Louise Yvonne CLERC, née PERRIN, dite Yvonne, née le 24 février 1914 à Saint-Amour (Jura), morte le 11 décembre 2018 à Saint-Amour (Jura), française.
Fille de Gustave Perrin, aiguilleur au PLM, et de Delphine Guillemin, Yvonne Perrin naquit rue des Augustins à Saint-Amour. Après sa scolarité, elle devint institutrice en 1933. Elle enseigna notamment à La Biolée, Montagna, Chazelles et Saint-Amour. Le 23 octobre 1937, à Chazelles, elle épousa Henri Clerc, négociant en vins à Saint-Amour. Le couple eut deux filles.
Engagement dans la Résistance
À partir de 1941, Yvonne Clerc s’engagea dans la Résistance aux côtés de son mari Henri Clerc. Elle distribua des journaux et des tracts clandestins, participa aux liaisons et contribua à l’accueil et à la protection de personnes recherchées. Les sources consacrées au Special Operations Executive indiquent que le domicile des Clerc servit de maison sûre à plusieurs agents britanniques, parmi lesquels Diana Rowden, John Starr, John Young et Harry Rée.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Yvonne Clerc travailla avec le groupe de Résistance organisé autour d’Henri Clerc à Saint-Amour et avec des agents de la section F du Special Operations Executive (SOE). Une ressource pédagogique consacrée aux Résistances la présente explicitement comme agent de liaison née en 1914 et travaillant avec le SOE.
La documentation britannique de Libre Résistance rattache également les époux Clerc à l’accueil et au soutien d’agents des circuits ACROBAT et STOCKBROKER.
Missions et actions
Son activité fut principalement celle d’un agent de liaison et de soutien clandestin. Elle achemina informations et documents, distribua la presse clandestine et guida ou hébergea des agents alliés. Le témoignage publié par Libre Résistance précise qu’en 1943 elle et Henri Clerc accueillirent Diana Rowden, courrier du circuit ACROBAT, et aidèrent aussi John Starr, John Young et Harry Rée. Après la fuite d’Henri Clerc lors de la descente allemande du 16 août 1943, Yvonne poursuivit ses activités, souvent à pied ou à bicyclette.
Arrestation / évasion / déportation
Le 26 novembre 1943, la Gestapo vint l’arrêter. Prévenue à temps, Yvonne Clerc parvint à échapper à l’arrestation et rejoignit son mari dans la clandestinité. Les sources consultées ne signalent pas de déportation la concernant.
Camarades de combat
Sa principale camarade de clandestinité fut son mari Henri Clerc, chef du groupe de Saint-Amour. Son parcours croisa également celui d’agents britanniques du SOE, notamment Diana Rowden, John Starr, John Young et Harry Rée. Le groupe local comprenait en outre des chefs de sections et combattants tels qu’Henri Desroches et, en 1944, Pierre Grégot.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Yvonne Clerc quitta l’enseignement et aida son mari dans la gestion de son commerce. Elle s’investit durablement dans les associations locales et patriotiques, dont elle devint une figure de mémoire.
Elle intervint notamment dans les établissements scolaires à l’occasion du Concours national de la Résistance et de la Déportation. Veuve en 1975, elle demeura très active dans la vie culturelle et mémorielle de Saint-Amour jusqu’à un âge avancé. Elle mourut à Saint-Amour le 11 décembre 2018, à l’âge de 104 ans.
Décorations
- Croix de guerre 1939-1945 — mentionnée par la presse locale à l’occasion de ses hommages et de la remise de la Légion d’honneur ; décret ou citation primaire non retrouvé lors des présentes recherches.
- Croix du combattant — mentionnée par la presse locale ; source primaire d’attribution non retrouvée lors des présentes recherches.
- Médaille de la Résistance française par décret du 15 octobre 1945 JO du 19 octobre 1945 Source ordre de la Libération Côte du dossier : 1O14026
- Ordre national du Mérite — chevalier selon les sources mémorielles et son avis de décès ; décret non retrouvé lors des présentes recherches.
- Légion d’honneur, chevalier — décret du 12 juillet 2013, promotion du bénévolat associatif, publié au Journal officiel ; la nomination concerne « Mme Clerc, née Perrin (Louise, Yvonne dite Yvonne) », ancienne institutrice et présidente d’honneur d’une association d’anciens combattants. La médaille lui fut remise à Saint-Amour en septembre 2013.
Lieux de mémoire
La commune de Saint-Amour a donné le nom d’Yvonne Clerc à une promenade, inaugurée après sa mort. La mémoire locale associe ainsi son nom à celui de son mari, déjà honoré par la rue du Capitaine-Henri-Clerc. Son parcours a également fait l’objet de ressources audiovisuelles et pédagogiques consacrées aux femmes dans la Résistance.
Références bibliographiques
M. R. D. FOOT, **Des Anglais dans la Résistance. Le Service secret britannique d’action (SOE) en France 1940-1944**, Tallandier, 2008. Histoire de référence du SOE en France, utile pour replacer les agents accueillis à Saint-Amour et les circuits britanniques dans lesquels s’inscrivit l’action de soutien des époux Clerc.
Gabrielle McDONALD-ROTHWELL, **Her Finest Hour: The Heroic Life of Diana Rowden, Wartime Secret Agent**, Amberley Publishing, 2017. Biographie de Diana Rowden, agente du SOE hébergée par les Clerc ; Yvonne Clerc contribua tardivement à la documentation de cette histoire par son témoignage.
Références internet
Légifrance. Le décret du 12 juillet 2013 confirme l’identité complète Louise Yvonne Perrin épouse Clerc et sa nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur. https://www.legifrance.gouv.fr/
Libre Résistance. Le bulletin n° 40 retrace l’engagement du couple Clerc, l’accueil d’agents du SOE, la tentative d’arrestation du 26 novembre 1943 et la fuite d’Yvonne vers le maquis.
Les Résistances / France 3 – Réseau Canopé. La ressource pédagogique présente Yvonne Clerc comme agente de liaison née en 1914 travaillant avec le SOE et lui consacre un film sur la Résistance à Saint-Amour. https://lesresistances.france3.fr/
Le Progrès. Les articles consacrés à Yvonne Clerc précisent sa naissance, sa carrière d’institutrice, son engagement à partir de 1941, ses activités clandestines, ses distinctions et sa vie associative après-guerre. https://www.leprogres.fr/
Acte-deces.fr. L’index des décès donne Louise Yvonne Perrin, née le 24 février 1914 à Saint-Amour et décédée le 11 décembre 2018 dans la même commune, acte n° 42. https://www.acte-deces.fr/recherche-deces-famille-perrin-2018
Dossier d’homologation consulté
Une entrée Mémoire des Hommes au nom de « PERRIN Yvonne Louise », née en 1914 à Saint-Amour, est signalée par les index consultés, mais la cote détaillée du dossier n’a pas pu être extraite des ressources accessibles. Aucun dossier SHD GR 16 P n’a donc été consulté pièce par pièce au cours de cette recherche.
Observations
L’état civil indexé donne les prénoms « Louise Yvonne », tandis que la plupart des sources mémorielles utilisent simplement « Yvonne Clerc ». Cette concordance est confirmée par le décret de Légion d’honneur de 2013, qui désigne « Clerc, née Perrin (Louise, Yvonne dite Yvonne) », née le 24 février 1914. Les sources secondaires divergent parfois sur l’année exacte du début de l’engagement, certaines évoquant 1940 et d’autres 1941 ; 1941 est retenu pour l’entrée structurée dans le réseau local, sans exclure des activités antérieures.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Fiabilité excellente. L’identité civile est confirmée par l’état civil indexé et un décret officiel ; l’engagement résistant et les missions sont documentés par plusieurs sources concordantes, dont des ressources consacrées au SOE et à la Résistance dans le Jura.
Chronologie
| Date | Événement |
| 24 février 1914 | Naissance à Saint-Amour (Jura). |
| 1933 | Début de sa carrière d’institutrice. |
| 23 octobre 1937 | Mariage avec Henri Clerc à Chazelles. |
| 1941 | Engagement dans la Résistance aux côtés d’Henri Clerc. |
| 1943 | Accueil et soutien de plusieurs agents du SOE à Saint-Amour. |
| 16 août 1943 | Après une descente allemande, Henri Clerc gagne la clandestinité ; Yvonne poursuit les liaisons. |
| 26 novembre 1943 | Échappe à une tentative d’arrestation par la Gestapo et rejoint la clandestinité. |
| 12 juillet 2013 | Nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur. |
| septembre 2013 | Remise de la Légion d’honneur à Saint-Amour. |
| 11 décembre 2018 | Décès à Saint-Amour. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Début de l’engagement | Libre Résistance : activités dès 1940 | Le Progrès : engagement en 1941 | 1941 retenu pour l’engagement structuré ; possibilité d’activités antérieures signalée. |
| Prénoms | Sources mémorielles : Yvonne Clerc | État civil et décret de 2013 : Louise Yvonne Perrin épouse Clerc | Louise Yvonne CLERC, née PERRIN, dite Yvonne. |
Sources consultées
Légifrance. Décret du 12 juillet 2013 portant promotion et nomination : identité, date de naissance et nomination comme chevalier de la Légion d’honneur. https://www.legifrance.gouv.fr/
Libre Résistance. Bulletin n° 40 : carrière et clandestinité.
d’institutrice, engagement du couple, hébergement d’agents du SOE, tentative d’arrestation
Les Résistances / France 3 – Réseau Canopé. Ressource « Yvonne Clerc » : qualification d’agente de liaison, naissance en 1914 et travail avec le SOE. https://lesresistances.france3.fr/
Le Progrès. Articles de 2013, 2017 et 2018 : état civil familial, enseignement, engagement, décorations, mémoire locale et décès. https://www.leprogres.fr/
Acte-deces.fr. Index de décès : Louise Yvonne Perrin, naissance le 24 février 1914 et décès le 11 décembre 2018 à Saint-Amour. https://www.acte-deces.fr/recherche-deces-famille-perrin-2018