Alfred Maurice CAZAUD, né le 23 ou le 24 septembre 1893 à Montferrier (Ariège), mort le 5 avril 1970 à Rigautou, commune de Pont-de-Larn (Tarn), français, général de division, officier de la Légion étrangère, chef de corps de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, commandant de la 2e Brigade française libre, Compagnon de la Libération.
Jeunesse et formation
Alfred Cazaud naît en septembre 1893 à Montferrier, commune de l’Ariège située dans les Pyrénées.
Les renseignements institutionnels disponibles ne précisent pas l’identité de ses parents ni leur situation professionnelle.
Il reçoit une formation militaire dès son enfance et possède la qualité d’enfant de troupe.
Ce statut correspond aux jeunes garçons accueillis dans des établissements d’enseignement militaire, souvent en raison de leurs attaches familiales avec l’armée.
La formation associe instruction générale et préparation à la discipline militaire.
Elle peut faciliter l’accès à une carrière dans l’armée.
Vers 1911 — Engagement dans l’infanterie
À dix-huit ans, Alfred Cazaud s’engage volontairement dans l’armée française.
Il rejoint le 14e régiment d’infanterie, à Narbonne.
Il commence sa carrière comme simple soldat.
Ce point mérite d’être souligné : contrairement à plusieurs autres Compagnons de la Libération devenus officiers généraux, il ne commence pas sa carrière à Saint-Cyr.
Son avancement résulte d’abord de son expérience dans les rangs de la troupe.
Il est rapidement promu sergent.
Ses qualités lui permettent d’envisager l’accès au corps des officiers.
1914 — École militaire de Saint-Maixent
En 1914, Alfred Cazaud est admis à l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent.
Cet établissement assure notamment la formation d’officiers recrutés parmi les sous-officiers.
Le déclenchement de la Première Guerre mondiale interrompt cependant le déroulement normal de l’enseignement.
Le 8 août 1914, Alfred Cazaud reçoit son grade d’aspirant.
Il est nommé sous-lieutenant le mois suivant.
Sa carrière d’officier commence donc au moment même où l’armée française entre dans une guerre d’une violence exceptionnelle.
Il va rapidement acquérir une expérience importante du commandement au combat.
Première Guerre mondiale
1914-1915 — Premiers combats
Alfred Cazaud participe aux opérations de la Première Guerre mondiale dans l’infanterie.
Les jeunes officiers sont alors directement exposés.
Ils doivent conduire leurs hommes lors des attaques, organiser la défense des positions et maintenir la cohésion des unités malgré les pertes.
Son comportement est rapidement remarqué.
Il reçoit une première citation à l’ordre de l’armée en janvier 1915, puis une deuxième en mars 1915.
Une troisième citation, à l’ordre du régiment, lui est attribuée en juin 1915.
Cette succession de distinctions, obtenues pendant les premiers mois de son engagement, témoigne de la reconnaissance de ses qualités militaires.
Les textes intégraux des citations n’ont cependant pas été directement retrouvés.
Il n’est donc pas possible de préciser avec certitude chacun des faits d’armes récompensés.
1915-1917 — Commandement dans l’infanterie
Alfred Cazaud poursuit son service et accède au grade de lieutenant.
Il prend le commandement de la 10e compagnie du 30e régiment d’infanterie.
Cette fonction représente une responsabilité importante pour un jeune officier.
Il doit notamment diriger les opérations de sa compagnie, organiser les positions défensives et veiller au ravitaillement et à la sécurité de ses hommes.
Les combats de la guerre de positions imposent des contraintes particulièrement lourdes.
Les compagnies d’infanterie subissent les bombardements, les attaques ennemies et les difficultés matérielles de la vie dans les tranchées.
En 1917, Alfred Cazaud reçoit une nouvelle citation.
Cette quatrième distinction confirme la continuité de son engagement.
Avril 1918 — Blessure au mont Kemmel
En avril 1918, Alfred Cazaud participe aux combats du mont Kemmel, en Flandre belge.
Cette position domine une partie du secteur d’Ypres.
Elle constitue un objectif important pendant les offensives allemandes du printemps 1918.
Les combats sont particulièrement violents.
Alfred Cazaud est blessé par un éclat d’obus.
La documentation institutionnelle ne précise pas la gravité de cette blessure ni la durée de son hospitalisation.
Il survit aux combats et termine la guerre avec le grade de capitaine.
En quelques années, il est donc passé du rang de sergent à celui de capitaine, après avoir connu plusieurs campagnes, reçu quatre citations et subi une blessure.
Cette expérience constitue l’un des fondements de son autorité ultérieure.
À la différence d’un officier dont la formation aurait été essentiellement théorique, Alfred Cazaud possède une connaissance directe des conditions de combat de l’infanterie.
Son parcours pendant la Première Guerre mondiale explique en partie les responsabilités qui lui seront confiées dans la Légion étrangère puis dans les Forces françaises libres.
Carrière militaire entre les deux guerres
1919 — Retour à Saint-Maixent
En 1919, Alfred Cazaud retourne à l’École militaire de Saint-Maixent.
Il y suit pendant un an les cours destinés aux officiers.
Cette période lui permet de compléter sa formation professionnelle.
Elle intervient après quatre années de guerre qui ont profondément transformé les doctrines militaires et les méthodes d’emploi de l’infanterie.
L’enseignement peut désormais intégrer les enseignements tirés du conflit.
Années 1920 — Maroc et Tunisie
Après sa formation, Alfred Cazaud connaît plusieurs affectations en Afrique du Nord.
Il sert notamment au Maroc et en Tunisie.
Ces séjours s’inscrivent dans le contexte de l’administration coloniale française.
Les formations militaires y assurent des missions de garnison, de surveillance territoriale et parfois d’opérations contre des forces opposées au contrôle français.
La notice de l’Ordre de la Libération ne détaille pas toutes ses affectations.
Il serait donc imprudent de lui attribuer personnellement des opérations militaires déterminées sans consulter son état signalétique et des services.
Ces années lui permettent néanmoins d’acquérir une expérience des territoires d’Afrique du Nord.
Il se familiarise avec les contraintes du commandement dans des régions géographiques très différentes de celles qu’il a connues pendant la Première Guerre mondiale.
1934 — Promotion au grade de chef de bataillon
En 1934, Alfred Cazaud est promu chef de bataillon.
Il appartient désormais aux officiers supérieurs de l’armée française.
Cette promotion marque l’aboutissement de plus de vingt années de carrière.
Il possède une expérience du commandement, de l’instruction militaire et des affectations outre-mer.
1938 — Affectation à la Légion étrangère
En 1938, Alfred Cazaud rejoint la Légion étrangère.
Cette affectation est décisive pour la suite de son parcours.
La Légion étrangère possède une tradition militaire fondée sur la cohésion des unités, la discipline et l’engagement dans des conditions difficiles.
Elle comprend des volontaires de nombreuses nationalités.
Les officiers doivent donc posséder d’importantes qualités de commandement et d’organisation.
Alfred Cazaud sert au Maroc.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il appartient aux officiers expérimentés susceptibles de recevoir des responsabilités importantes dans une formation engagée hors de France.
Cette possibilité se concrétise au printemps 1940, lorsqu’il participe à la campagne de Norvège.
Engagement dans la France libre
1940 — Campagne de Norvège
Au printemps 1940, Alfred Cazaud est affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE).
Il exerce les fonctions de chef d’état-major de cette unité.
La demi-brigade appartient au corps expéditionnaire français engagé en Norvège aux côtés des forces britanniques.
Les opérations visent notamment à contrer l’offensive allemande en Scandinavie.
Le port de Narvik possède une importance stratégique en raison de son rôle dans le transport du minerai de fer suédois.
Les combats se déroulent dans des conditions climatiques et géographiques particulièrement difficiles.
Les unités doivent progresser en terrain montagneux, souvent enneigé.
L’organisation des déplacements, des communications et du ravitaillement constitue une contrainte permanente.
Dans ces circonstances, le chef d’état-major joue un rôle essentiel.
Il participe à la préparation des ordres, à la coordination des unités et à l’organisation du soutien logistique.
Alfred Cazaud contribue ainsi aux opérations de la 13e DBLE pendant la campagne de Narvik.
Mai-juin 1940 — Évacuation du corps expéditionnaire
Alors que les forces alliées remportent des succès en Norvège, l’offensive allemande contre la France modifie profondément la situation stratégique.
Les gouvernements alliés décident de retirer les forces engagées en Norvège.
La 13e DBLE regagne la France, puis doit de nouveau être évacuée devant la progression allemande.
Le 21 juin 1940, Alfred Cazaud arrive en Grande-Bretagne avec les éléments du corps expéditionnaire.
La veille, le général de Gaulle a lancé son appel à la poursuite des combats depuis Londres.
Le gouvernement du maréchal Pétain a demandé l’armistice.
Les militaires français présents en Grande-Bretagne doivent désormais choisir entre le retour sous l’autorité du gouvernement de Vichy et la poursuite de la guerre.
Alfred Cazaud choisit de rejoindre la France libre.
Cette décision constitue un acte de rupture avec les autorités militaires françaises qui acceptent l’armistice.
Elle intervient à une période où l’issue de la guerre paraît très incertaine.
Juin-juillet 1940 — Ralliement à la France libre
Alfred Cazaud se rallie au général de Gaulle.
Il reçoit rapidement le commandement de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, avec le grade de lieutenant-colonel.
Cette nomination constitue une étape majeure de sa carrière.
Il n’exerce plus seulement des fonctions d’état-major.
Il devient directement responsable d’une grande formation combattante.
La 13e DBLE est appelée à occuper une place centrale dans les premières campagnes terrestres de la France libre.
La mission de Cazaud consiste à maintenir la cohésion des légionnaires ayant décidé de continuer la lutte.
Il doit également préparer leur engagement dans de nouveaux théâtres d’opérations.
Les Français libres disposent encore de moyens matériels limités.
Leur équipement, leurs transports et leur approvisionnement dépendent largement de la coopération britannique.
L’expérience du commandement acquise par Alfred Cazaud pendant la Première Guerre mondiale et les années suivantes constitue donc un atout important.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
Forces françaises libres (FFL)
Alfred Cazaud rallie la France libre après son arrivée en Grande-Bretagne, le 21 juin 1940.
Il appartient aux officiers supérieurs qui acceptent de poursuivre la guerre sous l’autorité du général de Gaulle.
13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE)
Il sert dans cette formation pendant la campagne de Norvège puis en reçoit le commandement après son ralliement.
Il joue un rôle particulièrement important pendant la campagne d’Érythrée en 1941.
Brigade française d’Orient
Il commande le premier groupement de cette formation pendant les opérations d’Érythrée.
La brigade est placée sous les ordres du colonel Raoul Magrin-Vernerey, dit Monclar.
1er bataillon de Légion étrangère
Cette unité appartient au groupement qu’il commande pendant la campagne d’Érythrée.
Bataillon d’infanterie de marine (BIM)
La 3e compagnie de cette formation est intégrée à son groupement pendant les opérations d’Afrique orientale.
2e Division légère
En octobre 1941, Alfred Cazaud devient général de brigade et prend le commandement de cette formation dans le sud de la Syrie.
2e Brigade française libre
En avril 1942, il commande cette brigade indépendante en Libye.
Son rôle consiste notamment à préparer la formation aux opérations de guerre dans le désert.
Commandement territorial du Liban
Il exerce des responsabilités territoriales à partir de septembre 1941, puis de nouveau entre août 1942 et février 1945.
Division côtière du Levant
Il commande cette formation pendant une partie importante de la guerre.
36e division d’infanterie
En 1945, Alfred Cazaud prend le commandement de cette division pendant la campagne d’Allemagne.
Son engagement appartient à la France libre combattante et à la Résistance extérieure.
Aucune appartenance à un réseau clandestin de Résistance intérieure n’a été établie.
Missions et actions
Septembre 1940 — Préparatifs de l’expédition de Dakar
Après son ralliement, Alfred Cazaud participe aux premières opérations organisées par la France libre.
La documentation historique le rattache notamment aux préparatifs et aux opérations de l’expédition de Dakar, désignée par les Alliés sous le nom d’opération Menace.
L’objectif est d’obtenir le ralliement de l’Afrique-Occidentale française au général de Gaulle.
Cette opération possède une importance stratégique et politique.
Dakar constitue un grand port de l’Atlantique et un point d’appui important pour les communications maritimes.
Le ralliement de l’Afrique occidentale permettrait d’accroître considérablement les moyens territoriaux de la France libre.
Cependant, les autorités françaises demeurées fidèles à Vichy refusent de se rallier.
L’opération échoue en septembre 1940.
Il convient de distinguer la participation de la 13e DBLE aux opérations de la France libre de l’attribution à Alfred Cazaud d’actions personnelles qui ne seraient pas documentées.
Son rôle général dans le commandement de l’unité est établi.
Les détails de son activité pendant l’opération Menace nécessiteraient l’examen des archives opérationnelles.
Fin 1940 – début 1941 — Préparation de la campagne d’Érythrée
Après les premières opérations en Afrique, la France libre participe aux préparatifs d’une campagne contre les possessions italiennes d’Afrique orientale.
L’Érythrée constitue un territoire stratégique.
Elle donne accès à la mer Rouge et comprend plusieurs installations portuaires et militaires importantes.
Les forces italiennes disposent de positions défensives organisées autour des principaux axes de communication.
Le relief montagneux rend les opérations difficiles.
La Brigade française d’Orient est constituée sous le commandement du colonel Raoul Magrin-Vernerey, dit Monclar.
Alfred Cazaud reçoit le commandement de son premier groupement.
Cette formation comprend le premier bataillon de Légion étrangère et la 3e compagnie du Bataillon d’infanterie de marine.
Sa mission consiste à participer aux opérations offensives contre les positions italiennes.
La campagne exige une étroite coordination entre les forces françaises et britanniques.
Les unités doivent progresser dans des régions montagneuses, sous le feu d’une artillerie ennemie installée dans des positions favorables.
Mars 1941 — Bataille de Keren
La bataille de Keren constitue l’un des épisodes majeurs de la campagne d’Érythrée.
La ville et les positions montagneuses environnantes contrôlent des voies de communication essentielles.
Les forces italiennes ont organisé une défense particulièrement résistante.
Les troupes alliées doivent réduire successivement plusieurs positions fortifiées.
La progression est difficile et les pertes sont importantes.
Alfred Cazaud dirige son groupement pendant ces opérations.
Il doit assurer la coordination des éléments combattants et maintenir la cohésion de ses unités.
15 mars 1941 — Blessure à l’Engiahat
Le 15 mars 1941, Alfred Cazaud est blessé à la tempe par un éclat de mortier.
La blessure survient pendant les combats de l’Engiahat.
La notice officielle de l’Ordre de la Libération confirme cette date et la nature de la blessure.
Les circonstances exactes de l’impact et les soins reçus ne sont pas détaillés.
Son engagement se poursuit néanmoins pendant la campagne.
Cette blessure constitue un témoignage direct de son exposition aux combats.
Bien qu’il exerce un commandement supérieur, il demeure présent à proximité des opérations.
Avril 1941 — Asmara et Massaoua
Après la réduction des défenses italiennes de Keren, les forces alliées poursuivent leur progression en Érythrée.
Les opérations conduisent notamment vers Asmara et Massaoua.
Massaoua constitue un port important de la mer Rouge.
Les forces italiennes cherchent à défendre leurs installations et à retarder la progression alliée.
La 13e DBLE participe aux opérations sous le commandement d’Alfred Cazaud.
8 avril 1941 — Prise des forts de Massaoua
Le 8 avril 1941, la 13e DBLE participe à l’attaque des positions italiennes défendant Massaoua.
Sous le commandement d’Alfred Cazaud, elle s’empare du fort de Moncullo, du fort Victor-Emmanuel et du fort Umberto.
Cette action constitue l’un des faits d’armes les plus importants de la demi-brigade pendant la campagne d’Afrique orientale.
Elle contribue directement à l’effondrement du dispositif italien.
Selon la notice institutionnelle, l’opération permet la capture du commandant en chef italien en Afrique orientale, du commandant en chef des forces italiennes d’Érythrée, de deux officiers généraux, de 449 officiers et de plusieurs milliers de soldats.
Ces chiffres correspondent au bilan rapporté par l’Ordre de la Libération.
Ils doivent être considérés comme le résultat de la campagne et des opérations de prise de Massaoua, et non comme le nombre de prisonniers personnellement capturés par Alfred Cazaud.
Le commandement qu’il exerce est néanmoins déterminant dans le succès de son groupement.
La chute de Massaoua marque une victoire importante pour les forces alliées.
Elle contribue à éliminer la présence militaire italienne dans une région stratégique de la mer Rouge.
Pour la France libre, elle représente également l’un de ses premiers grands succès terrestres.
Le rôle d’Alfred Cazaud pendant cette campagne constitue le principal fondement militaire de sa reconnaissance comme Compagnon de la Libération.
23 juin 1941 — Attribution de la croix de la Libération
Alfred Cazaud est nommé Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941.
Cette attribution intervient quelques semaines après la victoire de Massaoua.
Elle récompense son engagement dans la France libre et le rôle joué à la tête de la 13e DBLE.
La date du décret est confirmée par la liste officielle des Compagnons.
L’inventaire de l’Ordre de la Libération identifie également un extrait de ce décret dans son dossier individuel.
La cote archivistique est 1 A 189.
L’attribution intervient du vivant d’Alfred Cazaud.
Elle le place parmi les premiers officiers supérieurs distingués par le général de Gaulle.
En mai 2020, l’Ordre de la Libération rappelle par ailleurs qu’il avait été décoré à Qastina, au Moyen-Orient, parmi un groupe de Compagnons comprenant plusieurs officiers et soldats des Forces françaises libres.
Juin-juillet 1941 — Campagne de Syrie
La campagne de Syrie commence en juin 1941.
Elle oppose les forces britanniques et françaises libres aux troupes françaises demeurées fidèles au gouvernement de Vichy.
La situation est particulièrement douloureuse pour les militaires français.
Des soldats appartenant à la même armée avant juin 1940 se trouvent désormais dans des camps opposés.
Les opérations ont pour objectif de prendre le contrôle du Levant et d’empêcher les puissances de l’Axe d’y disposer de facilités militaires.
Alfred Cazaud participe à cette campagne.
Le 25 juin 1941, il est promu colonel.
Cette promotion marque une nouvelle étape de son ascension.
Il a commencé sa carrière comme simple soldat et accède désormais à un grade supérieur après trente années de service.
Septembre 1941 — Commandement du territoire du Liban
En septembre 1941, Alfred Cazaud reçoit le commandement du territoire du Liban.
Cette affectation l’éloigne temporairement du commandement direct de la 13e DBLE.
La direction de la demi-brigade est confiée au lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari.
Cette transmission des responsabilités constitue une étape importante dans l’histoire de la formation.
Amilakvari deviendra l’une des figures les plus célèbres de la Légion étrangère française libre.
Il trouvera la mort pendant la bataille d’El Alamein en octobre 1942.
Alfred Cazaud exerce désormais des responsabilités territoriales.
Celles-ci comprennent l’organisation militaire, la sécurité et les relations avec les autres autorités présentes au Levant.
Octobre 1941 — Général de brigade
En octobre 1941, Alfred Cazaud est promu général de brigade.
Cette promotion intervient à une période où la France libre poursuit l’organisation de ses forces terrestres.
Il reçoit le commandement de la 2e Division légère, stationnée dans le sud de la Syrie.
Cette formation doit contribuer à la sécurité du théâtre d’opérations et à la préparation de nouveaux engagements.
Le rôle d’Alfred Cazaud évolue.
Il passe du commandement d’une demi-brigade spécialisée à celui d’une formation plus importante.
Ses responsabilités concernent désormais plusieurs unités et nécessitent une coordination plus large.
Décembre 1941 — Condamnation par contumace
En décembre 1941, Alfred Cazaud est condamné à mort par contumace par le tribunal militaire d’Oran.
La condamnation s’accompagne de la dégradation militaire.
Cette décision est prise par les autorités françaises demeurées fidèles à Vichy.
Elle constitue une sanction de son ralliement au général de Gaulle.
La condamnation présente une portée particulièrement grave.
Elle montre que les militaires ayant choisi la France libre sont considérés par le gouvernement de Vichy comme ayant rompu leurs obligations envers les autorités françaises.
Il convient de préciser qu’Alfred Cazaud n’est pas physiquement détenu à Oran.
La condamnation est prononcée en son absence.
Elle ne correspond donc pas à une arrestation ni à un emprisonnement.
La notice de l’Ordre de la Libération confirme le mois, la juridiction et les deux peines prononcées.
Le texte intégral du jugement n’a cependant pas été directement retrouvé.
Avril 1942 — Commandement de la 2e Brigade française libre
En avril 1942, Alfred Cazaud reçoit le commandement de la 2e Brigade française libre indépendante, engagée en Libye.
Sa mission consiste notamment à organiser et à préparer la brigade pour les opérations dans le désert.
Les conditions de la guerre en Afrique du Nord imposent des contraintes particulières.
Les distances sont considérables.
Les déplacements dépendent largement des moyens automobiles.
Les unités doivent disposer d’importantes capacités de ravitaillement, de dépannage et de réparation.
Les champs de mines constituent également un obstacle majeur.
La préparation d’une formation au combat nécessite donc une coordination efficace entre l’infanterie, l’artillerie et les services techniques.
Alfred Cazaud s’efforce de rendre sa brigade opérationnelle.
Son expérience de commandement acquise pendant les campagnes de Norvège et d’Érythrée lui permet de contribuer à cette préparation.
Le général assure une responsabilité de commandement et d’organisation.
Il ne faut pas lui attribuer automatiquement tous les combats ultérieurement livrés par les formations composant la brigade.
Août 1942 – février 1945 — Retour au Liban
En août 1942, Alfred Cazaud reprend le commandement du territoire du Liban.
Il exerce également le commandement de la Division côtière.
Il conserve ces responsabilités jusqu’en février 1945.
Cette période couvre une partie importante de la Seconde Guerre mondiale.
Elle correspond à une phase complexe de l’histoire du Levant.
Après la campagne de Syrie de 1941, les relations entre les autorités françaises et les responsables politiques syriens et libanais connaissent d’importantes transformations.
Les revendications d’indépendance se renforcent.
Les autorités britanniques et françaises doivent également tenir compte des impératifs militaires liés à la poursuite de la guerre au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, le commandement territorial possède une dimension militaire et administrative.
Alfred Cazaud doit notamment contribuer à la sécurité des installations, à l’organisation des formations présentes et à la disponibilité des moyens nécessaires aux opérations alliées.
La notice de l’Ordre de la Libération ne précise pas chacune de ses décisions pendant cette période.
Il serait donc imprudent de lui attribuer un rôle personnel déterminé dans les crises politiques libanaises sans documents supplémentaires.
Février 1945 — Commandement de la 36e division d’infanterie
En février 1945, Alfred Cazaud quitte ses responsabilités territoriales au Levant.
Il reçoit le commandement de la 36e division d’infanterie.
Il participe avec cette formation aux opérations de la campagne d’Allemagne.
La guerre entre alors dans sa dernière phase.
Les forces alliées progressent vers le territoire allemand.
Les opérations nécessitent une coordination importante entre les unités terrestres et les services de soutien.
Alfred Cazaud achève la guerre avec le grade de général de division.
Cette promotion représente l’aboutissement d’une carrière exceptionnelle commencée au début des années 1910 comme simple soldat.
Il a successivement exercé des responsabilités de commandement dans l’infanterie, la Légion étrangère, les Forces françaises libres et les grandes formations de l’armée française.
Son parcours pendant la Seconde Guerre mondiale se distingue notamment par la diversité de ses fonctions.
Il a été chef d’état-major pendant la campagne de Norvège, chef de corps de la 13e DBLE, commandant d’un groupement en Érythrée, général commandant une brigade en Libye, responsable territorial au Levant et commandant d’une division pendant la campagne d’Allemagne.
Arrestation, évasion et déportation
Alfred Cazaud n’a pas été identifié comme prisonnier de guerre, interné ou déporté pendant la Seconde Guerre mondiale.
Son ralliement à la France libre intervient après son arrivée en Grande-Bretagne, le 21 juin 1940.
Il s’agit d’un engagement volontaire dans la poursuite de la guerre.
En décembre 1941, il est condamné à mort et à la dégradation militaire par le tribunal militaire d’Oran.
Cette condamnation est prononcée par contumace.
Il n’est donc ni arrêté ni détenu à cette occasion.
Les principales atteintes à son intégrité physique connues sont sa blessure par éclat d’obus au mont Kemmel en avril 1918 et sa blessure à la tempe par éclat de mortier à l’Engiahat le 15 mars 1941.
Aucune déportation dans un camp de concentration allemand n’a été établie.
Camarades de combat
Raoul MAGRIN-VERNEREY, dit MONCLAR — Colonel de la Légion étrangère et Compagnon de la Libération. Il commande la Brigade française d’Orient pendant la campagne d’Érythrée. Alfred Cazaud sert sous ses ordres à la tête du premier groupement et participe aux combats de Keren et de Massaoua.
Dimitri AMILAKVARI — Officier de la 13e DBLE et Compagnon de la Libération. Il succède à Alfred Cazaud à la tête de la demi-brigade lorsque celui-ci reçoit le commandement du territoire du Liban en septembre 1941. Il meurt au combat pendant la bataille d’El Alamein en octobre 1942.
Charles de GAULLE — Chef de la France libre. Alfred Cazaud reconnaît son autorité après son arrivée en Grande-Bretagne en juin 1940. Il poursuit la guerre sous son commandement et reçoit la croix de la Libération par décret du 23 juin 1941.
Alfred REILINGER — Médecin militaire des Forces françaises libres. En avril 1942, il exerce les fonctions de médecin-chef de la 2e Brigade française libre placée sous le commandement du général Cazaud. Il participe aux opérations de Libye dans cette formation.
Louis René BÉNARD — Sous-officier des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération. Il sert à l’atelier lourd de la 2e Brigade française libre commandée par Alfred Cazaud. Ses fonctions comprennent notamment le dépannage et la récupération de matériels militaires dans des secteurs dangereux.
Hubert GERMAIN — Officier de la Légion étrangère, Compagnon de la Libération. Il appartient à la 13e DBLE et participe aux campagnes de la France libre. Son parcours s’inscrit dans l’histoire de la formation dont Alfred Cazaud assure le commandement pendant les premières opérations.
Jean SIMON — Officier de la Légion étrangère, Compagnon de la Libération. Il appartient à la 13e DBLE et participe notamment aux campagnes de Norvège et d’Afrique. Il sert dans l’environnement militaire placé sous l’autorité de Cazaud pendant les premières campagnes de la France libre.
Pierre MESSMER — Officier des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération. Il participe aux campagnes de la 13e DBLE et de la France libre. Son parcours croise celui des unités dans lesquelles Alfred Cazaud exerce ses responsabilités.
Jacques PÂRIS de BOLLARDIÈRE — Officier de la Légion étrangère, Compagnon de la Libération. Il appartient aux cadres de la 13e DBLE pendant les campagnes de la France libre.
Ces appartenances communes permettent d’établir un environnement militaire partagé. Elles ne démontrent pas nécessairement l’existence de relations personnelles étroites entre Alfred Cazaud et chacun des officiers cités.
Retour à la vie civile
1945-1946 — Occupation de l’Allemagne
Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, Alfred Cazaud demeure en service actif.
Il participe à l’occupation militaire de l’Allemagne.
Les forces françaises doivent notamment assurer la sécurité des territoires dont elles ont reçu la responsabilité.
Elles participent également au rétablissement de l’administration et à la réorganisation des installations militaires.
Alfred Cazaud poursuit ses fonctions de commandement.
Sa carrière se prolonge donc au-delà de la victoire militaire.
Juin 1946 — Passage dans le cadre de réserve
En juin 1946, Alfred Cazaud demande à quitter le service actif.
Il est admis dans le cadre de réserve.
Il possède alors le grade de général de division.
Cette décision met fin à une carrière militaire de plus de trente années.
Il s’installe dans le Tarn.
Les sources institutionnelles accessibles ne permettent pas de préciser avec certitude ses activités professionnelles ou associatives pendant les années suivantes.
Il demeure cependant lié à la mémoire de la Légion étrangère et de la France libre.
5 avril 1970 — Décès
Alfred Cazaud meurt le 5 avril 1970 à Rigautou, dans le Tarn.
Cette localité dépend de la commune de Pont-de-Larn.
Il est âgé de soixante-seize ans.
Il est inhumé à Payrin, dans le Tarn.
Son dossier individuel de l’Ordre de la Libération conserve plusieurs documents relatifs à sa sépulture et aux hommages rendus après sa mort.
Parmi eux figure notamment une allocution prononcée en 2005, lors d’un hommage organisé à Payrin.
Ces documents témoignent de la persistance de sa mémoire locale et militaire.
Décorations
Grand officier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Un mémoire de proposition datant de 1945 est signalé dans son dossier individuel 1 A 189. La date exacte de sa promotion au grade de grand officier et la publication correspondante au Journal officiel n’ont pas été vérifiées directement.
Compagnon de la Libération — Décret du 23 juin 1941 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 A 189 — Source : Ordre de la Libération. Date de publication au Journal officiel restant à établir.
Croix de guerre 1914-1918 — Quatre citations — Source : Ordre de la Libération. Les citations sont notamment associées à ses services de janvier, mars et juin 1915, ainsi qu’à ceux de 1917.
Croix de guerre 1939-1945 — Trois citations — Source : Ordre de la Libération. Les textes individuels n’ont pas été directement examinés.
Croix du combattant 1914-1918 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix du combattant 1939-1945 — Distinction mentionnée sous cette désignation dans la liste de l’Ordre de la Libération.
Médaille des blessés — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Alfred Cazaud est notamment blessé en avril 1918 au mont Kemmel et le 15 mars 1941 à l’Engiahat.
Médaille coloniale — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Les agrafes individuelles ne sont pas précisées dans la notice.
Médaille interalliée de la Victoire 1914-1918 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille de Verdun — Distinction mentionnée par l’Ordre de la Libération. Il convient de la distinguer des décorations nationales instituées par l’État.
Médaille du Levant — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative de Norvège — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique — Royaume-Uni — Commander of the Order of the British Empire, distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Grand officier de l’ordre royal de Saint-Olaf — Norvège — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix de guerre — Norvège — Décoration norvégienne confirmée par l’Ordre de la Libération.
Commandeur de l’ordre du Nichan Iftikhar — Tunisie — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Officier de l’ordre du Ouissam alaouite — Maroc — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative n’a été confirmée dans les sources consultées. Cette décoration ne figure pas dans la liste institutionnelle des distinctions d’Alfred Cazaud. Aucun décret, Journal officiel ou dossier nominatif de médaille ne peut donc lui être attribué avec certitude.
Observations relatives aux décorations
La distinction la plus importante au regard de la présente notice est la croix de la Libération.
Elle est attribuée par décret du 23 juin 1941, après les combats d’Érythrée.
La date du décret est confirmée par la liste officielle des Compagnons et l’inventaire de son dossier individuel.
Les deux croix de guerre témoignent de son engagement dans les deux conflits mondiaux.
Le nombre de citations est clairement précisé par l’Ordre de la Libération : quatre pour la Première Guerre mondiale et trois pour la Seconde.
Ses décorations britanniques et norvégiennes doivent être rapprochées de sa participation aux opérations interalliées.
Les décorations tunisienne et marocaine peuvent également être mises en relation avec ses affectations en Afrique du Nord, sans qu’il soit possible d’en préciser les circonstances d’attribution sans consulter les décisions originales.
La Médaille de la Résistance française ne doit pas être confondue avec la croix de la Libération.
Son attribution demeure non établie.
Lieux de mémoire
Montferrier — Ariège. Commune natale d’Alfred Cazaud, en septembre 1893.
Narbonne — Aude. Ville de son premier engagement militaire au 14e régiment d’infanterie.
Saint-Maixent-l’École — Deux-Sèvres. Établissement de sa formation d’officier en 1914 et de son perfectionnement en 1919.
Mont Kemmel — Belgique. Secteur de sa blessure d’avril 1918.
Maroc et Tunisie. Territoires de plusieurs affectations militaires de l’entre-deux-guerres.
Narvik — Norvège. Théâtre des combats auxquels il participe en 1940 comme chef d’état-major de la 13e DBLE.
Grande-Bretagne. Territoire où il rejoint les Forces françaises libres en juin 1940.
Dakar — Sénégal. Théâtre de l’opération Menace, en septembre 1940.
Keren — Érythrée. Secteur des combats de mars 1941 auxquels participe le groupement placé sous son commandement.
L’Engiahat — Érythrée. Lieu de sa blessure du 15 mars 1941.
Asmara — Érythrée. Ville associée à la progression alliée en avril 1941.
Massaoua — Érythrée. Lieu de la victoire du 8 avril 1941.
Fort de Moncullo — Massaoua. Position italienne prise par les unités de la 13e DBLE.
Forts Victor-Emmanuel et Umberto — Massaoua. Positions italiennes dont la capture contribue à la victoire de la France libre.
Syrie. Théâtre de la campagne de juin-juillet 1941 et de ses responsabilités à la tête de la 2e Division légère.
Liban. Territoire dont il exerce le commandement militaire pendant une partie importante de la guerre.
Libye. Théâtre du commandement de la 2e Brigade française libre en 1942.
Allemagne. Théâtre de la campagne de 1945 et de ses fonctions militaires d’après-guerre.
Rigautou, Pont-de-Larn — Tarn. Lieu de son décès, le 5 avril 1970.
Payrin — Tarn. Lieu de son inhumation.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant son dossier individuel sous la cote 1 A 189 ainsi que son casque de général de brigade, acquis en 2019.
Références bibliographiques
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2010, pagination non vérifiée. — Dictionnaire biographique de référence consacré aux titulaires de la croix de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, édition actualisée de 2023. — Publication institutionnelle permettant de replacer Alfred Cazaud dans l’histoire des Forces françaises libres.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination non vérifiée. — Publication mémorielle consacrée aux Compagnons de la Libération.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, répertoire numérique, version du 24 septembre 2025, 54 p. — Instrument archivistique décrivant le dossier individuel d’Alfred Cazaud sous la cote 1 A 189.
Bulletin trimestriel de l’Amicale de la 1re Division française libre, avril 2006, numéro et pagination non vérifiés. — Publication dont un exemplaire est signalé dans le dossier personnel d’Alfred Cazaud, dans la documentation relative à sa sépulture.
La 13e DBLE et la campagne d’Érythrée, janvier-avril 1941, étude historique dont les références éditoriales complètes restent à préciser. — Documentation thématique à rechercher pour approfondir l’organisation du premier groupement, les combats de Keren et la prise de Massaoua.
Références internet
Ordre de la Libération — Alfred CAZAUD — Notice biographique institutionnelle présentant sa carrière militaire, son ralliement en juin 1940, les combats de Norvège et d’Érythrée, ses commandements et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/alfred-cazaud
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire numérique de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identifiant le dossier individuel 1 A 189 et les documents qu’il contient — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Ordre de la Libération — Liste alphabétique des Compagnons — Document institutionnel confirmant le nom d’Alfred Cazaud et le décret du 23 juin 1941 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf
Ordre de la Libération — Lettre d’information de novembre 2019 — Présentation de l’acquisition du casque Adrian modèle 1926 ayant appartenu au général Alfred Cazaud et rappel de sa participation à la campagne d’Érythrée — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-novembre
Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2020 — Article consacré aux Compagnons décorés à Qastina, mentionnant Alfred Cazaud parmi les premiers combattants distingués — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2020
Service historique de la Défense — Numérisation des dossiers de la sous-série GR 16 P — Présentation institutionnelle des dossiers individuels de résistants et des modalités de consultation — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/numerisation-du-fonds-de-la-sous-serie-gr-16-p
L’Histoire en rafale — 5 avril 1970 : mort du général Alfred Cazaud — Publication historique du 5 avril 2026 reprenant les principales étapes de sa carrière et ses distinctions — https://lhistoireenrafale.lunion.fr/2026/04/05/5-avril-1970-mort-dalfred-cazaud-compagnon-de-la-liberation/
Wikipédia — Alfred Maurice Cazaud — Notice encyclopédique secondaire mentionnant notamment les références de son acte de naissance dans les archives départementales de l’Ariège — https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Maurice_Cazaud
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense — Sous-série GR 16 P
La recherche effectuée pour cette notice n’a pas permis d’identifier avec certitude une cote individuelle de la sous-série GR 16 P au nom d’Alfred Cazaud.
L’inventaire du dossier de Compagnon 1 A 189 mentionne une copie de son état des services provenant du Service historique de la Défense.
Il ne fournit cependant pas, dans la description correspondante, de cote individuelle GR 16 P.
Il convient donc de distinguer trois éléments :
L’existence du dossier personnel de Compagnon de la Libération, formellement confirmée.
L’existence d’une copie de l’état des services militaires conservée dans ce dossier.
L’identification d’un éventuel dossier d’homologation GR 16 P, qui demeure à établir.
Aucune cote GR 16 P ne peut être attribuée à Alfred Cazaud sans confirmation documentaire.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 189
Le répertoire officiel des archives de l’Ordre de la Libération identifie le dossier personnel d’Alfred Cazaud sous la cote 1 A 189.
Il comprend notamment les documents suivants.
Attribution de la croix de la Libération
Extrait du décret du 23 juin 1941.
Quatre courriers relatifs à l’attribution, datés de 1941.
Reçu du diplôme de la croix de la Libération daté du 12 juin 1965.
Renseignements administratifs
Fiche de renseignements de la chancellerie de l’Ordre de la Libération datée de février 1963.
Une seconde fiche de renseignements non datée.
Fiche annuaire de la chancellerie, sans date.
Correspondances
Neuf pièces de correspondance échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1957 et 1971.
Une partie de ces correspondances étant postérieure au décès d’Alfred Cazaud, elle concerne nécessairement d’autres correspondants.
Leur objet exact n’a pas été déterminé.
Service historique de la Défense
Copie d’un état des services, sans date indiquée.
Cette pièce présente un intérêt particulier pour la vérification des affectations militaires, des promotions et des blessures.
Son contenu intégral n’a pas été directement examiné.
Grande Chancellerie de la Légion d’honneur
Copie d’un mémoire de proposition daté de 1945.
Ce document pourrait permettre de préciser plusieurs éléments relatifs aux services militaires et aux décorations de l’intéressé.
Il ne permet cependant pas, sans examen de son contenu, de déterminer la date de la promotion au grade de grand officier.
Notes biographiques
Deux fiches biographiques non datées.
Sépulture
Fiche de sépulture établie par la mairie de Payrin en 1997.
Quatre courriers datés de 2005.
Copie du bulletin trimestriel de l’Amicale de la 1re Division française libre d’avril 2006.
Projet de fiche de sépulture non daté.
Fiche de sépulture sans date.
Hommages et commémorations
Allocution prononcée par Mathieu Camille lors d’un hommage rendu à Alfred Cazaud à Payrin en 2005.
Presse
Un article publié en 1970.
Le répertoire indique que l’ensemble documentaire couvre la période 1941-2006.
Ces renseignements proviennent de l’inventaire officiel. Ils établissent l’existence des pièces, mais ne doivent pas être assimilés à leur consultation matérielle et à leur dépouillement intégral.
Observations
Alfred Cazaud appartient aux officiers de carrière qui jouent un rôle important dans l’organisation et les premières victoires militaires de la France libre.
Son parcours présente plusieurs caractéristiques remarquables.
La première concerne son origine militaire.
Il commence sa carrière comme simple soldat.
Son avancement repose sur sa formation, son expérience et ses qualités de commandement.
À l’issue de la Première Guerre mondiale, il possède déjà le grade de capitaine, quatre citations et une blessure.
La deuxième caractéristique est son expérience de la Légion étrangère.
Affecté à cette formation en 1938, il participe à la campagne de Norvège en 1940 comme chef d’état-major de la 13e DBLE.
Il acquiert ainsi une expérience des opérations interalliées dans un environnement particulièrement difficile.
La troisième est la précocité de son ralliement.
Il rejoint la France libre après son arrivée en Grande-Bretagne, le 21 juin 1940.
Cette décision intervient avant la conclusion de l’armistice et alors que l’avenir du mouvement gaulliste demeure extrêmement incertain.
La quatrième est son rôle dans la campagne d’Érythrée.
À la tête du premier groupement de la Brigade française d’Orient, il participe aux combats de Keren et à la prise de Massaoua.
La capture des forts italiens du 8 avril 1941 constitue son principal fait d’armes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle contribue directement à une victoire importante des forces alliées.
La cinquième caractéristique est la diversité de ses commandements.
Après la 13e DBLE, il commande successivement une division légère, une brigade indépendante, un territoire militaire et une division d’infanterie.
Cette succession illustre les responsabilités confiées aux officiers expérimentés de la France libre.
La sixième concerne la répression exercée par le gouvernement de Vichy.
En décembre 1941, Alfred Cazaud est condamné à mort et à la dégradation militaire par contumace.
Cette sanction illustre la rupture entre la France libre et les autorités françaises demeurées fidèles au maréchal Pétain.
Enfin, sa carrière se poursuit après la capitulation allemande.
Il commande des troupes pendant l’occupation de l’Allemagne, puis quitte le service actif en juin 1946.
Plusieurs questions documentaires demeurent cependant ouvertes.
La première concerne sa date exacte de naissance, contradictoire dans la notice officielle.
La deuxième porte sur les détails des opérations conduites par son groupement en Érythrée, qui pourraient être précisés par les journaux de marche et les rapports militaires contemporains.
La troisième concerne les dates exactes de certaines promotions et décorations.
La quatrième porte sur l’existence éventuelle d’un dossier individuel d’homologation GR 16 P.
Enfin, la consultation du dossier 1 A 189, notamment de la copie de l’état des services et du mémoire de proposition pour la Légion d’honneur, permettrait de compléter utilement cette étude.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité générale, la naissance à Montferrier en septembre 1893, le décès du 5 avril 1970 dans le Tarn, la carrière militaire antérieure à 1939, les responsabilités au sein de la 13e DBLE, le ralliement à la France libre en juin 1940, les combats d’Érythrée, la blessure du 15 mars 1941, la prise des forts de Massaoua le 8 avril, les commandements au Levant et en Libye, la condamnation par contumace de décembre 1941, la participation à la campagne d’Allemagne et le passage dans le cadre de réserve en juin 1946 sont établis par l’Ordre de la Libération. Le décret du 23 juin 1941 et le dossier individuel 1 A 189 sont confirmés par un instrument de recherche institutionnel. L’acquisition en 2019 de son casque de général de brigade apporte un témoignage matériel supplémentaire. Des réserves documentaires concernent le jour exact de naissance, certaines dates de promotions et de décorations, les modalités précises de plusieurs commandements et l’identification éventuelle d’un dossier individuel SHD GR 16 P.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 23 ou 24 septembre 1893 | Naissance à Montferrier, Ariège. |
| Vers 1911 | Engagement volontaire au 14e régiment d’infanterie, à Narbonne. |
| Avant août 1914 | Promotion au grade de sergent et admission à l’École de Saint-Maixent. |
| 8 août 1914 | Nomination au grade d’aspirant. |
| Septembre 1914 | Nomination au grade de sous-lieutenant. |
| Janvier 1915 | Première citation à l’ordre de l’armée. |
| Mars 1915 | Deuxième citation à l’ordre de l’armée. |
| Juin 1915 | Troisième citation, à l’ordre du régiment. |
| Pendant la guerre | Promotion au grade de lieutenant ; commandement de la 10e compagnie du 30e RI. |
| 1917 | Quatrième citation militaire. |
| Avril 1918 | Blessé par éclat d’obus au mont Kemmel. |
| Novembre 1918 | Termine la Première Guerre mondiale avec le grade de capitaine. |
| 1919 | Retour à l’École militaire de Saint-Maixent pour une année de formation. |
| Années 1920 | Affectations militaires au Maroc et en Tunisie. |
| 1934 | Promotion au grade de chef de bataillon. |
| 1938 | Affectation à la Légion étrangère. |
| Printemps 1940 | Chef d’état-major de la 13e DBLE pendant la campagne de Norvège. |
| Mai-juin 1940 | Participation aux opérations du corps expéditionnaire français à Narvik. |
| 21 juin 1940 | Arrivée en Grande-Bretagne après l’évacuation de France. |
| Juin-juillet 1940 | Ralliement à la France libre et prise du commandement de la 13e DBLE. |
| Septembre 1940 | Participation aux opérations de la France libre liées à l’expédition de Dakar. |
| Début 1941 | Commandement du premier groupement de la Brigade française d’Orient. |
| Mars 1941 | Participation aux combats de Keren. |
| 15 mars 1941 | Blessé à la tempe par éclat de mortier à l’Engiahat. |
| Avril 1941 | Participation à la progression alliée vers Asmara et Massaoua. |
| 8 avril 1941 | Prise des forts de Moncullo, Victor-Emmanuel et Umberto. |
| Juin 1941 | Participation à la campagne de Syrie. |
| 23 juin 1941 | Attribution de la croix de la Libération. |
| 25 juin 1941 | Promotion au grade de colonel. |
| Septembre 1941 | Commandement du territoire du Liban. |
| Octobre 1941 | Promotion au grade de général de brigade. |
| Octobre 1941 | Commandement de la 2e Division légère dans le sud de la Syrie. |
| Décembre 1941 | Condamnation à mort et à la dégradation militaire par contumace par le tribunal militaire d’Oran. |
| Avril 1942 | Commandement de la 2e Brigade française libre indépendante en Libye. |
| Août 1942 | Retour au commandement du territoire du Liban. |
| 1942-février 1945 | Commandement territorial du Liban et de la Division côtière. |
| Février 1945 | Prise du commandement de la 36e division d’infanterie. |
| 1945 | Campagne d’Allemagne. |
| 1945 | Termine la guerre avec le grade de général de division. |
| 1945-1946 | Service dans l’armée française d’occupation en Allemagne. |
| Juin 1946 | Admission dans le cadre de réserve, à sa demande. |
| 5 avril 1970 | Décès à Rigautou, dans le Tarn. |
| Après avril 1970 | Inhumation à Payrin. |
| 2005 | Hommage commémoratif à Payrin. |
| Octobre 2019 | Acquisition de son casque de général de brigade par l’association des amis du musée de l’Ordre de la Libération. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Prénoms complets | Ordre de la Libération : Alfred CAZAUD. Références biographiques secondaires : Alfred Maurice CAZAUD. | Le prénom Maurice est retenu sous réserve de vérification par l’acte de naissance. |
| Date de naissance | En-tête de l’Ordre : 23 septembre 1893. Texte biographique de l’Ordre : 24 septembre 1893. | Divergence institutionnelle non résolue. Consultation de l’acte de naissance nécessaire. |
| Lieu du décès | Ordre de la Libération : Rigautou, Tarn. Certaines références secondaires : Pont-de-Larn. | Les deux désignations peuvent correspondre au même lieu : Rigautou est une localité de Pont-de-Larn. |
| Grade pendant la campagne de Norvège | Ordre de la Libération : commandant, chef d’état-major de la 13e DBLE. | Grade et fonction retenus. |
| Ralliement à la France libre | Ordre de la Libération : après son arrivée en Grande-Bretagne, le 21 juin 1940. | L’arrivée est datée précisément ; la date administrative d’engagement reste à établir. |
| Commandement en Érythrée | Ordre de la Libération : premier groupement de la Brigade française d’Orient. | Fonction confirmée. Ne pas confondre le commandement du groupement avec celui de toute la brigade, exercé par Monclar. |
| Prise de Massaoua | Ordre de la Libération : 8 avril 1941, capture des forts de Moncullo, Victor-Emmanuel et Umberto. | Date et objectifs confirmés. |
| Bilan des prisonniers italiens | Ordre de la Libération : deux commandants supérieurs, deux autres généraux, 449 officiers et plusieurs milliers de soldats. | Bilan institutionnel de la victoire ; il ne doit pas être attribué exclusivement à l’action individuelle de Cazaud. |
| Croix de la Libération | Ordre de la Libération : décret du 23 juin 1941. Inventaire 1 A 189 : extrait du même décret. | Concordance complète. |
| Condamnation par Vichy | Ordre de la Libération : décembre 1941, tribunal militaire d’Oran, mort et dégradation militaire par contumace. | Condamnation confirmée ; jugement original non examiné. |
| Promotions | Ordre de la Libération : colonel le 25 juin 1941 ; général de brigade en octobre 1941. | Dates retenues. |
| Médaille de la Résistance française | Absente de la liste des décorations de l’Ordre de la Libération ; aucune fiche nominative confirmée. | Attribution non établie. |
| Dossier de Compagnon | Inventaire officiel : 1 A 189. | Référence certaine. |
| Dossier SHD GR 16 P | Aucune cote individuelle confirmée dans les sources examinées. | Recherche complémentaire nécessaire. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Alfred CAZAUD — Notice biographique institutionnelle présentant la carrière militaire, le ralliement à la France libre, les campagnes de Norvège et d’Érythrée, les commandements ultérieurs et les décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/alfred-cazaud ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 189 et description des pièces conservées — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Ordre de la Libération — Liste alphabétique officielle des Compagnons, confirmation du décret du 23 juin 1941 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf ; Ordre de la Libération — Lettre d’information de novembre 2019, acquisition du casque Adrian modèle 1926 du général Cazaud et rappel de la campagne d’Érythrée — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-novembre ; Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2020, Compagnons décorés à Qastina, mention nominative d’Alfred Cazaud — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2020 ; L’Histoire en rafale — 5 avril 1970, mort du général Alfred Cazaud, publication du 5 avril 2026 consacrée à son parcours — https://lhistoireenrafale.lunion.fr/2026/04/05/5-avril-1970-mort-dalfred-cazaud-compagnon-de-la-liberation/ ; Wikipédia — Alfred Maurice Cazaud, notice secondaire et signalement de l’acte de naissance de Montferrier conservé aux archives départementales de l’Ariège — https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Maurice_Cazaud