La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CHABAN-DELMAS Jacques Michel Pierre né Jacques DELMAS, alias « Chaban », « Lakanal » et « Arc »,

Jacques Michel Pierre CHABAN-DELMAS, né Jacques DELMAS, alias « Chaban », « Lakanal » et « Arc », né le 7 mars 1915 à Paris (13e arrondissement, Seine), mort le 10 novembre 2000 à Paris (7e arrondissement), français.

Jacques Michel Pierre Delmas naît le 7 mars 1915 à Paris. Son père est ingénieur chez le constructeur automobile Delahaye et sa mère professeur de musique. L’Ordre de la Libération donne plus généralement son père comme administrateur de sociétés. Ces formulations ne sont pas nécessairement contradictoires mais traduisent des niveaux de précision différents.

Il effectue ses études secondaires au lycée Lakanal à Sceaux, dont il tirera plus tard l’un de ses pseudonymes clandestins. Il poursuit ses études à l’École libre des sciences politiques et obtient une licence en droit ainsi que des diplômes d’études supérieures de droit public et d’économie politique. Sportif accompli, il pratique notamment le rugby. Parallèlement à ses études, il collabore dès 1933 au journal L’Information.

Appelé sous les drapeaux en juin 1938, il sert d’abord au 37e régiment d’infanterie à Bitche selon l’Ordre de la Libération. Il suit ensuite la formation des élèves officiers de réserve et est reçu premier à Saint-Cyr en mars 1939, dont il sort major de la promotion « Maréchal Joffre ».

Aspirant puis sous-lieutenant, il sert pendant la « drôle de guerre » au 75e bataillon alpin de forteresse.

Démobilisé le 4 août 1940, il refuse de se résigner à la défaite et tente d’abord de gagner l’Angleterre. N’ayant pu quitter la France, il s’engage dans la Résistance intérieure quelques mois plus tard.

Engagement dans la Résistance

À la fin de décembre 1940, Jacques Delmas entre à Paris dans le réseau Hector, par l’intermédiaire du colonel Georges Groussard. Le réseau, commandé par le colonel Alfred Heurtaux, est spécialisé dans le renseignement. Delmas se consacre principalement aux informations économiques et industrielles, notamment à l’utilisation de l’appareil productif français au profit de l’occupant allemand.

Afin d’améliorer son accès aux renseignements économiques, il entre en juin 1941 comme contractuel au ministère de la Production industrielle. Cette position administrative lui permet de recueillir des informations utiles tout en poursuivant sa vie professionnelle sous couverture.

Le réseau Hector est durement atteint par les arrestations. À partir de la fin de 1942, Jacques Delmas établit directement des contacts avec les représentants de Londres et poursuit son travail de renseignement dans les services du ministère de l’Industrie.

Reçu au concours de l’Inspection des finances en mars 1943, il continue parallèlement ses activités clandestines avec l’Organisation civile et militaire (OCM), issue notamment de la recomposition d’éléments liés à Hector.

En octobre 1943, il adopte le pseudonyme « Chaban » et entre à la Délégation militaire du Comité français de la Libération nationale. Il devient l’adjoint du délégué militaire national Louis Mangin. Il se trouve désormais au cœur du dispositif reliant Londres et Alger à la Résistance intérieure.

Au début de 1944, il participe avec André Debray, René Courtin et Michel Debré à la création du Comité de financement intérieur de la Résistance (COFI). Il cotoie également, dans l’environnement de ce comité, Guillain de Bénouville et François Bloch-Laîné.

En mai 1944, Jacques Chaban est nommé délégué militaire national. À ce titre, il est chargé de transmettre à la Résistance intérieure les ordres du haut commandement interallié placé, pour les FFI, sous l’autorité du général Pierre Koenig et de veiller à leur application. Il devient également l’un des principaux interlocuteurs du Comité d’action militaire, ou COMAC, créé dans le cadre du Conseil national de la Résistance.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Le parcours résistant de Jacques Chaban-Delmas relève successivement ou simultanément de plusieurs organismes dont les fonctions doivent être distinguées.

Le réseau Hector constitue son premier engagement clandestin à partir de décembre 1940. Il y exerce principalement une activité de renseignement économique.

Après la désorganisation d’Hector, il travaille avec l’Organisation civile et militaire, qui devient l’un des principaux mouvements de Résistance de zone nord.

Ses relations avec Londres et la France combattante le placent ensuite dans le dispositif du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA).

À partir d’octobre 1943, son activité s’inscrit principalement dans la Délégation militaire nationale, dont il devient d’abord adjoint puis chef.

Il participe également à la création du Comité de financement intérieur de la Résistance (COFI).

Il entretient enfin des relations institutionnelles constantes avec le Conseil national de la Résistance, le COMAC et l’état-major national des Forces françaises de l’intérieur, sans que ces organes puissent tous être assimilés à des « réseaux » au sens strict.

Missions et actions

Renseignement économique et industriel. De 1940 à 1943, l’une des principales activités clandestines de Jacques Delmas consiste à recueillir des renseignements sur l’industrie française, ses capacités productives et son utilisation par l’occupant allemand. Son entrée au ministère de la Production industrielle lui offre une position particulièrement favorable à cette mission.

Coordination nationale des FFI . À partir de 1943-1944, la nature de son action change profondément. Il n’est plus seulement agent de renseignement mais devient l’un des responsables de la coordination militaire nationale de la Résistance.

Son témoignage souligne les difficultés provenant de la multiplicité des organisations militaires clandestines. Les mouvements avaient créé leurs propres formations armées sans véritable commandement commun. Les négociations conduites entre le CNR et le BCRA aboutissent finalement à une instruction du général de Gaulle du 10 mars 1944, qui organise un état-major national des Forces françaises de l’intérieur et un comité d’action, bientôt désigné sous le nom de COMAC.

Comme délégué militaire national, Chaban doit transmettre les directives du général Koenig et du haut commandement, coordonner l’action des responsables militaires de la Résistance intérieure et préparer l’utilisation des formations FFI lors de la Libération. Il entretient dans ce cadre des relations parfois difficiles avec le COMAC, notamment sur la question du calendrier et de l’intensité de l’insurrection.

Mission à Londres et préparation de la Libération de Paris. Promu général de brigade le 15 juin 1944 par décision du Gouvernement d’Alger, Jacques Chaban-Delmas devient, à vingt-neuf ans, l’un des plus jeunes généraux de l’histoire militaire française moderne.

Pendant l’été 1944, une divergence stratégique oppose ceux qui souhaitent déclencher rapidement l’insurrection parisienne et ceux qui craignent qu’une action prématurée n’entraîne la destruction de la capitale avant l’arrivée des armées alliées. Chaban et le délégué général Alexandre Parodi se montrent particulièrement attentifs à ce risque.

Le 7 août 1944, Chaban quitte clandestinement la France par une opération aérienne organisée dans l’Ain afin de gagner Londres. Il veut y exposer directement aux chefs alliés la situation militaire et politique de Paris et convaincre le commandement de modifier ses plans. Il rencontre ou alerte notamment les autorités françaises et alliées sur la nécessité d’éviter un abandon de Paris aux représailles allemandes.

Il quitte Londres le 13 août avec les instructions du général Koenig, est transporté au Mans par les Américains le lendemain et regagne Paris le 16 août, notamment à bicyclette pour une partie du trajet.

Libération de Paris . Lorsque l’insurrection parisienne commence le 19 août 1944, Chaban se trouve au centre des relations entre la Délégation générale, les FFI, le COMAC et le commandement allié.

Son témoignage évalue les FFI de Paris à environ 12 000 hommes répertoriés, mais avec un armement très insuffisant : environ 1 800 fusils et 250 mitraillettes. Il souligne que les groupes sont encore largement dispersés et que l’action résistante prend surtout la forme d’une guérilla locale.

Chaban défend temporairement la trêve négociée par le consul général de Suède Raoul Nordling afin d’éviter que les points d’appui de la Résistance ne soient écrasés par les forces allemandes avant l’arrivée de la 2e division blindée. Cette position provoque de fortes discussions avec les responsables favorables à la poursuite immédiate des combats, notamment dans l’entourage de Rol-Tanguy et du COMAC.

Le 24 août, l’avant-garde de la 2e division blindée entre dans Paris. Le lendemain matin, Chaban rejoint le général Philippe Leclerc de Hauteclocque à la Croix-de-Berny et entre avec lui dans la capitale. La notice de l’Ordre de la Libération et son propre témoignage confirment directement cet épisode.

Intégration des FFI et amalgame. Le rôle de Jacques Chaban-Delmas ne s’achève pas avec la Libération de Paris. Il constitue au contraire l’une des sources les plus intéressantes pour comprendre la transformation des forces de la Résistance en armée régulière.

Son témoignage distingue plusieurs mécanismes d’intégration. À la 2e division blindée, l’incorporation s’effectue principalement par engagements individuels au fur et à mesure de la progression. Dans la 1re Armée française, l’intégration peut également concerner des unités entières, comme la brigade Alsace-Lorraine commandée par André Malraux. Chaban estime qu’en octobre 1944 au moins 40 000 FFI avaient déjà été intégrés aux forces régulières.

Un décret d’intégration des FFI aux armées est pris le 19 août 1944 ; les règles d’application sont établies le 26 août et la dissolution de l’état-major national des FFI est prononcée le 29 août, même si sa disparition effective est progressive.

La fonction de délégué militaire national disparaissant, Chaban prend alors la tête d’une Mission de liaison et d’inspection de l’armée. Selon son propre témoignage, cette mission réunit des officiers supérieurs provenant pour un tiers des FFI, un tiers des forces de Leclerc et un tiers de celles de de Lattre. Ces officiers parcourent la France afin d’inspecter les unités et d’accompagner leur intégration dans l’armée reconstituée.

Cette fonction doit être distinguée de celle confiée par le général de Lattre au général Eugène Molle. Chaban intervient à l’échelle nationale dans la liaison, l’inspection et la réorganisation de l’armée ; Molle travaille spécifiquement à l’amalgame des FFI dans la Première Armée. La mission de Chaban est finalement intégrée à l’Inspection générale de l’armée reconstituée, commandée par de Lattre.

Arrestation / évasion / déportation

Jacques Chaban-Delmas mène plusieurs années d’activité clandestine sans être arrêté par les autorités allemandes ou vichystes.

Son départ de France du 7 août 1944 constitue une opération aérienne clandestine destinée à lui permettre de rejoindre Londres pour une mission officielle auprès du commandement allié. Il retourne en France quelques jours plus tard afin de reprendre ses fonctions au moment de la Libération de Paris.

Il n’a pas été interné ni déporté.

Camarades de combat

Le parcours de Jacques Chaban-Delmas le met en relation avec une très large partie des responsables de la Résistance nationale.

Louis Mangin est son supérieur direct lorsqu’il devient adjoint au délégué militaire national en octobre 1943.

Maurice Bourgès-Maunoury joue, selon Chaban, un rôle essentiel dans les négociations qui aboutissent à la création du dispositif national des FFI au début de 1944.

Alexandre Parodi, délégué général du Gouvernement provisoire, est l’un de ses collaborateurs les plus proches pendant la période précédant et accompagnant la Libération de Paris. Ensemble, ils cherchent notamment à concilier la volonté d’insurrection de la Résistance avec les impératifs militaires alliés.

André Debray, René Courtin et Michel Debré participent avec lui à la création du COFI au début de 1944.

Ses fonctions le mettent également en relation avec Pierre Koenig, commandant en chef des FFI ; avec Philippe Leclerc de Hauteclocque, qu’il rejoint le 25 août 1944 ; et, après la Libération, avec les structures militaires relevant du général Jean de Lattre de Tassigny.

Il est également en contact régulier, parfois dans un contexte de désaccord stratégique, avec les responsables du COMAC et de la Résistance parisienne, notamment Pierre Villon, Jean de Vogüé, Maurice Kriegel-Valrimont et Henri Rol-Tanguy. Le témoignage de Chaban insiste toutefois sur le respect personnel et la fraternité résistante maintenus malgré ces divergences.

Retour à la vie civile

Après la guerre, Jacques Chaban-Delmas quitte progressivement ses fonctions militaires et reprend une carrière administrative. À partir d’août 1945, il devient inspecteur des finances et secrétaire général du ministère de l’Information, sous l’autorité de Jacques Soustelle puis d’André Malraux.

En 1946, il est élu député de la Gironde. Il devient maire de Bordeaux en 1947 et conserve cette fonction jusqu’en 1995. Sa carrière politique nationale et locale devient alors exceptionnellement longue.

Sous la IVe République, il est notamment ministre des Travaux publics dans le gouvernement Pierre Mendès France en 1954-1955, ministre d’État dans le gouvernement Guy Mollet en 1956-1957 puis ministre de la Défense nationale en 1957-1958.

Sous la Ve République, il exerce à trois reprises la présidence de l’Assemblée nationale : de 1958 à 1969, de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988.

Le président Georges Pompidou le nomme Premier ministre en juin 1969. Chaban-Delmas cherche alors à promouvoir la « Nouvelle Société », projet visant notamment à moderniser les relations sociales et le fonctionnement économique du pays. Il demeure à Matignon jusqu’en juillet 1972.

Il se présente à l’élection présidentielle de 1974, sans parvenir au second tour. Il exerce également des responsabilités régionales en Aquitaine et devient en novembre 1996 président d’honneur de l’Assemblée nationale.

Grand sportif tout au long de son existence, il pratique le rugby et le tennis à un niveau élevé. L’Ordre de la Libération rappelle notamment qu’il fut international de rugby après-guerre et qu’il continua à participer à des compétitions de tennis à un âge avancé.

Jacques Chaban-Delmas meurt le 10 novembre 2000 à Paris, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Ses obsèques sont célébrées le 14 novembre à l’église Saint-Louis des Invalides. Il est inhumé à Ascain (Pyrénées-Atlantiques).

Décorations

Les décorations suivantes sont attestées par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération :

  • Commandeur de la Légion d’honneur — Source : Ordre de la Libération. et l’Assemblée nationale concordant sur le grade de commandeur.
  • Compagnon de la Libération — décret du 7 août 1945 — Source : Ordre de la Libération.
  • Croix de guerre 1939-1945 — Source : Ordre de la Libération.
  • Médaille de la Résistance française avec rosette — décret du 31 mars 1947 — publication au Journal officiel du 23 décembre 1948 — dossier n° 1O11880 — Source : Ordre de la Libération.
  • Commandeur de la Legion of Merit — États-Unis — Source : Ordre de la Libération.
  • Commandeur de l’ordre de Léopold II — Belgique — Source : Ordre de la Libération.
  • Commandeur du Virtuti Militari — Pologne — Source : Ordre de la Libération.
  • Commandeur de l’ordre d’Isabelle-la-Catholique — Espagne — Source : Ordre de la Libération.
  • Cordon de l’Étoile yougoslave — Yougoslavie — Source : Ordre de la Libération.

L’Assemblée nationale mentionne en outre une distinction de commandeur des Veterans of Foreign Wars, qui ne figure pas dans la liste publiée par l’Ordre de la Libération ; cette mention est donc conservée séparément et demanderait une vérification auprès d’une source américaine primaire avant intégration définitive à la liste des décorations.

Lieux de mémoire

La ville de Bordeaux, dont Jacques Chaban-Delmas fut maire pendant près d’un demi-siècle, concentre plusieurs lieux portant son nom.

Le stade Jacques-Chaban-Delmas, ancien Parc Lescure, a été rebaptisé en son honneur.

Le pont Jacques-Chaban-Delmas, pont levant franchissant la Garonne, a été inauguré en 2013.

À Paris, une esplanade Jacques-Chaban-Delmas se trouve dans le 7e arrondissement, à proximité de l’École militaire et des Invalides.

La notice MVR rappelle également le rôle de Chaban-Delmas dans la création en 1967 du Centre Jean-Moulin de Bordeaux, institution consacrée à l’histoire de la Résistance, de la Déportation et des Forces françaises libres.

Son souvenir demeure également attaché à l’Assemblée nationale, qui l’a fait président d’honneur en 1996 et lui a consacré plusieurs hommages historiques.

Références bibliographiques

Jacques CHABAN-DELMAS, Mémoires pour demain, Paris, Flammarion, 1997. Autobiographie majeure dans laquelle Chaban-Delmas revient sur la Résistance, de Gaulle, sa carrière politique et son action à Bordeaux. L’édition originale Flammarion est datée de 1997.

Jacques CHABAN-DELMAS, La Libération, Paris, Paris Match, 1984. Ouvrage consacré à la période de la Libération et particulièrement utile pour confronter le témoignage rétrospectif de Chaban-Delmas aux archives et travaux historiques.

Jacques CHABAN-DELMAS, Les Compagnons, Paris, Albin Michel, 1986. Évocation de parcours liés à la France libre et à la Résistance permettant d’appréhender la mémoire que Chaban-Delmas conserva de son engagement et de ses compagnons.

Patrick CHASTENET et Philippe CHASTENET, Chaban, Paris, Seuil, 1991. Biographie générale consacrée à la trajectoire résistante, administrative et politique de Jacques Chaban-Delmas.

Collectif, Les 3 vies de Chaban : Résistant, Maire et Homme d’État, Bordeaux, Éditions Sud Ouest, 2018. Ouvrage collectif mettant en perspective les trois dimensions principales de son parcours : la Résistance, Bordeaux et la carrière nationale.

Références internet

Ordre de la Libération. La notice institutionnelle « Jacques CHABAN-DELMAS » constitue la principale source biographique de référence pour son état civil, ses pseudonymes, sa formation, ses activités dans Hector et l’OCM, la Délégation militaire nationale, la Libération de Paris, sa carrière d’après-guerre et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-chaban-delmas

Fondation Charles de Gaulle. Le témoignage « La Résistance armée pour l’insurrection nationale », propos de Jacques Chaban-Delmas recueillis par Charles-Louis Foulon et initialement publiés dans la revue Espoir en 1984, constitue une source essentielle pour la création des FFI, les relations avec le COMAC, la Libération de Paris et surtout l’intégration des FFI dans les armées régulières.
https://www.charles-de-gaulle.org/blog/2024/07/15/la-resistance-armee-pour-linsurrection-nationale-par-jacques-chaban-delmas/

Assemblée nationale. La biographie historique consacrée à Jacques Chaban-Delmas documente sa longue carrière parlementaire, son statut de président d’honneur de l’Assemblée nationale et confirme notamment son grade de commandeur de la Légion d’honneur ainsi que plusieurs distinctions étrangères.
https://www.assemblee-nationale.fr/histoire/chaban-2010/biographie.asp

Bibliothèque nationale de France. Le Catalogue général confirme l’existence de l’édition Flammarion de Mémoires pour demain en 1997.
https://catalogue.bnf.fr/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote individuelle SHD GR 16 P n’a été identifiée avec suffisamment de certitude lors des présentes recherches et aucune cote de ce type ne doit être attribuée par déduction.

En revanche, l’Ordre de la Libération identifie formellement le dossier relatif à l’attribution de la Médaille de la Résistance française avec rosette sous la cote 1O11880. La médaille a été attribuée par décret du 31 mars 1947, publié au Journal officiel du 23 décembre 1948.

La documentation institutionnelle très abondante concernant Jacques Chaban-Delmas rend par ailleurs son identité et son engagement résistant indépendants de la découverte d’un dossier GR 16 P.

Observations

Mémoires pour demain doit être référencé dans son édition Flammarion de 1997, date attestée par la Bibliothèque nationale de France et également retenue par l’Ordre de la Libération.

L’itinéraire militaire de 1938-1939 doit être formulé avec précision : service initial au 37e régiment d’infanterie, formation d’élève officier, premier au concours de Saint-Cyr puis major de promotion, avant service comme aspirant puis sous-lieutenant au 75e bataillon alpin de forteresse.

La mission de Jacques Chaban-Delmas après la Libération doit être clairement distinguée du dispositif propre à la Première Armée. Chaban dirige une mission nationale de liaison et d’inspection, tandis que le général Eugène Molle exerce auprès de de Lattre une responsabilité spécifique dans l’amalgame des FFI au sein de la Première Armée.

Le témoignage de Chaban constitue une source de premier ordre sur cette question puisqu’il décrit lui-même sa mission comme composée pour un tiers d’officiers FFI, un tiers d’officiers provenant de Leclerc et un tiers de ceux de de Lattre.

Enfin, l’estimation selon laquelle au moins 40 000 FFI étaient déjà intégrés en octobre 1944 doit être comprise comme une photographie intermédiaire de l’amalgame et non comme l’effectif final des résistants incorporés dans les armées régulières.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, les pseudonymes, la formation, l’engagement dans Hector et l’OCM, l’activité de renseignement, les responsabilités exercées à la Délégation militaire nationale, la promotion au grade de général de brigade, la mission à Londres, la participation à la Libération de Paris et l’action d’après-Libération sont documentés par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération et par de nombreuses sources publiques concordantes. Le rôle de Chaban dans l’organisation et l’intégration des FFI est en outre directement documenté par son propre témoignage publié par la Fondation Charles de Gaulle.

Chronologie

DateÉvénement
7 mars 1915Naissance à Paris (13e arrondissement, Seine).
1933Début de sa collaboration au journal L’Information.
Juin 1938Appelé au service au 37e régiment d’infanterie à Bitche.
Mars 1939Reçu premier à Saint-Cyr ; sort major de la promotion « Maréchal Joffre ».
1939-1940Aspirant puis sous-lieutenant au 75e bataillon alpin de forteresse.
4 août 1940Démobilisation.
Décembre 1940Entrée dans le réseau Hector.
Juin 1941Entre comme contractuel au ministère de la Production industrielle afin de faciliter son travail de renseignement.
Fin 1942Après la chute d’Hector, poursuit le renseignement en contact avec les représentants de Londres.
Mars 1943Reçu au concours de l’Inspection des finances ; poursuit parallèlement son activité avec l’OCM.
Octobre 1943Adopte le pseudonyme « Chaban » et devient adjoint au délégué militaire national Louis Mangin.
Début 1944Participe à la création du COFI.
10 mars 1944Instruction organisant l’état-major national des FFI et le dispositif qui devient le COMAC.
Mai 1944Devient délégué militaire national.
15 juin 1944Promu général de brigade.
7 août 1944Départ clandestin pour Londres afin d’exposer la situation de Paris au commandement allié.
13 août 1944Quitte Londres avec les instructions de Koenig.
16 août 1944Retour à Paris.
19 août 1944Début de l’insurrection parisienne ; décret gouvernemental d’intégration des FFI dans les armées.
20-22 août 1944Discussions autour de la trêve parisienne et de la poursuite de l’insurrection.
24 août 1944Entrée de l’avant-garde de la 2e DB dans Paris.
25 août 1944Chaban rejoint Leclerc à la Croix-de-Berny et entre avec lui dans Paris.
26 août 1944Publication des règles d’intégration des FFI dans les armées.
29 août 1944Dissolution théorique de l’état-major national des FFI.
Automne 1944Devient chef de la Mission de liaison et d’inspection de l’armée ; au moins 40 000 FFI sont déjà intégrés selon son témoignage pour le mois d’octobre.
18 janvier 1945Dissolution de la direction des FFI selon le témoignage de Chaban.
7 août 1945Nommé Compagnon de la Libération.
Août 1945Inspecteur des finances et secrétaire général du ministère de l’Information.
1946Élu député de la Gironde.
1947Devient maire de Bordeaux.
31 mars 1947Attribution de la Médaille de la Résistance française avec rosette.
1958-1969Premier mandat comme président de l’Assemblée nationale.
Juin 1969Nommé Premier ministre.
Juillet 1972Fin de ses fonctions de Premier ministre.
1974Candidat à l’élection présidentielle.
1978-1981Deuxième présidence de l’Assemblée nationale.
1986-1988Troisième présidence de l’Assemblée nationale.
1995Fin de son mandat de maire de Bordeaux.
12 novembre 1996Devient président d’honneur de l’Assemblée nationale.
1997Publication de Mémoires pour demain.
10 novembre 2000Mort à Paris.
14 novembre 2000Obsèques à Saint-Louis des Invalides ; inhumation à Ascain.

Sources consultées le 21 août 2026

Ordre de la Libération. La notice « Jacques CHABAN-DELMAS » a fourni les principales données d’état civil, les pseudonymes « Chaban », « Lakanal » et « Arc », la formation universitaire et militaire, le passage par le 37e régiment d’infanterie et le 75e bataillon alpin de forteresse, les activités dans Hector et l’OCM, l’entrée à la Délégation militaire nationale, le COFI, la nomination comme délégué militaire national, la promotion au grade de général de brigade, la mission à Londres, la Libération de Paris, la carrière d’après-guerre et les principales décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-chaban-delmas

Fondation Charles de Gaulle. Le témoignage « La Résistance armée pour l’insurrection nationale », recueilli par Charles-Louis Foulon et initialement publié dans Espoir n° 47 en 1984, a fourni les éléments les plus précis sur la constitution des FFI, les rapports avec le COMAC, les divergences autour de l’insurrection parisienne, la trêve, l’arrivée de Leclerc, les mécanismes d’intégration des FFI et la Mission de liaison et d’inspection dirigée par Chaban après la Libération.
https://www.charles-de-gaulle.org/blog/2024/07/15/la-resistance-armee-pour-linsurrection-nationale-par-jacques-chaban-delmas/

Assemblée nationale. La biographie consacrée à Jacques Chaban-Delmas a confirmé ses fonctions parlementaires, sa désignation comme président d’honneur de l’Assemblée nationale, son décès et plusieurs distinctions, dont son grade de commandeur de la Légion d’honneur.
https://www.assemblee-nationale.fr/histoire/chaban-2010/biographie.asp

Ordre de la Libération — base des Médaillés de la Résistance française. La fiche nominative « Jacques Michel CHABAN-DELMAS » a confirmé l’attribution de la Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 31 mars 1947, la publication au Journal officiel du 23 décembre 1948 et la cote de dossier 1O11880.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies

Bibliothèque nationale de France — Catalogue général. La recherche bibliographique a confirmé l’édition Flammarion de Mémoires pour demain en 1997, permettant de rectifier la date 1998 donnée par la notice MVR.
https://catalogue.bnf.fr/

Jacques CHABAN-DELMAS

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