La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CASTELAIN Noël Xavier Michel

Noël Xavier Michel CASTELAIN, né le 30 octobre 1917 à Niort (Deux-Sèvres), disparu au combat le 16 juillet 1943 dans la région de Krasnikovo, près d’Orel (Union soviétique, aujourd’hui Russie), français, pilote de chasse des Forces aériennes françaises libres, sous-lieutenant, combattant de l’Escadrille française de chasse n° 1, du groupe de chasse Alsace et du groupe de chasse Normandie, futur Normandie-Niemen, Compagnon de la Libération.

Jeunesse et formation

Noël Castelain naît le 30 octobre 1917 à Niort, dans le département des Deux-Sèvres.

Les sources institutionnelles disponibles ne fournissent que peu de renseignements sur son environnement familial, l’identité de ses parents ou les conditions de son enfance.

L’étude de l’Association pour la mémoire des Forces aériennes françaises libres indique qu’il entreprend des études d’ingénieur aux Arts et Métiers.

Cette formation technique témoigne d’un intérêt précoce pour les sciences appliquées et les métiers de l’industrie.

La période de l’entre-deux-guerres correspond à un développement considérable de l’aviation.

Les progrès réalisés dans la construction des cellules, des moteurs et des équipements de navigation transforment profondément les possibilités offertes aux pilotes.

L’aviation militaire bénéficie directement de ces évolutions.

Elle devient une arme spécialisée dans laquelle les qualités techniques et les aptitudes personnelles des pilotes jouent un rôle essentiel.

C’est dans ce contexte que Noël Castelain décide de s’engager dans l’armée de l’Air.

1936-1937 — Engagement dans l’aviation militaire

La notice de l’Ordre de la Libération situe son engagement en 1936.

L’étude de l’AMFAFL retient 1937.

En l’absence d’un état signalétique et des services directement examiné, cette divergence ne peut être définitivement tranchée.

Les deux sources concordent cependant sur le fait que Noël Castelain choisit très jeune la carrière aéronautique.

Il suit une formation militaire puis entreprend son apprentissage de pilote.

1939 — Formation de pilote

Lorsque la Seconde Guerre mondiale commence en septembre 1939, Noël Castelain poursuit sa formation dans l’aviation.

L’AMFAFL le situe alors à l’École de pilotage auxiliaire de Bourges.

Il obtient son brevet de pilote en décembre 1939.

Il poursuit ensuite sa spécialisation dans la chasse.

Cette formation est particulièrement exigeante.

Un pilote de chasse doit posséder une maîtrise complète de son appareil, être capable d’effectuer des manœuvres rapides et apprendre à apprécier instantanément la situation tactique.

Il doit également connaître les méthodes de navigation, les procédures radio, les possibilités de son armement et les techniques du combat aérien.

1940 — École de chasse d’Avord

Au début de l’année 1940, Noël Castelain est affecté à l’école de chasse d’Avord, dans le Cher.

Il reçoit sa qualification de pilote de chasse.

La notice de l’Ordre de la Libération indique qu’il vient alors d’être nommé sergent pilote.

À vingt-deux ans, il possède donc déjà une formation aéronautique avancée, mais n’a pas encore acquis l’expérience des opérations de guerre qui marqueront les années suivantes.

L’offensive allemande du 10 mai 1940 bouleverse rapidement cette situation.

Les écoles de pilotage doivent quitter leurs terrains d’entraînement devant l’avance des forces ennemies.

L’école d’Avord se replie vers La Rochelle, puis reçoit l’ordre de poursuivre son mouvement vers le sud.

Noël Castelain se trouve ainsi entraîné dans les événements de la campagne de France.

Il va prendre une décision déterminante pour la suite de son existence : refuser la défaite et rejoindre les forces britanniques afin de poursuivre le combat.

Engagement dans la France libre

Juin 1940 — Refus de l’armistice

Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain annonce son intention de demander l’armistice à l’Allemagne.

Selon l’étude de l’AMFAFL, Noël Castelain se trouve alors à Saint-Martin-de-Hinx, dans les Landes.

Il apprend la nouvelle par la radio.

La décision du gouvernement français entraîne une rupture profonde parmi les militaires.

Certains acceptent de se conformer aux ordres de leur hiérarchie.

D’autres refusent de considérer la guerre comme terminée.

Noël Castelain appartient à cette seconde catégorie.

Il décide de quitter le territoire français afin de rejoindre la Grande-Bretagne.

Il espère pouvoir y poursuivre sa formation et participer directement aux combats.

Juin 1940 — Départ de France

Avec plusieurs camarades de l’école de chasse d’Avord, Noël Castelain cherche un moyen d’embarquer sur un bâtiment quittant la France.

La notice de l’Ordre de la Libération décrit un itinéraire passant d’abord par le Maroc.

Les aviateurs embarquent sur un navire norvégien, le Talberg, qui gagne l’Afrique du Nord.

À Casablanca, ils constatent cependant que les autorités militaires françaises d’Afrique du Nord s’orientent vers l’application de l’armistice.

Ils décident donc de poursuivre leur voyage.

Ils embarquent à bord de l’Anadyr, bâtiment qui évacue des troupes polonaises vers la Grande-Bretagne.

Après une escale à Gibraltar, ils arrivent en Angleterre au début du mois de juillet 1940.

L’étude de l’AMFAFL présente un itinéraire plus direct, depuis Saint-Jean-de-Luz jusqu’à la Grande-Bretagne.

Ces deux récits ne concordent donc pas entièrement.

Leur confrontation avec les listes de passagers et les documents maritimes de juin 1940 serait nécessaire pour reconstituer précisément les étapes du départ.

Le fait essentiel demeure établi : Noël Castelain refuse l’armistice et rejoint la Grande-Bretagne dès les premières semaines de la France libre.

Juin-juillet 1940 — Engagement dans les FAFL

À son arrivée, il s’engage dans les Forces aériennes françaises libres.

L’AMFAFL indique une date d’engagement du 29 juin 1940 dans l’une des citations militaires reproduites.

Son matricule est FAFL 30033.

Les militaires français arrivés en Grande-Bretagne sont alors regroupés et orientés vers les unités susceptibles de les accueillir.

La France libre ne dispose pas encore de moyens aériens importants.

La coopération avec la Royal Air Force est donc indispensable.

Noël Castelain est envoyé à la base de Saint Athan, au pays de Galles.

Il y rencontre Albert Littolff, pilote français expérimenté, qui a déjà remporté plusieurs victoires pendant la campagne de France.

Les deux hommes se lient d’amitié.

Littolff apporte au jeune pilote des conseils tirés de sa propre expérience des combats.

Cette relation jouera un rôle important dans le parcours de Noël Castelain.

Leurs carrières militaires se retrouveront étroitement associées jusqu’à leur disparition commune, le 16 juillet 1943.

17 juillet 1940 — Formation dans la RAF

Le 17 juillet 1940, Noël Castelain est sélectionné parmi les dix premiers sous-officiers français envoyés à l’Operational Training Unit de Sutton Bridge.

Cette sélection confirme la qualité de sa formation initiale.

L’entraînement britannique doit lui permettre de s’adapter aux appareils et aux procédures opérationnelles de la RAF.

Il apprend les méthodes de combat et les règles de fonctionnement des unités britanniques.

Cette formation constitue une étape essentielle de son intégration aux forces aériennes alliées.

Septembre 1940 — Expédition de Dakar

Noël Castelain se porte volontaire pour servir en Afrique.

Il est affecté au Groupe mixte de combat n° 1 (GMC 1), placé sous le commandement du lieutenant-colonel Jean de Marmier.

Il embarque à bord du Penland.

Il participe en septembre 1940 à l’expédition de Dakar.

Cette opération franco-britannique vise à obtenir le ralliement de l’Afrique-Occidentale française au général de Gaulle.

Elle échoue devant la résistance des forces demeurées fidèles au gouvernement de Vichy.

L’échec ne met cependant pas fin aux opérations de la France libre en Afrique.

Octobre 1940 — Cameroun

Après Dakar, Noël Castelain participe au débarquement à Douala, au Cameroun.

Ce territoire constitue l’une des premières bases de la France libre en Afrique.

Le ralliement du Cameroun permet au général de Gaulle de disposer d’un appui territorial indispensable.

Noël Castelain poursuit ensuite son déplacement vers le Moyen-Orient.

Il rejoint Le Caire, où se prépare la constitution d’une unité de chasse française libre.

Cette nouvelle affectation lui permettra d’accéder enfin aux opérations aériennes de combat.

Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement

Forces aériennes françaises libres (FAFL)

Noël Castelain rejoint les FAFL dès l’été 1940.

Son matricule est 30033.

Il appartient à la première génération des aviateurs français ayant refusé l’armistice.

Royal Air Force (RAF)

Il reçoit une formation opérationnelle britannique et participe ensuite à des opérations aériennes dans des unités intégrées au dispositif de la RAF.

Groupe mixte de combat n° 1 (GMC 1)

Il participe avec cette formation à l’expédition de Dakar puis aux opérations du Cameroun.

Escadrille française de chasse n° 1 (EFC 1)

Cette escadrille est constituée à Tobrouk le 9 avril 1941.

Noël Castelain y sert comme pilote de chasse sur Hawker Hurricane.

Il participe aux combats de Libye et obtient sa première victoire aérienne.

No. 73 Squadron RAF

L’EFC 1 est intégrée à cette formation britannique pendant les opérations de Libye.

Groupe de chasse n° 1 Alsace

Noël Castelain rejoint le groupe Alsace en juin 1942, après sa convalescence.

Il appartient à l’escadrille Mulhouse.

Groupe de chasse n° 3 Normandie

En octobre 1942, il se porte volontaire pour combattre sur le front soviétique.

Il rejoint le groupe Normandie, engagé aux côtés de l’aviation soviétique.

Cette unité prendra ultérieurement le nom de Normandie-Niemen.

18e régiment de chasse soviétique

En juillet 1943, le groupe Normandie opère en coopération avec des formations aériennes soviétiques, notamment le 18e régiment de chasse, dans le secteur d’Orel.

L’engagement de Noël Castelain relève de la Résistance extérieure et de la France libre combattante.

Aucune appartenance à un réseau clandestin de Résistance intérieure n’a été établie.

Missions et actions

Fin 1940 – début 1941 — Formation de l’unité de chasse française libre

Après les opérations africaines, Noël Castelain rejoint Le Caire.

Une escadrille de chasse française est organisée sous les ordres du lieutenant James Denis.

Les pilotes reçoivent des avions britanniques Hawker Hurricane.

Ces appareils constituent l’un des principaux moyens de chasse employés par la RAF pendant les premières années de la guerre.

Le Hurricane est un chasseur monomoteur robuste, adapté aux missions de défense aérienne et d’attaque contre des objectifs terrestres.

Son emploi nécessite cependant une bonne connaissance des caractéristiques de l’appareil et des conditions de combat dans le désert.

L’entraînement de l’escadrille se poursuit à Ismaïlia, en Égypte.

Noël Castelain acquiert progressivement une expérience opérationnelle qui lui permettra de participer aux combats de Libye.

Début 1941 — Affectation en Grèce

Noël Castelain et plusieurs autres pilotes français sont affectés au No. 33 Squadron de la RAF, engagé dans les opérations de Grèce.

Cependant, leur participation effective aux combats est empêchée par des considérations politiques.

Les autorités britanniques souhaitent éviter des difficultés diplomatiques liées à la présence en Grèce d’une représentation française relevant encore du gouvernement de Vichy.

Les aviateurs français sont donc renvoyés en Afrique.

La notice de l’Ordre de la Libération précise qu’ils quittent la Grèce sans avoir combattu.

Cette période constitue un exemple des difficultés politiques rencontrées par les premiers volontaires de la France libre.

Leur engagement militaire est parfois limité par la situation diplomatique particulière du mouvement gaulliste.

9 avril 1941 — Constitution de l’EFC 1 à Tobrouk

Le 9 avril 1941, l’unité française reçoit officiellement le nom d’Escadrille française de chasse n° 1.

Elle est constituée à Tobrouk, en Libye.

Elle est intégrée au dispositif du No. 73 Squadron de la RAF.

L’escadrille participe aux combats contre les forces allemandes et italiennes.

Les pilotes doivent assurer des missions de défense aérienne, d’interception et d’attaque au sol.

Les conditions sont particulièrement difficiles.

Tobrouk est alors un enjeu stratégique majeur de la guerre du désert.

Les forces alliées cherchent à conserver le port malgré les attaques ennemies.

L’aviation allemande intervient quotidiennement contre les positions terrestres et les installations portuaires.

Les pilotes de l’EFC 1 doivent faire face à des appareils ennemis nombreux et expérimentés.

11 avril 1941 — Première victoire aérienne

Le 11 avril 1941, Noël Castelain abat officiellement un appareil allemand Messerschmitt Bf 110.

Cette victoire est expressément mentionnée dans une citation militaire signée le 28 avril 1941 par le général Georges Catroux.

La citation souligne sa participation à plusieurs attaques contre des colonnes ennemies entre le 10 et le 21 avril.

Elle rappelle également les destructions de matériel obtenues pendant ces opérations.

Cette première victoire aérienne constitue une étape importante.

Noël Castelain démontre qu’il possède les qualités nécessaires pour affronter des pilotes ennemis expérimentés.

Il acquiert une réputation de courage et de détermination.

21-23 avril 1941 — Appareil touché par la défense antiaérienne et grave blessure

Au cours d’une mission de combat, le Hurricane de Noël Castelain est atteint par les tirs de la défense antiaérienne allemande.

Il réussit néanmoins à reprendre la direction de sa base.

L’appareil est endommagé.

L’atterrissage se déroule dans des conditions particulièrement difficiles.

Noël Castelain est grièvement blessé.

La notice de l’Ordre de la Libération situe cet épisode au 23 avril 1941.

La citation militaire reproduite dans l’étude de l’AMFAFL mentionne cependant le 21 avril 1941.

Cette dernière date est associée directement à l’atteinte de l’appareil par la DCA et à la blessure survenue pendant l’atterrissage.

La divergence nécessite l’examen des journaux d’opérations et des documents médicaux.

Noël Castelain est hospitalisé à Tobrouk.

Son état impose une interruption de ses activités aériennes.

L’AMFAFL évoque environ deux mois d’hospitalisation.

Cette blessure aurait pu mettre fin à sa carrière de pilote de chasse.

Il manifeste cependant la volonté de reprendre le combat dès que sa santé le permettra.

23 juin 1941 — Attribution de la croix de la Libération

Noël Castelain est nommé Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941.

Il appartient ainsi au groupe très restreint des premiers aviateurs décorés de la croix de la Libération.

Cette attribution reconnaît son ralliement précoce à la France libre, sa participation aux opérations de Libye, sa victoire aérienne du 11 avril et son comportement pendant les missions de combat.

Le dossier individuel conservé par l’Ordre de la Libération porte la cote 1 A 186.

Il contient un extrait du décret du 23 juin 1941.

La citation signée par le général Catroux le 28 avril 1941 présente également un intérêt particulier, puisqu’elle décrit les actions ayant justifié sa distinction.

La date de publication au Journal officiel du décret du 23 juin 1941 reste à établir.

1941-1942 — Convalescence et reprise du service

Après son hospitalisation, Noël Castelain poursuit sa convalescence.

Il est affecté temporairement aux Lignes aériennes militaires, notamment à Damas, en Syrie.

Cette affectation lui permet de demeurer au service de la France libre pendant sa récupération.

Les missions de liaison aérienne constituent un élément important du fonctionnement des forces françaises combattantes.

Elles permettent de transporter des personnels, des documents et du matériel entre les différentes bases.

Noël Castelain ne souhaite cependant pas abandonner la chasse.

Il demande à rejoindre une unité combattante.

Juin 1942 — Groupe de chasse Alsace

En juin 1942, il reprend une activité de pilote de chasse au sein du groupe de chasse n° 1 Alsace.

Il est affecté à l’escadrille Mulhouse.

Ce groupe appartient aux premières formations de chasse organisées durablement par les Forces aériennes françaises libres.

Il participe aux opérations conduites en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Noël Castelain retrouve ainsi une activité directement opérationnelle.

Cependant, une nouvelle perspective s’ouvre bientôt aux aviateurs français libres.

Le général de Gaulle souhaite envoyer une unité de chasse combattre aux côtés de l’Union soviétique.

Cette initiative doit contribuer à affirmer la présence de la France combattante sur le front de l’Est.

Octobre 1942 — Volontaire pour le groupe Normandie

À l’automne 1942, la constitution du groupe de chasse n° 3 Normandie offre à Noël Castelain la possibilité de participer aux combats sur le front soviétique.

Il se porte volontaire parmi les premiers pilotes.

Albert Littolff prend également cette décision.

Les deux hommes vont désormais servir dans la même formation.

La mission présente une importance politique et militaire particulière.

L’Union soviétique combat alors les forces allemandes sur un front extrêmement étendu.

La présence d’une unité française libre témoigne de la volonté du général de Gaulle de participer directement à cette lutte.

Pour les pilotes, l’engagement représente un nouveau défi.

Ils doivent s’adapter à un environnement géographique, climatique et militaire très différent de celui du désert libyen.

Fin novembre 1942 — Arrivée en Union soviétique

Noël Castelain arrive en Union soviétique avec les premiers pilotes du groupe Normandie.

L’AMFAFL indique qu’il rejoint le terrain d’Ivanovo, situé au nord-est de Moscou.

Le groupe compte alors quatorze pilotes français.

L’unité doit être équipée d’appareils soviétiques.

Les pilotes commencent leur entraînement sur des avions Yakovlev.

Cette adaptation est indispensable.

Les caractéristiques de pilotage, les systèmes d’armement et les procédures techniques diffèrent de celles des avions britanniques précédemment utilisés.

L’hiver russe rend également les conditions de vol particulièrement difficiles.

Les températures peuvent devenir extrêmement basses.

Le personnel doit apprendre à entretenir et utiliser les appareils dans des conditions climatiques inhabituelles.

La coopération quotidienne avec les personnels soviétiques impose également un effort d’adaptation linguistique et culturelle.

Noël Castelain participe à cette période de formation.

Printemps 1943 — Premières opérations sur le front soviétique

Après plusieurs mois d’entraînement, le groupe Normandie rejoint le front.

Les pilotes français participent aux missions de couverture des troupes terrestres et de combat aérien contre la Luftwaffe.

Leur rôle consiste principalement à empêcher les appareils allemands d’attaquer les forces soviétiques.

Ils doivent également rechercher et détruire les avions de reconnaissance et les bombardiers ennemis.

Les combats se déroulent souvent à basse ou moyenne altitude.

Les pilotes doivent intervenir rapidement et conserver une liaison permanente avec les autres appareils de leur formation.

Noël Castelain se distingue rapidement.

La notice de l’Ordre de la Libération lui attribue six victoires aériennes pendant les trois premiers mois d’opérations en Union soviétique.

Ces succès s’ajoutent à sa première victoire obtenue en Libye.

Son bilan atteint donc sept victoires aériennes homologuées.

Il appartient désormais aux pilotes les plus efficaces de son unité.

3 mai 1943 — Victoire contre un Henschel Hs 126

Le 3 mai 1943, Noël Castelain participe à une mission de couverture des lignes soviétiques.

Au cours de cette opération, il contribue à la destruction d’un appareil allemand de reconnaissance Henschel Hs 126.

Cette action est mentionnée dans une citation à l’ordre de la zone aérienne datée du 18 mai 1943.

Le Hs 126 est un avion de reconnaissance et d’observation employé notamment pour surveiller les mouvements des troupes adverses.

Sa destruction présente donc un intérêt tactique.

Elle contribue à limiter les possibilités de renseignement de l’aviation allemande.

Juin 1943 — Nouvelle victoire contre un Messerschmitt Bf 110

Une citation à l’ordre de l’armée aérienne du 29 juin 1943, signée par le général Martial Valin, décrit une nouvelle action de Noël Castelain.

Pendant une patrouille, il rencontre un Messerschmitt Bf 110 accompagné d’un Messerschmitt Bf 109.

Malgré la présence du chasseur d’escorte, il parvient à manœuvrer pour attaquer le bimoteur allemand.

Il l’abat dans les lignes soviétiques.

Cette action témoigne de sa maîtrise tactique.

Le pilote doit en effet tenir compte de la présence de l’escorte ennemie tout en poursuivant sa cible principale.

Le succès obtenu confirme sa réputation de pilote habile et offensif.

Juillet 1943 — Offensive soviétique dans le secteur d’Orel

Au début du mois de juillet 1943, le front soviétique connaît une intensification considérable des combats.

Les forces allemandes lancent l’opération Citadelle, destinée à attaquer le saillant de Koursk.

Les Soviétiques organisent simultanément la défense de leurs positions et préparent des contre-offensives.

Le secteur d’Orel devient l’un des principaux théâtres de cette bataille.

Les opérations terrestres mobilisent d’importantes formations blindées et d’infanterie.

L’aviation joue un rôle essentiel dans la protection des troupes au sol.

Le groupe Normandie reçoit des missions de couverture aérienne.

Noël Castelain participe à ces opérations.

Les combats deviennent particulièrement violents.

Les formations françaises doivent affronter des appareils allemands nombreux et expérimentés.

16 juillet 1943 — Première mission de la journée

Le 16 juillet 1943, Noël Castelain participe à une première mission dans le secteur de Krasnikovo.

Les journaux d’opérations du groupe Normandie, reproduits par le site historique Normandie-Niemen, permettent de reconstituer les principales phases de la journée.

Dans la matinée, une formation de douze Yak décolle pour protéger les troupes soviétiques.

Les appareils français rencontrent plusieurs avions allemands.

Albert Littolff et Noël Castelain attaquent notamment des Messerschmitt Bf 110.

Selon le journal de marche, Littolff abat un premier appareil.

Noël Castelain attaque un second Bf 110.

L’avion allemand prend feu et s’écrase au sol.

Les autres pilotes français poursuivent simultanément leurs combats.

La formation parvient ensuite à regagner sa base.

Cette première mission se termine donc par plusieurs victoires aériennes françaises.

16 juillet 1943 — Deuxième mission, dernier combat

Dans l’après-midi, le groupe Normandie reçoit une nouvelle mission de protection des forces soviétiques.

Huit avions Yakovlev décollent vers 14 heures.

Leur objectif est d’assurer la couverture des unités terrestres engagées dans la région de Krasnikovo.

La formation est commandée par Jean Tulasne.

Les pilotes aperçoivent un groupe d’environ quinze à vingt bombardiers allemands Junkers Ju 87 Stuka.

Ces appareils sont spécialisés dans le bombardement en piqué.

Ils constituent une menace importante pour les troupes terrestres et les formations blindées.

Les chasseurs français décident de les attaquer.

Albert LITTOLFF, Noël CASTELAIN et Gérald LÉON appartiennent au premier groupe d’attaque.

D’autres pilotes assurent la protection de la formation.

Cependant, les bombardiers allemands bénéficient d’une escorte de chasseurs Focke-Wulf Fw 190.

Ces appareils interviennent rapidement.

Plusieurs combats aériens se développent simultanément.

Noël Castelain et Albert Littolff sont attaqués par des chasseurs allemands.

Les formations se dispersent dans la mêlée.

Gérald Léon réussit à abattre des appareils ennemis.

D’autres pilotes français poursuivent également les combats.

À l’issue de l’engagement, les survivants regagnent leur terrain.

Mais trois appareils français manquent à l’appel.

Leurs pilotes sont Noël Castelain, Albert Littolff et Adrien Bernavon.

Les recherches entreprises après la mission ne permettent pas de retrouver immédiatement les appareils.

Les trois aviateurs sont officiellement portés disparus.

Noël Castelain avait vingt-cinq ans.

La notice de l’Ordre de la Libération précise qu’il totalisait à sa disparition 1 100 heures de vol et 129 missions de guerre.

Il était crédité de sept victoires aériennes homologuées.

Son corps n’a pas été retrouvé.

Les circonstances précises de sa mort restent donc inconnues.

Le journal de marche permet de confirmer qu’il a disparu pendant un combat aérien contre une escorte de chasseurs allemands.

Il ne permet pas, en revanche, d’établir avec certitude quel appareil ennemi l’a abattu ni le lieu exact de sa chute.

Arrestation, évasion et déportation

Noël Castelain n’a pas été identifié comme prisonnier de guerre, interné ou déporté.

Son départ de France en juin 1940 constitue un ralliement volontaire à la France libre.

Il ne correspond pas à une évasion d’un établissement de détention.

Aucune arrestation par les autorités allemandes ou par le gouvernement de Vichy n’a été établie.

Les principales atteintes à son intégrité physique résultent des combats aériens.

Il est grièvement blessé en avril 1941 après que son appareil a été atteint par la défense antiaérienne ennemie.

Il reprend ensuite le service et disparaît au combat le 16 juillet 1943 sur le front soviétique.

Camarades de combat

Albert LITTOLFF — Pilote de chasse des Forces aériennes françaises libres et Compagnon de la Libération. Il rencontre Noël Castelain en Grande-Bretagne en 1940 et lui transmet une partie de son expérience du combat aérien. Les deux hommes servent ensuite dans les formations de chasse françaises libres, puis rejoignent ensemble le groupe Normandie. Ils disparaissent au cours de la même mission, le 16 juillet 1943. Le corps de Littolff sera retrouvé en 1960 et rapatrié en France.

James DENIS — Officier aviateur des Forces françaises libres et Compagnon de la Libération. Il participe à la constitution de l’escadrille de chasse française organisée au Moyen-Orient, dont fait partie Noël Castelain. Il commande cette formation pendant ses premières opérations.

Jean de MARMIER — Officier supérieur de l’aviation française, Compagnon de la Libération. Il commande le Groupe mixte de combat n° 1 auquel appartient Noël Castelain lors de l’expédition de Dakar et des opérations africaines de 1940.

André BALLATORE — Pilote des Forces aériennes françaises libres, Compagnon de la Libération. Il sert dans l’environnement opérationnel de l’EFC 1 pendant les campagnes du Moyen-Orient et de Libye.

Jean TULASNE — Commandant du groupe de chasse Normandie pendant les opérations de 1943. Il dirige la formation aérienne engagée dans la mission du 16 juillet au cours de laquelle Noël Castelain disparaît. Tulasne disparaît lui-même au combat le 17 juillet 1943.

Pierre POUYADE — Officier pilote du groupe Normandie, Compagnon de la Libération. Il participe aux opérations de juillet 1943 et aux missions du 16 juillet, notamment à l’attaque des bombardiers allemands.

Gérald LÉON — Pilote de chasse du groupe Normandie. Il participe avec Noël Castelain et Albert Littolff à l’attaque des bombardiers allemands du 16 juillet 1943. Au cours du combat, il affronte plusieurs chasseurs Fw 190 et obtient des victoires aériennes.

Adrien BERNAVON — Pilote de chasse des Forces aériennes françaises libres, Compagnon de la Libération. Il sert au groupe Normandie et participe à la mission du 16 juillet 1943. Il disparaît au cours des mêmes combats que Noël Castelain et Albert Littolff.

Marcel ALBERT — Pilote du groupe Normandie et Compagnon de la Libération. Il participe aux opérations aériennes de juillet 1943 et figure parmi les pilotes engagés dans la couverture de la mission du 16 juillet.

Paul de FORGES — Pilote du groupe Normandie. Il participe aux combats aériens du 16 juillet 1943 et parvient à regagner sa base après avoir affronté plusieurs chasseurs allemands.

Joseph RISSO — Pilote des Forces aériennes françaises libres et Compagnon de la Libération. Il sert au groupe Normandie et participe aux missions de protection des troupes soviétiques pendant les opérations du secteur d’Orel.

Firmin VERMEIL — Pilote du groupe Normandie, Compagnon de la Libération. Il appartient aux formations engagées pendant les combats aériens du 16 juillet 1943.

Ces relations sont établies par l’appartenance commune aux unités, les notices institutionnelles et les journaux d’opérations du groupe Normandie. Elles ne permettent pas de présumer des relations personnelles particulières entre tous les pilotes.

Retour à la vie civile

Noël Castelain disparaît au combat le 16 juillet 1943.

Il ne connaît donc pas le retour à la vie civile.

Sa carrière militaire s’interrompt à vingt-cinq ans, alors qu’il appartient aux pilotes les plus expérimentés du groupe Normandie.

Son engagement fait cependant l’objet de reconnaissances officielles après sa disparition.

1943 — Reconnaissance soviétique

Le 12 septembre 1943, Noël Castelain reçoit à titre posthume l’ordre de la Guerre patriotique de deuxième classe.

Cette décoration soviétique récompense son engagement et ses services sur le front de l’Est.

Elle témoigne de la reconnaissance accordée aux aviateurs français qui combattent aux côtés de l’Armée rouge.

1947 — Citation militaire à titre posthume

L’étude de l’AMFAFL reproduit une citation à l’ordre de l’armée datée du 22 octobre 1947.

Elle souligne son courage, son sang-froid, sa maîtrise du pilotage et ses sept victoires aériennes officielles.

Elle rappelle également son engagement dans les FAFL et sa participation aux campagnes de Grèce, de Libye, d’Égypte et de Russie.

Cette citation constitue une source importante pour apprécier la reconnaissance de ses qualités militaires après sa disparition.

Mémoire de Noël Castelain

La mémoire de Noël Castelain demeure associée à celle des premiers pilotes de la France libre.

Son parcours illustre la diversité géographique des engagements des FAFL.

Il participe successivement aux opérations de Dakar, du Cameroun, du Moyen-Orient, de Libye et d’Union soviétique.

Il appartient également à une génération d’aviateurs qui acceptent de servir sous commandement allié pour poursuivre la guerre contre l’Allemagne.

L’histoire du groupe Normandie occupe une place particulière dans cette mémoire.

La coopération franco-soviétique sur le front de l’Est constitue l’un des épisodes les plus remarquables de l’engagement de la France libre.

Noël Castelain appartient aux pilotes dont le sacrifice contribue à la réputation militaire de cette unité.

Son corps n’ayant jamais été retrouvé, sa mémoire ne peut être rattachée à une sépulture individuelle identifiée.

La documentation de l’Ordre de la Libération et les travaux de l’AMFAFL permettent cependant de conserver le souvenir de son parcours.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Le décret de nomination et sa publication au Journal officiel n’ont pas été identifiés avec suffisamment de certitude.

Compagnon de la Libération — Décret du 23 juin 1941 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 A 186 — Source : Ordre de la Libération. La date de publication au Journal officiel reste à établir.

Croix de guerre 1939-1945 — Cinq citations — Source : Ordre de la Libération. L’étude de l’AMFAFL reproduit plusieurs citations, notamment celles des 28 avril 1941, 18 mai 1943 et 29 juin 1943.

Médaille coloniale avec agrafe Libye — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle rappelle sa participation aux opérations de Libye en 1941.

Médaille des blessés — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle est notamment liée à sa grave blessure d’avril 1941.

Ordre de la Guerre patriotique de deuxième classe — URSS — Attribution par oukase du 12 septembre 1943, à titre posthume — Source : Ordre de la Libération.

Médaille de la Victoire — URSS — Distinction soviétique confirmée par l’Ordre de la Libération. La décision individuelle d’attribution n’a pas été directement retrouvée.

Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre — Distinction représentée dans l’étude iconographique de l’AMFAFL. Son attribution nominative n’a pas été indépendamment confirmée dans la liste des décorations de l’Ordre de la Libération.

Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative n’a été confirmée dans les sources consultées. Cette décoration ne figure pas dans la liste institutionnelle publiée par l’Ordre de la Libération pour Noël Castelain. Aucun décret, Journal officiel ou dossier individuel de médaille ne peut donc être indiqué.

Mention Mort pour la France — Mention confirmée par la Fondation de la France libre. Il s’agit d’une reconnaissance administrative et non d’une décoration.

Observations relatives aux décorations

L’attribution de la croix de la Libération est confirmée par le décret du 23 juin 1941 conservé dans le dossier individuel 1 A 186.

Elle intervient pendant que Noël Castelain poursuit sa convalescence après les combats de Tobrouk.

L’attribution doit donc être distinguée des décorations posthumes reçues après sa disparition.

Pour la croix de guerre 1939-1945, l’Ordre de la Libération confirme cinq citations.

L’étude de l’AMFAFL apporte des précisions importantes sur plusieurs textes de citations, notamment ceux relatifs aux victoires aériennes obtenues en Libye et en Union soviétique.

La décoration soviétique de l’ordre de la Guerre patriotique de deuxième classe est datée précisément du 12 septembre 1943.

Enfin, aucune attribution de la Médaille de la Résistance française ne peut être retenue sans confirmation nominative.

Lieux de mémoire

Niort — Deux-Sèvres. Ville natale de Noël Castelain, le 30 octobre 1917.

Bourges — Cher. Ville de sa formation de pilote militaire en 1939.

Avord — Cher. Base aérienne où il reçoit sa qualification de pilote de chasse au début de 1940.

La Rochelle — Charente-Maritime. Étape du repli de son école aérienne devant l’avance allemande.

Saint-Martin-de-Hinx — Landes. Localité où il apprend, selon l’AMFAFL, l’annonce de la demande d’armistice le 17 juin 1940.

Casablanca — Maroc. Étape du départ vers la Grande-Bretagne selon le récit de l’Ordre de la Libération.

Saint Athan — Pays de Galles. Base britannique où il est accueilli après son engagement dans les FAFL et rencontre Albert Littolff.

Sutton Bridge — Royaume-Uni. Centre d’entraînement opérationnel de la RAF où il est sélectionné en juillet 1940.

Dakar — Sénégal. Théâtre de l’expédition de septembre 1940.

Douala — Cameroun. Ville où il participe aux opérations de ralliement de l’Afrique française libre.

Ismaïlia — Égypte. Centre d’entraînement des pilotes de l’escadrille française de chasse.

Tobrouk — Libye. Lieu de ses premiers combats aériens et de sa grave blessure d’avril 1941.

Damas — Syrie. Ville de son affectation temporaire aux Lignes aériennes militaires pendant sa convalescence.

Ivanovo — Russie. Terrain où il rejoint le groupe Normandie et commence sa formation sur avions soviétiques.

Région d’Orel et de Krasnikovo — Russie. Théâtre des opérations du 16 juillet 1943 au cours desquelles il disparaît.

Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant son dossier individuel sous la cote 1 A 186.

Mémorial des aviateurs français libres du Tréport — Seine-Maritime. Monument consacré aux membres des Forces aériennes françaises libres disparus pendant la Seconde Guerre mondiale. La Fondation de la France libre conserve également sa mémoire dans la série biographique consacrée aux 123 aviateurs disparus.

Références bibliographiques

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage de référence consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir Trouplin, Elytis, 2010, pagination non vérifiée — Dictionnaire biographique permettant de replacer Noël Castelain dans l’histoire des premiers aviateurs français libres.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir Trouplin, Elytis, édition actualisée, 2023 — Publication de référence consacrée aux titulaires de la croix de la Libération.

Le parcours de Noël CASTELAIN, matricule FAFL 30033 — Association pour la mémoire des Forces aériennes françaises libres, étude biographique, 2023, 49 p. — Recherche documentaire détaillée présentant sa formation, ses affectations, ses missions aériennes, ses citations et les circonstances de sa disparition. Cette étude constitue l’une des principales sources complémentaires de la présente notice.

Mémorial des Compagnons de la Libération — Ouvrage collectif, 1961, pagination non vérifiée — Publication mémorielle dont un extrait est conservé dans le dossier individuel 1 A 186.

Les Aviateurs de la liberté — Ouvrage publié en 2000, auteur, éditeur et pagination non établis dans les éléments directement consultés — Un extrait est signalé dans le dossier individuel de Noël Castelain.

Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C — Roxane Ritter, Ordre de la Libération, répertoire numérique, version du 24 septembre 2025, 55 p. — Instrument de recherche identifiant le dossier individuel 1 A 186 et décrivant les principales pièces conservées.

Références internet

Ordre de la Libération — Noël CASTELAIN — Notice biographique institutionnelle présentant son ralliement à la France libre, ses principales affectations, les combats de Libye et d’Union soviétique, sa disparition et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/noel-castelain

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire numérique de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identifiant le dossier individuel 1 A 186 et la cote SHD GR 16 P 111035 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924_0.pdf

Fondation de la France libre — Noël CASTELAIN — Présentation biographique de l’AMFAFL retraçant la formation du pilote, ses engagements dans les FAFL et sa disparition du 16 juillet 1943 — https://www.france-libre.net/noel-castelain/

Fondation de la France libre — Le parcours de Noël CASTELAIN, matricule FAFL 30033 — Étude biographique de 49 pages consacrée à sa carrière militaire, ses victoires aériennes, ses citations et son dernier combat — https://francelibre.net/site/wp-content/uploads/2023/07/AMFAFL-2023-BIO-CASTELAIN_Noel.pdf

Ordre de la Libération — Albert LITTOLFF — Notice biographique du pilote qui accompagne Noël Castelain depuis les premières années de la France libre et disparaît avec lui le 16 juillet 1943 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-littolff

Normandie-Niemen — 16 juillet 1943, Potrossovo — Reconstitution historique de la journée du 16 juillet 1943 à partir des journaux d’opérations du groupe Normandie et de documents soviétiques — https://normandie-niemen.fr/16-juillet-1943-potrossovo/

Ordre de la Libération — Liste alphabétique officielle des Compagnons — Document institutionnel confirmant l’identité de Noël Castelain et le décret du 23 juin 1941 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf

Wikipédia — Noël Castelain — Notice encyclopédique secondaire utilisée pour comparaison des renseignements biographiques et des décorations — https://fr.wikipedia.org/wiki/Noël_Castelain

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense — GR 16 P 111035 — CASTELAIN Noël

L’inventaire officiel des dossiers des Compagnons de la Libération, lettre C, identifie un dossier individuel du bureau Résistance sous la référence :

GR 16 P 111035 — CASTELAIN Noël.

Cette cote correspond à Noël Castelain, pilote des Forces aériennes françaises libres et Compagnon de la Libération.

Elle constitue une référence archivistique permettant d’orienter les recherches vers le Service historique de la Défense.

Cependant, le contenu intégral du dossier n’a pas été directement examiné.

Il n’est donc pas possible de préciser les éventuelles décisions d’homologation, les grades reconnus ou les documents individuels qu’il contient.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 186

L’inventaire officiel de l’Ordre de la Libération identifie le dossier personnel de Noël Castelain sous la cote 1 A 186.

Les principales pièces décrites sont les suivantes.

Attribution de la croix de la Libération

Extrait du décret du 23 juin 1941.

Quatre courriers relatifs à l’attribution, datés de 1941.

Reçu du diplôme de la croix de la Libération, daté du 19 mars 1966.

Renseignements administratifs

Fiche de renseignements de la Société d’entraide des Compagnons de la Libération du 27 juin 1948.

Fiche annuaire de la chancellerie de l’Ordre de la Libération, sans date.

Correspondances

Seize pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1947 et 1967.

Ces correspondances étant postérieures à la disparition du pilote, elles concernent nécessairement d’autres correspondants, notamment des proches ou des administrations.

Leur contenu n’ayant pas été directement consulté, leur objet précis ne peut être déterminé.

État civil et documents d’identité

Carte d’identité de Compagnon de la Libération datée du 10 juin 1950.

Ce document est postérieur à la disparition de Noël Castelain.

Il pourrait s’agir d’une pièce administrative délivrée ou établie au titre de la reconnaissance de sa qualité de Compagnon, mais cette interprétation nécessiterait l’examen du document original.

Travaux de recherche et publications

Extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, publié en 1961.

Extrait de l’ouvrage Les Aviateurs de la liberté, publié en 2000.

Extrait d’un ouvrage non identifié, sans date.

Notes biographiques

Un texte biographique non daté.

Presse

Un article publié en 1994.

L’ensemble du dossier couvre la période documentaire 1941-2000.

L’existence et la description de ces pièces sont confirmées par l’inventaire officiel.

Leur contenu intégral n’a cependant pas été directement dépouillé.

Observations

Noël Castelain appartient aux premiers aviateurs français qui refusent la défaite de juin 1940.

Son parcours présente plusieurs caractéristiques remarquables.

La première est la précocité de son engagement.

À vingt-deux ans, il décide de quitter la France pour rejoindre les forces britanniques.

Il appartient à une génération de jeunes militaires qui prennent cette décision alors que la victoire allemande semble acquise en Europe occidentale.

Son engagement intervient avant même que les Forces aériennes françaises libres disposent d’une véritable organisation opérationnelle.

La deuxième caractéristique concerne la diversité de ses campagnes militaires.

Noël Castelain participe successivement aux opérations de Dakar, du Cameroun, du Moyen-Orient, de Libye et d’Union soviétique.

Cette succession d’affectations illustre la dimension internationale de la France libre.

Elle montre également les difficultés d’organisation rencontrées par les premiers volontaires.

Les unités françaises doivent souvent être intégrées aux dispositifs britanniques avant de pouvoir disposer de moyens propres.

La troisième caractéristique est sa blessure d’avril 1941.

Alors qu’il participe aux combats de Tobrouk, son appareil est atteint par la défense antiaérienne allemande.

Il est grièvement blessé pendant l’atterrissage.

Malgré cette épreuve, il reprend le service et demande à rejoindre de nouveau une unité de chasse.

Cette volonté de poursuivre le combat explique en partie les appréciations particulièrement favorables de ses chefs.

La quatrième caractéristique concerne son engagement sur le front soviétique.

Volontaire pour le groupe Normandie, il accepte de servir dans des conditions extrêmement différentes de celles qu’il connaît en Afrique.

Il doit se familiariser avec les appareils soviétiques, les méthodes de combat de l’Armée rouge et les contraintes climatiques du front de l’Est.

Son adaptation est rapide.

Il obtient six victoires aériennes en trois mois.

La cinquième caractéristique est sa disparition du 16 juillet 1943.

Cette journée constitue l’un des épisodes les plus meurtriers de l’histoire du groupe Normandie.

Trois pilotes français disparaissent au cours des combats : Noël Castelain, Albert Littolff et Adrien Bernavon.

La disparition de Castelain intervient alors qu’il est âgé de seulement vingt-cinq ans.

Il possède pourtant déjà une expérience militaire importante.

Il a effectué 129 missions de guerre et totalise environ 1 100 heures de vol.

Plusieurs points appellent cependant une vigilance documentaire particulière.

Le premier concerne l’année de son engagement dans l’aviation : 1936 selon l’Ordre de la Libération, 1937 selon l’AMFAFL.

Le deuxième porte sur son itinéraire de départ de France, les récits institutionnel et associatif n’étant pas entièrement concordants.

Le troisième concerne la date de sa blessure d’avril 1941.

Enfin, les circonstances exactes de sa disparition demeurent inconnues.

Les journaux d’opérations permettent de reconstituer les combats, mais non d’identifier avec certitude l’appareil ennemi responsable de sa perte.

Une précision technique doit également être apportée.

L’étude de l’AMFAFL mentionne des Yak-3 pour la mission du 16 juillet 1943.

Or les documents opérationnels reproduits par le site Normandie-Niemen indiquent des Yak-9.

Cette seconde identification est cohérente avec les appareils utilisés par le groupe Normandie pendant l’été 1943.

Le Yak-3 ne doit donc pas être retenu pour cette mission sans preuve documentaire complémentaire.

Enfin, l’étude de 49 pages publiée par l’AMFAFL constitue un apport historique important.

Elle permet de compléter la notice relativement courte de l’Ordre de la Libération grâce à des renseignements sur sa formation, ses affectations, ses citations et ses combats.

Sa confrontation avec les journaux d’opérations du groupe Normandie fournit une base documentaire particulièrement utile pour la reconstitution de sa dernière journée.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, les trois prénoms, la naissance du 30 octobre 1917 à Niort, l’engagement dans les Forces aériennes françaises libres, l’appartenance à l’EFC 1, au groupe Alsace et au groupe Normandie, les principales campagnes, la blessure d’avril 1941, les victoires aériennes, la disparition du 16 juillet 1943 et la qualité de Compagnon de la Libération sont établis par l’Ordre de la Libération et recoupés par la Fondation de la France libre et les travaux de l’AMFAFL. Le décret du 23 juin 1941, le dossier individuel 1 A 186 et la cote SHD GR 16 P 111035 sont identifiés par un instrument de recherche institutionnel. Les journaux d’opérations du groupe Normandie permettent de préciser le déroulement des combats du 16 juillet 1943. Des réserves subsistent concernant l’année exacte de l’engagement initial, certaines étapes du départ de juin 1940, la date précise de la blessure de Tobrouk et les circonstances matérielles de la disparition.

Chronologie

DateÉvénement
30 octobre 1917Naissance à Niort, Deux-Sèvres.
Avant 1936Études techniques, notamment aux Arts et Métiers selon l’AMFAFL.
1936 ou 1937Engagement dans l’armée de l’Air.
Septembre 1939Formation de pilote à Bourges.
Décembre 1939Obtention du brevet de pilote.
Début 1940Qualification de pilote de chasse à Avord.
Mai 1940Repli de l’école de chasse vers La Rochelle.
17 juin 1940Refus de l’armistice après l’annonce du maréchal Pétain.
Juin 1940Départ de France pour rejoindre la Grande-Bretagne.
Fin juin – début juillet 1940Ralliement aux Forces aériennes françaises libres.
Juillet 1940Affectation à Saint Athan et rencontre avec Albert Littolff.
17 juillet 1940Sélection pour l’Operational Training Unit de Sutton Bridge.
Septembre 1940Participation à l’expédition de Dakar.
Octobre 1940Participation aux opérations du Cameroun.
Fin 1940 – début 1941Formation et entraînement de l’escadrille française de chasse au Moyen-Orient.
Début 1941Affectation temporaire en Grèce, sans participation effective aux combats.
9 avril 1941Constitution de l’EFC 1 à Tobrouk.
11 avril 1941Première victoire aérienne contre un Messerschmitt Bf 110.
21 ou 23 avril 1941Appareil touché par la DCA allemande ; grave blessure à l’atterrissage.
28 avril 1941Citation militaire signée par le général Catroux.
23 juin 1941Attribution de la croix de la Libération.
1941-1942Hospitalisation, convalescence et affectation temporaire aux Lignes aériennes militaires.
Juin 1942Retour à la chasse au groupe Alsace.
Octobre 1942Volontaire pour le groupe de chasse Normandie.
Fin novembre 1942Arrivée en Union soviétique et entraînement à Ivanovo.
Printemps 1943Premières opérations aériennes sur le front soviétique.
3 mai 1943Participation à la destruction d’un Henschel Hs 126.
18 mai 1943Citation à l’ordre de la zone aérienne.
Juin 1943Victoire contre un Messerschmitt Bf 110.
29 juin 1943Citation à l’ordre de l’armée aérienne signée par le général Valin.
Début juillet 1943Participation aux opérations aériennes dans le secteur d’Orel.
Matin du 16 juillet 1943Combat aérien et victoire contre un Messerschmitt Bf 110.
Après-midi du 16 juillet 1943Dernière mission de couverture des troupes soviétiques dans le secteur de Krasnikovo.
16 juillet 1943Disparition en combat aérien avec Albert Littolff et Adrien Bernavon.
12 septembre 1943Attribution posthume de l’ordre soviétique de la Guerre patriotique de deuxième classe.
22 octobre 1947Citation militaire à titre posthume signalée par l’AMFAFL.
1960Découverte du corps d’Albert Littolff, disparu au cours de la même mission.
2023Publication de l’étude biographique détaillée de l’AMFAFL consacrée à Noël Castelain.

Tableau des divergences entre sources

Point examinéSourcesAppréciation
Prénoms completsOrdre de la Libération : Noël CASTELAIN. AMFAFL : Noël Xavier Michel CASTELAIN.Les trois prénoms sont retenus avec attribution à l’étude de l’AMFAFL.
Année d’engagementOrdre de la Libération : 1936. AMFAFL : 1937.Divergence non résolue. L’état signalétique et des services doit être consulté.
Départ de FranceOrdre de la Libération : voyage par le Maroc à bord du Talberg, puis de l’Anadyr. AMFAFL : embarquement à Saint-Jean-de-Luz vers la Grande-Bretagne.Les récits ne concordent pas entièrement. Les listes de passagers et les archives maritimes permettraient de préciser l’itinéraire.
Date d’engagement FAFLÉtude AMFAFL : matricule 30033 ; citation de 1947 mentionnant le 29 juin 1940. Notice de l’Ordre : engagement en Angleterre au début de juillet.La date administrative et la date d’arrivée peuvent être distinctes. Le matricule est confirmé.
Blessure de TobroukOrdre de la Libération : 23 avril 1941. Citation du général Catroux : 21 avril 1941.Divergence à résoudre par les journaux d’opérations.
Première victoire aérienneCitation du 28 avril 1941 : Messerschmitt Bf 110 abattu le 11 avril.Date et type d’appareil établis par la citation.
Nombre de victoiresOrdre de la Libération : une victoire en Libye et six sur le front soviétique. AMFAFL : sept victoires homologuées.Concordance du bilan global.
Type d’appareil utilisé le 16 juillet 1943AMFAFL : mention de Yak-3. Journaux d’opérations : Yak-9.Yak-9 retenu conformément aux documents opérationnels.
Dernier combatOrdre de la Libération : attaque de bombardiers allemands escortés par des chasseurs. Journaux d’opérations : combats contre des Ju 87 et des Fw 190.Concordance générale. Les journaux permettent une reconstitution plus détaillée.
Cause de la disparitionAppareil non retrouvé ; absence de témoignage définitif sur sa chute.Les circonstances exactes restent inconnues.
Décoration soviétiqueOrdre de la Libération : ordre de la Guerre patriotique de deuxième classe, oukase du 12 septembre 1943.Attribution et date retenues.
Médaille de la Résistance françaiseAbsente de la liste institutionnelle des décorations. Aucune fiche nominative confirmée.Attribution non établie.
Dossier individuel de CompagnonOrdre de la Libération : 1 A 186.Cote confirmée par l’inventaire officiel.
Dossier SHDInventaire de l’Ordre : GR 16 P 111035.Identification archivistique confirmée ; contenu intégral non examiné.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Noël CASTELAIN — Notice biographique institutionnelle présentant sa formation militaire, son engagement dans la France libre, les campagnes de Libye et d’Union soviétique, ses victoires aériennes, sa disparition et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/noel-castelain ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 186 et référence SHD GR 16 P 111035 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924_0.pdf ; Fondation de la France libre — Noël Castelain — Présentation biographique de l’AMFAFL consacrée au parcours du pilote et aux circonstances de sa disparition — https://www.france-libre.net/noel-castelain/ ; Fondation de la France libre — Le parcours de Noël CASTELAIN, matricule FAFL 30033 — Étude biographique de 49 pages publiée par l’AMFAFL, présentant les formations, les affectations, les victoires aériennes, les citations et les combats du 16 juillet 1943 — https://francelibre.net/site/wp-content/uploads/2023/07/AMFAFL-2023-BIO-CASTELAIN_Noel.pdf ; Normandie-Niemen — 16 juillet 1943, Potrossovo — Reconstitution des combats à partir des journaux d’opérations du groupe Normandie et de documents soviétiques — https://normandie-niemen.fr/16-juillet-1943-potrossovo/ ; Ordre de la Libération — Albert LITTOLFF — Notice biographique du pilote disparu avec Noël Castelain le 16 juillet 1943 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-littolff ; Ordre de la Libération — Liste alphabétique officielle des Compagnons, confirmation du décret du 23 juin 1941 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf ; Wikipédia — Noël Castelain — Notice encyclopédique secondaire utilisée pour comparaison — https://fr.wikipedia.org/wiki/Noël_Castelain

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