La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BOUCHINET-SERREULLES Claude Charles Edme alias Sophie, Scapin, Clovis, pseudonymes Claude Sauvier, Pierre Luguet, Lépicié, Pélerin, Charles Sellier, Mallarmé, Corot,

Claude Charles Edme BOUCHINET-SERREULLES, alias Sophie, Scapin, Clovis, pseudonymes Claude Sauvier, Pierre Luguet, Lépicié, Pélerin, Charles Sellier, Mallarmé, Corot, né le 26 janvier 1912 à Paris, 17e arrondissement, mort le 8 décembre 2000 à Neuilly-sur-Seine, Français, officier de réserve, membre des Forces françaises libres et du BCRA, adjoint de Jean MOULIN puis responsable par intérim de la Délégation générale en France, Compagnon de la Libération. La liste officielle des Compagnons donne ses prénoms complets « Claude, Charles, Edme ».

Jeunesse et formation

Claude BOUCHINET naît dans une famille de la bourgeoisie d’affaires ; son père est administrateur de sociétés. Il effectue ses études secondaires au collège Stanislas, obtient une licence en droit et sort diplômé de l’École libre des sciences politiques.

En 1934, il accomplit son service militaire à l’École de cavalerie de Saumur, dont il sort avec le grade de sous-lieutenant de réserve.

Avant la guerre, il devient adjoint à l’attaché commercial de l’ambassade de France à Berlin, expérience qui lui permet d’observer directement l’Allemagne nazie.

Campagne de 1939-1940

Mobilisé en 1939 avec le grade de lieutenant, Claude BOUCHINET est affecté à l’état-major de la Mission française de liaison auprès du corps expéditionnaire britannique.

Le 17 juin 1940, alors que le Grand Quartier général français s’est replié à Vichy et que la perspective de l’armistice s’impose, il quitte son poste et gagne Bordeaux. Il embarque sur le Massilia à destination du Maroc.

Constatant que l’Afrique du Nord accepte également l’armistice, il décide de gagner la Grande-Bretagne. Avec son épouse Janine et Jacques BINGEN, il embarque clandestinement sur un transport de troupes polonaises à destination de l’Angleterre. La rencontre avec BINGEN au Maroc est également confirmée par la biographie institutionnelle de ce dernier.

Engagement dans la France libre

Le 23 juillet 1940, Claude BOUCHINET s’engage dans les Forces françaises libres sous le nom de Serreulles, nom de jeune fille de sa mère. L’usage de ce nom clandestin conduira ultérieurement à la forme patronymique BOUCHINET-SERREULLES.

Son ami d’enfance Geoffroy de COURCEL, l’un des premiers officiers ayant rejoint le général de GAULLE, le fait entrer au cabinet du chef de la France libre. Claude SERREULLES y exerce les fonctions d’aide de camp du général de GAULLE de juillet 1940 à octobre 1942.

L’organigramme du quartier général des Forces françaises libres de juillet 1940 confirme sa présence parmi les tout premiers membres du dispositif gaulliste à Londres.

Passage au BCRA

Souhaitant participer plus directement à l’action clandestine, il demande à quitter le cabinet du général de GAULLE.

En octobre 1942, il est affecté au Bureau central de renseignements et d’action — BCRA. Il commence alors la préparation d’une mission destinée à la France occupée.

En février 1943, il est mis à la disposition de Jean MOULIN comme adjoint. Cette décision le place au cœur du dispositif de coordination de la Résistance intérieure mis en place par Londres.

Retour clandestin en France

Dans la nuit du 15 au 16 juin 1943, il est déposé clandestinement par opération aérienne près de Mâcon.

Il gagne Lyon le matin même et rencontre Jean MOULIN. À la suite de l’arrestation du général Charles DELESTRAINT, chef de l’Armée secrète, MOULIN prévoit de lui confier plus particulièrement les questions militaires.

Quelques jours seulement après son arrivée, la situation bascule.

Caluire et succession provisoire de Jean MOULIN

Le 21 juin 1943, Jean MOULIN et plusieurs responsables de la Résistance sont arrêtés à Caluire.

Claude BOUCHINET-SERREULLES échappe au coup de filet. Dès le 22 juin, il assure de fait l’intérim de Jean MOULIN et adresse à Londres un câble rendant compte au général de GAULLE des arrestations.

Daniel CORDIER, secrétaire de Jean MOULIN, poursuit alors sa mission à Paris auprès de BOUCHINET-SERREULLES, que l’Ordre de la Libération qualifie explicitement de successeur intérimaire de MOULIN.

La tâche est considérable : il faut préserver l’existence de la Délégation générale, empêcher l’éclatement du dispositif mis en place par MOULIN et maintenir le Conseil national de la Résistance comme organe représentatif commun des mouvements, partis et syndicats clandestins.

Jacques BINGEN et la Délégation générale

Le 15 août 1943, Jacques BINGEN rejoint clandestinement la France.

BOUCHINET-SERREULLES et BINGEN partagent dès lors les responsabilités de l’intérim de la Délégation générale.

En octobre 1943, Émile BOLLAERT est désigné délégué général du CFLN. Il demande aux deux hommes de rester auprès de lui comme adjoints. Ils le demeurent jusqu’à l’arrestation de BOLLAERT avec Pierre BROSSOLETTE en février 1944.

Missions de la Délégation générale

La Délégation générale joue alors un rôle majeur dans la préparation de la Libération.

Elle coordonne les relations entre Londres-Alger et les organisations clandestines, travaille à la lutte contre les réquisitions de main-d’œuvre et oriente notamment les jeunes réfractaires au STO vers les maquis.

Elle met également en place les Délégués militaires régionaux — DMR, désignés par Londres afin d’assurer dans chaque région la préparation militaire, les parachutages, les sabotages et la coordination des forces clandestines.

L’unification progressive de l’Armée secrète, des FTP, de l’ORA et des autres formations militaires aboutit en février 1944 à la création des Forces françaises de l’Intérieur — FFI.

Durant l’hiver 1943-1944, la Délégation participe également à la constitution des Comités départementaux de la Libération, destinés à préparer le rétablissement de l’autorité républicaine.

Retour à Londres et Alger

Dans la nuit du 3 au 4 mars 1944, Claude BOUCHINET-SERREULLES quitte clandestinement la France à bord d’un Lysander.

Après neuf mois d’activité clandestine, il doit rendre compte personnellement au général de GAULLE de la situation de la Résistance intérieure. Il gagne Londres puis Alger.

C’est alors qu’il est nommé Compagnon de la Libération, par décret du 30 mars 1944. Le décret est établi sous le nom de « capitaine Claude Serreulles » et souligne qu’il a redressé, au cours d’une mission dangereuse en territoire occupé, une situation gravement compromise. Le décret sera publié au Journal officiel du 7 février 1945, page 596.

Dans les premiers jours d’avril 1944, il rejoint Londres avec les instructions du général de GAULLE destinées au nouveau délégué général Alexandre PARODI.

Retour en France et Libération

Il ne peut être réintroduit en France que le 15 août 1944, date à laquelle il est parachuté près de Mâcon.

Avec Jacques MAILLET, il reçoit pour mission d’aider à mettre en place les nouvelles autorités républicaines dans les régions de la zone Sud et en Aquitaine.

Il regagne Paris par avion le 13 septembre 1944, alors que des combats se poursuivent encore dans la région de la Loire.

Camarades et personnes directement liées

Les relations opérationnelles les mieux documentées sont celles entretenues avec Charles de GAULLE, dont il est aide de camp ; Geoffroy de COURCEL, son ami d’enfance ; Jean MOULIN, dont il devient l’adjoint puis le remplaçant par intérim ; Daniel CORDIER, qui poursuit auprès de lui le travail du secrétariat de la Délégation ; Jacques BINGEN, avec lequel il partage l’intérim ; Émile BOLLAERT, dont il devient l’adjoint ; Pierre BROSSOLETTE, Alexandre PARODI et Jacques MAILLET.

Carrière après-guerre

Nommé commissaire de la République en mission, Claude BOUCHINET-SERREULLES devient en octobre 1944 directeur du cabinet d’Adrien TIXIER, ministre de l’Intérieur.

En mars 1945, il est membre de la délégation française à la Conférence constitutive des Nations Unies à San Francisco.

En juillet 1946, il est secrétaire général adjoint de la Conférence de la Paix de Paris.

En 1947, il devient secrétaire général du Comité européen de coopération économique, créé pour organiser la réponse européenne au plan Marshall.

De 1948 à 1951, il exerce des fonctions au sein de l’Organisation européenne de coopération économique — OECE. Il s’oriente ensuite vers l’administration d’entreprises privées.

Une source contemporaine précise notamment qu’il devient en 1978 directeur général du Parisien libéré après la mort de Claude BELLANGER.

Il compte parmi les fondateurs de la Fondation de la Résistance, dont les statuts sont signés le 25 novembre 1992.

Il est membre du Conseil de l’Ordre de la Libération à partir de juin 1969.

Publications et témoignage

Peu avant sa mort, il publie :

Nous étions faits pour être libres : La Résistance avec de Gaulle et Jean Moulin — Claude BOUCHINET-SERREULLES — Paris, Grasset, 2000.

Cet ouvrage constitue un témoignage de première main sur la France libre, l’entourage du général de GAULLE, Jean MOULIN et la Délégation générale.

Décès

Claude BOUCHINET-SERREULLES meurt le 8 décembre 2000 à Neuilly-sur-Seine.

Il est inhumé dans l’ancien cimetière de Neuilly. Son avis de décès rappelle ses qualités de grand officier de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération et titulaire de la Croix de guerre 1939-1945.

Décorations

Grand officier de la Légion d’honneur — élevé à cette dignité à l’occasion de la promotion publiée au Journal officiel du 1er janvier 1997. La presse nationale reproduit son nom parmi les personnes élevées à la dignité de grand officier.

Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — décret du 30 mars 1944, pris à Alger ; attribution au « capitaine Claude Serreulles » ; Journal officiel du 7 février 1945, page 596. Le dossier de l’Ordre de la Libération porte la cote 1 A 125 et conserve le décret, le projet de citation, deux courriers de 1944-1945 et le reçu du diplôme du 6 mai 1965.

Croix de guerre 1939-1945 — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. La notice institutionnelle ne précise ni le nombre ni le niveau des citations ; il ne faut donc pas ajouter « avec palmes » sans document primaire complémentaire.

Aucune Médaille de la Résistance française n’a été identifiée pour Claude BOUCHINET-SERREULLES dans les sources institutionnelles consultées.

Les mentions MVR d’un ordre national du Mérite et de décorations étrangères polonaises ou vietnamiennes ne sont pas reprises, faute de confirmation dans les sources institutionnelles consultées.

Lieux de mémoire

Claude BOUCHINET-SERREULLES repose dans l’ancien cimetière de Neuilly-sur-Seine.

Son nom est également attaché à la mémoire institutionnelle de la Délégation générale, du BCRA et de l’Ordre de la Libération. Son dossier personnel conserve des documents relatifs à sa sépulture ainsi qu’une importante correspondance couvrant la période 1946-1999.

Les présentes recherches n’ont pas permis d’établir avec une source institutionnelle sûre l’existence d’une rue ou d’un établissement scolaire portant son nom.

Références bibliographiques

Nous étions faits pour être libres : La Résistance avec de Gaulle et Jean Moulin — Claude BOUCHINET-SERREULLES — Paris, Grasset, 2000, 401 p. Témoignage autobiographique majeur, publié quelques semaines avant sa mort, particulièrement important pour son activité auprès de de GAULLE, Jean MOULIN et de la Délégation générale.

Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre — sous la direction de François MARCOT — Paris, Robert Laffont, 2006. Notice « Bouchinet-Serreulles, Claude, Sophie, Scapin, Clovis, Sauvier (1912-2000) » par Laurent DOUZOU et Dominique VEILLON. Référence historiographique spécialisée.

Jean Moulin. La République des catacombes — Daniel CORDIER — Paris, Gallimard. Ouvrage essentiel pour la Délégation générale, la succession de Jean MOULIN et le rôle de BOUCHINET-SERREULLES après Caluire.

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence sur les Compagnons ; il est expressément recensé dans l’inventaire archivistique de l’Ordre.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2023, 1 600 p. Référence récente pour l’état civil, l’engagement, les fonctions clandestines et la carrière des Compagnons.

Les Compagnons de l’Aube — Guillaume PIKETTY — Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude collective sur les Compagnons de la Libération et leurs engagements.

Références internet

Ordre de la Libération — Claude BOUCHINET-SERREULLES. Notice institutionnelle de référence pour l’état civil, les pseudonymes, le départ de 1940, le BCRA, Jean MOULIN, la Délégation générale, la Libération et la carrière d’après-guerre.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-bouchinet-serreulles

Mémoire Vive de la Résistance — BOUCHINET-SERREULLES. Notice individuelle ; utile pour comparaison, mais comportant des erreurs importantes dans la carrière d’après-guerre et les décorations.
https://mvr.asso.fr/bouchinet-serreulles/

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Instrument archivistique confirmant les dossiers 1 A 125 et GR 16 P 77364.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Musée de la Résistance en ligne — Claude Bouchinet-Serreulles. Notice concordante avec l’Ordre de la Libération pour l’après-guerre et les décorations.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2823-Claude-Bouchinet-i-Serreulles-i

Fondation de la Résistance — Statuts et fondateurs. Confirme Claude BOUCHINET-SERREULLES parmi les fondateurs de la Fondation de la Résistance en 1992.
https://www.fondationresistance.org/la-fondation/qui-sommes-nous/statuts/

Ordre de la Libération — Organigramme du Quartier général des FFL, juillet 1940. Document de collection attestant sa présence au sein du tout premier état-major de la France libre.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/6320863f06bf26bb27b730e9

Ordre de la Libération — Daniel CORDIER. Notice confirmant que CORDIER poursuit après Caluire son travail auprès de BOUCHINET-SERREULLES, successeur intérimaire de Jean MOULIN.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/daniel-cordier

Ordre de la Libération — Jacques BINGEN. Notice permettant de recouper le voyage commun depuis le Maroc en 1940 et la collaboration au sein de la Délégation générale.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-bingen

SAMLHOC — Décret du 30 mars 1944 portant attribution de la Croix de la Libération. Reproduction du décret et de sa publication au Journal officiel.
https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Le Monde — Claude Bouchinet-Serreulles. Notice nécrologique rappelant sa carrière après 1945, son activité d’administrateur et la publication de ses mémoires.
https://scholar.lib.vt.edu/InterNews/LeMonde/issues/2000/monde.20001213.pdf

Dossier d’homologation consulté

SHD GR 16 P 77364 — BOUCHINET SERREULLES Claude. L’existence de ce dossier d’homologation des services de Résistance est confirmée par l’inventaire institutionnel de l’Ordre de la Libération. Le dossier intégral n’a pas été consulté en ligne dans les présentes recherches.

Ordre de la Libération — dossier 1 A 125. Il comprend le décret du 30 mars 1944, le projet de citation, deux courriers relatifs à l’attribution, le reçu du diplôme de la Croix de la Libération, des fiches de renseignements, 36 pièces de correspondance avec l’Ordre entre 1946 et 1999, une interview réalisée par Jérôme CAMILLY, plusieurs questionnaires, des notes biographiques, des extraits de publications, des documents relatifs à son décès et à sa sépulture.

Observations

La notice MVR présente un cas particulier : sa partie 1940-1944 est largement fiable car elle reprend presque textuellement la biographie de l’Ordre de la Libération. En revanche, sa section « Retour à la vie civile » introduit une autre carrière, non confirmée par les sources officielles : haut-commissariat en Indochine, postes d’ambassadeur, Conseil constitutionnel et Conseil économique et social. Ces éléments doivent être supprimés de la future notice MVR.

La même correction doit être appliquée aux décorations : l’Ordre de la Libération ne retient que Grand officier de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération et Croix de guerre 1939-1945.

Enfin, la formule parfois employée de « successeur de Jean MOULIN à la tête du CNR » est trop simplificatrice. Après Caluire, BOUCHINET-SERREULLES assure l’intérim de la Délégation générale, tandis que la présidence du CNR est reprise par Georges BIDAULT. Il contribue à maintenir le CNR comme organe supérieur de la Résistance, mais n’en devient pas le président.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’état civil, les pseudonymes, la formation, le départ de France en juin 1940, l’engagement dans les FFL, les fonctions d’aide de camp de de GAULLE, l’affectation au BCRA, la mission auprès de Jean MOULIN, l’intérim de la Délégation générale après Caluire, la collaboration avec Jacques BINGEN et Émile BOLLAERT, le retour à Londres de mars 1944, la mission de Libération d’août-septembre 1944, la carrière internationale et économique après-guerre, la Croix de la Libération ainsi que les cotes GR 16 P 77364 et 1 A 125 sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes.

Chronologie

DateÉvénement
26 janvier 1912Naissance à Paris, 17e arrondissement.
1934Service militaire à l’École de cavalerie de Saumur ; sous-lieutenant de réserve.
Avant 1939Adjoint à l’attaché commercial de l’ambassade de France à Berlin.
1939Mobilisé comme lieutenant auprès du corps expéditionnaire britannique.
17 juin 1940Quitte son poste devant la perspective de l’armistice et gagne Bordeaux.
Juin 1940Embarque sur le Massilia pour le Maroc.
Été 1940Quitte clandestinement l’Afrique du Nord avec Janine BOUCHINET et Jacques BINGEN pour la Grande-Bretagne.
23 juillet 1940Engagement dans les Forces françaises libres sous le nom de Serreulles.
Juillet 1940 – octobre 1942Aide de camp du général de GAULLE.
Octobre 1942Affecté au BCRA ; préparation d’une mission en France.
Février 1943Mis à la disposition de Jean MOULIN comme adjoint.
Nuit du 15 au 16 juin 1943Déposé clandestinement près de Mâcon.
16 juin 1943Rencontre Jean MOULIN à Lyon ; doit notamment traiter les questions militaires.
21 juin 1943Arrestations de Caluire ; échappe au coup de filet.
22 juin 1943Assure l’intérim de la Délégation générale et informe de GAULLE des arrestations.
15 août 1943Arrivée de Jacques BINGEN ; partage de l’intérim.
Octobre 1943Émile BOLLAERT devient délégué général ; BOUCHINET-SERREULLES et BINGEN restent ses adjoints.
Février 1944Arrestation de BOLLAERT et BROSSOLETTE ; poursuite du travail de la Délégation.
Nuit du 3 au 4 mars 1944Quitte la France en Lysander pour Londres et Alger.
30 mars 1944Croix de la Libération.
Avril 1944Gagne Londres avec les instructions destinées à Alexandre PARODI.
15 août 1944Parachuté de nouveau près de Mâcon.
Août-septembre 1944Mission avec Jacques MAILLET pour la mise en place des nouvelles autorités en zone Sud et en Aquitaine.
13 septembre 1944Retour à Paris.
Octobre 1944Directeur du cabinet d’Adrien TIXIER au ministère de l’Intérieur.
Mars 1945Délégation française à la conférence constitutive des Nations Unies à San Francisco.
Juillet 1946Secrétaire général adjoint de la Conférence de la Paix à Paris.
1947Secrétaire général du Comité européen de coopération économique.
1948-1951Fonctions au sein de l’OECE.
Après 1951Administrateur de sociétés.
Juin 1969Membre du Conseil de l’Ordre de la Libération.
1978Directeur général du Parisien libéré selon la notice nécrologique du Monde.
1992Parmi les fondateurs de la Fondation de la Résistance.
1er janvier 1997Élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.
2000Publication de Nous étions faits pour être libres.
8 décembre 2000Décès à Neuilly-sur-Seine.
Après le décèsInhumation dans l’ancien cimetière de Neuilly.

Tableau des divergences entre sources

Point concernéVersions rencontréesÉlément retenu
Carrière après 1947MVR : haut-commissaire en Indochine, ambassadeur au Chili, en Grèce et en Pologne, Conseil constitutionnel, Conseil économique et social.Non retenu. Ordre de la Libération et Musée de la Résistance en ligne : CECE en 1947, OECE 1948-1951, puis administrateur de sociétés.
Fonction après CaluireCertaines formulations mémorielles le présentent comme « successeur de Jean MOULIN à la tête du CNR ».Il assure l’intérim de la Délégation générale. La présidence du CNR relève de Georges BIDAULT.
Nom de guerreSerreulles, Sophie, Scapin, Clovis et plusieurs pseudonymes civils apparaissent selon les sources.Liste institutionnelle complète : Sophie, Scapin, Clovis ; Claude Sauvier, Pierre Luguet, Lépicié, Pélerin, Charles Sellier, Mallarmé, Corot.
Croix de guerreMVR : « Croix de guerre avec palmes ».L’Ordre de la Libération indique seulement Croix de guerre 1939-1945. La mention « avec palmes » n’est pas retenue sans source primaire.
Ordre national du Mérite et décorations étrangèresMentionnés par MVR.Non retenus faute de corroboration institutionnelle dans les sources consultées.
Nom dans le décret de la LibérationDécret : « capitaine Claude SERREULLES ».Il s’agit bien de Claude BOUCHINET-SERREULLES ; Serreulles est le nom sous lequel il sert dans la France libre.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Claude BOUCHINET-SERREULLES.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-bouchinet-serreulles

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Mémoire Vive de la Résistance — BOUCHINET-SERREULLES.
https://mvr.asso.fr/bouchinet-serreulles/

Musée de la Résistance en ligne — Claude Bouchinet-Serreulles.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2823-Claude-Bouchinet-i-Serreulles-i

Fondation de la Résistance — Statuts et fondateurs.
https://www.fondationresistance.org/la-fondation/qui-sommes-nous/statuts/

Ordre de la Libération — Organigramme du Quartier général des FFL en juillet 1940.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/6320863f06bf26bb27b730e9

Ordre de la Libération — Daniel CORDIER.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/daniel-cordier

Ordre de la Libération — Jacques BINGEN.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-bingen

SAMLHOC — Décret du 30 mars 1944 portant attribution de la Croix de la Libération.
https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Le Monde — notice nécrologique de Claude BOUCHINET-SERREULLES.
https://scholar.lib.vt.edu/InterNews/LeMonde/issues/2000/monde.20001213.pdf

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