La forme principale attestée est « camp de Granges ». Le camp relève des maquis de l’Ain et du Haut-Jura. Il appartient ensuite au Groupement Nord, dit Louise, des FFI de l’Ain ; l’inventaire du Service historique de la Défense mentionne explicitement le camp de Granges parmi les composantes de ce groupement.
Création du Camp
Le camp est constitué le 19 septembre 1943 par la fusion de deux groupes de réfractaires menacés par la répression.
Le premier est le groupe Catane dirigé par Prosper MIGNOT.
Le second provient de Sièges et est associé à André JOYARD et André VAREYON, dit Det.
Cette fusion réunit des hommes ayant déjà vécu plusieurs semaines dans la clandestinité. Le camp acquiert rapidement une cohésion supérieure à celle de nombreux refuges improvisés du printemps 1943.
À la fin de l’année 1943, Granges compte environ 60 à 70 hommes.
Organisation interne
Parmi les responsables et animateurs du camp apparaissent Georges BENA, Paul PAUGET, DECOMBLE et DEGOUTTE. Georges BENA utilise le pseudonyme Michel.
La structure appartient au dispositif placé sous l’autorité d’Henri ROMANS-PETIT. La discipline, la cohésion et l’entraînement militaire prennent une importance croissante à mesure que les anciens groupes de réfractaires deviennent de véritables unités combattantes.
L’organisation du camp évolue en fonction des déplacements imposés par la répression. Le terme « camp de Granges » désigne donc une unité humaine et militaire qui peut changer de cantonnement plutôt qu’une implantation immuable.
Actions menées pendant la Résistance
Les hommes de Granges participent au dispositif entourant le défilé d’Oyonnax du 11 novembre 1943. Avec ceux de Cize, ils surveillent les abords de la ville et doivent permettre la dispersion rapide du détachement principal en cas d’intervention allemande.
Le camp est directement attaqué au début de l’opération allemande de février 1944. Le 5 février, une colonne allemande se dirige vers sa position en disposant d’informations précises sur son emplacement. Les maquisards opposent une résistance armée avant de se disperser selon les principes de mobilité fixés par leur commandement. Les récits mémoriels attribuent aux combats d’importantes pertes allemandes, mais les chiffres exacts ne peuvent être retenus sans réserve faute de documentation allemande correspondante suffisamment recoupée.
Après les opérations, le camp de Granges est mentionné avec le centre de triage dans le secteur d’Émondeau, démontrant sa capacité de reconstitution après l’attaque.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le camp appartient aux maquis de l’Ain et du Haut-Jura commandés par Henri ROMANS-PETIT puis aux FFI.
Le SHD le rattache au Groupement Nord dit Louise, aux côtés d’autres formations telles que le groupe franc Paris-Werner, le camp Roland et diverses unités de l’Armée secrète.
Prosper MIGNOT est à l’origine du groupe Catane qui participe à la création de Granges.
André JOYARD et André VAREYON-DET représentent le groupe de Sièges intégré au camp en septembre 1943.
Georges BENA, alias Michel, né en 1918, est l’un des principaux responsables militaires associés à Granges. La documentation mémorielle des maquis de l’Ain le présente comme un chef particulièrement actif. Il participe ensuite à la protection du poste de commandement départemental et de missions interalliées et poursuit les combats dans le Pays de Gex et le Haut-Jura. Il survit à la guerre et meurt en 1997.
Paul PAUGET, DECOMBLE et DEGOUTTE sont également cités parmi les principaux animateurs du camp à la fin de 1943.
Victimes et morts
Les combats de février 1944 et les opérations allemandes ultérieures causent des pertes dans les maquis de l’Ain. Cependant, les sources consultées ne permettent pas d’établir dans cette fiche une liste nominative exhaustive des seuls hommes de Granges tués au combat, fusillés ou morts en déportation.
Cette limitation est importante car les maquisards sont fréquemment transférés entre camps et groupements, ce qui rend dangereuse toute attribution fondée uniquement sur le lieu de leur décès.
Survivants identifiés
Georges BENA survit à la guerre et poursuit son parcours militaire après la Libération.
Les archives et listes des maquis de l’Ain permettent d’identifier de nombreux autres anciens du camp, mais une liste exhaustive nécessiterait l’exploitation nominative des cahiers d’effectifs conservés dans les fonds départementaux.
Fin du Camp
Granges n’est pas détruit définitivement par l’opération de février 1944. Ses hommes se replient, se regroupent et continuent le combat au sein du Groupement Nord.
L’unité perd progressivement son identité de « camp » au cours de l’été 1944 avec la transformation des maquis en formations FFI plus structurées.
Conséquences et mémoire
Granges occupe une place importante dans l’histoire des maquis de l’Ain par son ancienneté, son effectif, sa participation à la sécurisation du défilé d’Oyonnax et sa résistance lors des opérations allemandes de février 1944.
Le cahier des effectifs des maquis placés sous le commandement d’Henri ROMANS-PETIT a été déposé aux Archives départementales de l’Ain le 13 octobre 1994.
Pour l’ensemble des groupements, 454 hommes y sont recensés au début de janvier 1944, tandis qu’un chiffre de 485 hommes avait été transmis à Londres.
Références bibliographiques
La Formation des maquis de l’Ain, décembre 1942-février 1944, Yves Martin, Association des Anciens des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, Bourg-en-Bresse, 1987. Cette étude est essentielle pour comprendre la création de Granges à partir des groupes de réfractaires de Catane et Sièges ainsi que l’organisation des camps sous l’autorité de ROMANS-PETIT.
Vagabonds de l’honneur, Pierre Golliet et collaborateurs. Cet ouvrage mémoriel retrace les combats des maquis de l’Ain et fournit une description détaillée de l’attaque du camp de Granges en février 1944. Ses bilans militaires doivent néanmoins être confrontés aux archives adverses avant d’être retenus comme chiffres définitifs.
Souvenirs de maquisards de l’Ain, Roger Lefèvre, Alan Sutton, 2004. L’ouvrage apporte des témoignages sur la vie des maquisards et les opérations conduites dans le département.
Ils ont pris le maquis, Fabrice Grenard, Tallandier et ministère des Armées, 2022. Cette étude replace la constitution de Granges dans le phénomène national de militarisation des groupes de réfractaires au STO.
Références internet
Mémoire de la Résistance et des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura fournit les informations les plus précises sur la création du camp le 19 septembre 1943, sa composition initiale et ses principaux cadres. https://www.maquisdelain.org/article-le-profil-des-camps-fin-1943-25.html
Service historique de la Défense identifie officiellement le camp de Granges dans l’inventaire de la sous-série GR 19 P comme composante du Groupement Nord dit Louise des FFI de l’Ain.
Chemins de mémoire – ministère des Armées confirme le rôle de Granges dans le dispositif de sécurité du défilé d’Oyonnax du 11 novembre 1943.
Fondation de la Résistance documente le contexte des maquis de l’Ain et le rôle majeur pris par le défilé d’Oyonnax dans la démonstration de force de la Résistance. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/questions-autour-des-traces-photographiques-commy-moration-novembre-1943-photo11/
Fiabilité
Fiabilité A pour l’existence du camp, sa date de création, ses groupes fondateurs, son effectif approximatif, son rattachement et sa participation au dispositif d’Oyonnax. Fiabilité B pour le détail chiffré des pertes allemandes lors de l’attaque de février 1944, les récits mémoriels disponibles n’étant pas suffisamment recoupés sur ce point.
Sources consultées —
Maitron Résistance : recherche sur Granges et ses principaux responsables. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : résultat positif pour le contexte des maquis de l’Ain et le défilé d’Oyonnax. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/questions-autour-des-traces-photographiques-commy-moration-novembre-1943-photo11/
Musée de la Résistance en ligne : consultation de l’inventaire SHD GR 19 P et des ressources concernant les maquis de l’Ain. https://museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des hommes : recherche effectuée sur les membres identifiés. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche effectuée sur les responsables cités. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica, Bibliothèque nationale de France : recherche bibliographique sur les maquis de l’Ain et Oyonnax. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : inventaire GR 19 P, Groupement Nord dit Louise, où figure le camp de Granges. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Mémoire de la Résistance et des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura : documentation détaillée positive. https://www.maquisdelain.org/article-le-profil-des-camps-fin-1943-25.html
Chemins de mémoire : documentation positive sur le défilé d’Oyonnax et le rôle des camps de Granges et Cize.
Camp de Granges
La forme principale attestée est « camp de Granges ». Le camp relève des maquis de l’Ain et du Haut-Jura. Il appartient ensuite au Groupement Nord, dit Louise, des FFI de l’Ain ; l’inventaire du Service historique de la Défense mentionne explicitement le camp de Granges parmi les composantes de ce groupement.
Création du Camp
Le camp est constitué le 19 septembre 1943 par la fusion de deux groupes de réfractaires menacés par la répression.
Le premier est le groupe Catane dirigé par Prosper MIGNOT.
Le second provient de Sièges et est associé à André JOYARD et André VAREYON, dit Det.
Cette fusion réunit des hommes ayant déjà vécu plusieurs semaines dans la clandestinité. Le camp acquiert rapidement une cohésion supérieure à celle de nombreux refuges improvisés du printemps 1943.
À la fin de l’année 1943, Granges compte environ 60 à 70 hommes.
Organisation interne
Parmi les responsables et animateurs du camp apparaissent Georges BENA, Paul PAUGET, DECOMBLE et DEGOUTTE. Georges BENA utilise le pseudonyme Michel.
La structure appartient au dispositif placé sous l’autorité d’Henri ROMANS-PETIT. La discipline, la cohésion et l’entraînement militaire prennent une importance croissante à mesure que les anciens groupes de réfractaires deviennent de véritables unités combattantes.
L’organisation du camp évolue en fonction des déplacements imposés par la répression. Le terme « camp de Granges » désigne donc une unité humaine et militaire qui peut changer de cantonnement plutôt qu’une implantation immuable.
Actions menées pendant la Résistance
Les hommes de Granges participent au dispositif entourant le défilé d’Oyonnax du 11 novembre 1943. Avec ceux de Cize, ils surveillent les abords de la ville et doivent permettre la dispersion rapide du détachement principal en cas d’intervention allemande.
Le camp est directement attaqué au début de l’opération allemande de février 1944. Le 5 février, une colonne allemande se dirige vers sa position en disposant d’informations précises sur son emplacement. Les maquisards opposent une résistance armée avant de se disperser selon les principes de mobilité fixés par leur commandement. Les récits mémoriels attribuent aux combats d’importantes pertes allemandes, mais les chiffres exacts ne peuvent être retenus sans réserve faute de documentation allemande correspondante suffisamment recoupée.
Après les opérations, le camp de Granges est mentionné avec le centre de triage dans le secteur d’Émondeau, démontrant sa capacité de reconstitution après l’attaque.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le camp appartient aux maquis de l’Ain et du Haut-Jura commandés par Henri ROMANS-PETIT puis aux FFI.
Le SHD le rattache au Groupement Nord dit Louise, aux côtés d’autres formations telles que le groupe franc Paris-Werner, le camp Roland et diverses unités de l’Armée secrète.
Prosper MIGNOT est à l’origine du groupe Catane qui participe à la création de Granges.
André JOYARD et André VAREYON-DET représentent le groupe de Sièges intégré au camp en septembre 1943.
Georges BENA, alias Michel, né en 1918, est l’un des principaux responsables militaires associés à Granges. La documentation mémorielle des maquis de l’Ain le présente comme un chef particulièrement actif. Il participe ensuite à la protection du poste de commandement départemental et de missions interalliées et poursuit les combats dans le Pays de Gex et le Haut-Jura. Il survit à la guerre et meurt en 1997.
Paul PAUGET, DECOMBLE et DEGOUTTE sont également cités parmi les principaux animateurs du camp à la fin de 1943.
Victimes et morts
Les combats de février 1944 et les opérations allemandes ultérieures causent des pertes dans les maquis de l’Ain. Cependant, les sources consultées ne permettent pas d’établir dans cette fiche une liste nominative exhaustive des seuls hommes de Granges tués au combat, fusillés ou morts en déportation.
Cette limitation est importante car les maquisards sont fréquemment transférés entre camps et groupements, ce qui rend dangereuse toute attribution fondée uniquement sur le lieu de leur décès.
Survivants identifiés
Georges BENA survit à la guerre et poursuit son parcours militaire après la Libération.
Les archives et listes des maquis de l’Ain permettent d’identifier de nombreux autres anciens du camp, mais une liste exhaustive nécessiterait l’exploitation nominative des cahiers d’effectifs conservés dans les fonds départementaux.
Fin du Camp
Granges n’est pas détruit définitivement par l’opération de février 1944. Ses hommes se replient, se regroupent et continuent le combat au sein du Groupement Nord.
L’unité perd progressivement son identité de « camp » au cours de l’été 1944 avec la transformation des maquis en formations FFI plus structurées.
Conséquences et mémoire
Granges occupe une place importante dans l’histoire des maquis de l’Ain par son ancienneté, son effectif, sa participation à la sécurisation du défilé d’Oyonnax et sa résistance lors des opérations allemandes de février 1944.
Le cahier des effectifs des maquis placés sous le commandement d’Henri ROMANS-PETIT a été déposé aux Archives départementales de l’Ain le 13 octobre 1994.
Pour l’ensemble des groupements, 454 hommes y sont recensés au début de janvier 1944, tandis qu’un chiffre de 485 hommes avait été transmis à Londres.
Références bibliographiques
La Formation des maquis de l’Ain, décembre 1942-février 1944, Yves Martin, Association des Anciens des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, Bourg-en-Bresse, 1987. Cette étude est essentielle pour comprendre la création de Granges à partir des groupes de réfractaires de Catane et Sièges ainsi que l’organisation des camps sous l’autorité de ROMANS-PETIT.
Vagabonds de l’honneur, Pierre Golliet et collaborateurs. Cet ouvrage mémoriel retrace les combats des maquis de l’Ain et fournit une description détaillée de l’attaque du camp de Granges en février 1944. Ses bilans militaires doivent néanmoins être confrontés aux archives adverses avant d’être retenus comme chiffres définitifs.
Souvenirs de maquisards de l’Ain, Roger Lefèvre, Alan Sutton, 2004. L’ouvrage apporte des témoignages sur la vie des maquisards et les opérations conduites dans le département.
Ils ont pris le maquis, Fabrice Grenard, Tallandier et ministère des Armées, 2022. Cette étude replace la constitution de Granges dans le phénomène national de militarisation des groupes de réfractaires au STO.
Références internet
Mémoire de la Résistance et des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura fournit les informations les plus précises sur la création du camp le 19 septembre 1943, sa composition initiale et ses principaux cadres. https://www.maquisdelain.org/article-le-profil-des-camps-fin-1943-25.html
Service historique de la Défense identifie officiellement le camp de Granges dans l’inventaire de la sous-série GR 19 P comme composante du Groupement Nord dit Louise des FFI de l’Ain.
Chemins de mémoire – ministère des Armées confirme le rôle de Granges dans le dispositif de sécurité du défilé d’Oyonnax du 11 novembre 1943.
Fondation de la Résistance documente le contexte des maquis de l’Ain et le rôle majeur pris par le défilé d’Oyonnax dans la démonstration de force de la Résistance. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/questions-autour-des-traces-photographiques-commy-moration-novembre-1943-photo11/
Fiabilité
Fiabilité A pour l’existence du camp, sa date de création, ses groupes fondateurs, son effectif approximatif, son rattachement et sa participation au dispositif d’Oyonnax. Fiabilité B pour le détail chiffré des pertes allemandes lors de l’attaque de février 1944, les récits mémoriels disponibles n’étant pas suffisamment recoupés sur ce point.
Sources consultées —
Maitron Résistance : recherche sur Granges et ses principaux responsables. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : résultat positif pour le contexte des maquis de l’Ain et le défilé d’Oyonnax. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/questions-autour-des-traces-photographiques-commy-moration-novembre-1943-photo11/
Musée de la Résistance en ligne : consultation de l’inventaire SHD GR 19 P et des ressources concernant les maquis de l’Ain. https://museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des hommes : recherche effectuée sur les membres identifiés. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche effectuée sur les responsables cités. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica, Bibliothèque nationale de France : recherche bibliographique sur les maquis de l’Ain et Oyonnax. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : inventaire GR 19 P, Groupement Nord dit Louise, où figure le camp de Granges. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Mémoire de la Résistance et des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura : documentation détaillée positive. https://www.maquisdelain.org/article-le-profil-des-camps-fin-1943-25.html
Chemins de mémoire : documentation positive sur le défilé d’Oyonnax et le rôle des camps de Granges et Cize.