À la mi-août 1944, la situation militaire dans le Sud-Ouest de la France est marquée par le repli général des forces allemandes vers l’est et le nord.
Le secteur du Couserans, en Ariège, devient une zone de friction majeure car il constitue un point de passage obligé pour les troupes de la Wehrmacht stationnées près des Pyrénées cherchant à rejoindre la vallée du Rhône ou la frontière.
La mission des forces de la Résistance, unifiées sous le commandement des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), est de harceler ces colonnes en retraite pour les empêcher de se regrouper.
La bataille de Rimont et la libération de Saint-Girons s’inscrivent dans cette stratégie d’asphyxie des axes routiers, particulièrement la route nationale 117. L’objectif pour le maquis est de capturer les centres administratifs et de bloquer les renforts ennemis venant de la frontière espagnole ou des garnisons voisines.
Déroulement de l’opération
Le 20 août 1944, les maquisards des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) et de l’Armée Secrète (AS) déclenchent l’insurrection dans le Couserans.
Le 21 août 1944, une colonne allemande de plus de 500 hommes, lourdement armée, tente de forcer le passage à Rimont pour rejoindre Foix.
Le maquis engage la bataille dans un relief accidenté favorable aux embuscades. Les combats sont d’une extrême violence et durent toute la journée. Face à la résistance opiniâtre des maquisards qui infligent des pertes sévères, les troupes allemandes, dans un acte de représailles, incendient le village de Rimont.
Malgré cette destruction, le maquis ne rompt pas et poursuit ses attaques. Le 22 août 1944, les forces de la Résistance convergent vers Saint-Girons. Les troupes d’occupation, craignant l’encerclement par les unités FFI de plus en plus nombreuses et l’arrivée de renforts maquisards des vallées voisines, finissent par évacuer la ville.
Les combats de rue cessent dans l’après-midi lorsque les derniers nids de résistance allemands sont neutralisés ou se replient vers le col du Portet-d’Aspet.
Figures marquantes
Jean-Pierre ANDRÉ. Commandant FTPF pour le secteur, il coordonne le déploiement des compagnies lors de l’attaque de la colonne allemande à Rimont.
René PLAISANT. Jeune résistant de l’Armée Secrète, il tombe sous le feu ennemi lors des affrontements décisifs pour le contrôle des accès à Saint-Girons.
Pierre SOUQUET. Chef de section dans le maquis local, il se distingue par ses initiatives tactiques pendant la phase de guérilla urbaine dans Saint-Girons.
Victimes
Le bilan des combats des 21 et 22 août 1944 est lourd tant pour les forces de l’ombre que pour la population.
René PLAISANT meurt au combat, devenant l’un des symboles de cette libération.
À Rimont, onze personnes sont exécutées ou périssent lors de l’incendie du village perpétré par les troupes allemandes en représailles.
Plusieurs maquisards non identifiés sur le moment sont tués lors des accrochages sur la route nationale 117 entre les deux localités. Le village de Rimont est détruit à plus de 90%.
Survivants
Les combattants de la 3102e compagnie FTPF et des groupes de l’AS-Couserans survivent en grand nombre grâce à leur connaissance parfaite du terrain montagneux qui leur a permis de se replier et de harceler l’ennemi sans être encerclés.
Après la chute de Saint-Girons, ces hommes participent à la mise en place d’une administration provisoire de la République. La plupart d’entre eux poursuivent leur engagement militaire en s’intégrant dans les bataillons de l’Ariège qui rejoindront plus tard l’Armée de Lattre de Tassigny pour la campagne d’Alsace.
Conséquences
La victoire du maquis à Rimont et la libération de Saint-Girons marquent la fin de la présence allemande dans le Couserans.
Sur le plan militaire, l’action de la Résistance a réussi à disloquer une colonne ennemie cohérente et à capturer un matériel important.
Sur le plan politique, l’insurrection victorieuse installe immédiatement l’autorité du Comité Départemental de Libération (CDL).
La mémoire de ces journées est cependant assombrie par le sort de Rimont, village martyr, qui devient un symbole national de la barbarie nazie lors de la retraite allemande.
La ville de Saint-Girons est libérée sans les destructions massives qu’a connues Rimont grâce à la rapidité de l’action du maquis.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le Monument des Martyrs de Rimont est situé à l’entrée du village reconstruit et rappelle le sacrifice des victimes du 21 août 1944, Rimont, Ariège.
La Stèle de la Libération à Saint-Girons rend hommage aux combattants FFI entrés dans la ville le 22 août 1944, Saint-Girons, Ariège.
Le Square René PLAISANT est un espace public dédié à la mémoire du jeune résistant mort au combat, Saint-Girons, Ariège.
La plaque commémorative de la 3102e compagnie FTPF est apposée sur un bâtiment public pour marquer le rôle de cette unité dans la bataille, Saint-Girons, Ariège.
Références bibliographiques
La Résistance en Ariège (1940-1944) de Claude Delpla, Éditions Loubatières, 1985. Cet ouvrage fondamental décrit minute par minute l’articulation des combats entre Rimont et Saint-Girons à partir de journaux de marche du maquis.
Combats de montagne : le Couserans libéré de Louis-Raymond de Vayrac, Éditions Privat, 1946. Ce livre se concentre spécifiquement sur les opérations militaires de l’été 1944 dans les Pyrénées ariégeoises.
Les FTPF dans la tourmente de Jean-Pierre André, Éditions de l’Aube, 1994. Le témoignage du chef FTPF apporte un éclairage indispensable sur la coordination entre les différents camps de maquisards lors de la bataille.
Rimont, village martyr de Jacques Lazerges, Éditions de l’Adret, 1980. L’auteur analyse les conséquences du passage de la colonne allemande et le traumatisme durable pour la région.
L’Ariège libérée de Paul Mesplié, Éditions du Pas de l’Oiseau, 2004. Une synthèse illustrée des événements d’août 1944 mettant en avant le rôle des civils dans le soutien au maquis.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne présente une fiche d’opération sur la bataille de Rimont avec des cartes des mouvements de troupes. http://www.museedelaresistanceenligne.org
Maitron Résistance répertorie les fiches de tous les combattants identifiés morts lors de la libération de Saint-Girons. https://maitron.fr
Archives départementales de l’Ariège propose un accès aux rapports officiels des FFI rédigés juste après les combats de Saint-Girons. https://archives.ariege.fr
Fondation de la Résistance analyse la portée stratégique de la libération des vallées pyrénéennes à la fin de l’été 1944. https://www.fondationresistance.org
Mémoire des Hommes liste les unités FFI officiellement reconnues ayant opéré dans le secteur de Rimont et Saint-Girons. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Fiabilité : A
Sources consultées Date de vérification : · Maitron Résistance, https://maitron.fr, 06 mai 2026. · Musée de la Résistance en ligne, http://www.museedelaresistanceenligne.org, 06 mai 2026. · Mémoire des Hommes, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, 06 mai 2026. · Archives de l’Ariège, https://archives.ariege.fr, 06 mai 2026. · Fondation de la Résistance, https://www.fondationresistance.org, 06 mai 2026.