François Pierre Antoine Marie BIGO, né le 5 avril 1912 à Lille (Nord), mort le 2 octobre 1944 à Ronchamp (Haute-Saône), Français, prêtre catholique et aumônier militaire, capitaine aumônier des Forces françaises libres, affecté au 22e Bataillon de marche nord-africain de la 1re Division française libre, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 20 novembre 1944.
Jeunesse et formation
Fils d’un industriel, François Bigo étudie au collège Saint-Joseph de Lille. Il poursuit sa formation religieuse au séminaire de Merville puis au grand séminaire de Lille. Il est ordonné prêtre le 2 juillet 1939, quelques semaines avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
La forme complète de son identité, François Pierre Antoine Marie Bigo, est donnée par le fichier des Français libres, tandis que la notice de l’Ordre emploie couramment « François Bigo ».
Engagement dans la Résistance
Mobilisé au 1er Régiment d’infanterie, l’abbé Bigo participe à la campagne de Belgique comme aumônier militaire. Lors de l’évacuation de Dunkerque, il est grièvement blessé. Évacué en Grande-Bretagne, il y subit une intervention chirurgicale.
Plutôt que de regagner la France, il choisit de poursuivre la guerre et s’engage dans les Forces françaises libres. Le fichier des Français libres situe son engagement à Londres en juillet 1940. Il appartient donc à la Résistance extérieure et compte parmi les Français ayant rejoint très précocement la France libre.
Appartenance à un réseau ou mouvement
François Bigo n’appartient pas à un réseau clandestin de Résistance intérieure. Son engagement relève des Forces françaises libres, puis de la 1re Division française libre.
Il exerce d’abord les fonctions de capitaine aumônier à l’École des Cadets de la France libre, installée à Malvern en Grande-Bretagne. Il demande à plusieurs reprises à rejoindre une formation combattante ; son état de santé, fragilisé par sa blessure de 1940, retarde cette affectation. Ce n’est qu’à l’été 1943 qu’il peut rejoindre la 1re DFL, alors en Tripolitaine.
Le 17 février 1944, il est versé au 22e Bataillon de marche nord-africain (22e BMNA), appartenant à la 2e Brigade française libre. Cette unité devient le cadre principal de son action jusqu’à sa mort.
Missions et actions
Avec le 22e BMNA, François Bigo participe à la campagne d’Italie. Son comportement pendant les combats du Garigliano, les 12, 13 et 14 mai 1944, est particulièrement signalé : il se porte continuellement en première ligne pour secourir les blessés et leur apporter les premiers soins, sans distinction de religion ou de nationalité.
Cette conduite lui vaut la Croix de la Libération, qui lui est matériellement remise par le général de Gaulle le 30 juin 1944, sur l’aérodrome de Calvano en Italie. L’attribution sera juridiquement formalisée à titre posthume par le décret du 20 novembre 1944.
Il poursuit la campagne avec la 1re DFL : débarquement de Provence, combats pour Toulon, remontée de la vallée du Rhône puis de la Saône et progression en direction de Belfort.
Le 2 octobre 1944, lors des combats de Ronchamp, un tirailleur est mortellement atteint entre les lignes. Bigo se porte volontaire pour le rejoindre afin de l’assister. Il est capturé par des militaires allemands. Son corps est ensuite retrouvé atteint dans le dos par une rafale d’arme automatique. L’Ordre de la Libération souligne qu’il portait ostensiblement sa croix, ses insignes et son brassard d’aumônier.
L’affaire est très rapidement considérée comme un crime de guerre. En décembre 1944, la revue Free France relaie un communiqué consacré au meurtre de l’aumônier du 22e BMNA parmi plusieurs crimes de guerre allemands faisant alors l’objet d’investigations.
Arrestation / évasion / déportation
François Bigo n’a été ni déporté ni durablement interné.
Il est en revanche capturé au combat le 2 octobre 1944, alors qu’il s’est avancé entre les lignes pour assister un tirailleur mortellement blessé. Il est tué peu après sa capture. Les sources institutionnelles et mémorielles concordent sur le fait que son statut d’aumônier était extérieurement identifiable.
Camarades de combat
Son environnement combattant est celui du 22e BMNA, formation de la 1re DFL. La documentation de l’amicale du bataillon conserve notamment des témoignages d’anciens du 22e BMNA sur sa mort et sur les circonstances des combats de Ronchamp.
La même unité compta plusieurs Compagnons de la Libération. L’existence de cette communauté combattante est établie, mais les sources consultées ne permettent pas d’attribuer à Bigo des relations personnelles précises avec chacun d’eux ; il serait donc excessif d’en dresser ici une liste présentée comme celle de ses proches compagnons.
Retour à la vie civile
Sans objet : François Bigo meurt au combat le 2 octobre 1944, à l’âge de trente-deux ans.
Il est d’abord inhumé au cimetière de Villersexel, en Haute-Saône. Son corps est rendu à sa famille le 1er octobre 1953 puis transféré au carré militaire du cimetière de Lambersart, dans le Nord.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. La qualité de chevalier est explicitement attestée par la notice institutionnelle.
Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. La Croix lui est remise par le général de Gaulle le 30 juin 1944 à Calvano ; son appartenance à l’Ordre est régularisée à titre posthume par décret du 20 novembre 1944. Le dossier 1 A 95 conserve notamment l’ampliation du décret datée du 21 novembre.
Croix de guerre 1939-1945 avec palme. Source : Ordre de la Libération. La décoration avec palme est explicitement attestée par la notice institutionnelle.
Lieux de mémoire
Lille est son lieu de naissance et le cadre de sa formation scolaire et religieuse. Il étudie au collège Saint-Joseph puis au grand séminaire de Lille avant son ordination sacerdotale.
Malvern, en Grande-Bretagne, est associé à ses premières années dans la France libre : il y sert comme capitaine aumônier de l’École des Cadets de la France libre.
Le Garigliano constitue le lieu emblématique de son action en Italie en mai 1944. Calvano est associé à la remise de sa Croix de la Libération par le général de Gaulle le 30 juin suivant.
À Ronchamp, le quartier du Chanois conserve la mémoire de sa mort. Une plaque commémorative y a été inaugurée en 1978 ; l’Amicale des anciens du BMNA a entretenu la mémoire du capitaine aumônier et des combattants du bataillon morts dans ce secteur.
Enfin, Lambersart accueille depuis 1953 sa sépulture définitive, au carré militaire du cimetière.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général permettant de replacer François Bigo parmi les Compagnons issus des Forces françaises libres.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Utile pour replacer son choix de poursuivre le combat en Grande-Bretagne dans l’histoire des premiers engagements derrière la France libre.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Référence biographique récente pour confronter son parcours aux fonds conservés par l’Ordre de la Libération.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de François Bigo, source principale pour sa formation religieuse, Dunkerque, les FFL, le 22e BMNA, le Garigliano, les campagnes de 1944, sa mort et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/francois-bigo
Ordre de la Libération — Inventaire des archives des Compagnons — Description du dossier individuel 1 A 95, comprenant notamment les documents relatifs à la Croix de la Libération, l’état civil, le décès et la sépulture. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Fondation de la France Libre — Article consacré aux enquêtes sur les crimes de guerre après la Libération, incluant explicitement le meurtre de François Bigo le 2 octobre 1944. https://francelibre.net/investiguer-crimes-guerre/
Françaislibres.net — Fiche nominative donnant son identité complète, son engagement à Londres, son appartenance à la DFL/BMNA et la cote administrative GR 16 P 59497. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=4985
Amicale du Bataillon de marche nord-africain — Documentation mémorielle sur les circonstances de sa mort à Ronchamp et sur la plaque commémorative du Chanois. https://www.abamm.org/guerre09.html
Wikipédia — Article développé consacré à François Bigo, consulté comme source secondaire conformément au protocole et confronté aux sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Bigo
Dossier d’homologation consulté
Une source nominative consacrée aux Français libres identifie le dossier administratif de François Pierre Antoine Marie Bigo sous la cote SHD GR 16 P 59497. La concordance du nom complet, de la date de naissance — 5 avril 1912 —, du lieu de naissance — Lille —, du grade et de l’unité rend cette identification très forte.
Le musée de l’Ordre de la Libération conserve par ailleurs 1 A 95 — BIGO François. L’instrument mentionne notamment une ampliation du décret de la Croix de la Libération du 21 novembre 1944, une carte de Compagnon, une copie d’extrait d’acte de naissance de 1912, une copie de l’acte de décès de 1944, plusieurs notices biographiques et une documentation relative à sa sépulture.
Les dossiers physiques originaux GR 16 P 59497 et 1 A 95 n’ont pas été matériellement dépouillés pour cette notice. Leurs références ont été vérifiées dans les instruments et bases accessibles ; aucune affirmation n’est donc faite ici sur des pièces originales qui n’auraient pas été directement examinées.
Observations
Une divergence existe sur le jour de naissance dans la page de l’Ordre de la Libération : son cartouche indique actuellement « 04 avril 1912 », alors que le corps même de la biographie donne le 5 avril 1912. Le fichier nominatif des Français libres donne également le 5 avril 1912. Cette dernière date est donc retenue, sous réserve du contrôle direct de l’extrait d’acte de naissance conservé dans le dossier 1 A 95.
La remise matérielle de la Croix de la Libération le 30 juin 1944, du vivant de Bigo, ne doit pas être confondue avec le décret du 20 novembre 1944, pris après sa mort et officialisant à titre posthume son appartenance à l’Ordre.
Sur sa mort, les sources concordent sur la capture de l’aumônier alors qu’il s’était porté vers un combattant mortellement blessé, puis sur sa mort par tirs dans le dos. La Fondation de la France Libre confirme qu’en décembre 1944 l’affaire était déjà explicitement traitée parmi les crimes de guerre commis en France. L’identité individuelle et la responsabilité pénale exacte du ou des auteurs ne sont pas affirmées ici, faute d’avoir dépouillé le dossier d’enquête original.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources concordantes, dont la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération, son inventaire archivistique 1 A 95, la Fondation de la France Libre et une fiche nominative identifiant le dossier SHD GR 16 P 59497. L’engagement dans les FFL, le service à Malvern, l’affectation au 22e BMNA, la campagne d’Italie, le Garigliano, la remise de la Croix de la Libération, la campagne de France et les circonstances essentielles de la mort à Ronchamp sont solidement établis. Une réserve limitée demeure sur le jour exact de naissance, en raison de la contradiction interne de la page de l’Ordre ; le 5 avril 1912 est retenu parce qu’il concorde avec le corps de la notice institutionnelle et le fichier nominatif des Français libres.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 avril 1912 | Naissance à Lille ; date retenue après confrontation des sources. |
| Avant 1939 | Études au collège Saint-Joseph de Lille, puis séminaires de Merville et Lille. |
| 2 juillet 1939 | Ordination sacerdotale. |
| 1939-1940 | Mobilisé au 1er Régiment d’infanterie comme aumônier ; campagne de Belgique. |
| Mai-juin 1940 | Grièvement blessé lors de l’évacuation de Dunkerque et évacué en Grande-Bretagne. |
| Juillet 1940 | Engagement dans les Forces françaises libres à Londres. |
| 1940-1943 | Capitaine aumônier de l’École des Cadets de la France libre à Malvern. |
| Été 1943 | Rejoint la 1re DFL en Tripolitaine. |
| 17 février 1944 | Affectation au 22e BMNA de la 2e BFL. |
| 12-14 mai 1944 | Se distingue au Garigliano en secourant les blessés en première ligne. |
| 30 juin 1944 | Reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle à Calvano. |
| Août 1944 | Débarquement de Provence et participation aux opérations de Toulon. |
| Août-septembre 1944 | Remontée du Rhône et de la Saône avec la 1re DFL. |
| 2 octobre 1944 | Capturé puis tué lors de l’attaque de Ronchamp. |
| 20 novembre 1944 | Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume par décret. |
| 1er octobre 1953 | Restitution du corps à sa famille. |
| 1953 | Réinhumation au carré militaire du cimetière de Lambersart. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source | Donnée | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Naissance | Cartouche de l’Ordre de la Libération | 4 avril 1912 | Contradiction interne à la page institutionnelle. |
| Naissance | Corps de la biographie de l’Ordre | 5 avril 1912 | Concorde avec une seconde source nominative. |
| Naissance | Françaislibres.net | 5 avril 1912 | Date retenue ; contrôle de l’acte original souhaitable. |
| Croix de la Libération | Remise effective | 30 juin 1944 | Bigo reçoit personnellement la Croix de De Gaulle. |
| Croix de la Libération | Décret | 20 novembre 1944 | Officialisation à titre posthume après sa mort. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de François Bigo. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/francois-bigo
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Inventaire du dossier 1 A 95 — BIGO François. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Fondation de la France Libre — Documentation sur l’enquête relative au meurtre de François Bigo et aux crimes de guerre. https://francelibre.net/investiguer-crimes-guerre/
Françaislibres.net — Fiche nominative de François Pierre Antoine Marie Bigo et référence GR 16 P 59497. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=4985
Amicale du Bataillon de marche nord-africain — Documentation sur Ronchamp, le 22e BMNA et la mémoire de François Bigo. https://www.abamm.org/guerre09.html
Wikipédia — Article « François Bigo », utilisé uniquement comme source secondaire de confrontation. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Bigo