Pierre Charles Jean Joseph CLERDENT, alias « Max », né le 29 avril 1909 à Liège (Belgique), mort le 10 juin 2006 à Chaudfontaine (Belgique), belge.
Issu d’une famille catholique aisée de Liège, Clerdent étudie notamment au collège Saint-Roch de Ferrières et au collège Saint-Barthélemy. Il entreprend ensuite des études de droit, achevées en 1934, se perfectionne à Paris puis devient avocat au barreau de Liège. En 1939, il devient secrétaire du ministre Antoine Delfosse.
Engagement dans la Résistance
Il participe dès les débuts au groupe constitué autour de Delfosse qui donne naissance à l’Armée de la Libération. Après le départ ou l’arrestation de plusieurs responsables, Clerdent, sous le pseudonyme « Max », s’impose comme chef du mouvement.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Chef national de l’Armée de la Libération et colonel de la Résistance, il devient l’une des personnalités majeures de la Résistance belge.
Missions et actions
Clerdent organise et consolide l’A.L., participe aux rapports avec les autres organisations clandestines et intervient dans la coopération avec l’Armée secrète. Il est également associé à la mission Samoyède et à la distribution de fonds aux réfractaires au travail obligatoire par l’intermédiaire du réseau Socrate.
Le 21 octobre 1943, Pierre Clerdent et Jean del Marmol rendent contraignant l’accord de coopération entre l’Armée de la Libération et l’organisation qui devient l’Armée secrète, tout en maintenant l’autonomie organique de l’A.L.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources consultées pour cette rédaction n’établissent pas de déportation de Clerdent.
Camarades de combat
Antoine Delfosse, René Wéra, Joseph Fafchamps, Jules Malherbe, Joseph Dawans et, dans le cadre des relations avec l’Armée secrète, Jean del Marmol comptent parmi ses principaux interlocuteurs résistants.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Clerdent préside l’Union nationale des groupements de la Résistance, devenue ensuite Conseil national de la Résistance. Il joue un rôle important dans la création du Monument national de la Résistance à Liège. Il devient gouverneur de la province de Luxembourg de 1946 à 1953, puis gouverneur de la province de Liège de 1953 à 1971. Il exerce également d’importantes responsabilités économiques et politiques wallonnes.
Décorations
La documentation des Archives de l’État atteste un ensemble exceptionnel de distinctions belges et étrangères, parmi lesquelles la
- Croix de guerre belge 1940-1945 avec palme,
- la Médaille de la Résistance,
- Croix de guerre française 1939-1945 avec palme,
- Silver Star américaine
- Officier de l’Ordre de l’Empire britannique.
Il reçoit également de nombreuses décorations civiles et honorifiques après-guerre.
Lieux de mémoire
Le Monument national de la Résistance à Liège est étroitement associé à son action mémorielle d’après-guerre. Il est inhumé au cimetière de Robermont. La ville de Liège a également donné son nom à la place située devant la gare des Guillemins.
Références bibliographiques
Libération. Nos libertés retrouvées. La mémoire, Liège, 1994. Ouvrage de référence sur la Résistance liégeoise et l’environnement dans lequel agit Clerdent.
Pierre Clerdent. Une certaine idée du Pays de Liège, ouvrage consacré à son parcours et à son héritage, signalé en 2026 par les Archives de l’État en Belgique.
Références internet
Belgium WWII – CegeSoma, « Clerdent Pierre ». Biographie institutionnelle particulièrement détaillée sur sa formation, la Résistance et sa carrière d’après-guerre. Pierre Clerdent — Belgium WWII
Archives de l’État en Belgique, archives Pierre Clerdent. Fonds essentiel pour l’étude de son parcours et de l’Armée de la Libération. Archives Pierre Clerdent
Dossier d’homologation consulté
Les archives personnelles de Pierre Clerdent conservées aux Archives de l’État à Liège ont été identifiées comme fonds documentaire majeur. Aucune cote française SHD GR 16 P n’est retenue ici comme source principale.
Observations
Aucune homonymie affectant l’identification du résistant né en 1909 n’a été retenue. Il convient toutefois de ne pas le confondre avec des homonymes contemporains.
Indice de fiabilité Niveau A — Plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes permettent de reconstituer son identité, son activité résistante et sa carrière d’après-guerre.
Chronologie
| Date | Événement |
| 29 avril 1909 | Naissance à Liège |
| 1934 | Achève ses études de droit |
| 1939 | Secrétaire d’Antoine Delfosse |
| 1940-1941 | Participe à la formation de l’Armée de la Libération |
| 1942-1943 | Devient l’un des principaux dirigeants puis chef du mouvement |
| 21 octobre 1943 | Accord opérationnel avec l’organisation qui devient l’Armée secrète |
| 1945 | Présidence de l’organisation nationale regroupant des résistants |
| 1946-1953 | Gouverneur de la province de Luxembourg |
| 1953-1971 | Gouverneur de la province de Liège |
| 10 juin 2006 | Décès à Chaudfontaine |
Sources consultées
Belgium WWII – CegeSoma/Archives de l’État. La biographie « Clerdent Pierre » fournit les éléments essentiels concernant son état civil, sa formation, son entrée dans la Résistance, l’A.L. et son parcours après la Libération. Clerdent Pierre
Archives de l’État en Belgique. L’inventaire des archives Pierre Clerdent apporte une documentation institutionnelle de premier ordre, notamment sur la constitution de l’A.L. et sur les décorations de Clerdent. Inventaire Pierre Clerdent