La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BOUVRET René Charles alias Opel, Chinois, Martial,

René Charles BOUVRET, alias Opel, Chinois, Martial, né le 26 novembre 1920 à Gray (Haute-Saône), mort le 4 janvier 1944 à Hauteville-Lompnes (Ain), Français, ancien caporal-chef de l’Armée de l’air, opérateur radio de la Wireless Transmissions — WT, agent des services Action du BCRA et des structures d’atterrissages-parachutages SOAM, COPA puis SAP, Compagnon de la Libération à titre posthume. Son dossier d’homologation est conservé au SHD sous la cote GR 16 P 85629 ; son dossier de Compagnon porte la cote 1 A 139.

Jeunesse et formation

René BOUVRET naît à Gray le 26 novembre 1920. L’Ordre de la Libération ne fournit pas d’éléments détaillés sur sa famille. Il suit une formation technique et sort en 1938 de l’École nationale professionnelle d’Épinal.

Il effectue ensuite un stage d’un an dans une usine de Pont-à-Mousson, puis revient en Haute-Saône où il travaille comme dessinateur industriel. Cette formation technique joue un rôle déterminant dans son futur emploi de spécialiste radio.

En août 1939, avant même son appel normal, il s’engage pour trois ans dans l’Armée de l’air comme élève mécanicien.

Promu caporal-chef, il obtient en avril 1940 son brevet de radiotélégraphiste à l’École de l’Air de Rochefort puis, en juin 1940, celui de radio-navigant à l’École de Saint-Jean-d’Angély.

Devant l’avance allemande, il est replié vers Lyon et affecté au fort Saint-Jean. Il ne semble pas avoir eu l’occasion de participer directement aux combats de la campagne de France.

Engagement dans la Résistance

Son engagement militaire de trois ans arrivant à expiration, René BOUVRET est démobilisé en août 1942. Il entre alors dans la Résistance intérieure et met immédiatement ses compétences de radiotélégraphiste au service des organisations clandestines.

À la fin de 1942, il devient chef opérateur radio de la Wireless Transmissions — WT, service de transmissions clandestines mis en place dans l’environnement de Jean MOULIN afin d’améliorer les communications entre la Résistance intérieure et Londres.

Ses compétences techniques, son expérience militaire et sa capacité à travailler dans la clandestinité lui valent rapidement des responsabilités étendues.

Appartenance à un réseau ou mouvement

René BOUVRET est rattaché à deux structures principales indiquées par l’Ordre de la Libération :

Wireless Transmissions — WT, organisation radio clandestine ;

Bureau central de renseignements et d’action — BCRA, service de renseignement et d’action de la France combattante.

Il travaille également pour les services chargés des opérations aériennes clandestines en zone Sud : SOAM — Service des opérations aériennes et maritimes, puis COPA — Centre des opérations de parachutage et d’atterrissage, enfin SAP — Section des atterrissages et parachutages. Il assure leurs liaisons dans plusieurs départements, principalement le Gard, le Rhône et l’Ain.

Le Musée de la Résistance en ligne le rattache également au SAP et le présente comme opérateur radio travaillant avec Paul RIVIÈRE.

Missions et actions

René BOUVRET émet depuis de nombreux postes clandestins, qu’il doit changer régulièrement pour échapper à la radiogoniométrie allemande.

Parmi les principaux lieux d’émission signalés figurent Louhans, Ambérieu-en-Bugey et Montélimar.

Son rôle consiste à assurer les transmissions entre les responsables de la Résistance et Londres, mais aussi à préparer ou confirmer les opérations de parachutage et d’atterrissage clandestins destinées aux mouvements, maquis et équipes Action.

La documentation spécialisée sur les radios clandestins souligne les risques considérables supportés par ces opérateurs : une émission prolongée pouvait permettre aux équipes allemandes de radiogoniométrie de localiser progressivement le poste. René BOUVRET est plusieurs fois détecté ou menacé de l’être.

En juillet 1943, son chef André MONTAUT, également connu sous divers pseudonymes dont Mec-W ou Chrysler, est arrêté. René BOUVRET se retrouve temporairement isolé.

Le dossier historique consacré aux réseaux Action indique toutefois qu’il reprend rapidement son activité, grâce notamment à un instructeur radio connu sous le pseudonyme Indien ou Buick, qui a conservé la liaison avec Londres.

À la fin de 1943, il travaille principalement dans les secteurs d’Ambérieu, Chambéry et Culoz. Il assure des liaisons avec les maquis de l’Ain et participe à la mise en œuvre de nouveaux plans de transmission pour la zone Sud.

L’Ordre de la Libération précise qu’il finit par constituer un nouveau réseau de transmissions dont il devient le responsable.

Le dossier GR 16 P 85629 contient notamment une proposition de citation à l’ordre de l’Armée du 27 décembre 1943, un acte d’engagement dans les Forces françaises combattantes du même jour, puis plusieurs propositions pour la Croix de la Libération datées des 21 janvier et 3 février 1944. Ces pièces attestent l’importance reconnue à son activité clandestine dès avant sa mort.

Arrestation / évasion / déportation

René BOUVRET est activement recherché par les services allemands.

Le 4 janvier 1944, il émet depuis le domicile de son adjoint Henri CHAPUIS, à Hauteville-Lompnes. Les services allemands repèrent ou identifient le lieu et encerclent la maison.

La version retenue par l’Ordre de la Libération est précise : BOUVRET, qui avait déclaré à ses camarades qu’il ne serait jamais pris vivant, se donne la mort d’une balle de revolver dans la tête afin d’échapper à l’arrestation et à l’interrogatoire.

Le Musée de la Résistance en ligne donne la même version générale : cerné par quatre agents de la Sipo-SD chez Henri CHAPUIS, il se suicide pour ne pas tomber entre leurs mains.

Une source mémorielle importante, Les Réseaux Action de la France combattante, donne toutefois un récit sensiblement différent : elle affirme que BOUVRET aurait détruit son poste, ouvert le feu, abattu trois Allemands puis aurait été abattu lui-même.

Cette contradiction ne peut être ignorée. Les sources institutionnelles convergent cependant vers le suicide pour éviter l’arrestation ; c’est donc cette version qui est retenue dans la notice, la version alternative étant maintenue dans le tableau des divergences.

Il est d’abord inhumé à Hauteville, puis son corps est transféré au carré militaire du cimetière parisien de Thiais, dans le Val-de-Marne.

La mention « Mort pour la France » lui est attribuée ; elle est également reprise dans les données issues de Mémoire des Hommes.

Camarades de combat

André MONTAUT — chef de la WT ; son arrestation en juillet 1943 provoque l’isolement temporaire de René BOUVRET.

Paul RIVIÈRE — responsable des opérations aériennes clandestines ; le Musée de la Résistance en ligne présente BOUVRET comme son opérateur radio.

Henri CHAPUIS — adjoint de BOUVRET ; c’est depuis son domicile de Hauteville que BOUVRET émet lors de l’encerclement du 4 janvier 1944.

Maurice BIDEAU — responsable des agents de liaison de la WT dans la région de Lyon ; son témoignage et les travaux sur les réseaux Action apportent des renseignements détaillés sur les activités de « Martial ».

Jean MOULIN — l’Ordre de la Libération rattache la création de la WT à l’organisation des communications clandestines mise en place sous son impulsion.

Retour à la vie civile

René BOUVRET meurt à l’âge de vingt-trois ans, avant la Libération, et ne connaît donc aucun retour à la vie civile.

Ses services clandestins font l’objet d’une reconnaissance posthume particulièrement complète : homologation, Croix de guerre, Croix de la Libération, Médaille de la Résistance avec rosette et statut de Mort pour la France.

L’inventaire de l’Ordre de la Libération mentionne également un dossier d’homologation de grade FFI dans le fonds GR 16 P 85629.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. La date du décret n’a pas été retrouvée dans une source primaire directement accessible lors des présentes recherches. Source : Ordre de la Libération.

Compagnon de la Libération à titre posthume — Croix de la Libération — décret du 4 mai 1944 — dossier 1 A 139 ; ampliation du décret conservée dans le dossier. Source : Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1939-1945 avec palme — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération ; le dossier GR 16 P 85629 conserve une proposition de citation à l’ordre de l’Armée du 27 décembre 1943. Source : Ordre de la Libération / SHD.

Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume — décret du 24 avril 1946 — Journal officiel du 17 mai 1946 — cote du dossier 1O8629. Source : base officielle des Médaillés de la Résistance française, Ordre de la Libération.

Lieux de mémoire

René BOUVRET est d’abord inhumé à Hauteville puis transféré au carré militaire du cimetière parisien de Thiais.

Son nom demeure également associé à la mémoire des opérateurs radio clandestins du BCRA et des réseaux Action, catégorie de résistants particulièrement exposée en raison de la radiogoniométrie allemande. La Fondation de la Résistance lui consacre une notice dans le dossier Hommes et femmes de la radio clandestine.

Son décès et son choix de ne pas tomber vivant entre les mains des services allemands ont également été étudiés dans les travaux universitaires consacrés aux suicides de résistants pour échapper à la capture et protéger leurs réseaux.

Références bibliographiques

Jean Moulin : la République des catacombes — Daniel CORDIER — Paris, Gallimard, 1999, 976 p. Ouvrage majeur pour comprendre l’organisation clandestine des liaisons entre Jean MOULIN, les mouvements et Londres, ainsi que la mise en place des services radio auxquels appartient René BOUVRET.

Les Réseaux Action de la France combattante 1940-1944 — ouvrage collectif de l’Amicale Action — Paris, 1986. Référence importante sur la Wireless Transmissions, les opérateurs radio et les structures Action ; contient un récit détaillé des activités de « Martial ». L’ouvrage est également conservé dans le dossier 1 A 139.

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence sur les Compagnons de la Libération, recensé par l’instrument de recherche de l’Ordre.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, nouvelle édition augmentée, 2023, 1 600 p. Référence biographique générale pour l’état civil, les pseudonymes, le parcours clandestin et les décorations.

Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945 — ouvrage collectif — Paris, Imprimerie nationale, 1961. L’extrait concernant René BOUVRET est conservé dans le dossier 1 A 139.

Références internet

Ordre de la Libération — René BOUVRET. Source institutionnelle principale pour l’état civil, les pseudonymes, la formation militaire, la WT, le BCRA, les services d’atterrissages-parachutages, les lieux d’émission, la mort, la sépulture et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/rene-bouvret

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Confirme les cotes GR 16 P 85629, GR 28 P 4 34141, 21 P 32051, 21 P 732820 et 1 A 139, ainsi que les propositions de citation, l’acte d’engagement dans les Forces françaises combattantes et les pièces relatives à la Croix de la Libération.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_202312.pdf

Ordre de la Libération — Base des Médaillés de la Résistance française. Confirme l’identité complète René Charles BOUVRET, les pseudonymes Opel, Chinois et Martial, la Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume, le décret du 24 avril 1946, le Journal officiel du 17 mai 1946 et la cote 1O8629.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Répertoire GR 16 P. Confirme René BOUVRET, né le 26 novembre 1920 à Gray, sous la cote GR 16 P 85629, et permet de le distinguer d’un homonyme René BOUVRET né en 1909 à Nanterre sous la cote GR 16 P 85628.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf

Musée de la Résistance en ligne — René BOUVRET. Confirme les pseudonymes Martial et Chinois, l’appartenance au SAP, le rôle d’opérateur radio de Paul RIVIÈRE et les circonstances générales de l’encerclement chez Henri CHAPUIS à Hauteville.
https://museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=475

Fondation de la Résistance — Hommes et femmes de la radio clandestine. Source spécialisée sur la WT et les opérateurs radio ; fournit un récit détaillé des émissions de « Martial », de l’arrestation d’André MONTAUT et de la dernière émission du 4 janvier 1944.
https://www.fondationresistance.org/documents/ee/Doc00006-013.pdf

Université d’Angers — La mort comme dernier recours. Les suicides des résistants de France 1940-1944. Mémoire universitaire étudiant le suicide de René BOUVRET dans le cadre plus large des résistants choisissant la mort pour éviter l’arrestation et protéger leurs réseaux.
https://dune.univ-angers.fr/system/files/depots/16001253/2021HMHCP13502/13502F.pdf

Wikipédia — René Bouvret. Notice secondaire développée consultée conformément au protocole ; utilisée pour contrôler la bibliographie et certaines références à Mémoire des Hommes, sans prévaloir sur les sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Bouvret

Dossier d’homologation consulté

SHD GR 16 P 85629 — BOUVRET René, né le 26 novembre 1920 à Gray. Le répertoire officiel confirme cette identité et cette cote. Le même répertoire comporte un autre René BOUVRET, né le 31 décembre 1909 à Nanterre, sous la cote GR 16 P 85628 : le contrôle de l’homonymie est donc indispensable.

Le dossier GR 16 P 85629 comprend, d’après l’inventaire de l’Ordre de la Libération, une proposition de citation à l’ordre de l’Armée du 27 décembre 1943, un acte d’engagement dans les Forces françaises combattantes du 27 décembre 1943, une proposition de citation pour la Croix de la Libération du 21 janvier 1944, une proposition d’attribution de la Croix du 3 février 1944, la copie du décret du 4 mai 1944 et une fiche d’homologation de grade FFI. Le dossier intégral n’a pas été directement consulté en ligne.

SHD GR 28 P 4 34141. Le dossier contient notamment une demande d’attribution de la Croix de la Libération pour « Chinois » du 21 janvier 1944, une ampliation du décret du 4 mai 1944 et une fiche de renseignements du 2 novembre 1944.

DAVCC 21 P 32051. Dossier de décès de René BOUVRET, copie datée de 1946.

DAVCC 21 P 732820. Le dossier comprend une demande de titre de déporté résistant de 1962, une carte d’interné politique du 3 janvier 1963, une feuille d’examen de 1964 et une décision attribuant finalement le titre d’interné résistant le 30 septembre 1964. Ces pièces administratives postérieures à sa mort nécessitent une lecture directe pour comprendre précisément leur fondement juridique et ne permettent pas d’affirmer qu’il aurait effectivement connu une période d’internement.

Ordre de la Libération — dossier 1 A 139. Le dossier contient le mémoire de proposition de 1944, un courrier du 8 février 1944, l’ampliation du décret du 4 mai 1944, le reçu du diplôme n° 657, des fiches de renseignements, quatorze pièces de correspondance et des copies de documents SHD. Il conserve aussi l’étude Un radio parmi d’autres de 2009, un extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération et un extrait de Les Réseaux Action de la France combattante.

Dossier Médaille de la Résistance française — 1O8629. La base officielle identifie René Charles BOUVRET, alias Opel, Chinois, Martial, comme médaillé avec rosette à titre posthume, par décret du 24 avril 1946, publié au Journal officiel du 17 mai 1946.

Observations

Une première précision porte sur l’identité complète. La notice publique des Compagnons utilise « René BOUVRET », tandis que la base officielle des Médaillés de la Résistance française donne René Charles BOUVRET. Cette dernière forme est retenue pour la première ligne de la notice.

Une deuxième vigilance concerne l’homonymie. Le répertoire GR 16 P comporte :

GR 16 P 85628 — René BOUVRET, né le 31 décembre 1909 à Nanterre ;

GR 16 P 85629 — René BOUVRET, né le 26 novembre 1920 à Gray, objet de la présente notice.

La principale divergence historique concerne les circonstances du décès. L’Ordre de la Libération, le Musée de la Résistance en ligne et plusieurs travaux récents indiquent qu’il se suicide d’une balle dans la tête pour ne pas être arrêté. En revanche, le témoignage reproduit dans Les Réseaux Action de la France combattante affirme qu’il détruit d’abord son poste, ouvre le feu sur les Allemands, en abat trois, puis est lui-même tué. La version institutionnelle du suicide est retenue, mais le témoignage contradictoire doit demeurer signalé.

Une dernière réserve concerne le dossier 21 P 732820, qui aboutit en 1964 à l’attribution posthume du titre d’interné résistant, alors que les sources biographiques ne mentionnent aucun internement. Il est impossible d’interpréter correctement cette décision sans consulter l’intégralité du dossier administratif ; elle n’est donc pas intégrée au récit biographique.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité complète, la naissance le 26 novembre 1920 à Gray, les pseudonymes Opel, Chinois et Martial, la formation aéronautique et radio, la démobilisation d’août 1942, l’entrée à la WT et au BCRA, le rôle auprès des services SOAM-COPA-SAP, les émissions depuis Louhans, Ambérieu et Montélimar, l’activité dans les secteurs d’Ambérieu, Chambéry et Culoz, le dossier GR 16 P 85629, le dossier GR 28 P 4 34141, le dossier 1 A 139, la Croix de la Libération, la Médaille de la Résistance avec rosette et la cote 1O8629 sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes. La principale incertitude porte uniquement sur le déroulement exact des dernières minutes du 4 janvier 1944.

Chronologie

DateÉvénement
26 novembre 1920Naissance à Gray, Haute-Saône.
1938Sort de l’École nationale professionnelle d’Épinal.
1938-1939Stage industriel à Pont-à-Mousson, puis emploi de dessinateur en Haute-Saône.
Août 1939S’engage pour trois ans dans l’Armée de l’air comme élève mécanicien.
Avril 1940Brevet de radiotélégraphiste à Rochefort.
Juin 1940Brevet de radio-navigant à Saint-Jean-d’Angély ; repli au fort Saint-Jean de Lyon.
Août 1942Démobilisé à l’expiration de son contrat.
Fin 1942Entre dans la Résistance ; devient chef opérateur radio de la WT et travaille pour le BCRA et les services d’atterrissages-parachutages.
1943Émissions clandestines à Louhans, Ambérieu et Montélimar.
Juillet 1943Arrestation d’André MONTAUT ; BOUVRET se retrouve temporairement isolé.
Fin 1943Reprend pleinement son activité entre Ambérieu, Chambéry et Culoz ; liaison avec les maquis de l’Ain.
27 décembre 1943Proposition de citation à l’ordre de l’Armée et acte d’engagement dans les Forces françaises combattantes.
4 janvier 1944Maison d’Henri CHAPUIS encerclée à Hauteville-Lompnes ; René BOUVRET meurt pour éviter la capture selon la version institutionnelle.
21 janvier 1944Proposition pour la Croix de la Libération au nom de « Chinois ».
3 février 1944Nouvelle proposition pour l’attribution de la Croix de la Libération.
4 mai 1944Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.
Après 1944Corps transféré du cimetière d’Hauteville au carré militaire du cimetière parisien de Thiais.
24 avril 1946Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume.
17 mai 1946Publication au Journal officiel.
30 septembre 1964Attribution administrative du titre d’interné résistant dans le dossier 21 P 732820.

Tableau des divergences entre sources

Élément biographiqueSource 1Source 2Décision retenue
PrénomsNotice Compagnon : René BOUVRET.Base Médaillés : René Charles BOUVRET.René Charles BOUVRET pour l’identité complète.
Homonymie GR 16 PGR 16 P 85628 : René BOUVRET, né en 1909 à Nanterre.GR 16 P 85629 : René BOUVRET, né en 1920 à Gray.GR 16 P 85629 correspond au Compagnon.
Mort du 4 janvier 1944Ordre, Musée de la Résistance : suicide par balle pour éviter la capture.Les Réseaux Action de la France combattante : destruction du poste, combat, trois Allemands tués, puis BOUVRET abattu.Version institutionnelle du suicide retenue ; récit contradictoire maintenu comme témoignage.
GradeArmée de l’air : caporal-chef.Dossiers postérieurs : homologation d’un grade FFI ; Mémoire des Hommes est repris avec le grade de lieutenant par une source secondaire.Caporal-chef certain pour l’Armée de l’air ; ne pas attribuer un grade FFI précis sans consultation de la fiche d’homologation.
InternementBiographies : aucun internement connu.DAVCC 21 P 732820 : titre d’interné résistant attribué en 1964.Décision administrative signalée mais non interprétée historiquement sans dossier complet.

Sources consultées le 2 octobre 2026

Ordre de la Libération. La notice « René BOUVRET » a fourni l’état civil, les pseudonymes Opel, Chinois et Martial, l’École nationale professionnelle d’Épinal, la formation dans l’Armée de l’air, la démobilisation, la WT, le BCRA, les services SOAM-COPA-SAP, les lieux d’émission, l’activité dans l’Ain, la mort du 4 janvier 1944, la sépulture et les principales décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/rene-bouvret

Ordre de la Libération. L’inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B, a confirmé les cotes GR 16 P 85629, GR 28 P 4 34141, DAVCC 21 P 32051, DAVCC 21 P 732820 et 1 A 139, ainsi que les propositions de citations et de Croix de la Libération, l’acte d’engagement dans les Forces françaises combattantes et les pièces d’homologation.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_202312.pdf

Ordre de la Libération — Base des Médaillés de la Résistance française. La base a confirmé l’identité René Charles BOUVRET, les pseudonymes Opel, Chinois et Martial, la Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume, le décret du 24 avril 1946, le Journal officiel du 17 mai 1946 et la cote 1O8629.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Le répertoire GR 16 P a confirmé la cote GR 16 P 85629, l’état civil du résistant né à Gray en 1920 et l’existence d’un homonyme René BOUVRET né à Nanterre en 1909 sous la cote GR 16 P 85628.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf

Musée de la Résistance en ligne. La fiche consacrée à René BOUVRET a confirmé son appartenance au SAP, ses pseudonymes Martial et Chinois, son rôle d’opérateur radio de Paul RIVIÈRE et l’encerclement du poste d’Henri CHAPUIS à Hauteville.
https://museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=475

Fondation de la Résistance. L’étude « Hommes et Femmes de la radio clandestine », extraite des travaux sur les réseaux Action, a apporté des renseignements détaillés sur l’activité de « Martial », les méthodes d’émission clandestine, l’arrestation d’André MONTAUT et une version alternative des circonstances de sa mort.
https://www.fondationresistance.org/documents/ee/Doc00006-013.pdf

Université d’Angers. Le mémoire La mort comme dernier recours. Les suicides des résistants de France 1940-1944 a étudié René BOUVRET parmi les résistants ayant choisi la mort pour échapper à l’arrestation et préserver leurs réseaux.
https://dune.univ-angers.fr/system/files/depots/16001253/2021HMHCP13502/13502F.pdf

Wikipédia. La notice « René Bouvret » a été consultée conformément au protocole pour sa bibliographie et pour contrôler les renvois à Mémoire des Hommes et aux principaux ouvrages consacrés aux Compagnons ; aucun fait important n’a été retenu contre une source institutionnelle.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Bouvret

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