de plusieurs opérations militaires au début des années 1920.

Soueida — Syrie — Ville reprise en septembre 1925 par la colonne Gamelin, avec la participation des cavaliers commandés par Collet.

Damas — Syrie — Lieu de commandement des formations tcherkesses en 1940 et de ses responsabilités comme délégué de la France libre en 1941.

Frontière syro-transjordanienne — Secteur de la rencontre du 20 mai 1941 avec le général Catroux.

Palestine — Territoire où Philibert Collet rallie les Forces françaises libres avec ses cavaliers, le 21 mai 1941.

Meknès — Maroc — Ville où il exerce un commandement régional à partir de 1943.

Alger — Algérie — Siège des autorités du Comité français de la Libération nationale ayant attribué la croix de la Libération.

Toulouse — Haute-Garonne — Siège de son commandement de la 17e région militaire, lieu de décès et d’inhumation.

Châtillon-sur-Chalaronne — Ain — Une voie publique porte son nom, selon le recueil biographique du ministère des Armées.

Musée de l’Ordre de la Libération — Paris — Institution conservant les archives relatives à son engagement, notamment son dossier individuel 1 A 228.

Dossier d’homologation

Service historique de la Défense — GR 16 P 137471

Cette cote figure dans le répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P.

Le dossier est identifié au nom de :

COLLET Philibert — né le 12 décembre 1896 — GR 16 P 137471.

Le répertoire comporte une mention d’homologation.

La concordance de l’identité et de la date de naissance permet de rattacher cette référence au Compagnon de la Libération.

L’inventaire de l’Ordre de la Libération confirme également cette cote.

Le dossier original n’a pas été directement dépouillé.

Les décisions administratives précises, notamment les dates d’homologation et les périodes de services reconnues, devront donc être vérifiées dans les pièces originales.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 228

L’inventaire officiel établi par Roxane Ritter, dans sa version du 24 septembre 2025, identifie :

COLLET Philibert — 1 A 228.

Il décrit plusieurs ensembles documentaires.

Attribution de la croix de la Libération

Ampliation du 3 avril 1944 du décret du 31 mars 1944.

Huit courriers échangés entre 1944 et 1945.

Renseignements administratifs

Fiche annuaire de la chancellerie de l’Ordre de la Libération, non datée.

Correspondances

Cinq pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1960 et 1988.

Service historique de la Défense

Copie d’un extrait du journal de marche du groupement Collet, datant de 1941.

Copie d’un état des services, non daté.

Travaux historiques

Extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, publication de 1961.

Notes biographiques

Un courrier de 1988.

Trois biographies datant de 1988 ou non datées.

Sépulture

Deux courriers datant de 1994 à 1997.

Hommages et commémorations

Récapitulatif d’une cérémonie organisée à Toulouse.

Deux courriers relatifs aux monuments de Toulouse, datés de 2003 à 2005.

Les dates extrêmes de cet ensemble documentaire sont 1941-2005.

L’extrait du journal de marche du groupement Collet constitue une source particulièrement importante pour reconstituer les opérations militaires de mai et juin 1941.

L’inventaire a été consulté, mais les documents originaux qu’il décrit n’ont pas été directement dépouillés.

Références bibliographiques

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général consacré aux Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, Paris, 2010 ; nouvelle édition de 2023. — Répertoire biographique des titulaires de la croix de la Libération.

Mémorial des Compagnons de la Libération, 1940-1945, ouvrage collectif, Imprimerie nationale, Paris, 1961. — Publication mémorielle consacrée aux Compagnons décédés pendant la guerre.

Collet des Tcherkesses, Anne Collet, Corrêa, Paris, 1949. — Biographie consacrée à Philibert Collet, publiée quelques années après sa disparition.

Collet au galop des Tcherkesses, Yves Salkin, Economica, Paris, 1999. — Étude biographique spécialisée consacrée à sa carrière au Levant et à son ralliement à la France libre.

Les Tcherkess, Sapin-Lignières, Carnet de La Sabretache, 1987. — Étude historique sur les formations tcherkesses du Levant.

En Syrie, Joseph Kessel, Gallimard, Paris, 1926. — Témoignage contemporain sur la Syrie pendant les opérations françaises des années 1920.

Des hommes libres, 1940-1945. La France libre par ceux qui l’ont faite, Daniel Rondeau et Roger Stéphane, Grasset, Paris, 1997, p. 202-203. — Recueil de témoignages permettant de replacer le ralliement des troupes du Levant dans l’histoire de la France libre.

Dictionnaire de la France libre, sous la direction de François Broche, Georges Caïtucoli et Jean-François Muracciole, Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 2010, notice de Stéphane Simonnet consacrée à Philibert Collet, p. 300. — Synthèse historique sur son rôle dans la France libre.

Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, p. 39, dossier 1 A 228. — Inventaire officiel des pièces archivistiques relatives à Philibert Collet.

Références internet

Ordre de la Libération — Philibert COLLET — Biographie officielle, carrière militaire, commandement des Tcherkesses, ralliement de mai 1941, campagne de Syrie, décret de nomination et décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/philibert-collet

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Dossier individuel 1 A 228, ampliation du décret du 31 mars 1944, journal de marche du groupement Collet, état des services et documents mémoriels —

Fondation de la France libre — Le ralliement de Philibert Collet — Étude historique publiée le 11 octobre 2017, comprenant des reproductions de publications de la France libre de mai et juin 1941 — https://www.france-libre.net/le-ralliement-de-philibert-collet/

Ministère des Armées — Recueil biographique des combattants d’Afrique — Notice Philibert Collet, renseignements familiaux, parcours militaire, ralliement à la France libre, promotions, décorations et décès —

Musée de la Résistance en ligne — Répertoire SHD GR 16 P, lettre C — Identification nominative de Philibert Collet, né le 12 décembre 1896, dossier GR 16 P 137471 —

Archives diplomatiques — Fonds photographiques de la France libre au Levant — Photographies de Philibert Collet avec le général Catroux et le cheikh Tageddine lors des événements du 27 septembre 1941 à Damas —

Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Liste des titulaires de l’ordre de la Libération — Reproduction du décret du 31 mars 1944 décernant la croix de la Libération au général Collet, publié au Journal officiel du 22 juin 1944, page 490 — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Observations

Philibert Collet occupe une place particulière dans l’histoire de la France libre.

Il appartient à une génération d’officiers dont l’expérience militaire commence pendant la Première Guerre mondiale.

Sa carrière se poursuit pendant plus de vingt années au Levant.

Il acquiert une connaissance approfondie de la Syrie et des formations militaires recrutées localement.

Son nom devient particulièrement associé aux cavaliers tcherkesses.

Il développe avec eux une relation d’autorité et de confiance qui explique en partie leur ralliement collectif à la France libre.

En mai 1941, son refus de la politique de Vichy marque une rupture décisive.

Il s’oppose aux facilités accordées aux avions allemands dans le contexte de l’insurrection irakienne.

Il rencontre le général Catroux et rejoint les Forces françaises libres avec plusieurs centaines d’hommes.

Cette décision possède une double portée.

Sur le plan militaire, elle apporte aux forces du général de Gaulle une formation de cavalerie expérimentée.

Sur le plan politique, elle montre que des officiers demeurés jusque-là sous l’autorité de Vichy peuvent choisir de poursuivre la guerre aux côtés des Alliés.

La participation de Collet à la campagne de Syrie constitue la conséquence directe de ce ralliement.

Son expérience du Levant lui permet ensuite d’exercer des responsabilités politiques et administratives à Damas.

Après son retour en Afrique du Nord, il poursuit sa carrière malgré la dégradation de son état de santé.

Il reçoit la croix de la Libération par décret du 31 mars 1944.

À la fin de 1944, il est promu général de division et élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.

Nommé commandant de la 17e région militaire à Toulouse, il participe au rétablissement de l’autorité militaire après la Libération.

Il meurt cependant le 15 avril 1945, avant la fin de la guerre en Europe.

La singularité de son engagement

La trajectoire de Philibert Collet présente une particularité importante : son ralliement ne résulte pas d’un départ individuel vers Londres.

Il s’effectue au Moyen-Orient et entraîne une formation militaire constituée.

Cette dimension collective distingue son parcours de celui de nombreux Compagnons.

Elle illustre également le rôle des soldats issus des territoires coloniaux et mandataires dans l’histoire de la France libre.

Les cavaliers tcherkesses qui choisissent de suivre Collet participent à un engagement militaire international dont la mémoire ne doit pas être réduite à celle de leur commandant.

Points documentaires nécessitant une vérification complémentaire

La consultation de l’état des services de Philibert Collet permettrait de préciser les dates exactes de ses promotions militaires.

L’extrait du journal de marche du groupement Collet pourrait fournir une chronologie plus détaillée des opérations de mai et juin 1941.

La date de remise matérielle de la croix de la Libération doit être vérifiée, la mention de janvier 1944 étant antérieure au décret de nomination.

Les décrets concernant la Légion d’honneur, en particulier l’élévation à la dignité de grand officier, devraient être confrontés aux publications officielles.

Les dates et décisions d’attribution des décorations syriennes, libanaises et belges restent également à établir.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Philibert Collet, sa naissance le 12 décembre 1896 à Sidi-Bel-Abbès, son décès le 15 avril 1945 à Toulouse, sa participation à la Première Guerre mondiale, son commandement des formations tcherkesses, son ralliement collectif à la France libre le 21 mai 1941, sa participation à la campagne de Syrie, ses responsabilités à Damas et à Toulouse ainsi que sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 31 mars 1944 sont établis par l’Ordre de la Libération et le ministère des Armées. Le dossier de Compagnon 1 A 228 et le dossier SHD GR 16 P 137471 sont identifiés dans les inventaires institutionnels. Le décret du 31 mars 1944 est associé à une publication précise au Journal officiel du 22 juin 1944, page 490. Les réserves concernent les dates exactes de certaines promotions, la remise matérielle de la croix et les références administratives de plusieurs décorations.

Chronologie

DateÉvénement
12 décembre 1896Naissance à Sidi-Bel-Abbès, en Algérie française.
Fin juin 1914Engagement volontaire dans l’infanterie.
1914-1918Participation à la Première Guerre mondiale ; obtention de quatre citations.
Juin 1920Commandement d’un groupe franc participant à l’ouverture de la route d’Homs.
Années 1920Opérations dans les territoires alaouites et commandement de formations ismaéliennes.
Septembre 1925Participation à la reprise de Soueida avec le 1er escadron tcherkesse et la colonne Gamelin.
1926Promotion au grade de capitaine.
7 juin 1927Décret de nomination comme officier de la Légion d’honneur.
4 juillet 1929Mariage avec Annie Esmeralda Clampert.
21 décembre 1936Naissance de son fils Ronald Chamyl Collet à Manchester.
Janvier 1938Prise de commandement du 4e bataillon du 1er RTM.
15 juillet 1939Décret de nomination comme commandeur de la Légion d’honneur.
Octobre 1940Retour à Damas et organisation d’un groupement de quatorze escadrons tcherkesses.
1940-1941Contacts avec le général Catroux et les représentants de la France libre.
Avril-mai 1941Crise irakienne et utilisation des bases du Levant par l’aviation allemande.
Mai 1941Protestation auprès du général Dentz.
20 mai 1941Rencontre clandestine avec le général Catroux à la frontière syro-transjordanienne.
21 mai 1941Ralliement en Palestine avec 23 officiers, 30 sous-officiers et 400 Tcherkesses, selon l’Ordre de la Libération.
24 mai 1941Radiation de l’armée et déchéance de nationalité prononcées par Vichy.
8 juin 1941Participation à la campagne de Syrie à la tête d’un groupement de cavalerie.
22 juin 1941Nomination comme délégué de la France libre à Damas.
Juillet-août 1941Promotion au grade de général de brigade, date précise à vérifier.
27 septembre 1941Présence auprès du général Catroux lors de la proclamation de l’indépendance syrienne.
Août 1943Commandement de la région de Meknès.
31 mars 1944Décret de nomination comme Compagnon de la Libération.
3 avril 1944Ampliation du décret conservée au dossier 1 A 228.
22 juin 1944Publication du décret au Journal officiel, page 490.
15 octobre 1944Nomination au commandement de la 17e région militaire à Toulouse.
Fin 1944Promotion au grade de général de division et élévation à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.
15 avril 1945Décès à Toulouse.
1945Inhumation à Toulouse.

Tableau des divergences entre sources

Point examinéSourcesAppréciation
NaissanceOrdre de la Libération et ministère des Armées : 12 décembre 1896, Sidi-Bel-Abbès.Concordance.
Filiation maternelleMinistère des Armées : Dolores Hurtado, variante orthographique signalée.Acte d’état civil à vérifier.
Nombre de cavaliers ralliésOrdre : 23 officiers, 30 sous-officiers, 400 Tcherkesses ; publications historiques : autres décomptes.Chiffres institutionnels retenus.
Date du ralliementOrdre et Fondation de la France libre : 21 mai 1941.Concordance.
Grade pendant la campagne de SyrieSources indiquant des promotions successives en 1941.Grade précis au 8 juin à confirmer par l’état des services.
Promotion comme général de brigadeOrdre : juillet 1941 ; ministère des Armées : août 1941.Divergence non résolue.
Commandement de MeknèsMinistère des Armées : août 1943.Date retenue.
Décret de la croixOrdre et inventaire : 31 mars 1944.Confirmé.
Publication au Journal officielReproduction du décret : 22 juin 1944, p. 490.Référence identifiée.
Remise matérielle de la croixNotice ODL : janvier 1944, date antérieure au décret.Anomalie chronologique à vérifier.
Date du décèsOrdre et ministère : 15 avril 1945 ; Fondation de la France libre : 5 avril 1945.15 avril 1945 retenu.
Ordre du Mérite syrienOrdre : première classe ; ministère des Armées : hors classe.Correspondance des grades à établir.
Dossier de CompagnonOrdre de la Libération : 1 A 228.Confirmé.
Dossier SHDGR 16 P 137471.Confirmé.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Philibert COLLET — Notice biographique officielle, carrière militaire, formations tcherkesses, ralliement à la France libre, campagne de Syrie, décorations et décès — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/philibert-collet ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 228, page 39, comprenant l’ampliation du décret du 31 mars 1944, l’extrait du journal de marche du groupement Collet et la référence SHD GR 16 P 137471 — ; Fondation de la France libre — Le ralliement de Philibert Collet, étude historique publiée le 11 octobre 2017, avec reproductions de la presse de la France libre de mai et juin 1941 — https://www.france-libre.net/le-ralliement-de-philibert-collet/ ; Ministère des Armées — Recueil biographique des combattants d’Afrique, notice Philibert Collet, données familiales, opérations militaires, ralliement, promotions et décès — ; Musée de la Résistance en ligne — Répertoire nominatif du Service historique de la Défense, lettre C, identification de Philibert Collet et cote GR 16 P 137471 — ; Archives diplomatiques — Inventaire des photographies de la France libre au Levant, présence de Philibert Collet lors des événements du 27 septembre 1941 à Damas — ; Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Liste des titulaires de l’ordre de la Libération, reproduction du décret du 31 mars 1944, Journal officiel du 22 juin 1944, page 490 — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

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