La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BOLLAERT Émile Édouard Alias Baudoin

Émile Édouard BOLLAERT, né le 13 novembre 1890 à Dunkerque (Nord), mort le 18 mai 1978 à Paris, Français, haut fonctionnaire, préfet, résistant, déporté, conseiller de la République et haut-commissaire de France en Indochine. Dans la clandestinité, il utilise notamment les pseudonymes Beaudoin et Géronte.

Jeunesse, formation et carrière avant-guerre

Fils d’un compositeur de musique, Émile BOLLAERT effectue ses études à Dunkerque puis à Lille avant d’entrer, en 1906, au lycée Louis-le-Grand à Paris. Parallèlement à des études de droit, il suit des cours de piano et de composition au Conservatoire de Paris. Il obtient sa licence en droit en juillet 1911.

D’octobre 1911 à novembre 1913, il accomplit son service militaire au sein du service de santé militaire à Lille. Il choisit ensuite la carrière administrative et devient chef adjoint de cabinet du préfet du Nord.

Mobilisé le 3 août 1914 comme caporal du service de santé, il participe à la première bataille de la Marne. Désireux de servir dans une unité combattante, il obtient son affectation au 1er régiment d’infanterie en février 1915. Élève officier, il devient aspirant en juillet 1915 puis sous-lieutenant en octobre 1915. Il rejoint ensuite le 13e bataillon de chasseurs alpins. Promu lieutenant en octobre 1917, il termine la Première Guerre mondiale avec cinq citations et la Légion d’honneur.

Démobilisé à la fin de juillet 1919, il reprend une carrière dans l’administration préfectorale. Il est chef de cabinet du préfet de la Loire de 1919 à 1921, secrétaire général du Gers de 1921 à 1922, puis sous-préfet d’Arcis-sur-Aube de 1922 à 1924. Il devient ensuite chef de cabinet d’Édouard HERRIOT lorsque celui-ci accède à la présidence du Conseil en 1924, puis demeure auprès de lui à la présidence de la Chambre des députés et au ministère de l’Instruction publique.

En mars 1929, il est nommé préfet de Haute-Marne, puis préfet des Vosges en janvier 1931. Il retrouve Édouard HERRIOT à la présidence du Conseil comme directeur de cabinet de juin à décembre 1932. En décembre 1932, il devient directeur général des Beaux-Arts. En février 1934, il est nommé préfet du Rhône.

Engagement dans la Résistance

Lors de la mobilisation de septembre 1939, Émile BOLLAERT souhaite rejoindre le 93e bataillon de chasseurs alpins en qualité de chef de bataillon, mais le ministère de l’Intérieur le maintient dans ses fonctions préfectorales. Il est donc encore préfet du Rhône lorsque les troupes allemandes entrent à Lyon le 19 juin 1940.

Hostile à l’Occupation et au régime de Vichy, il refuse de prêter serment au maréchal PÉTAIN. Le gouvernement de Vichy le révoque de ses fonctions le 25 septembre 1940. Il refuse toute indemnisation et exerce ensuite comme courtier d’assurances. Surveillé à Lyon, il ne peut revenir à Paris qu’en avril 1941, après avoir obtenu un laissez-passer.

À partir de 1942, il entre en relation avec plusieurs mouvements de Résistance, notamment l’Organisation civile et militaire (OCM), Combat et Ceux de la Résistance (CDLR). Sous couvert d’activités commerciales, il effectue quatre voyages à Casablanca et Alger, où il rencontre des représentants des Forces françaises libres.

Le 20 janvier 1943, il est désigné comme futur préfet de police de Paris à la Libération. Après l’arrestation de Jean MOULIN, sa carrière résistante prend une dimension nationale. Le 1er septembre 1943, il est nommé par le général de GAULLE et le général GIRAUD représentant du Comité français de la Libération nationale auprès du Conseil national de la Résistance. Il devient ainsi délégué général du CFLN en France, dans la continuité des fonctions exercées par Jean MOULIN.

Appartenance à un réseau, mouvement ou organisation

Émile BOLLAERT n’appartient pas à un seul réseau clandestin. Ses contacts initiaux concernent notamment l’OCM, Combat et CDLR, mais sa fonction principale à partir de septembre 1943 est institutionnelle : il dirige la Délégation générale du CFLN en France.

Il travaille directement avec Claude BOUCHINET-SERREULLES et Jacques BINGEN, qui deviennent ses principaux adjoints. Pierre BROSSOLETTE le rejoint à Paris à la fin de septembre 1943 afin de l’aider à prendre la mesure de sa fonction et de faciliter ses relations avec les mouvements de Résistance.

Missions et actions

Comme délégué général, Émile BOLLAERT a pour mission de représenter le CFLN auprès du CNR et des grandes organisations clandestines, d’assurer la liaison politique avec Alger et de coordonner l’action de la Résistance intérieure. Il doit aussi préparer le rétablissement de l’autorité républicaine au moment de la Libération.

Son rôle s’exerce dans un contexte difficile : il doit composer avec la diversité des mouvements et des sensibilités politiques représentées au sein du CNR, tout en maintenant l’autorité du CFLN. La documentation de l’Ordre de la Libération souligne qu’il exerce les mêmes fonctions générales que Jean MOULIN avait exercées avant son arrestation.

Après plusieurs tentatives infructueuses pour quitter clandestinement la France afin de rejoindre Alger, il embarque le 2 février 1944 avec Pierre BROSSOLETTE et vingt-sept autres passagers à la pointe de Penmarc’h, dans le Finistère. Leur bateau fait naufrage. Revenus à terre, Émile BOLLAERT et Pierre BROSSOLETTE sont arrêtés le lendemain sur la route d’Audierne.

Arrestation, détention et déportation

Émile BOLLAERT est d’abord interné à Quimper, puis transféré à Rennes. Après son identification, il est envoyé à Fresnes le 19 mars 1944 avec Pierre BROSSOLETTE. Il subit des interrogatoires particulièrement durs au siège de la Gestapo, avenue Foch à Paris.

Le 15 août 1944, il est déporté vers l’Allemagne. Il arrive à Buchenwald le 20 août 1944, où il reçoit le matricule 77127. Il est transféré au camp de Dora-Mittelbau le 3 septembre 1944. Le 5 avril 1945, devant l’avance alliée, il est évacué vers Bergen-Belsen.

Le camp est libéré par l’armée britannique le 15 avril 1945. Émile BOLLAERT est alors élu délégué des quelque 60 000 détenus présents dans le camp. Il est rapatrié en France le 29 avril 1945.

Son parcours de déporté est aujourd’hui particulièrement bien documenté. Le Musée de la Résistance en ligne mentionne notamment le dossier SHD-Caen 21 P 659917, les archives de l’Ordre de la Libération et les dossiers des Arolsen Archives. Sa veste rayée de déporté, portant le matricule 77127 reçu à Buchenwald et conservé lors de son passage à Dora, a été remise au musée de l’Ordre de la Libération en avril 2025.

Camarades de combat

Les liens les mieux documentés concernent Jean MOULIN, dont Émile BOLLAERT reprend les fonctions de délégué général ; Pierre BROSSOLETTE, qui l’assiste puis est arrêté avec lui en février 1944 ; Claude BOUCHINET-SERREULLES et Jacques BINGEN, ses adjoints au sein de la Délégation générale.

Son activité l’amène également à travailler avec les responsables du CNR, notamment Georges BIDAULT, qui préside alors le Conseil national de la Résistance. Les sources consultées permettent d’établir ces relations de travail directes sans qu’il soit nécessaire d’élargir artificiellement la liste à tous les dirigeants de la Résistance intérieure.

Retour à la vie civile et carrière après-guerre

Le 1er juin 1945, Émile BOLLAERT est nommé commissaire de la République pour l’Alsace. Il participe ainsi à la restauration de l’administration républicaine après la guerre.

En décembre 1946, il devient conseiller de la République, élu par l’Assemblée nationale. Son mandat commence le 8 décembre 1946. Il appartient alors au groupe de la Gauche démocratique et du Rassemblement des gauches républicaines.

Le 13 mars 1947, il est nommé haut-commissaire de France en Indochine, fonction qu’il exerce jusqu’au 20 octobre 1948. Sa mission intervient au début de la guerre d’Indochine, dans un contexte de recherche d’une solution politique entre la France, le gouvernement vietnamien de Hô Chi Minh et les autres forces politiques de l’ancienne Indochine française. Les archives du SHD conservent un important ensemble documentaire concernant son haut-commissariat, sous la cote notamment GR 4 Q 80.

En avril 1949, il devient président du conseil d’administration de la Compagnie nationale du Rhône, fonction qu’il conserve jusqu’à sa retraite en novembre 1960. Il poursuit ensuite de nombreuses activités culturelles, artistiques et diplomatiques.

Il meurt à Paris le 18 mai 1978 et est inhumé au cimetière du Montparnasse.

Décorations

Grand-croix de la Légion d’honneur — confirmée par l’Ordre de la Libération. Les sources secondaires situent son élévation à la grand-croix en 1961, par décret du 21 mars 1961 ; Paris Musées signale toutefois une remise ou réception de la rosette associée à la grand-croix en 1960. La date exacte doit donc être distinguée entre nomination et remise matérielle des insignes.

Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — décret du 16 octobre 1945. Le dossier d’archives de l’Ordre porte la cote 1 A 113 et conserve notamment le mémoire de proposition, l’ampliation du décret datée du 17 octobre 1945, le reçu de la croix du 16 avril 1946 et le reçu du diplôme du 5 mai 1965.

Croix de guerre 1914-1918 — cinq citations — confirmée par l’Ordre de la Libération ; elle se rattache à son service militaire de 1914-1918.

Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec palme — confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille de la Résistance française avec rosette — décret du 31 mars 1947. Cette date est concordante dans la biographie familiale documentée et les sources secondaires de référence.

Croix du combattant volontaire de la Résistance — attribuée le 26 juin 1952 selon la biographie familiale publiée et reprise par le Musée de la Résistance en ligne.

Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre — attribuée le 28 août 1947 selon la documentation familiale.

Médaille de la Déportation et de l’Internement pour faits de Résistance — confirmée par l’Ordre de la Libération.

Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres — novembre 1960 selon la documentation familiale ; distinction également confirmée par l’Ordre de la Libération.

Commandeur de l’ordre des Palmes académiques — confirmé par l’Ordre de la Libération.

Officier du Mérite agricole — confirmé par l’Ordre de la Libération.

Grand cordon de l’ordre du Ouissam alaouite (Maroc) — 21 juin 1945 selon la biographie familiale ; distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Grand cordon de l’ordre du Nichan-Iftikhar (Tunisie) — 1945 selon la documentation familiale ; distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Grand-croix de l’ordre royal du Cambodge — 1947 selon la documentation familiale ; distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Grand-croix de l’ordre du Million d’Éléphants et du Parasol blanc (Laos) — 1947 selon la documentation familiale ; distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Commandeur de l’ordre national du Cèdre (Liban) — 24 avril 1961 selon la documentation familiale ; distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

La biographie familiale mentionne également une Croix de la Liberté du roi Haakon et une Croix de Pologne, mais précise elle-même que les autorités concernées n’ont pu confirmer ni infirmer leur attribution faute d’archives suffisantes. Ces deux distinctions ne doivent donc pas être considérées comme confirmées.

Lieux de mémoire

Émile BOLLAERT est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris.

Son nom a été donné à plusieurs voies et espaces publics, notamment la rue Émile-Bollaert et le mail Émile-Bollaert à Paris, une place Émile-Bollaert à Dunkerque et un boulevard Émile-Bollaert dans l’agglomération lyonnaise.

Le Musée de l’Ordre de la Libération conserve également depuis 2025 sa tenue de déporté, devenue un important objet mémoriel de son parcours concentrationnaire.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Émile BOLLAERT parmi les Compagnons issus de la Résistance intérieure et de la haute administration républicaine.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Éditions Elytis, 2023, 1 600 p. Ouvrage de référence récent sur les parcours individuels des Compagnons, utile pour le parcours résistant et la déportation d’Émile BOLLAERT.

Les Compagnons de l’Aube — Guillaume PIKETTY — Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude collective des Compagnons de la Libération permettant de replacer BOLLAERT dans le milieu des responsables civils de la Résistance.

Émile Bollaert — Roger GÉNÉBRIER — numéro spécial de la revue Administration, Paris, Imprimerie municipale, 1980. Étude biographique consacrée spécifiquement à Émile BOLLAERT, signalée dans les bibliographies secondaires.

Livre des 9 000 déportés de France à Mittelbau-Dora — sous la direction de Laurent THIERY — Paris, Cherche Midi, 2020. L’ouvrage contient une notice consacrée à Émile BOLLAERT, rédigée par Vladimir TROUPLIN, particulièrement utile pour son internement à Buchenwald, son transfert à Dora et la fin de sa déportation.

Guerre et Paix en Indochine — Émile BOLLAERT — Paris, Paris-Reportages, 1950. Publication de BOLLAERT lui-même sur son expérience comme haut-commissaire en Indochine ; utile pour comprendre sa pensée politique après la guerre.

Références internet

Ordre de la Libération — Émile BOLLAERT. Notice institutionnelle principale pour son état civil, sa carrière administrative, sa Résistance, son arrestation, sa déportation et ses décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emile-bollaert

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Instrument archivistique mentionnant le dossier 1 A 113 d’Émile BOLLAERT et le contenu du fonds personnel de Compagnon.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Musée de la Résistance en ligne — Émile Bollaert, un préfet en Résistance, 1890-1978. Notice récente et richement documentée sur la Résistance, l’arrestation et la déportation, avec recours notamment au dossier SHD-Caen 21 P 659917, aux Arolsen Archives et aux archives de l’Ordre de la Libération.
https://museedelaresistanceenligne.org/media11721-mile-Bollaert-un-prfet-en-Rsistance-1890-1978

Musée de la Résistance en ligne — Émile Bollaert. Notice biographique générale rappelant notamment les fonctions préfectorales, la Résistance, la Délégation générale et les principales décorations.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2822-Emile-Bollaert

Sénat — Émile Bollaert (1890-1978). Présentation de sa carrière administrative, résistante et parlementaire après la guerre.
https://www.senat.fr/connaitre-le-senat/lhistoire-du-senat/dossiers-dhistoire/le-senat-a-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale/emile-bollaert-1890-1978.html

Sénat — BOLLAERT Émile, ancien sénateur de la IVe République. Fiche institutionnelle précisant son mandat au Conseil de la République, son élection en 1946 et sa carrière politique.
https://www.senat.fr/senateur-4eme-republique/bollaert_emile0510r4.html

Service historique de la Défense — Fonds relatifs au haut-commissariat de France en Indochine, GR 4 Q 80. Notice archivistique concernant notamment les dossiers d’Émile BOLLAERT comme haut-commissaire de France en Indochine.
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/682106

Biographie Émile Bollaert. Biographie familiale rédigée par son fils et mise en ligne par son petit-fils ; particulièrement détaillée pour les décorations, les fonctions et les souvenirs personnels.
https://www.emile-bollaert.fr/pdf/Biographie.pdf

Ordre de la Libération — Remise de la tenue de déporté d’Émile Bollaert. Présentation de l’entrée au musée, en avril 2025, de la tenue rayée portée par BOLLAERT en déportation.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2025

Wikipédia — Émile Bollaert. Notice secondaire consultée pour le recoupement des fonctions, publications, hommages et décorations ; les données essentielles ont été confrontées aux sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Bollaert

Dossier d’homologation consulté

SHD GR 16 P 68976 — BOLLAERT Émile Édouard, né le 13 novembre 1890 à Dunkerque. Le répertoire de la sous-série GR 16 P indique des homologations FFC et DIR. La cote est vérifiée ; le contenu intégral du dossier n’a pas été directement consulté en ligne lors des présentes recherches.

SHD-Caen 21 P 659917 — dossier individuel de déporté et interné résistant, cité par le Musée de la Résistance en ligne parmi les sources de la notice consacrée à Émile BOLLAERT.

Ordre de la Libération, dossier 1 A 113 — Émile BOLLAERT. Le dossier comprend notamment le mémoire de proposition pour la Croix de la Libération, l’ampliation du décret du 16 octobre 1945, des fiches de renseignements, des reçus de croix et de diplôme et divers documents administratifs et biographiques.

Observations

L’identité d’Émile BOLLAERT et l’essentiel de son parcours présentent un haut degré de concordance entre les sources institutionnelles. Plusieurs erreurs ou simplifications apparaissent cependant dans des sources secondaires.

La page MVR consacrée au rôle des francs-maçons dans la Résistance indique qu’Émile BOLLAERT aurait été « commissaire de la République à Marseille ». Cette affirmation est incompatible avec les sources institutionnelles : après son retour de déportation, il est nommé commissaire de la République pour l’Alsace, tandis que Marseille relève notamment de Raymond AUBRAC puis de Paul HAAG. Cette mention MVR ne doit donc pas être reprise dans sa notice biographique.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, la carrière préfectorale, l’engagement résistant, la fonction de délégué général du CFLN, l’arrestation avec Pierre BROSSOLETTE, la déportation à Buchenwald, Dora et Bergen-Belsen, le retour en France, les principales fonctions après-guerre, la Croix de la Libération et les principales cotes d’archives sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes : Ordre de la Libération, SHD, Musée de la Résistance en ligne et Sénat.

Chronologie

DateÉvénement
13 novembre 1890Naissance à Dunkerque.
1906Entrée au lycée Louis-le-Grand à Paris.
Juillet 1911Licence en droit.
Octobre 1911 – novembre 1913Service militaire au service de santé militaire à Lille.
3 août 1914Mobilisé comme caporal.
Février 1915Affecté au 1er régiment d’infanterie.
Octobre 1915Nommé sous-lieutenant ; rejoint ensuite le 13e BCA.
Octobre 1917Promu lieutenant.
Juillet 1919Retour à la vie civile et reprise de la carrière préfectorale.
1929Préfet de Haute-Marne.
Janvier 1931Préfet des Vosges.
Décembre 1932Directeur général des Beaux-Arts.
Février 1934Préfet du Rhône.
19 juin 1940Assiste à l’entrée des troupes allemandes à Lyon.
25 septembre 1940Révoqué par Vichy après son refus de prêter serment à PÉTAIN.
1942Contacts avec l’OCM, Combat et CDLR ; voyages en Afrique du Nord.
20 janvier 1943Désigné comme futur préfet de police de Paris.
1er septembre 1943Nommé délégué général du CFLN en France auprès du CNR.
Fin septembre 1943Travaille à Paris avec Pierre BROSSOLETTE, Claude BOUCHINET-SERREULLES et Jacques BINGEN.
2 février 1944Embarquement clandestin près de Penmarc’h pour rejoindre Alger via l’Angleterre.
3 février 1944Arrestation après le naufrage, avec Pierre BROSSOLETTE.
19 mars 1944Transfert à Fresnes.
15 août 1944Départ en déportation.
20 août 1944Arrivée à Buchenwald ; matricule 77127.
3 septembre 1944Transfert à Dora-Mittelbau.
5 avril 1945Évacuation vers Bergen-Belsen.
15 avril 1945Libération de Bergen-Belsen par les Britanniques.
29 avril 1945Rapatriement en France.
1er juin 1945Commissaire de la République pour l’Alsace.
16 octobre 1945Décret d’attribution de la Croix de la Libération.
8 décembre 1946Élu au Conseil de la République.
13 mars 1947Nommé haut-commissaire de France en Indochine.
31 mars 1947Médaille de la Résistance française avec rosette.
20 octobre 1948Fin de ses fonctions de haut-commissaire.
Avril 1949Président du conseil d’administration de la Compagnie nationale du Rhône.
Novembre 1960Retraite de la CNR.
18 mai 1978Décès à Paris.

Tableau des divergences entre sources

Point concernéSource / versionAutre source / versionÉlément retenu
Libération et retour de déportationLe Sénat indique une libération par les Britanniques puis un retour en France en novembre 1945.L’Ordre de la Libération donne la libération de Bergen-Belsen le 15 avril 1945 et le rapatriement le 29 avril 1945.Les dates précises de l’Ordre de la Libération sont retenues.
Commissariat de la RépubliqueUne page MVR le présente comme commissaire de la République à Marseille.L’Ordre de la Libération et la liste MVR des commissaires indiquent l’Alsace ; Marseille est attribuée à Raymond AUBRAC puis Paul HAAG.Alsace est retenu.
Grand-croix de la Légion d’honneurParis Musées évoque une grand-croix reçue en 1960.Une liste des grands-croix donne un décret du 21 mars 1961.L’existence de la grand-croix est certaine ; la date exacte de nomination nécessite de distinguer la date d’attribution de celle de remise des insignes.
Croix de la Liberté norvégienne et Croix de PologneLa biographie familiale les mentionne.Les autorités étrangères consultées par la famille n’ont pu confirmer ni infirmer leur attribution.Elles sont signalées comme non confirmées et non intégrées parmi les décorations certaines.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Émile BOLLAERT.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emile-bollaert

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Musée de la Résistance en ligne — Émile Bollaert, un préfet en Résistance, 1890-1978.
https://museedelaresistanceenligne.org/media11721-mile-Bollaert-un-prfet-en-Rsistance-1890-1978

Musée de la Résistance en ligne — Émile Bollaert.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2822-Emile-Bollaert

Sénat — Émile Bollaert (1890-1978).
https://www.senat.fr/connaitre-le-senat/lhistoire-du-senat/dossiers-dhistoire/le-senat-a-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale/emile-bollaert-1890-1978.html

Sénat — BOLLAERT Émile, ancien sénateur de la IVe République.
https://www.senat.fr/senateur-4eme-republique/bollaert_emile0510r4.html

Service historique de la Défense — GR 4 Q 80, haut-commissariat de France en Indochine.
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/682106

Biographie familiale d’Émile BOLLAERT.
https://www.emile-bollaert.fr/pdf/Biographie.pdf

Ordre de la Libération — remise de la tenue de déporté d’Émile BOLLAERT.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2025

Wikipédia — Émile Bollaert.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Bollaert

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