Michel DEBRÉ, né le 15 janvier 1912 à Paris (France), mort le 2 août 1996 à Montlouis-sur-Loire (France)
Fils du célèbre pédiatre Robert Debré, Michel Debré suit de brillantes études au lycée Louis-le-Grand puis à l’École libre des sciences politiques. Docteur en droit, il intègre le Conseil d’État en 1934 à l’âge de 22 ans.
En 1938, il rejoint le cabinet de Paul Reynaud, alors ministre des Finances. Mobilisé comme officier de cavalerie en 1939, il est fait prisonnier en juin 1940 mais parvient à s’évader du camp de Bitche dès le mois de septembre.
Après son évasion, il reprend ses fonctions au Conseil d’État mais entre rapidement en dissidence. Sous le pseudonyme de « François d’Arthez », il s’engage activement contre la politique de Vichy. Son action se structure d’abord autour de la production de rapports juridiques et politiques destinés à la France Libre, avant de devenir l’un des pivots de la réorganisation administrative de l’État pour l’après-guerre.
Il intègre le réseau de renseignement « Ceux de la Résistance » (CDLR). En 1943, le général de Gaulle lui confie une mission stratégique : le Comité général d’études (CGE). Il devient l’un des principaux rédacteurs des ordonnances qui doivent rétablir la légalité républicaine à la Libération. Il est également membre du Conseil national de la Résistance (CNR).
Missions et actions
La mission majeure de Michel Debré consiste à préparer la relève administrative. Il dresse, dans la clandestinité, la liste des futurs commissaires de la République et des préfets qui devront prendre le pouvoir lors du débarquement pour éviter une administration militaire alliée (AMGOT).
En août 1944, il est lui-même nommé Commissaire de la République pour la région d’Angers. Il y assure le rétablissement de l’ordre, le ravitaillement et la mise en place des nouvelles autorités républicaines dans un contexte de combats encore proches. Son action est déterminante pour empêcher le chaos administratif dans l’Ouest de la France.
Arrestation / évasion / déportation
Après son évasion réussie en 1940, Michel Debré parvient à échapper aux arrestations de la Gestapo malgré ses responsabilités élevées au sein du CGE, changeant régulièrement d’identité et de domicile dans Paris occupé.
Camarades de combat
Il travaille étroitement avec Emmanuel d’Astier de La Vigerie, Jean Moulin (pour la structuration de l’État), et surtout avec Alexandre Parodi, délégué général du GPRF en France occupée.
Retour à la vie civile
Après sa mission de Commissaire de la République, il fonde l’École Nationale d’Administration (ENA) en 1945. Il entame ensuite une carrière politique de premier plan, devenant le principal rédacteur de la Constitution de la Vème République et le premier Premier ministre du général de Gaulle de 1959 à 1962.
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur, information trouvée sur Wikipédia, confirmée par les notices biographiques officielles des institutions de la République.
- Grand-Croix de l’ordre national du Mérite.
- Croix de guerre 1939-1945.
- Médaille de la Résistance avec rosette par décret du 25 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 Source Ordre de la Libération.
- Côte du dossier : 1O17195
Lieux de mémoire
Plusieurs établissements scolaires portent son nom, notamment à Amboise et à Saint-André (La Réunion). Une place Michel Debré existe à Paris, dans le 6ème arrondissement.
Références bibliographiques
Trois Républiques pour une France : Mémoires, Michel Debré, Albin Michel, 1984. Ce premier tome des mémoires de l’auteur retrace en détail son action dans la clandestinité, la création du CGE et sa mission de Commissaire de la République.
Michel Debré et la Résistance, Jérôme Perrier, Presses Universitaires de Rennes, 2015. Une étude historique précise sur le rôle de Debré dans la reconstruction de l’État républicain entre 1940 et 1944.
Références internet
Mémoire des Hommes Base du ministère des Armées confirmant ses services homologués au sein du réseau CDLR et du CGE. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Fondation Charles de Gaulle Notice biographique complète détaillant son rôle de “technicien de la liberté” et son action à Angers. https://www.charles-de-gaulle.org/
Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD
Cote SHD : GR 16 P 164506
Observations
L’orthographe du nom est parfaitement concordante.
Suivi de recherche au 17 février 2026
- Mémoire des Hommes : Validation du dossier de résistant (FFC) et de la Médaille de la Résistance.
- Ordre de la Libération : Confirmation de la décoration avec rosette.
- Site de la Fondation de la Résistance : Analyse de son rôle au sein du Comité général d’études.