André Jacques Gaspard BOYER, né le 15 octobre 1908 à Marseille, Bouches-du-Rhône, France, mort le 4 avril 1945 à Nordhausen, Allemagne. Nationalité française.
L’Ordre de la Libération et Wikipédia concordent sur son identité, son ancrage marseillais, sa place de chef du réseau Brutus et sa mort en déportation.
André Boyer est issu d’une famille marseillaise ; son père est médecin. Il suit ses études à l’École de Provence, obtient une licence en droit et une licence de lettres, puis devient avocat.
Il ouvre en 1931 à Marseille son premier cabinet avec Gaston Defferre, dont il est proche. Ces éléments sont donnés de manière convergente par l’Ordre de la Libération, Wikipédia et le Musée de la Résistance en ligne.
Engagement dans la Résistance
Engagé pour la durée de la guerre en 1939, il se distingue en juin 1940 à Saumur lors de la défense du pont de Gennes, ce qui lui vaut la Croix de guerre.
Refusant la défaite, il entre le 25 janvier 1941 dans le réseau Lucas de Pierre Fourcaud et s’engage simultanément dans les Forces françaises libres.
En avril 1941, il installe à Marseille un centre d’émission radio ; à l’été 1941, il sert d’intermédiaire entre Pierre Fourcaud et le Comité d’action socialiste de Félix Gouin.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il appartient d’abord au réseau Lucas, puis devient l’adjoint du nouveau chef « Froment » après l’arrestation de Pierre Fourcaud à l’été 1941. À partir de février 1943, sous le pseudonyme « Brémond », il prend en charge l’ensemble du réseau désormais nommé Brutus et lui donne un très grand développement. Les sources le rattachent aussi au réseau Vény, à France au Combat et, en novembre 1943, au comité directeur des MUR.
Missions et actions
L’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne permettent de retracer avec précision son rôle central.
Après avoir aidé à l’extension de Brutus dès le début de 1942, il gagne Londres le 13 janvier 1943, où il devient chef de mission de 1re classe. Il revient clandestinement en France dans la nuit du 13 au 14 février 1943 dans l’opération aérienne Bérénice et reprend la direction de Brutus.
Il poursuit l’extension nationale du réseau, développe parallèlement les groupes paramilitaires du sous-réseau Vény intégrés à l’Armée secrète, repart à Londres le 20 septembre 1943 avec Gaston Defferre, puis revient en France le 17 octobre 1943.
Il crée alors France au Combat. Son rôle politique est également notable : dès mai-juin 1942, il défend avec Pierre Fourcaud l’idée d’un conseil national de la Résistance, idée alors jugée prématurée par Jean Moulin.
Arrestation / évasion / déportation
André Boyer est arrêté le 8 décembre 1943 par la Gestapo avec André Clavé lors d’un rendez-vous à Paris. Torturé, il ne parle pas et protège ainsi son réseau. Il est interné à Fresnes, transféré à Compiègne le 2 mai 1944, puis déporté à Buchenwald le 12 mai. Le 8 juin 1944, il est envoyé à Dora ; affecté à l’infirmerie, il participe à la résistance intérieure du camp. Repéré, il est transféré le 3 novembre 1944 à la prison de Nordhausen.
Lors du bombardement allié de la nuit du 3 au 4 avril 1945, il tente de s’évader avec Jacques Poupault et Jacques Brunschwig-Bordier, mais il est tué par l’éclatement d’une bombe après avoir franchi les murs. Son corps n’est pas retrouvé.
Camarades de combat
Les sources consultées permettent de citer notamment Pierre Fourcaud, Boris Fourcaud, Gaston Defferre, André Clavé, Pierre Sudreau, Jacques Poupault et Jacques Brunschwig-Bordier. Ces noms apparaissent dans la documentation institutionnelle consultée sur son parcours.
Retour à la vie civile
Sans objet. André Boyer meurt en déportation en avril 1945.
Décorations
- Compagnon de la Libération à titre posthume. Décret du 20 janvier 1946, Journal officiel non retrouvé directement dans cette recherche ; information donnée par Wikipédia et confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume . Décret du 14 juin 1946, JO 11 juillet 1946 source ordre de la Libération.
- Croix de guerre 1939-1945 avec deux palmes. Décret non retrouvé dans cette recherche ; décoration mentionnée par Wikipédia et cohérente avec sa citation de 1940.
- Chevalier de la Légion d’honneur. Décret non retrouvé dans cette recherche ; décoration mentionnée par Wikipédia et l’Ordre de la Libération.
- Côte du dossier : 1O8711
Lieux de mémoire
Les sources consultées n’ont pas permis, dans cette recherche, de dresser un relevé sûr et limité de lieux de mémoire civils ou urbains portant son nom. En revanche, sa présence est attestée dans les corpus mémoriels de l’Ordre de la Libération et du Musée de la Résistance en ligne.
Références bibliographiques
Jean Moulin, 17 juin 1940-21 juin 1943 : esquisse d’une nouvelle histoire de la Résistance, Jacques Baynac. Cet ouvrage est cité par Wikipédia pour le contexte politique de l’action d’André Boyer, notamment ses rapports avec Pierre Fourcaud, le Comité d’action socialiste et la genèse de l’idée d’un conseil national de la Résistance.
Les compagnons de l’ombre : les services spéciaux français face à l’histoire, 1940-1945, Vladimir Trouplin, Marion Mathey-Defosse et Jean-Louis Perquin. Ouvrage cité par Wikipédia pour le parcours personnel d’André Boyer et son environnement au sein des services spéciaux français et de la Résistance intérieure.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice biographique institutionnelle très détaillée sur André Boyer, source principale pour son parcours de résistant, ses missions, son arrestation, sa déportation et sa mort. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-boyer
Musée de la Résistance en ligne. Notice iconographique contextualisée, très utile pour l’état civil, la formation, le rôle au sein de Brutus et la chronologie générale de ses actions. https://museedelaresistanceenligne.org/media6016-Andr-Boyer
Wikipédia. Notice détaillée sur André Boyer, utilisée ici en complément pour les décorations et certains éléments biographiques, en recoupement avec les sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Boyer_(résistant)
Observations
Les décorations sont connues, mais les textes de décrets n’ont pas été directement retrouvés ici, sauf la certitude institutionnelle de son statut de Compagnon de la Libération.
Sources consultées le 10 avril 2026
Ordre de la Libération, notice « André Boyer » : source principale pour la chronologie, les pseudonymes, les réseaux, l’arrestation, la déportation et les camarades.
Musée de la Résistance en ligne, média « André Boyer » : état civil, formation, profession, photographie et synthèse du parcours résistant.
Wikipédia, notice « André Boyer (résistant) » : compléments biographiques et décorations.