Albert Marius CHAMBONNET, alias « Garros », « Védrines », « Didier », « Arnold » et « Logarithme », né le 4 octobre 1903 à Bessèges (Gard), mort exécuté le 27 juillet 1944 à Lyon (Rhône), français, officier de l’armée de l’Air, colonel de la Résistance, responsable du mouvement Combat, chef d’état-major puis chef régional de l’Armée secrète, chef régional des Forces françaises de l’intérieur pour la région R1, Compagnon de la Libération à titre posthume.
Jeunesse et formation
Albert Chambonnet naît le 4 octobre 1903 à Bessèges, dans le département du Gard.
Il grandit dans un milieu ouvrier marqué par les traditions minières et syndicales des Cévennes.
Son père est ouvrier mineur et militant syndicaliste. Cette origine sociale constitue un élément important de son environnement familial.
Les renseignements institutionnels actuellement accessibles ne permettent pas de reconstituer de manière suffisamment précise l’ensemble de sa scolarité.
1921-1924 — Engagement militaire
À l’âge de dix-huit ans, Albert Chambonnet s’engage dans l’armée française à Nîmes pour une durée de quatre années.
Il s’oriente vers les spécialités techniques de l’aéronautique militaire.
En 1924, il est sous-officier mécanicien dans l’aviation et instructeur à l’école des mécaniciens d’aviation de Nîmes.
Cette formation lui permet d’acquérir une connaissance pratique des matériels aéronautiques et des exigences de leur entretien.
Dans l’aviation militaire de l’entre-deux-guerres, les mécaniciens jouent un rôle essentiel.
Ils assurent la disponibilité des appareils, la surveillance des moteurs, la préparation des vols et les réparations nécessaires.
Les compétences techniques d’Albert Chambonnet lui permettent de progresser dans cette spécialité.
Mars 1924 — Départ pour le Levant
En mars 1924, il rejoint le Levant.
Il sert au sein du 2e groupe d’ouvriers aéronautiques.
De juillet à octobre 1925, il participe aux opérations militaires conduites dans le Djebel druze.
Ces opérations se déroulent pendant la révolte syrienne contre la présence française.
L’aviation contribue alors aux missions de reconnaissance, de liaison et aux opérations militaires.
Les fonctions techniques d’Albert Chambonnet participent au maintien en état des appareils utilisés.
Il convient de distinguer son service dans une formation aéronautique de la participation personnelle à des missions de vol, qui n’est pas établie.
1926 — Retour à la vie civile
À la fin de son engagement, en 1926, Albert Chambonnet quitte l’armée.
Il travaille comme mécanicien dans un garage.
Cette activité prolonge sa formation technique militaire.
1930 — Nouvel engagement dans l’armée
En 1930, il contracte un nouvel engagement dans l’aviation militaire.
Il souhaite poursuivre une carrière professionnelle dans cette arme.
Il prépare le concours des élèves officiers d’active de Versailles.
Il réussit ce concours et accède au corps des officiers.
1933 — Sous-lieutenant mécanicien
En 1933, Albert Chambonnet est nommé sous-lieutenant mécanicien.
Cette promotion représente une étape décisive.
Ancien sous-officier, il accède désormais à des responsabilités d’officier dans sa spécialité.
Il possède une expérience technique acquise dans l’armée et dans la vie civile.
Octobre 1935 — Lieutenant
En octobre 1935, il est promu lieutenant.
L’année suivante, il reçoit une affectation à la base aérienne de Tours.
1937 — Ministère de l’Air
En 1937, Albert Chambonnet sert à la Direction du matériel aérien militaire du ministère de l’Air.
Cette affectation le rapproche des services centraux chargés des équipements aéronautiques.
Elle témoigne de la reconnaissance de ses compétences techniques.
Les questions de production, de maintenance et de disponibilité des appareils prennent alors une importance considérable.
L’aviation militaire française doit faire face à la modernisation rapide des forces aériennes européennes, particulièrement de la Luftwaffe allemande.
Albert Chambonnet poursuit sa carrière dans ce contexte de réarmement.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il possède ainsi une solide connaissance de l’organisation technique de l’armée de l’Air.
Engagement militaire en 1939-1940
Mars 1940 — Promotion au grade de capitaine
Albert Chambonnet est promu capitaine en mars 1940.
Au mois de mai suivant, il est affecté au Grand Quartier général aérien.
Cette affectation intervient au moment où l’offensive allemande bouleverse la situation militaire.
Le 10 mai 1940, les forces allemandes déclenchent leur attaque à l’ouest.
Les armées françaises doivent rapidement abandonner plusieurs positions.
L’état-major aérien se replie successivement.
Albert Chambonnet accompagne ces déplacements.
Il passe notamment par Amboise, Bordeaux, puis Aulnat.
La défaite et les conditions de l’armistice provoquent chez lui un refus immédiat de la situation imposée à la France.
Il cherche à rassembler des camarades décidés à poursuivre la lutte.
Sa réaction s’inscrit dans une volonté de résistance précoce.
Les premières organisations clandestines sont encore peu nombreuses et leurs moyens extrêmement limités.
Elles se constituent principalement autour de relations personnelles, professionnelles ou politiques.
Albert Chambonnet appartient à ces militaires qui passent progressivement du refus individuel de l’armistice à l’organisation d’une lutte clandestine structurée.
Engagement dans la Résistance
1940-1941 — Le Coq enchaîné
Après la défaite, Albert Chambonnet entre dans l’une des premières organisations de Résistance de la région lyonnaise, Le Coq enchaîné.
Ce mouvement clandestin se développe dans un milieu particulièrement hostile au régime de Vichy et à l’occupation allemande.
Ses activités comprennent la propagande, les contacts entre opposants et la recherche de moyens permettant de poursuivre la lutte.
Pour Albert Chambonnet, cette appartenance constitue une première étape.
Il dispose de relations dans les milieux militaires et aéronautiques.
Ces contacts pourront être mobilisés pour recruter de nouveaux résistants.
Mars 1942 — Affectation à Lyon-Bron
En mars 1942, Albert Chambonnet est affecté à la base aérienne de Lyon-Bron.
Il y rencontre le capitaine Claudius Billon.
Ce dernier joue un rôle important dans l’organisation militaire du mouvement Combat.
Par son intermédiaire, Chambonnet rejoint cette organisation dirigée par Henri Frenay.
Il reçoit notamment la mission de développer la Résistance au sein de la base aérienne.
Cette activité présente plusieurs intérêts.
Les personnels militaires possèdent une formation utilisable dans l’organisation clandestine.
Certains disposent de compétences en matière de transmissions, de mécanique ou de logistique.
Les installations aéronautiques constituent également des lieux importants pour l’observation des activités militaires.
Albert Chambonnet cherche à recruter des hommes fiables.
Il constitue progressivement des noyaux résistants.
Sa fonction officielle lui permet d’approcher des militaires susceptibles de s’engager.
Juillet 1942 — Chef d’état-major régional de l’Armée secrète
En juillet 1942, Albert Chambonnet est désigné chef d’état-major régional de l’Armée secrète, sous le pseudonyme « Védrines ».
Claudius Billon exerce alors les fonctions de chef régional.
L’Armée secrète cherche à regrouper les formations paramilitaires de plusieurs mouvements de Résistance.
Elle doit préparer l’organisation d’une force clandestine capable d’intervenir lors de la libération du territoire.
Le rôle de Chambonnet est particulièrement important.
Il doit contribuer à la structuration des groupes, au recrutement des responsables locaux et à la préparation d’un commandement régional.
Son action s’étend progressivement au-delà du département du Rhône.
Il développe des relations dans l’Ain, le Jura, la Haute-Savoie, l’Isère, l’Ardèche et la Drôme.
Cette extension géographique impose une organisation plus élaborée.
Les liaisons doivent fonctionner malgré les surveillances policières.
Les responsables clandestins doivent pouvoir transmettre des informations et recevoir des instructions.
Il faut également préparer les possibilités d’armement et de ravitaillement.
Albert Chambonnet contribue à donner une structure militaire aux groupes résistants.
Il travaille à rapprocher les formations paramilitaires des mouvements Combat, Libération et Franc-Tireur.
Cette activité constitue le fondement de ses responsabilités ultérieures.
Fin novembre 1942 — Passage à la clandestinité
À la fin de novembre 1942, Albert Chambonnet est placé en congé d’armistice.
Il se consacre désormais entièrement à la Résistance.
Sa situation devient de plus en plus dangereuse.
Après l’occupation de la zone sud par les forces allemandes, en novembre 1942, les possibilités d’action clandestine se trouvent profondément modifiées.
Les services allemands de sécurité étendent leurs activités.
Les organisations résistantes doivent renforcer leurs précautions.
La circulation des informations et les rencontres entre responsables comportent des risques croissants.
Janvier 1943 — Commandant
Albert Chambonnet est nommé commandant en janvier 1943, selon la chronologie publiée par l’Ordre de la Libération.
Les grades successivement indiqués dans sa biographie doivent être distingués de leur éventuelle homologation administrative postérieure à la guerre.
La consultation de son état signalétique et des services permettrait de préciser ce point.
Février 1943 — Arrestation de Claudius Billon
Au début de février 1943, Claudius Billon est arrêté par la Gestapo.
Cette arrestation constitue un coup important porté à l’organisation régionale de l’Armée secrète.
Billon est remplacé par Robert Ducasse, alias « Vergaville ».
Le nouveau chef régional conserve Chambonnet comme chef d’état-major.
Il lui confie également des responsabilités particulières dans les départements de l’Ain, du Jura et de la Saône-et-Loire.
Albert Chambonnet doit poursuivre la structuration de l’organisation malgré la disparition de plusieurs responsables.
Cette continuité est essentielle à la survie de la Résistance.
Chaque arrestation menace les liaisons et les réseaux constitués.
Les structures clandestines doivent pouvoir remplacer rapidement les responsables devenus indisponibles.
Mars-avril 1943 — Recherche par la police
Pendant les mois de mars et d’avril 1943, Albert Chambonnet doit se cacher.
Il est recherché par la police lyonnaise.
Cette situation ne l’empêche pas de poursuivre son activité.
Il doit cependant réduire ses déplacements et prendre de nouvelles précautions.
Mai 1943 — Mouvements unis de Résistance
Albert Chambonnet participe au renforcement de l’organisation des Mouvements unis de Résistance (MUR).
Il contribue à la mise en place de plusieurs services indispensables à l’action clandestine.
Parmi ceux-ci figurent le Noyautage des administrations publiques (NAP) et les structures chargées des atterrissages et des parachutages.
Le NAP vise à établir des relais au sein des administrations.
Ces contacts peuvent fournir des renseignements, faciliter certaines démarches et entraver l’application de mesures allemandes ou vichystes.
Les services des atterrissages et des parachutages sont chargés de préparer les opérations aériennes clandestines.
Ils doivent rechercher des terrains, organiser les équipes de réception et assurer la récupération des matériels.
Ces opérations sont essentielles pour l’approvisionnement de la Résistance.
Les armes et les explosifs provenant des Alliés doivent pouvoir être distribués aux groupes clandestins.
La connaissance du milieu aéronautique d’Albert Chambonnet constitue un avantage dans ce domaine.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
Le Coq enchaîné
Albert Chambonnet rejoint ce mouvement pendant les premières années de la Résistance.
Combat
À partir de mars 1942, il rejoint Combat par l’intermédiaire de Claudius Billon.
Il participe au développement de l’organisation clandestine à la base aérienne de Lyon-Bron.
Armée secrète (AS)
Il devient chef d’état-major régional en juillet 1942.
En octobre 1943, il accède au commandement régional.
Mouvements unis de Résistance (MUR)
Il participe aux activités de coordination des mouvements et à l’organisation de plusieurs services spécialisés.
Noyautage des administrations publiques (NAP)
Il contribue à l’établissement de relais clandestins dans les administrations.
Service des atterrissages et des parachutages (SAP)
Il intervient dans la structuration des activités nécessaires aux opérations aériennes clandestines.
Organisation de Résistance de l’Armée (ORA)
Il contribue à l’intégration de formations de l’ORA dans le dispositif régional de l’Armée secrète.
Francs-tireurs et partisans (FTP)
Il établit des contacts avec leurs responsables afin de préparer des actions communes.
Forces françaises de l’intérieur (FFI)
En janvier 1944, il est nommé chef régional pour la région R1.
Son engagement relève principalement de la Résistance intérieure organisée et du commandement militaire clandestin.
Missions et actions
Octobre 1943 — Chef régional de l’Armée secrète
En octobre 1943, Robert Ducasse, alias « Vergaville », est arrêté dans l’Ain.
Albert Chambonnet lui succède.
Sous le pseudonyme « Didier », il devient chef régional de l’Armée secrète.
Il réorganise ses services et désigne des chefs départementaux.
Il constitue un état-major comprenant cinq bureaux.
Cette structure vise à assurer une répartition plus efficace des responsabilités.
Albert Chambonnet conserve personnellement la direction du cinquième bureau, chargé de l’action immédiate.
Cette organisation témoigne de sa volonté d’assurer un commandement militaire structuré.
Les activités de la Résistance ne peuvent plus reposer exclusivement sur des initiatives isolées.
Les maquis se développent.
Les réfractaires au Service du travail obligatoire rejoignent de plus en plus nombreux les formations clandestines.
Leur incorporation impose de nouvelles contraintes.
Il faut prévoir l’hébergement, l’alimentation, la sécurité et l’instruction militaire des hommes.
Le ravitaillement devient une question centrale.
Les armes demeurent insuffisantes.
Albert Chambonnet cherche à coordonner les relations entre les maquis et l’Armée secrète.
Il contribue également à rapprocher les formations de l’ORA de l’organisation régionale.
26 novembre 1943 — Accord avec les FTP
Albert Chambonnet établit des relations avec les responsables du Front national et des Francs-tireurs et partisans.
Le 26 novembre 1943, un accord est signé en vue de conduire des actions communes.
Cet événement présente une importance particulière.
Les organisations résistantes possèdent des origines politiques et des structures différentes.
Leurs méthodes d’action peuvent également diverger.
La préparation de la Libération rend toutefois nécessaire une coordination militaire.
L’accord vise à faciliter les opérations conjointes et à limiter les difficultés résultant de la dispersion des forces clandestines.
Il constitue une étape dans le processus de rapprochement des principales formations armées de la Résistance.
Janvier 1944 — Chef régional des FFI
En janvier 1944, Albert Chambonnet est nommé chef régional des Forces françaises de l’intérieur pour la région R1.
Cette responsabilité constitue l’aboutissement de son ascension dans l’organisation militaire clandestine.
La région R1 s’articule autour de Lyon et couvre plusieurs départements du Sud-Est.
Albert Chambonnet doit assurer la coordination de formations très diverses.
Certaines appartiennent à l’Armée secrète.
D’autres relèvent de mouvements ou de réseaux possédant une histoire autonome.
Il doit également prendre en compte le développement rapide des maquis.
Les résistants attendent une amélioration de leur armement.
La préparation des opérations doit s’articuler avec les possibilités d’intervention des forces alliées.
Cette responsabilité expose particulièrement son titulaire.
Le commandement régional représente une cible prioritaire pour les services allemands.
L’arrestation du chef régional pourrait provoquer une désorganisation majeure de la Résistance.
Printemps 1944 — Préparation de l’insurrection
Pendant les premiers mois de 1944, Albert Chambonnet poursuit la structuration des FFI.
Il organise notamment des Troupes spéciales insurrectionnelles (TSI) dans les usines.
Ces groupes doivent participer aux actions clandestines et se préparer à intervenir lors de la Libération.
L’activité dans les entreprises présente un intérêt stratégique.
Les usines constituent des centres de production importants pour l’économie de guerre.
Elles peuvent aussi fournir des moyens matériels utiles à la Résistance.
Albert Chambonnet cherche à doter les groupes des équipements nécessaires.
Son expérience aéronautique et technique lui permet de comprendre les contraintes des organisations industrielles.
Il travaille à rapprocher la préparation de l’insurrection des possibilités concrètes des formations clandestines.
Avril 1944 — Grade de colonel
L’Ordre de la Libération indique qu’Albert Chambonnet accède au grade de colonel en avril 1944.
Ce grade correspond à l’importance de ses responsabilités régionales.
Son activité dépasse alors largement le cadre de son ancienne affectation dans l’armée de l’Air.
Il assume la coordination de formations provenant de plusieurs mouvements de Résistance.
8 juin 1944 — Première tentative d’arrestation
Le 8 juin 1944, Albert Chambonnet échappe de peu à une arrestation.
Les services allemands le recherchent activement.
Sa tête est mise à prix pour un million de francs, selon la biographie de l’Ordre de la Libération.
Deux jours plus tard, il est arrêté à Lyon.
Arrestation, emprisonnement et exécution
10 juin 1944 — Arrestation à Lyon
Albert Chambonnet est arrêté le 10 juin 1944.
L’Ordre de la Libération situe son arrestation place des Terreaux.
Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon précise qu’elle intervient vers midi, au café de la Paix, à la suite d’une dénonciation.
Il est arrêté par la police française, puis remis à la Gestapo.
La dénonciation constitue un élément central des circonstances de sa capture.
Les informations publiques consultées ne permettent cependant pas d’identifier avec une certitude suffisante l’ensemble des responsabilités individuelles.
Albert Chambonnet est conduit à la prison de Montluc.
Cette prison lyonnaise est utilisée par les autorités allemandes pour détenir de nombreux résistants.
Il y subit des interrogatoires et des tortures.
Selon la biographie de l’Ordre de la Libération, il refuse de fournir des renseignements à ses interrogateurs.
Son arrestation prive la Résistance régionale de l’un de ses principaux responsables militaires.
Juin-juillet 1944 — Détention à Montluc
Albert Chambonnet demeure emprisonné à Montluc.
Les autorités allemandes cherchent à obtenir des renseignements sur l’organisation régionale des FFI.
Elles souhaitent notamment identifier les responsables, les liaisons et les moyens matériels de la Résistance.
Il est condamné à mort.
Les conditions précises de cette décision nécessiteraient un contrôle dans les archives judiciaires et allemandes disponibles.
Des responsables de la Résistance cherchent à obtenir sa libération.
Selon l’Ordre de la Libération, un ultimatum est adressé au chef de la Gestapo.
Cette démarche semble avoir contribué temporairement à retarder son exécution.
La situation change brutalement le 27 juillet 1944.
27 juillet 1944 — Attentat place Bellecour
Un attentat vise le café-restaurant Le Moulin à Vent, place Bellecour à Lyon.
Cet établissement est fréquenté notamment par des militaires allemands et des collaborateurs.
Les autorités allemandes décident de répondre à l’attentat par une exécution publique.
Cinq hommes sont choisis parmi les détenus de Montluc.
Il s’agit de René Bernard, Albert Chambonnet, Francis Chirat, Gilbert Dru et Léon Pfeffer.
Ces prisonniers n’ont pas participé à l’attentat.
Leur exécution constitue une mesure de représailles.
Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation souligne expressément qu’ils étaient déjà incarcérés au moment des faits.
27 juillet 1944 — Exécution
Les cinq prisonniers sont transportés place Bellecour, devant le café-restaurant visé.
Ils sont exécutés publiquement.
Albert Chambonnet meurt aux côtés des quatre autres résistants.
L’Ordre de la Libération rapporte qu’il descend le dernier du camion et qu’il crie :
« Vive de Gaulle, vive la France. »
Cette déclaration est transmise par le récit biographique institutionnel.
Elle doit être considérée comme un témoignage rapporté concernant ses derniers instants.
Albert Chambonnet meurt à quarante ans.
Son exécution intervient moins d’un mois avant la libération de Lyon, survenue le 3 septembre 1944.
Son décès prive la Résistance régionale d’un responsable militaire expérimenté, qui avait participé à la structuration des formations clandestines depuis 1942.
Sépulture
Albert Chambonnet est inhumé au cimetière militaire du Val d’Enfer, à Cerdon, dans l’Ain.
La commune de Tramoyes indique que ses cendres y ont été inhumées le 10 septembre 1957.
Cette précision invite à distinguer la sépulture définitive des dispositions funéraires prises immédiatement après l’exécution.
Camarades de combat
Claudius BILLON — Capitaine d’aviation et responsable régional de l’Armée secrète. Il joue un rôle déterminant dans le recrutement d’Albert Chambonnet au sein de Combat. Les deux hommes travaillent directement à l’organisation militaire de la Résistance régionale en 1942.
Robert DUCASSE, alias « Vergaville » — Il succède à Claudius Billon après son arrestation de février 1943. Albert Chambonnet demeure chef d’état-major sous son autorité. L’arrestation de Ducasse en octobre 1943 entraîne la nomination de Chambonnet comme chef régional de l’Armée secrète.
Henri FRENAY — Fondateur et principal dirigeant du mouvement Combat. Albert Chambonnet appartient à ce mouvement à partir de 1942 et contribue au développement de son organisation militaire dans la région lyonnaise.
Lucien DEGOUTTE — Résistant associé aux premiers contacts d’Albert Chambonnet dans le milieu aéronautique lyonnais. Sa participation exacte aux opérations communes nécessite un dépouillement documentaire complémentaire.
Alban VISTEL — Responsable important de la Résistance dans la région lyonnaise. Son parcours recoupe celui d’Albert Chambonnet dans l’organisation et l’unification des mouvements clandestins.
Gilbert DRU — Résistant engagé dans les milieux chrétiens lyonnais. Détenu à Montluc, il est exécuté avec Albert Chambonnet le 27 juillet 1944.
Francis CHIRAT — Résistant lyonnais issu des milieux catholiques. Il est exécuté place Bellecour avec Albert Chambonnet.
Léon PFEFFER — Membre des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée. Il fait partie des cinq prisonniers exécutés place Bellecour.
René BERNARD — Militant communiste et résistant. Il est exécuté le 27 juillet 1944 avec Albert Chambonnet.
Ces quatre derniers hommes sont liés à Albert Chambonnet par les circonstances de leur captivité et de leur exécution commune. Cette communauté de destin ne permet pas d’affirmer qu’ils avaient auparavant participé ensemble à des opérations clandestines.
Retour à la vie civile et reconnaissance posthume
Albert Chambonnet meurt avant la Libération.
Il ne connaît donc pas le retour à la vie civile.
Sa reconnaissance officielle intervient après son décès.
1945 — Légion d’honneur et croix de la Libération
Albert Chambonnet est nommé chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.
Il reçoit également la croix de la Libération par décret du 28 mai 1945.
Cette dernière attribution récompense son engagement exceptionnel dans l’organisation militaire de la Résistance régionale.
1958 — Médaille de la Résistance française
Il reçoit la Médaille de la Résistance française à titre posthume par décret du 25 février 1958.
Cette attribution intervient près de quatorze ans après son exécution.
Elle témoigne de la poursuite des procédures administratives de reconnaissance après la guerre.
Mémoire locale
La ville de Lyon donne son nom à une rue proche de la place Bellecour.
Sa mémoire est également associée à celle des quatre autres résistants exécutés le 27 juillet 1944.
Le monument du Veilleur de pierre, inauguré en 1948, rappelle cet événement.
Des cérémonies commémoratives continuent de rendre hommage aux victimes.
Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon conserve une documentation historique relative à Albert Chambonnet et à son engagement.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — À titre posthume — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération — Date précise du décret et publication au Journal officiel non directement établies.
Compagnon de la Libération — À titre posthume — Décret du 28 mai 1945 — Journal officiel du 31 mai 1945, page 3110 — Dossier individuel 1 A 194 — Source : Ordre de la Libération ; texte du décret reproduit par la SAMLHOC.
Croix de guerre 1939-1945 avec palme — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération — Texte et date de la citation non directement examinés. La source institutionnelle emploie la formulation « palme de bronze ».
Médaille de la Résistance française — À titre posthume — Décret du 25 février 1958 — Journal officiel du 18 mars 1958 — Dossier individuel de médaille : cote non indiquée dans la fiche nominative consultée — Source : Ordre de la Libération, base officielle des médaillés de la Résistance française.
Lieux de mémoire
Bessèges — Gard. Commune natale d’Albert Chambonnet, le 4 octobre 1903.
Nîmes — Gard. Ville de son premier engagement militaire et de sa formation dans l’aéronautique.
Djebel druze — Syrie. Région des opérations militaires auxquelles il participe en 1925.
Versailles — Yvelines. Lieu de sa formation d’officier d’active.
Tours — Indre-et-Loire. Ville de son affectation militaire à partir de 1936.
Lyon-Bron — Rhône. Base aérienne où il participe à l’organisation de la Résistance à partir de 1942.
Lyon — Place des Terreaux. Secteur de son arrestation du 10 juin 1944.
Lyon — Prison Montluc. Lieu de son emprisonnement et des tortures subies.
Lyon — Place Bellecour. Lieu de son exécution, le 27 juillet 1944.
Lyon — Le Veilleur de pierre. Monument réalisé par Georges Salendre et inauguré en 1948 en mémoire des cinq résistants exécutés place Bellecour.
Lyon — Rue du Colonel-Chambonnet. Voie commémorant le chef régional de la Résistance.
Cerdon — Ain. Cimetière militaire du Val d’Enfer, lieu de sa sépulture.
Bessèges — Gard. Une plaque commémorative rappelle sa naissance et son engagement dans la Résistance.
Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation — Lyon. Institution conservant un fonds Albert Chambonnet, sous la référence Ar. 89.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant son dossier individuel sous la cote 1 A 194.
Références bibliographiques
Albert Chambonnet (1903-1944) – Faire face, Olivier Le Gouic et Alain Ravoyard, Éditions du Poutan, année et pagination de l’édition à contrôler. — Étude biographique détaillée consacrée au parcours d’Albert Chambonnet et à l’organisation de la Résistance dans la région Rhône-Alpes. L’ouvrage a reçu une mention lors de la remise du Prix Philippe Viannay – Défense de la France, signalée par l’Ordre de la Libération en mai 2025.
Dictionnaire des fusillés 1940-1944, ouvrage collectif sous la direction de Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu, Les Éditions de l’Atelier, 2015, pagination de la notice non vérifiée. — Ouvrage de référence pour l’étude des résistants exécutés pendant l’Occupation.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, édition de 2010 et édition actualisée de 2023, pagination de la notice non vérifiée. — Dictionnaire biographique permettant de replacer Albert Chambonnet dans l’histoire générale de la Résistance et de la France libre.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination non vérifiée. — Publication mémorielle dont un extrait figure dans le dossier individuel d’Albert Chambonnet conservé par l’Ordre de la Libération.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, 55 pages dans le fichier PDF consulté. — Répertoire archivistique identifiant le dossier individuel 1 A 194 et le dossier SHD GR 16 P 117943.
Références internet
Ordre de la Libération — Albert CHAMBONNET — Biographie officielle, pseudonymes, responsabilités dans Combat, l’Armée secrète et les FFI, arrestation et exécution — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-chambonnet
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire numérique de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identification du dossier 1 A 194 et du dossier SHD GR 16 P 117943 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924_0.pdf
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française — Fiche Albert Marius CHAMBONNET, attribution posthume de la médaille par décret du 25 février 1958, publication au Journal officiel du 18 mars 1958 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=16
Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Décrets de l’Ordre de la Libération — Reproduction du décret du 28 mai 1945 portant notamment attribution posthume de la croix de la Libération au colonel Albert-Marius Chambonnet — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/
Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon — Exécution de la place Bellecour — Présentation historique de l’exécution des cinq résistants du 27 juillet 1944 et du monument du Veilleur de pierre — https://www.chrd.lyon.fr/musee/collections/execution-de-la-place-bellecour
Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon — État des fonds — Inventaire signalant le fonds Albert Chambonnet, référence Ar. 89, et précisant les circonstances de son arrestation — https://www.chrd.lyon.fr/sites/chrd/files/content/medias/documents/2024-01/CHRDLyon_Etatdesfonds_01-2024.pdf
Commune de Tramoyes — Découvrir Tramoyes — Présentation historique mentionnant l’arrestation, l’exécution et l’inhumation des cendres d’Albert Chambonnet au Val d’Enfer en 1957 — https://www.tramoyes.fr/121-decouvrir-tramoyes
Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2025 — Présentation de l’ouvrage d’Olivier Le Gouic et Alain Ravoyard consacré à Albert Chambonnet — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2025
Mémorial national de la prison de Montluc — Rechercher un interné — Présentation des ressources d’archives permettant d’étudier les personnes emprisonnées à Montluc, notamment le fonds 3335 W — https://www.memorial-montluc.fr/ressources/default-title
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense — GR 16 P 117943 — CHAMBONNET Albert
L’inventaire officiel des dossiers des Compagnons de la Libération, lettre C, identifie expressément la cote :
GR 16 P 117943 — CHAMBONNET Albert.
Cette référence correspond au dossier individuel du bureau Résistance conservé au Service historique de la Défense.
L’identification est confirmée dans le répertoire institutionnel.
Le dossier original n’a cependant pas été directement dépouillé.
Il n’est donc pas possible de préciser l’intégralité des décisions d’homologation, les grades éventuellement reconnus après la guerre ou les pièces justificatives conservées.
La cote est certaine, mais la consultation du répertoire ne doit pas être assimilée à celle du dossier original.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 194
Le répertoire officiel identifie le dossier personnel d’Albert Chambonnet sous la cote :
1 A 194 — CHAMBONNET Albert.
Il comprend notamment les documents suivants.
Attribution de la croix de la Libération
Rapport sur les faits ayant motivé une proposition pour la croix de la Libération, daté du 11 décembre 1944.
Mémoire de proposition établi en 1945.
Ampliation de décret portant la date du 23 mai 1945.
Citation non datée.
La présence d’un rapport du 11 décembre 1944 présente un intérêt particulier.
Ce document a été établi quelques mois après l’exécution d’Albert Chambonnet.
Il est donc susceptible de contenir une reconstitution relativement proche des événements ayant motivé sa distinction.
Une anomalie chronologique doit toutefois être signalée : l’inventaire indique une ampliation datée du 23 mai 1945, alors que le décret officiel d’attribution est daté du 28 mai 1945.
La consultation de la pièce originale serait nécessaire pour déterminer s’il s’agit d’une erreur de description, d’une étape administrative distincte ou d’une autre particularité documentaire.
La date retenue pour la nomination comme Compagnon demeure celle du 28 mai 1945, directement confirmée par le décret officiel.
Renseignements administratifs
Fiche annuaire de la chancellerie de l’Ordre de la Libération, sans date indiquée.
Correspondances
Quatre pièces de correspondance échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1947 et 1985.
Ces correspondances sont postérieures au décès d’Albert Chambonnet.
Elles concernent donc ses proches ou d’autres personnes et institutions.
Leur contenu n’a pas été directement examiné.
Service historique de la Défense
Extrait des services militaires, sans date indiquée.
Ce document est particulièrement important pour la vérification des affectations et des promotions.
Travaux historiques
Extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, publié en 1961.
Extrait du Dictionnaire des fusillés 1940-1944, publié en 2015.
Sépulture
Deux courriers datés de 1993-1994.
Fiche de sépulture non datée.
Copie de notes manuscrites non datées.
Presse
Cinq articles, dont les dates extrêmes indiquées vont jusqu’à 2008.
Le répertoire présente l’ensemble documentaire comme couvrant la période 1944-2008.
Ces renseignements sont tirés de la description archivistique officielle. Les documents eux-mêmes n’ont pas été intégralement consultés.
Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon — Fonds Ar. 89
Le CHRD conserve un fonds Albert Chambonnet identifié sous la référence Ar. 89.
L’état des fonds indique notamment la présence d’états de service et d’éléments biographiques.
Il situe l’arrestation au café de la Paix, à Lyon, le 10 juin 1944, vers midi, à la suite d’une dénonciation.
Ce fonds présente un intérêt documentaire particulier pour l’étude de sa carrière militaire et de ses activités résistantes.
Un inventaire détaillé peut être demandé au CHRD.
Le contenu du fonds n’a pas été directement dépouillé.
Observations
Albert Chambonnet appartient aux principaux organisateurs militaires de la Résistance dans la région lyonnaise.
Son parcours présente plusieurs caractéristiques remarquables.
La première concerne son origine sociale et sa formation professionnelle.
Issu d’un milieu ouvrier et minier, il commence sa carrière militaire comme engagé volontaire.
Il acquiert une solide expérience technique dans l’aéronautique avant d’accéder au corps des officiers.
La deuxième est la précocité de son engagement résistant.
Après la défaite de juin 1940, il rejoint les premières organisations clandestines et cherche à rassembler des militaires opposés à l’armistice.
La troisième concerne son rôle dans Combat.
À partir de mars 1942, il contribue à l’organisation de la Résistance au sein de la base aérienne de Lyon-Bron.
Il étend progressivement ses activités à plusieurs départements.
La quatrième est son importance dans la structuration de l’Armée secrète.
Chef d’état-major régional dès juillet 1942, il devient chef régional en octobre 1943 après l’arrestation de Robert Ducasse.
Il constitue un état-major organisé et travaille à la coordination des formations paramilitaires.
La cinquième concerne ses relations avec les autres mouvements.
Son action vise notamment à rapprocher l’Armée secrète, l’ORA et les FTP.
L’accord du 26 novembre 1943 constitue une étape importante de ce travail.
La sixième est sa nomination à la tête des FFI de la région R1.
En janvier 1944, il reçoit une responsabilité militaire régionale majeure.
Il participe directement à la préparation des opérations de Libération.
La septième concerne la répression allemande.
Arrêté le 10 juin 1944, il est emprisonné et torturé à Montluc.
Il demeure détenu jusqu’au 27 juillet.
Il est alors exécuté avec quatre autres résistants en représailles à un attentat auquel aucun d’eux n’a participé.
Enfin, sa reconnaissance posthume s’appuie sur plusieurs distinctions institutionnelles.
La croix de la Libération lui est attribuée en mai 1945.
La Médaille de la Résistance française lui est décernée en février 1958.
Ces distinctions doivent être distinguées de leurs publications respectives au Journal officiel.
L’histoire d’Albert Chambonnet mérite également d’être étudiée à travers les archives locales.
Le fonds Ar. 89 du CHRD de Lyon, le dossier individuel de l’Ordre de la Libération et le dossier du SHD constituent trois ensembles documentaires complémentaires.
Ils permettraient notamment de préciser les circonstances de ses nominations, ses relations avec les responsables départementaux et les conditions de son arrestation.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité complète d’Albert Marius Chambonnet, sa naissance le 4 octobre 1903 à Bessèges, son exécution le 27 juillet 1944 à Lyon, ses principaux pseudonymes, sa carrière dans l’aviation, son appartenance à Combat et à l’Armée secrète, ses responsabilités régionales, son arrestation du 10 juin 1944 et son internement à Montluc sont établis par les sources institutionnelles de l’Ordre de la Libération et du CHRD de Lyon. Le décret du 28 mai 1945 et sa publication au Journal officiel du 31 mai 1945 sont documentés. La Médaille de la Résistance française est confirmée par la base nominative officielle, avec décret et date de publication. Les références archivistiques 1 A 194, GR 16 P 117943 et Ar. 89 sont établies. Les principales réserves concernent certains détails de sa carrière militaire, la date figurant sur l’ampliation du décret dans l’inventaire archivistique et l’identification précise des responsables de sa dénonciation.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 octobre 1903 | Naissance à Bessèges, Gard. |
| Vers 1921 | Engagement volontaire dans l’armée française à Nîmes. |
| 1924 | Sous-officier mécanicien dans l’aviation ; instructeur à Nîmes. |
| Mars 1924 | Départ pour le Levant. |
| Juillet-octobre 1925 | Participation aux opérations du Djebel druze. |
| 1926 | Fin de son engagement et retour à la vie civile. |
| 1930 | Nouvel engagement dans l’aviation militaire. |
| 1933 | Nomination au grade de sous-lieutenant mécanicien. |
| Octobre 1935 | Promotion au grade de lieutenant. |
| 1936 | Affectation à la base aérienne de Tours. |
| 1937 | Service à la Direction du matériel aérien militaire. |
| Mars 1940 | Promotion au grade de capitaine. |
| Mai 1940 | Affectation au Grand Quartier général aérien. |
| Juin 1940 | Repli avec l’état-major aérien pendant la campagne de France. |
| 1940-1941 | Engagement dans Le Coq enchaîné. |
| Mars 1942 | Affectation à Lyon-Bron ; entrée dans Combat par l’intermédiaire de Claudius Billon. |
| Juillet 1942 | Chef d’état-major régional de l’Armée secrète, pseudonyme Védrines. |
| Fin novembre 1942 | Congé d’armistice ; engagement complet dans la clandestinité. |
| Janvier 1943 | Grade de commandant. |
| Février 1943 | Arrestation de Claudius Billon ; maintien de Chambonnet comme chef d’état-major sous Robert Ducasse. |
| Mars-avril 1943 | Recherche par la police lyonnaise ; période de clandestinité renforcée. |
| Mai 1943 | Participation à l’organisation des MUR et de plusieurs services spécialisés. |
| Octobre 1943 | Arrestation de Robert Ducasse ; Chambonnet devient chef régional de l’AS sous le pseudonyme Didier. |
| Novembre 1943 | Grade de lieutenant-colonel. |
| 26 novembre 1943 | Accord préparant des actions communes avec les FTP. |
| Janvier 1944 | Nomination comme chef régional des FFI de la région R1. |
| Printemps 1944 | Organisation des Troupes spéciales insurrectionnelles dans les usines. |
| Avril 1944 | Grade de colonel. |
| 8 juin 1944 | Échappe à une tentative d’arrestation. |
| 10 juin 1944 | Arrestation à Lyon, à la suite d’une dénonciation. |
| Juin-juillet 1944 | Détention et tortures à la prison Montluc. |
| 27 juillet 1944 | Exécution place Bellecour avec quatre autres résistants. |
| 11 décembre 1944 | Rapport concernant une proposition pour la croix de la Libération. |
| 28 mai 1945 | Décret attribuant la croix de la Libération à titre posthume. |
| 31 mai 1945 | Publication du décret au Journal officiel. |
| 1948 | Inauguration du monument du Veilleur de pierre à Lyon. |
| 10 septembre 1957 | Inhumation de ses cendres au Val d’Enfer, à Cerdon, selon la commune de Tramoyes. |
| 25 février 1958 | Décret d’attribution posthume de la Médaille de la Résistance française. |
| 18 mars 1958 | Publication au Journal officiel de l’attribution de la médaille. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Identité complète | Ordre de la Libération : Albert CHAMBONNET. Base des médaillés : Albert Marius CHAMBONNET. | Les deux prénoms sont confirmés par la base officielle. |
| Date de naissance | Ordre de la Libération : 4 octobre 1903. Base des médaillés : même date. | Concordance complète. |
| Affectation à Lyon-Bron | Ordre de la Libération : mars 1942. Certaines références secondaires évoquent une présence antérieure. | Mars 1942 retenu pour l’affectation expressément documentée. |
| Chef régional de l’AS | Ordre de la Libération : octobre 1943. | Date retenue. |
| Chef régional des FFI | Ordre de la Libération : janvier 1944. | Date retenue, à distinguer du commandement de l’AS. |
| Arrestation | Ordre de la Libération : place des Terreaux, 10 juin 1944. CHRD : café de la Paix, vers midi, même date. | Sources compatibles ; le CHRD fournit une localisation plus précise. |
| Exécution | Ordre de la Libération et CHRD : place Bellecour, 27 juillet 1944. | Concordance complète. |
| Identité des autres exécutés | Ordre de la Libération et CHRD : René Bernard, Francis Chirat, Gilbert Dru, Léon Pfeffer. | Concordance sur les cinq victimes. |
| Croix de la Libération | Ordre de la Libération et décret officiel : 28 mai 1945. | Date confirmée. |
| Ampliation du décret | Inventaire 1 A 194 : document daté du 23 mai 1945. Décret : 28 mai 1945. | Anomalie chronologique dans la description archivistique ; examen de l’original nécessaire. |
| Médaille de la Résistance française | Base officielle : décret du 25 février 1958 ; JO du 18 mars 1958. | Attribution posthume confirmée. |
| Dossier de Compagnon | Ordre de la Libération : 1 A 194. | Cote confirmée. |
| Dossier SHD | Inventaire officiel : GR 16 P 117943. | Cote confirmée ; dossier non intégralement dépouillé. |
| Fonds local | CHRD Lyon : Ar. 89. | Référence archivistique confirmée. |
| Sépulture | Ordre de la Libération : cimetière militaire du Val d’Enfer à Cerdon. Commune de Tramoyes : inhumation des cendres le 10 septembre 1957. | Localisation confirmée ; chronologie funéraire à préciser par les archives. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Albert CHAMBONNET — Notice biographique officielle présentant la carrière militaire, l’engagement dans Combat, les responsabilités dans l’Armée secrète et les FFI ainsi que les circonstances de l’exécution — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-chambonnet ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, identification du dossier 1 A 194 et de la cote SHD GR 16 P 117943 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924_0.pdf ; Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française, Albert Marius CHAMBONNET, décret du 25 février 1958 et Journal officiel du 18 mars 1958 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=16 ; Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Décrets de l’Ordre de la Libération, texte du décret du 28 mai 1945 publié au Journal officiel du 31 mai 1945 — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/ ; Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon — Exécution de la place Bellecour, documentation historique et photographique relative aux cinq résistants exécutés le 27 juillet 1944 — https://www.chrd.lyon.fr/musee/collections/execution-de-la-place-bellecour ; Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon — État des fonds, janvier 2024, fonds Albert Chambonnet Ar. 89 — https://www.chrd.lyon.fr/sites/chrd/files/content/medias/documents/2024-01/CHRDLyon_Etatdesfonds_01-2024.pdf ; Commune de Tramoyes — Découvrir Tramoyes, éléments relatifs à l’arrestation, à l’exécution et à l’inhumation d’Albert Chambonnet — https://www.tramoyes.fr/121-decouvrir-tramoyes ; Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2025, présentation de l’ouvrage d’Olivier Le Gouic et Alain Ravoyard consacré à Albert Chambonnet — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2025 ; Mémorial national de la prison de Montluc — Rechercher un interné, présentation des ressources archivistiques concernant les détenus de Montluc — https://www.memorial-montluc.fr/ressources/default-title