Charles Émile Joseph CLIQUET, né le 21 janvier 1891 à Imphy (Nièvre), mort le 27 mars 1956 à Paris (XIIe arrondissement), Français, industriel, licencié en droit, médecin, résistant de la première heure, passeur de la ligne de démarcation à Vierzon, collaborateur du réseau d’évasion Pat O’Leary, des services de renseignements et de l’Organisation civile et militaire (OCM), déporté résistant à Buchenwald et dans plusieurs Kommandos, évadé de déportation, Compagnon de la Libération par décret du 26 septembre 1945.
Jeunesse et formation
Charles Cliquet naît le 21 janvier 1891 à Imphy, dans la Nièvre.
Son état civil est confirmé par la notice officielle de l’Ordre de la Libération et par le répertoire nominatif du Service historique de la Défense.
Il appartient à une famille établie dans le centre de la France.
Il entreprend des études supérieures et obtient une licence en droit.
Cette formation lui donne une connaissance des questions juridiques et administratives.
Il s’oriente cependant vers une activité industrielle.
Direction d’une entreprise à Vierzon
Charles Cliquet prend la direction d’une entreprise de céramique installée à Vierzon, dans le Cher.
Il s’agit des établissements Hubert-Bouchard, dont il reprend la direction après son père, selon les sources biographiques locales.
Vierzon est alors une ville industrielle importante.
Elle possède notamment des entreprises de mécanique, de métallurgie et de céramique.
Cette activité industrielle s’accompagne d’une forte tradition ouvrière.
Charles Cliquet exerce ses responsabilités dans cet environnement économique.
À la fin des années 1930, son entreprise connaît de graves difficultés financières.
Elle fait faillite.
Cette situation provoque une réorientation de sa carrière.
Études de médecine
Après la disparition de son entreprise, Charles Cliquet entreprend des études de médecine.
Il souhaite exercer une profession nouvelle.
Lorsque survient la défaite française de juin 1940, il n’a pas encore achevé sa formation.
Il habite alors Vierzon avec son épouse et leurs deux enfants.
Pendant l’Occupation, il poursuit ses études dans la mesure où les circonstances le permettent.
Il travaille également occasionnellement dans une clinique de la région.
Cette activité médicale constitue un élément particulier de son parcours.
Elle se développe parallèlement à un engagement clandestin de plus en plus important.
Les risques liés à la Résistance finiront par interrompre brutalement ses études.
Situation familiale
Charles Cliquet est marié à Solange HUBERT, née en 1898 selon les sources généalogiques et mémorielles locales.
Le couple a deux enfants.
Solange Cliquet joue un rôle essentiel dans les activités résistantes de son mari.
Dès juin 1940, elle participe à l’organisation des passages clandestins.
Leur domicile devient un lieu d’accueil et d’aide aux personnes cherchant à franchir la ligne de démarcation.
La participation de Solange est confirmée par les sources consacrées au réseau Pat O’Leary.
Elle ne doit donc pas être présentée comme une simple présence familiale.
Elle appartient elle-même à l’environnement opérationnel de la Résistance.
En août 1942, les deux époux sont arrêtés ensemble.
Cette arrestation confirme l’exposition personnelle de Solange aux risques de l’action clandestine.
Elle survit à la guerre et meurt en 1962, selon les sources locales.
Engagement militaire en 1914-1918
Charles Cliquet appartient à la génération mobilisable pendant la Première Guerre mondiale.
L’Ordre de la Libération le fait figurer parmi les Compagnons ayant également été anciens combattants de la Grande Guerre.
Cette indication établit l’existence d’un engagement militaire antérieur à la Seconde Guerre mondiale.
Toutefois, les documents directement consultés ne permettent pas de préciser son régiment, son grade, la durée de son service ou les campagnes auxquelles il a participé.
Ces éléments devront être recherchés dans sa fiche matricule militaire.
Il serait notamment utile de consulter les registres du recrutement militaire correspondant à sa classe et à son lieu de résidence.
Sa participation à la Première Guerre mondiale est donc retenue, sans reconstitution non documentée de son parcours militaire.
Juin 1940 — L’arrivée des Allemands à Vierzon
L’effondrement militaire français de mai-juin 1940 entraîne l’occupation d’une grande partie du territoire national.
Les Allemands arrivent à Vierzon le 20 juin 1940.
L’armistice franco-allemand du 22 juin fixe ensuite une ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone non occupée.
Vierzon occupe une position particulière sur cette ligne.
La ville se trouve au contact des deux zones.
Le Cher constitue un obstacle naturel utilisé dans le dispositif de séparation.
Les autorités allemandes contrôlent les passages.
Les déplacements sont soumis à des autorisations.
Les personnes souhaitant franchir clandestinement la ligne s’exposent à l’arrestation.
Une situation géographique favorable à la clandestinité
Le domicile de Charles et Solange Cliquet se trouve à proximité immédiate de la ligne de démarcation.
Cette situation facilite l’organisation de passages clandestins.
Elle présente également des risques considérables.
Les habitants proches des points de passage sont soumis à une surveillance particulière.
Les patrouilles allemandes cherchent à empêcher les franchissements non autorisés.
Les personnes arrêtées peuvent être emprisonnées.
Les passeurs encourent eux-mêmes des sanctions sévères.
Charles Cliquet décide néanmoins de mettre sa connaissance des lieux au service de ceux qui cherchent à quitter la zone occupée.
Juin 1940 — Les premiers passages clandestins
Dès l’arrivée des Allemands, Charles Cliquet commence à aider des militaires français.
Certains appartiennent à des unités dispersées pendant la défaite.
D’autres sont des prisonniers évadés.
Ils cherchent à gagner la zone non occupée pour échapper aux autorités allemandes.
Avec son épouse, Charles Cliquet organise leur passage.
Cette activité commence avant la constitution de nombreuses organisations structurées de Résistance.
Elle témoigne d’un refus immédiat des conséquences de la défaite.
Le passage de la ligne
Les personnes aidées doivent éviter les postes de surveillance.
Elles peuvent être guidées à travers les zones moins contrôlées.
Les itinéraires varient selon les circonstances.
Le franchissement peut s’effectuer de jour ou de nuit.
Les conditions de sécurité imposent des précautions permanentes.
Charles Cliquet utilise sa connaissance du terrain.
Il accompagne parfois lui-même les personnes qui souhaitent passer.
Il sait que les contrôles allemands peuvent entraîner une arrestation immédiate.
La discrétion représente donc un élément essentiel de son activité.
Une Résistance familiale
La participation de Solange Cliquet facilite l’accueil des personnes recherchées.
Le domicile familial sert de point d’appui.
Il permet de préparer les passages et d’aider les personnes en difficulté.
Cette activité transforme profondément la vie quotidienne de la famille.
Le couple doit concilier ses responsabilités familiales avec les exigences de la clandestinité.
À mesure que les passages se multiplient, les risques augmentent.
Juillet 1940 — Première arrestation
En juillet 1940, Charles Cliquet fait l’objet d’une dénonciation.
Il est arrêté.
Les autorités allemandes le soupçonnent d’aider des personnes à franchir clandestinement la ligne de démarcation.
Il est incarcéré à la prison de Vierzon.
Il demeure détenu pendant cinq jours.
Les enquêteurs ne disposent cependant pas de preuves suffisantes.
Il est finalement libéré.
Cette arrestation intervient quelques semaines seulement après le début de son engagement.
Elle montre que les autorités allemandes ont rapidement identifié ses activités suspectes.
Reprise immédiate de la Résistance
Charles Cliquet ne renonce pas.
Dès sa libération, il reprend les passages.
Sa détermination constitue une caractéristique importante de son parcours.
Il sait désormais qu’il est surveillé.
Il connaît le risque d’une nouvelle arrestation.
Il continue néanmoins à aider les militaires et les prisonniers évadés.
Progressivement, son activité s’étend à d’autres catégories de personnes.
Il reçoit notamment des agents de renseignements et des aviateurs alliés.
1940-1942 — Une organisation d’évasion importante
L’activité de Charles Cliquet prend progressivement une ampleur exceptionnelle.
Selon l’Ordre de la Libération, entre juin 1940 et la suppression de la ligne de démarcation, il contribue au passage clandestin de 1 000 à 1 500 personnes.
Ce chiffre constitue un élément majeur de sa biographie.
Il témoigne d’une activité soutenue pendant plus de deux années.
Parmi les personnes aidées figurent notamment :
Des militaires français.
Des prisonniers de guerre évadés.
Des agents des services de renseignements.
Des membres d’organisations de Résistance.
Des aviateurs britanniques et américains.
Des militaires canadiens ayant participé au raid de Dieppe.
Vingt et un aviateurs alliés
L’Ordre de la Libération indique que Charles Cliquet aide notamment 21 aviateurs britanniques ou américains.
Ces hommes ont été contraints d’abandonner leur appareil ou se sont retrouvés isolés en territoire occupé.
Ils cherchent à regagner les forces alliées.
Leur retour représente un enjeu important.
Les pilotes expérimentés sont particulièrement précieux pour les forces aériennes.
Les organisations d’évasion cherchent donc à les conduire vers des territoires permettant leur rapatriement.
Charles Cliquet participe à cette chaîne clandestine.
Cinq Canadiens de Dieppe
Il aide également cinq militaires canadiens ayant participé au débarquement de Dieppe, le 19 août 1942.
Ces hommes font partie des militaires alliés qui tentent de rejoindre les territoires non occupés après l’opération.
Le raid de Dieppe a entraîné de lourdes pertes.
De nombreux soldats canadiens ont été tués ou faits prisonniers.
L’aide apportée à cinq d’entre eux constitue un épisode particulièrement significatif.
Elle rattache directement l’activité de Charles Cliquet aux opérations alliées sur les côtes françaises.
Il ne faut cependant pas en déduire qu’il a personnellement participé au raid.
Son action se déroule dans les semaines suivant l’opération, au sein des filières d’évasion.
Fabrication de faux documents
Charles Cliquet ne se limite pas à guider les fugitifs.
Il fabrique également de faux papiers.
Ces documents facilitent les déplacements des personnes recherchées.
Ils peuvent permettre de franchir des contrôles ou de justifier une identité.
La fabrication de tels documents exige une connaissance des pratiques administratives.
Elle suppose également un travail matériel précis.
Les faux papiers doivent paraître suffisamment crédibles pour ne pas éveiller immédiatement les soupçons.
Charles Cliquet utilise ces moyens au profit des personnes qu’il aide.
L’Ordre de la Libération distingue explicitement deux méthodes employées :
Le passage grâce aux documents qu’il fabrique.
Le guidage direct entre les postes allemands.
Ces deux procédés sont complémentaires.
Ils permettent d’adapter l’aide aux circonstances particulières de chaque passage.
Relations avec les services de renseignements
Les activités de Charles Cliquet attirent progressivement l’attention de plusieurs organisations clandestines.
Les services de renseignements ont besoin de faire circuler leurs agents.
Ils doivent également acheminer des documents.
La ligne de démarcation représente un obstacle important.
Les passages organisés à Vierzon permettent d’assurer certaines liaisons.
Service de renseignements — 5e Bureau
Charles Cliquet entretient des relations avec des agents du service de renseignements désigné dans sa biographie officielle comme le SR ou 5e Bureau.
Il facilite le passage de leurs personnels.
Il transporte également des documents.
Il transmet les informations militaires qu’il peut recueillir.
Ces missions dépassent le simple secours apporté à des fugitifs.
Elles participent directement à l’activité de renseignement.
Les informations transmises peuvent concerner les installations et les mouvements militaires allemands.
Cependant, les sources consultées ne permettent pas de dresser un inventaire précis des renseignements personnellement collectés par Charles Cliquet.
Il faut donc distinguer sa fonction de liaison, établie, de missions particulières dont les détails restent inconnus.
Le réseau Pat O’Leary
Charles Cliquet est en relation avec le réseau d’évasion Pat O’Leary.
Cette organisation intervient dans le rapatriement des militaires alliés, notamment des aviateurs.
Elle s’appuie sur des agents, des hébergeurs, des passeurs et des responsables de liaisons.
La circulation des personnes recherchées exige une organisation particulièrement discrète.
Les militaires alliés doivent être pris en charge, hébergés, puis conduits vers les étapes suivantes.
Le rôle de Charles Cliquet
Grâce à sa position à Vierzon, Charles Cliquet constitue un relais important.
Il permet le franchissement de la ligne de démarcation.
Il facilite ainsi la progression des personnes aidées vers le sud de la France.
Son concours s’inscrit dans une organisation beaucoup plus vaste.
La réussite des évasions dépend de l’action de nombreux résistants.
Certains assurent l’hébergement.
D’autres fabriquent les documents.
D’autres encore organisent les transports.
Charles Cliquet exerce plusieurs de ces fonctions.
Il bénéficie également de la participation de son épouse.
Une relation confirmée par les archives
Le dossier individuel 1 A 223 conservé par l’Ordre de la Libération contient une copie de fiche du réseau Pat O’Leary datée du 12 septembre 1946.
Cette pièce constitue une référence particulièrement intéressante.
Elle permettrait de préciser la reconnaissance administrative de ses services.
Elle pourrait également fournir des informations sur la durée et les modalités de sa participation au réseau.
Son existence est confirmée par l’inventaire archivistique.
Son contenu original n’a pas été directement consulté.
L’Organisation civile et militaire
Charles Cliquet apporte également son concours à l’Organisation civile et militaire, connue sous le sigle OCM.
Cette organisation constitue l’un des mouvements importants de la Résistance française.
Elle rassemble notamment des militaires, des cadres administratifs, des fonctionnaires et des membres des professions libérales.
Ses activités concernent l’organisation clandestine, le renseignement et la préparation de la Libération.
Charles Cliquet contribue aux liaisons de ses agents.
Il facilite notamment le franchissement de la ligne de démarcation.
Les informations recueillies dans la région peuvent également être transmises aux organisations clandestines.
La nature exacte de son rattachement administratif à l’OCM reste à préciser.
Toutefois, l’Ordre de la Libération mentionne expressément ce mouvement parmi les organisations ayant bénéficié de son concours.
Mars 1941 — Perquisition allemande
En mars 1941, la gendarmerie allemande effectue une perquisition au domicile de Charles Cliquet.
Cette opération montre que les soupçons persistent.
Les autorités recherchent des éléments susceptibles de prouver ses activités clandestines.
Malgré cette surveillance, Charles Cliquet poursuit son action.
Il continue les passages.
Il conserve des relations avec différentes organisations.
Cette situation accentue les risques.
Le nombre croissant de personnes aidées rend son activité de plus en plus difficile à dissimuler.
Août 1942 — Deuxième arrestation
En août 1942, Charles Cliquet fait l’objet de nouvelles dénonciations.
Les autorités allemandes procèdent à son arrestation.
Cette fois, son épouse Solange est également arrêtée.
Les deux époux sont emprisonnés.
Ils demeurent détenus pendant quatre jours.
Les enquêteurs ne disposent pas de preuves suffisantes pour les maintenir en détention.
Ils sont donc remis en liberté.
Une nouvelle reprise des activités
Malgré cette seconde arrestation, Charles Cliquet continue la Résistance.
Sa détermination est particulièrement remarquable.
Il sait que les autorités allemandes s’intéressent à son domicile.
Il sait également que sa famille est directement exposée.
Il poursuit néanmoins les passages clandestins.
Cette activité se prolonge jusqu’au début de 1943.
L’intensification des enquêtes allemandes finit cependant par provoquer son arrestation définitive.
23 mars 1943 — Troisième arrestation
Le 23 mars 1943, Charles Cliquet est arrêté une troisième fois.
Cette arrestation résulte d’une découverte effectuée par la police allemande.
Son adresse a été retrouvée dans les papiers d’un officier britannique lié à l’organisation chargée de secourir les aviateurs alliés.
Cette découverte constitue une preuve importante aux yeux des enquêteurs.
Elle établit un lien direct entre Charles Cliquet et les filières clandestines.
Les autorités allemandes disposent désormais d’éléments permettant de poursuivre leurs investigations.
Transfert à Bourges
Charles Cliquet est conduit à Bourges.
Il y est interrogé par les services allemands.
Les interrogatoires se prolongent pendant dix-sept jours.
Les enquêteurs cherchent à obtenir des renseignements sur les organisations clandestines.
Ils veulent connaître les personnes qui travaillent avec lui.
Ils cherchent également à identifier les réseaux d’évasion.
Charles Cliquet est soumis à des menaces et à des tortures.
Malgré ces violences, il ne livre aucun renseignement permettant de compromettre ses camarades.
L’Ordre de la Libération souligne particulièrement son comportement pendant cette détention.
Une résistance pendant les interrogatoires
Le silence de Charles Cliquet constitue un élément essentiel de son parcours.
Il connaît de nombreux agents.
Il a participé à des passages multiples.
Il est donc susceptible de détenir des informations importantes sur les filières clandestines.
En refusant de répondre aux enquêteurs, il protège les organisations auxquelles il a apporté son concours.
Son comportement pendant les interrogatoires représente une autre forme de résistance.
Il ne s’agit plus d’organiser directement des passages.
Il s’agit de préserver les réseaux et les personnes qui continuent la lutte.
1943 — Prison de Fresnes
Après les interrogatoires de Bourges, Charles Cliquet est transféré à la prison de Fresnes.
Cet établissement constitue l’un des principaux lieux de détention utilisés par les autorités allemandes dans la région parisienne.
De nombreux résistants y sont emprisonnés avant leur transfert vers d’autres prisons ou vers les camps.
Les conditions de détention sont difficiles.
Les prisonniers peuvent être soumis à de nouveaux interrogatoires.
Les communications avec leurs familles sont limitées.
Charles Cliquet demeure détenu avant d’être transféré vers l’Allemagne.
13 septembre 1943 — Déportation
Le 13 septembre 1943, Charles Cliquet est transféré au camp de Sarrebruck.
Il est ensuite dirigé vers le camp de concentration de Buchenwald.
Cette déportation constitue une nouvelle étape de son épreuve.
Il quitte le système carcéral français pour entrer dans l’univers concentrationnaire nazi.
Les détenus sont soumis à un régime de violence, de privations et de travail forcé.
La dégradation des conditions de vie provoque de nombreuses maladies et une mortalité importante.
Buchenwald
Le camp de Buchenwald, situé près de Weimar, constitue l’un des principaux camps de concentration du système nazi.
Il reçoit des détenus de différentes nationalités.
Parmi eux figurent de nombreux résistants français.
Charles Cliquet y est interné avant d’être affecté à un Kommando de travail particulièrement éprouvant.
Le Kommando de Laura
Charles Cliquet est transféré au camp de Laura, dépendant du système concentrationnaire de Buchenwald.
Ce Kommando appartient à l’ensemble des installations associées à la production d’armements allemands.
Les détenus y sont employés dans des conditions extrêmement difficiles.
L’Ordre de la Libération indique que Charles Cliquet travaille dans des installations liées à la fabrication des V1 et V2.
Ces armes constituent des programmes importants de l’industrie militaire allemande.
Leur production repose notamment sur le travail forcé des détenus concentrationnaires.
Des conditions meurtrières
Le travail imposé aux prisonniers est particulièrement pénible.
Ils souffrent de la faim, du froid, de l’épuisement et des violences exercées par les gardiens.
La mortalité est très élevée.
Selon le récit de l’Ordre de la Libération, Charles Cliquet voit mourir les deux tiers de ses camarades en trois mois.
Cette indication témoigne de la violence exceptionnelle des conditions de détention.
Elle doit être rapportée à son expérience immédiate et ne constitue pas nécessairement un taux global de mortalité applicable à l’ensemble du Kommando.
Charles Cliquet survit à cette période.
Sa santé est cependant profondément altérée.
Juin 1944 — Retour à Buchenwald
En juin 1944, Charles Cliquet est transféré de nouveau à Buchenwald.
Il demeure dans le système concentrationnaire.
Les opérations alliées se développent alors en Europe occidentale.
Le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, ouvre un nouveau front à l’Ouest.
Les autorités allemandes continuent cependant à utiliser les détenus dans les industries de guerre.
Charles Cliquet cherche une occasion de s’évader.
Il espère rejoindre les forces alliées.
Cette perspective demeure difficile.
Les détenus sont surveillés.
Les déplacements sont contrôlés.
Toute tentative d’évasion peut entraîner de sévères représailles.
Septembre 1944 — Le Kommando de Deutz
En septembre 1944, Charles Cliquet se porte volontaire pour être transféré dans un Kommando de travail situé à Deutz, près de Cologne.
Cette décision peut paraître surprenante.
Elle répond cependant à une stratégie personnelle.
Charles Cliquet estime qu’un Kommando situé à proximité des zones d’opérations pourrait lui offrir une possibilité d’évasion.
Les armées alliées progressent alors vers l’Allemagne.
La perspective de rejoindre leurs lignes devient moins irréaliste.
Il espère donc profiter d’une occasion pour quitter sa détention.
L’Ordre de la Libération confirme cette motivation.
6 février 1945 — Première évasion
Le 6 février 1945, Charles Cliquet réussit à s’évader du Kommando de Deutz.
Il quitte le système de surveillance auquel il était soumis.
Son objectif est de rejoindre les forces alliées.
Il cherche à franchir le Rhin.
La traversée représente une difficulté importante.
Le fleuve constitue alors un obstacle militaire majeur.
Les autorités allemandes surveillent les passages.
Charles Cliquet doit éviter les contrôles.
16 février 1945 — Nouvelle arrestation
Le 16 février 1945, dix jours après son évasion, il est repris par la Gestapo.
Il est arrêté alors qu’il tente de franchir le Rhin.
Il est ensuite conduit à Kaiserau, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Cologne.
Cette arrestation le replonge dans la détention.
Février-avril 1945 — Détention à Kaiserau
Charles Cliquet est détenu dans des conditions particulièrement difficiles.
L’Ordre de la Libération indique qu’il est privé presque totalement de nourriture pendant quatre semaines.
Son état physique se dégrade.
Il a déjà subi les interrogatoires, les tortures et de longs mois de déportation.
Les privations aggravent son épuisement.
La guerre approche cependant de sa fin.
Les forces alliées progressent sur le territoire allemand.
Charles Cliquet continue à rechercher une occasion de s’évader.
11 avril 1945 — Deuxième évasion
Le 11 avril 1945, Charles Cliquet réussit une seconde évasion.
Cette fois, il parvient à échapper définitivement aux autorités allemandes.
Il traverse les lignes allemandes dans le secteur de Ründeroth, près de Cologne.
Il rejoint ensuite les forces alliées.
Après près de deux années de détention et de déportation, il retrouve la liberté.
Son parcours de déporté se termine ainsi par une évasion réussie.
Une résistance prolongée jusqu’en 1945
La trajectoire de Charles Cliquet présente une particularité remarquable.
Son engagement commence dès juin 1940.
Il se poursuit par les passages clandestins et les liaisons de renseignements.
Après son arrestation, il refuse de compromettre ses camarades.
Pendant la déportation, il cherche à plusieurs reprises à s’évader.
Sa libération ne résulte pas directement de l’arrivée des troupes alliées dans son camp.
Il réussit personnellement à franchir les lignes ennemies.
Cette succession d’initiatives témoigne d’une détermination constante.
1945 — Retour en France
Après avoir rejoint les forces alliées, Charles Cliquet revient en France.
Il retrouve une société profondément transformée.
La guerre s’achève en Europe le 8 mai 1945.
Les survivants des camps reviennent progressivement.
Leur réintégration dans la vie civile est souvent difficile.
Ils souffrent de séquelles physiques et psychologiques.
Charles Cliquet appartient à ces anciens déportés dont l’état de santé a été gravement compromis.
Il reprend néanmoins ses activités.
Achèvement des études de médecine
Après la guerre, il termine les études de médecine commencées avant 1940.
Il obtient son diplôme de docteur en médecine.
Cette réussite représente une étape importante.
Elle lui permet d’exercer la profession vers laquelle il s’était réorienté avant la guerre.
Il s’installe à Montreuil-sous-Bois, dans la région parisienne.
Il y exerce comme médecin.
Son parcours professionnel témoigne ainsi d’une volonté de reconstruction personnelle.
Malgré les conséquences de la déportation, il parvient à reprendre une activité civile.
26 septembre 1945 — Compagnon de la Libération
Charles Cliquet est nommé Compagnon de la Libération par décret du 26 septembre 1945.
Cette nomination intervient quelques mois après son retour.
Elle reconnaît son engagement exceptionnel dans la Résistance.
L’attribution est effectuée de son vivant.
Le dossier individuel de Charles Cliquet est conservé sous la cote 1 A 223.
Le mémoire de proposition
L’inventaire de l’Ordre de la Libération signale un mémoire de proposition datant de 1945.
Ce document appartient aux pièces administratives préparatoires à l’attribution de la croix.
Il devrait permettre de préciser les circonstances prises en considération par les autorités.
L’intervention d’André Postel-Vinay
Le dossier contient également une note remise par André POSTEL-VINAY le 26 mai 1945.
Cette pièce présente un intérêt historique particulier.
André Postel-Vinay est lui-même Compagnon de la Libération.
Son témoignage concerne l’activité de Charles Cliquet.
La note intervient plusieurs mois avant le décret du 26 septembre.
Elle constitue donc un document important pour l’histoire de sa nomination.
Le contenu intégral de la note n’a pas été directement consulté.
Il ne serait pas justifié de lui attribuer des déclarations précises sans examen de l’original.
Le décret du 26 septembre 1945
L’inventaire conserve une copie du décret de nomination.
La date est confirmée par la notice institutionnelle.
La publication correspondante au Journal officiel n’a pas été identifiée avec certitude.
Elle reste à rechercher dans les collections du Journal officiel et de Gallica.
1951 — Reconnaissance du titre de déporté résistant
Les archives de l’Ordre de la Libération conservent une copie d’une décision du 16 juillet 1951 attribuant à Charles Cliquet le titre de déporté résistant.
Ce document constitue une pièce administrative importante.
Il permet de distinguer son expérience personnelle de déportation de sa reconnaissance officielle.
Le titre de déporté résistant correspond à un statut particulier.
Il est attribué dans les conditions prévues par la législation française.
L’existence de cette décision confirme que les autorités ont reconnu le caractère résistant de sa déportation.
Le dossier 1 A 223 conserve également une copie d’un certificat de validation des services, campagnes et blessures du 13 février 1953.
Ces deux documents peuvent apporter des renseignements complémentaires sur les séquelles physiques de sa détention.
Ils permettraient également de préciser les périodes administrativement reconnues.
27 mars 1956 — Décès
Charles Cliquet meurt le 27 mars 1956, à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, dans le XIIe arrondissement.
Il est âgé de soixante-cinq ans.
L’Ordre de la Libération indique que son décès survient des suites de sa déportation.
Les épreuves subies pendant les interrogatoires et dans les camps ont profondément affecté sa santé.
Après avoir survécu à ces épreuves, il n’aura vécu qu’un peu plus de dix années après la fin de la guerre.
Sépulture
Charles Cliquet est inhumé au cimetière de Vierzon-Ville, dans le Cher.
Sa sépulture se trouve dans le caveau familial.
Vierzon demeure ainsi étroitement associé à sa mémoire.
C’est dans cette ville qu’il avait organisé les passages clandestins.
C’est également là qu’il avait subi ses premières arrestations.
Son inhumation à Vierzon témoigne de ses liens durables avec la cité.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
Services de renseignements — SR, 5e Bureau
Collaboration aux liaisons clandestines et au passage d’agents. Transport de documents et transmission de renseignements militaires.
Réseau Pat O’Leary
Participation aux filières d’évasion d’aviateurs et de militaires alliés.
Organisation civile et militaire — OCM
Aide aux déplacements clandestins des agents et transmission de documents.
Résistance intérieure — Secteur de Vierzon
Organisation personnelle et familiale de passages clandestins de la ligne de démarcation entre juin 1940 et 1943.
Déportation résistante
Reconnaissance du titre de déporté résistant par décision du 16 juillet 1951.
Les sources institutionnelles ne permettent pas d’établir un grade précis au sein de chacun de ces réseaux.
Missions et actions
L’action résistante de Charles Cliquet se caractérise par quatre missions complémentaires.
Passage de la ligne de démarcation. Il contribue au franchissement clandestin de la ligne par un nombre estimé entre 1 000 et 1 500 personnes.
Aide aux militaires alliés. Il facilite notamment le passage de 21 aviateurs britanniques ou américains et de cinq Canadiens ayant participé au raid de Dieppe.
Liaisons de renseignements. Il fait franchir la ligne à des agents et transporte des documents destinés aux organisations clandestines.
Protection des réseaux après son arrestation. Pendant les interrogatoires de Bourges, il refuse de communiquer les renseignements susceptibles de compromettre ses camarades.
Sa conduite pendant la déportation complète cet engagement.
Il tente à plusieurs reprises de retrouver sa liberté et réussit finalement à rejoindre les forces alliées en avril 1945.
Camarades de combat et collaborateurs
Solange CLIQUET, née HUBERT — Épouse de Charles Cliquet, résistante participant aux passages clandestins de la ligne de démarcation et liée au réseau Pat O’Leary.
André POSTEL-VINAY — Résistant, Compagnon de la Libération, auteur d’une note datée du 26 mai 1945 consacrée à l’activité de Charles Cliquet.
Albert GUÉRISSE, alias Pat O’Leary — Responsable du réseau d’évasion auquel Charles Cliquet apporte son concours. La relation précise entre les deux hommes reste à documenter.
Les sources consultées ne permettent pas d’identifier nominativement les vingt et un aviateurs alliés ou les cinq Canadiens secourus.
Il serait donc prématuré de dresser une liste de bénéficiaires sans consulter les archives des filières d’évasion.
Arrestation, emprisonnement et déportation
Charles Cliquet connaît trois arrestations pendant l’Occupation.
Juillet 1940 — Première arrestation à Vierzon ; cinq jours de détention.
Août 1942 — Deuxième arrestation, avec son épouse Solange ; quatre jours de détention.
23 mars 1943 — Troisième arrestation, suivie d’interrogatoires et de la déportation.
Son parcours carcéral et concentrationnaire comprend Bourges, Fresnes, Sarrebruck, Buchenwald, Laura, Deutz et Kaiserau.
Il effectue une première évasion le 6 février 1945, avant d’être repris le 16 février.
Il réussit une seconde évasion le 11 avril 1945 et rejoint les troupes alliées.
Cette chronologie constitue un élément essentiel de sa biographie.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — Grade confirmé par l’Ordre de la Libération. Décret nominatif et publication au Journal officiel non directement vérifiés.
Compagnon de la Libération — Décret du 26 septembre 1945 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 A 223 — Source : Ordre de la Libération. Publication au Journal officiel non identifiée avec certitude.
Croix de guerre 1939-1945 — Trois citations — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Dates et niveaux de citations à vérifier.
Croix du combattant — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix du combattant volontaire de la Résistance — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille des Évadés — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre — Désignée comme « Médaille de la France Libre » dans la notice de l’Ordre de la Libération.
Médaille d’argent des Épidémies — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et autorité administrative d’attribution à vérifier.
Medal of Freedom — États-Unis — Décoration américaine confirmée par l’Ordre de la Libération. Classe et date d’attribution non précisées.
King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom — Royaume-Uni — Décoration britannique confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle récompense notamment des services courageux rendus à la cause alliée par des personnes étrangères au Royaume-Uni.
Médaille de la Résistance française avec rosette — Attribution à vérifier. Cette distinction figure dans plusieurs publications secondaires, mais pas dans la liste des décorations de la notice biographique officielle de l’Ordre de la Libération. Aucun décret nominatif, aucune date de publication au Journal officiel ni aucune cote de dossier 1 O n’ont été confirmés dans les résultats consultés. Elle est donc mentionnée séparément, sans être considérée comme définitivement établie.
Importance pour le répertoire des décorations de la MVR
Cette biographie apporte deux décorations étrangères qu’il faut conserver dans notre inventaire :
États-Unis — Medal of Freedom.
Royaume-Uni — King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom.
Il s’agit de deux distinctions différentes, attribuées par deux États différents.
Le Musée de la Résistance en ligne confirme notamment l’attribution de la décoration britannique à Charles Cliquet.
Lieux de mémoire
Imphy — Nièvre — Lieu de naissance de Charles Cliquet, le 21 janvier 1891.
Vierzon — Cher — Ville de résidence et principal lieu de son activité clandestine pendant l’Occupation.
Le Cher et la ligne de démarcation — Secteur des passages clandestins organisés entre 1940 et 1943.
Prison de Vierzon — Cher — Lieu de sa première détention en juillet 1940.
Bourges — Cher — Lieu des interrogatoires allemands de mars-avril 1943.
Prison de Fresnes — Val-de-Marne — Lieu de détention précédant son transfert en Allemagne.
Sarrebruck — Allemagne — Étape de son parcours de déportation à partir du 13 septembre 1943.
Buchenwald — Allemagne — Camp de concentration où il est interné.
Laura — Allemagne — Kommando de travail auquel il est affecté.
Deutz — Allemagne — Kommando situé près de Cologne, d’où il s’évade en février 1945.
Kaiserau — Allemagne — Lieu de détention après sa reprise par la Gestapo.
Ründeroth — Allemagne — Secteur de son passage vers les forces alliées en avril 1945.
Montreuil-sous-Bois — Seine-Saint-Denis — Ville où il exerce la médecine après la guerre.
Hôpital Saint-Antoine — Paris — Lieu de son décès, le 27 mars 1956.
Cimetière de Vierzon-Ville — Cher — Lieu de son inhumation.
Passage Charles-Cliquet — Vierzon — Voie publique portant son nom.
Pont Charles-Cliquet — Vierzon — Ouvrage mentionné par les sources locales ; une cérémonie de dénomination est signalée le 29 avril 2012.
Salle ou pavillon « Docteur Cliquet » — Lieu de mémoire mentionné dans l’inventaire du dossier 1 A 223, avec une note datée du 11 mars 1958 ; localisation précise à vérifier.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris — Conservation du dossier individuel 1 A 223.
Les documents relatifs au passage Charles-Cliquet figurent dans l’inventaire de l’Ordre de la Libération, avec quatre courriers datés de 2007.
Références bibliographiques
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général consacré aux Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, éditions de 2010 et 2023, pagination individuelle non vérifiée. — Répertoire biographique des Compagnons.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination individuelle non vérifiée. — Publication mémorielle consacrée aux parcours des titulaires de la croix de la Libération.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, p. 37. — Inventaire officiel du dossier individuel 1 A 223, comprenant les pièces de nomination, les documents de Résistance et les références administratives relatives à la déportation.
Note sur l’activité de Charles Cliquet, André Postel-Vinay, 26 mai 1945, archives de l’Ordre de la Libération, dossier 1 A 223. — Témoignage contemporain de la proposition de nomination, signalé dans l’inventaire mais non directement consulté.
Témoignage sur Charles Cliquet, André Postel-Vinay, 1992, archives de l’Ordre de la Libération, dossier 1 A 223. — Document mémoriel susceptible d’apporter des précisions sur les relations entre les deux résistants.
Références internet
Ordre de la Libération — Charles CLIQUET — Biographie officielle, passages de la ligne de démarcation, arrestations, déportation, évasions, nomination comme Compagnon et décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/charles-cliquet
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Inventaire de Roxane Ritter, dossier 1 A 223, proposition de nomination, décret du 26 septembre 1945, pièces du SHD et témoignages d’André Postel-Vinay — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification de Charles Émile Joseph Cliquet, né le 21 janvier 1891 à Imphy, dossier GR 16 P 134065 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Fédération nationale autonome des pupilles de la Nation et orphelins de guerre — Charles Cliquet, le résistant passeur — Étude biographique consacrée aux passages clandestins, à la déportation, à la famille et aux hommages de Vierzon — https://fnapog.fr/charles-cliquet-le-resistant-passeur/
Wiki GenNièvre — CLIQUET Charles — Présentation généalogique et historique, famille, déportation, décès, décorations et lieux de mémoire — https://www.gennievre.net/wiki/index.php?title=Cliquet_Charles
Musée de la Résistance en ligne — King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom — Présentation de la décoration britannique et identification de plusieurs Compagnons de la Libération qui en sont titulaires, dont Charles Cliquet — https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=8526&sens=verso
Dossier d’homologation
Service historique de la Défense — GR 16 P 134065
Le répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P comporte l’inscription suivante :
CLIQUET Charles Émile Joseph — né le 21 janvier 1891 à Imphy, Nièvre — GR 16 P 134065.
Le répertoire comporte des mentions d’homologation.
La concordance de l’état civil permet de rattacher sans ambiguïté ce dossier au Compagnon de la Libération.
Le dossier original n’a pas été directement dépouillé.
Les périodes exactes de service reconnues et les décisions administratives détaillées doivent donc être vérifiées dans les pièces originales.
Homonymie à prendre en considération
Le même répertoire mentionne notamment :
GR 16 P 134069 — CLIQUET Lucien, né le 21 janvier 1891 à Imphy.
La concordance exacte de la date et du lieu de naissance avec Charles Cliquet est remarquable.
Elle peut correspondre à une homonymie familiale ou à une situation administrative particulière.
Aucune parenté ne doit cependant être affirmée sans vérification de l’état civil.
La cote GR 16 P 134065 est celle retenue pour Charles Émile Joseph Cliquet.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 223
L’inventaire officiel du 24 septembre 2025 identifie :
CLIQUET Charles — 1 A 223.
Il décrit plusieurs ensembles documentaires.
Attribution de la croix de la Libération
Mémoire de proposition datant de 1945.
Décret du 26 septembre 1945.
Note remise par André Postel-Vinay sur l’activité de Charles Cliquet, datée du 26 mai 1945.
Renseignements administratifs
Bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons de la Libération, avril 1949.
Fiche de renseignements datée du 9 février 1959.
Fiche annuaire de la chancellerie, non datée.
La fiche de 1959 est postérieure au décès de Charles Cliquet.
Elle constitue donc un document administratif établi après sa mort.
Correspondances
Dix pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1958 et 2007.
Service historique de la Défense
Copie d’une fiche du réseau Pat O’Leary, datée du 12 septembre 1946.
Copie d’une fiche de renseignements datée du 10 avril 1947.
Copie d’une fiche d’identification datant des années 1940.
Copie d’une décision attribuant le titre de déporté résistant, datée du 16 juillet 1951.
Copie d’un certificat de validation des services, campagnes et blessures, daté du 13 février 1953.
Copie d’un état signalétique des services, non daté.
Témoignages
Témoignage d’André Postel-Vinay, daté de 1992.
Sépulture
Quatre courriers de 1997.
Fiche de sépulture de 2002.
Hommages et commémorations
Note d’information du 11 mars 1958 relative à une salle ou un pavillon « Docteur Cliquet ».
Quatre courriers concernant le passage Charles-Cliquet à Vierzon, datés de 2007.
Presse
Quatre articles publiés entre 1956 et 2016.
L’ensemble documentaire couvre la période 1945-2016.
Cet inventaire constitue une source archivistique de premier ordre.
Les documents originaux qu’il décrit n’ont toutefois pas été directement dépouillés.
Observations
Charles Cliquet appartient aux résistants dont l’engagement commence immédiatement après la défaite de juin 1940.
Son action ne repose pas sur la création d’une grande organisation clandestine.
Elle s’appuie initialement sur une situation géographique particulière et sur une décision personnelle.
Installé à Vierzon, à proximité de la ligne de démarcation, il choisit d’aider les militaires et prisonniers évadés.
Son épouse participe à cette activité.
Progressivement, leur domicile devient un relais important de plusieurs filières clandestines.
L’ampleur des passages organisés est exceptionnelle.
Selon l’Ordre de la Libération, entre 1 000 et 1 500 personnes bénéficient de son concours.
Cette activité contribue directement au fonctionnement des réseaux d’évasion et de renseignements.
Elle apporte également une aide importante aux forces alliées.
Les vingt et un aviateurs britanniques ou américains secourus illustrent cette dimension internationale de son engagement.
Son parcours se distingue également par sa persévérance.
Arrêté en juillet 1940, il reprend immédiatement son activité.
Arrêté avec son épouse en août 1942, il poursuit encore les passages.
Après son arrestation définitive du 23 mars 1943, il refuse de livrer des renseignements pendant les interrogatoires.
Il est ensuite déporté.
Il connaît plusieurs camps et Kommandos.
Il survit aux privations, au travail forcé et aux violences.
Il réussit finalement à s’évader en avril 1945.
Après la guerre, il termine ses études de médecine.
Il exerce à Montreuil-sous-Bois.
Il meurt cependant dès 1956, des suites de sa déportation.
Points documentaires à approfondir
Le dossier GR 16 P 134065 devra être consulté pour préciser les homologations administratives.
Le dossier 1 A 223 présente un intérêt particulier en raison des documents de 1945 et des témoignages d’André Postel-Vinay.
La copie de la fiche du réseau Pat O’Leary pourrait permettre d’identifier plusieurs bénéficiaires des passages clandestins.
La médaille de la Résistance française avec rosette doit faire l’objet d’une vérification nominative complémentaire.
La recherche du décret de Légion d’honneur et des décisions d’attribution des décorations américaines et britanniques permettrait de compléter le dossier.
Enfin, il serait utile de poursuivre les recherches sur les deux dossiers SHD de Charles et Lucien Cliquet, nés le même jour dans la même commune.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Charles Émile Joseph Cliquet, sa naissance le 21 janvier 1891 à Imphy, son décès le 27 mars 1956 à Paris, ses activités de passeur à Vierzon dès juin 1940, ses relations avec les services de renseignements, le réseau Pat O’Leary et l’OCM, les trois arrestations de 1940, 1942 et 1943, sa déportation à Buchenwald et dans plusieurs Kommandos, ses évasions de février et d’avril 1945, sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 26 septembre 1945 et ses deux décorations étrangères sont établis par des sources institutionnelles concordantes. Le dossier de Compagnon 1 A 223 et le dossier SHD GR 16 P 134065 sont identifiés. Les réserves concernent principalement les références administratives détaillées des décorations, les identités des personnes secourues et certains aspects du parcours militaire antérieur à 1940.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 21 janvier 1891 | Naissance de Charles Émile Joseph Cliquet à Imphy, Nièvre. |
| Avant 1914 | Études supérieures ; obtention d’une licence en droit, date à préciser. |
| 1914-1918 | Participation à la Première Guerre mondiale, parcours militaire à reconstituer. |
| Années 1920-1930 | Direction d’une entreprise de céramique à Vierzon. |
| Fin des années 1930 | Faillite de l’entreprise et commencement d’études de médecine. |
| Juin 1940 | Résidence à Vierzon avec son épouse Solange et leurs deux enfants. |
| 20 juin 1940 | Arrivée des troupes allemandes à Vierzon. |
| Juin 1940 | Début des passages clandestins de la ligne de démarcation. |
| Juillet 1940 | Première arrestation ; cinq jours de détention à Vierzon. |
| 1940-1942 | Développement des passages clandestins. |
| Mars 1941 | Perquisition allemande au domicile de Charles Cliquet. |
| 1941-1942 | Collaboration avec différents services de renseignements et réseaux d’évasion. |
| Août 1942 | Arrestation de Charles et Solange Cliquet ; quatre jours de détention. |
| Après août 1942 | Aide à cinq Canadiens ayant participé au raid de Dieppe. |
| 1940-1943 | Passage clandestin de 1 000 à 1 500 personnes selon l’Ordre de la Libération. |
| 23 mars 1943 | Troisième arrestation. |
| Mars-avril 1943 | Dix-sept jours d’interrogatoires à Bourges. |
| 1943 | Détention à Fresnes. |
| 13 septembre 1943 | Transfert à Sarrebruck. |
| 1943 | Déportation à Buchenwald, puis transfert au Kommando de Laura. |
| Juin 1944 | Retour à Buchenwald. |
| Septembre 1944 | Transfert volontaire au Kommando de Deutz afin de préparer une évasion. |
| 6 février 1945 | Première évasion. |
| 16 février 1945 | Reprise par la Gestapo. |
| Février-avril 1945 | Détention à Kaiserau. |
| 11 avril 1945 | Deuxième évasion ; passage des lignes allemandes près de Ründeroth. |
| Avril 1945 | Retour vers les forces alliées. |
| 26 mai 1945 | Note d’André Postel-Vinay consacrée à son action résistante. |
| 26 septembre 1945 | Décret de nomination comme Compagnon de la Libération. |
| Après 1945 | Achèvement de ses études de médecine et installation à Montreuil-sous-Bois. |
| 12 septembre 1946 | Fiche administrative du réseau Pat O’Leary conservée en copie au dossier 1 A 223. |
| Avril 1949 | Bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons. |
| 16 juillet 1951 | Décision attribuant le titre de déporté résistant. |
| 13 février 1953 | Certificat de validation des services, campagnes et blessures. |
| 27 mars 1956 | Décès à l’hôpital Saint-Antoine de Paris. |
| 1956 | Inhumation au cimetière de Vierzon-Ville. |
| 11 mars 1958 | Note relative à une salle ou un pavillon « Docteur Cliquet ». |
| 1962 | Décès de son épouse Solange, selon les sources locales. |
| 1992 | Témoignage d’André Postel-Vinay. |
| 2007 | Correspondances relatives au passage Charles-Cliquet à Vierzon. |
| 29 avril 2012 | Dénomination d’un pont à Vierzon, selon les sources locales. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Prénoms complets | SHD : Charles Émile Joseph ; autres notices : Charles. | Charles Émile Joseph retenu. |
| Naissance | Ordre de la Libération et SHD : 21 janvier 1891 à Imphy. | Concordance. |
| Décès | Ordre de la Libération : 27 mars 1956 à Paris XIIe. | Confirmé. |
| Profession avant-guerre | Ordre : dirigeant d’une petite entreprise ; sources locales : entreprise Hubert-Bouchard. | Compatible. |
| Épouse | Sources locales : Solange, née Hubert. | Retenu avec attribution. |
| Début de la Résistance | Ordre : juin 1940. | Confirmé. |
| Première arrestation | Ordre : juillet 1940, cinq jours. | Confirmée. |
| Deuxième arrestation | Ordre : août 1942, quatre jours, avec son épouse. | Confirmée. |
| Troisième arrestation | Ordre : 23 mars 1943. | Confirmée. |
| Nombre de personnes secourues | Ordre : entre 1 000 et 1 500. | Estimation institutionnelle retenue. |
| Aviateurs alliés | Ordre : 21 Britanniques ou Américains. | Confirmé. |
| Canadiens de Dieppe | Ordre : cinq militaires. | Confirmé ; identités à rechercher. |
| Réseau Pat O’Leary | Ordre et inventaire 1 A 223. | Concordance. |
| OCM | Ordre de la Libération. | Participation confirmée. |
| Déportation | Ordre : Sarrebruck, Buchenwald, Laura et Deutz. | Confirmée. |
| Première évasion | Ordre : 6 février 1945. | Confirmée. |
| Nouvelle arrestation | Ordre : 16 février 1945. | Confirmée. |
| Deuxième évasion | Ordre : 11 avril 1945. | Confirmée. |
| Titre de déporté résistant | Inventaire : décision du 16 juillet 1951. | Référence administrative confirmée. |
| Croix de la Libération | Ordre : décret du 26 septembre 1945. | Confirmé ; attribution non posthume. |
| Légion d’honneur | Ordre : chevalier. | Grade confirmé ; décret à rechercher. |
| Croix de guerre | Ordre : trois citations. | Confirmée. |
| Médaille de la Résistance avec rosette | Sources secondaires et ancienne notice ; non confirmée dans la liste officielle des décorations de la biographie ODL. | Attribution à vérifier dans la base des médaillés. |
| Medal of Freedom | Ordre : États-Unis. | Confirmée. |
| King’s Medal for Courage | Ordre et Musée de la Résistance en ligne. | Confirmée. |
| Lieux de mémoire | Sources locales : passage et pont ; inventaire ODL : passage et salle ou pavillon. | La mention d’absence de lieux de mémoire doit être corrigée. |
| Dossier SHD | GR 16 P 134065. | Cote confirmée. |
| Dossier de Compagnon | 1 A 223. | Cote confirmée. |
| Homonymie | Autre dossier GR 16 P 134069, Lucien Cliquet, même date et lieu de naissance. | Lien familial ou administratif à vérifier. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Charles CLIQUET — Biographie officielle, naissance et décès, activités de passeur, secours aux aviateurs alliés, relations avec les services de renseignements, arrestations, déportation, évasions, décret de nomination et décorations françaises et étrangères — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/charles-cliquet ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier 1 A 223, mémoire de proposition, décret du 26 septembre 1945, note d’André Postel-Vinay, copies de documents du SHD et pièces commémoratives — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, identification de Charles Émile Joseph Cliquet, né le 21 janvier 1891 à Imphy, dossier GR 16 P 134065, et identification d’un autre dossier au nom de Lucien Cliquet — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Fédération nationale autonome des pupilles de la Nation et orphelins de guerre — Charles Cliquet, le résistant passeur, récit de l’engagement clandestin à Vierzon, de la déportation et des hommages locaux — https://fnapog.fr/charles-cliquet-le-resistant-passeur/ ; Wiki GenNièvre — Charles Cliquet, notice généalogique et historique comprenant les renseignements familiaux, la chronologie de la déportation, les distinctions et les lieux de mémoire — https://www.gennievre.net/wiki/index.php?title=Cliquet_Charles ; Musée de la Résistance en ligne — King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom, présentation historique de la décoration et identification des Compagnons de la Libération qui en furent titulaires — https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=8526&sens=verso ; Ordre de la Libération — Une vie d’engagement, les Compagnons de la Libération dans la Grande Guerre, exposition mentionnant Charles Cliquet parmi les anciens combattants de 1914-1918 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/catalogue_une_vie_d_engagement_web.pdf